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Kim Jong-un

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Dans ce nom coréen, le nom de famille, Kim, précède le nom personnel.
Kim Jong-un
Représentation de Kim Jong-un.
Représentation de Kim Jong-un.
Fonctions
Chef suprême de la République populaire démocratique de Corée
En fonction depuis le
(5 ans, 10 mois et 5 jours)
Président Kim Yong-nam
Premier ministre Choe Yong-rim
Pak Pong-ju
Prédécesseur Kim Jong-il
Président du Parti du travail de Corée
En fonction depuis le
(1 an, 5 mois et 13 jours)
Prédécesseur Lui-même (en tant que premier secrétaire)
Kim Il-sung (indirectement)
Président de la Commission des affaires de l'État
En fonction depuis le
(1 an, 3 mois et 23 jours)
Vice-président Hwang Pyong-so
Choe Ryong-hae
Pak Pong-ju
Prédécesseur Lui-même (président du Comité de la défense nationale)
Premier secrétaire du Parti du travail de Corée

(4 ans et 28 jours)
Prédécesseur Kim Jong-il (secrétaire général)
Successeur Lui-même (président)
Président du Comité de la défense nationale

(4 ans, 2 mois et 16 jours)
Prédécesseur Kim Jong-il
Successeur Lui-même (président de la Commission des affaires de l'État)
Commandant suprême de l'Armée populaire de Corée
En fonction depuis le
(6 ans et 14 jours)
Prédécesseur Kim Jong-il
Biographie
Date de naissance (34 ans)
Lieu de naissance Pyongyang (Corée du Nord)
Nationalité Nord-coréen
Parti politique Parti du travail de Corée
Père Kim Jong-il
Mère Ko Young-hee
Fratrie Kim Jong-nam
Kim Jong-chol
Kim Sul-song
Kim Yo-jong
Conjoint Ri Sol-ju
Profession Militaire
Religion Athéisme
Résidence Résidence Ryongsong

Signature de Kim Jong-un

Kim Jong-un
Chefs d'État nord-coréens
Kim Jong-un
Chosongeul 김정은
Hanja 金正恩
Romanisation révisée Gim Jeong-eun
McCune-Reischauer Kim Chŏngŭn

Kim Jong-un (en chosongeul : 김정은 et en hanja : 金正恩, prononcé [kimd͡zɔŋɯn] ; parfois retranscrit Kim Jong-eun), né le [1],[2],[3],[4] à Pyongyang, est un homme d'État nord-coréen, actuel chef suprême de la Corée du Nord où il occupe les postes de président du Parti du travail de Corée, de chef de l'Armée populaire de Corée et de président de la Commission des affaires de l'État. Successeur de son père Kim Jong-il qui lui-même avait succédé à son père Kim Il-sung, il est le troisième représentant de la « dynastie Kim », qui est de facto la première dynastie communiste de l'Histoire.

Le , lors de la réunion du Parti du travail de Corée, Kim Jong-un, successeur présumé de Kim Jong-il, est nommé général quatre étoiles et vice-président du Comité de la défense nationale[5].

Le , lors des funérailles de son père, le président de l'Assemblée populaire suprême (chef de l'État de facto), Kim Yong-nam, le qualifie de « leader suprême de notre parti et de l'armée »[6]. Le lendemain, il est officiellement proclamé « commandant suprême » de l'Armée populaire de Corée[7].

Il prend officiellement ses fonctions de secrétaire général du Parti du travail de Corée le et de président du Comité de la défense nationale le 13. Le 18 juillet 2012, sa nomination en tant que maréchal est rendue publique[8] et le 25 juillet, son mariage avec Ri Sol-ju est annoncé.

Le , lors du premier discours télévisé d'un dirigeant nord-coréen depuis dix-neuf ans, il appelle à « cesser la confrontation entre le Nord et le Sud » et annonce « un virage radical afin de construire un géant économique »[9], mais il se lance ensuite dans une escalade verbale, menaçant de guerre nucléaire les États-Unis, le Japon et le voisin sud-coréen, politique par la suite traduite en actes, avec de multiples tests de missiles balistiques intercontinentaux et d'essais de bombe à hydrogène.

Biographie

Enfance et adolescence

Kim Jong-un est né en 1983 (ou 1984[10],[11],[12]). Cependant le régime nord-coréen indiquerait l'année 1982[13] qui coïnciderait avec l'année de naissance de son grand-père Kim Il-sung né en 1912 et celle de son père Kim Jong-il en 1942. Ce procédé a déjà été utilisé avec Kim Jong-il né en 1941 mais dont la biographie officielle mentionne 1942[14]. Kim Jong-un est le fils de Kim Jong-il et de Ko Young-hee, née à Osaka en juin 1953, qui arrive en Corée du Nord en 1961 avec sa famille, dans le cadre d'un programme de rapatriement de masse des résidents coréens du Japon[15].

La propagande officielle prétend qu'il est né dans la villa de Kim Jong-il à Samjiyon au pied du mont Paektu, lieu historique considéré comme sacré par les Nord-Coréens[16]. D'autres sources prétendent qu'il aurait vu le jour à Changsong dans la province du Pyongan du Nord[17], ou à Wonsan dans la province de Kangwon ou encore dans la province de Chagang[18].

Il passe son enfance dans une maison au centre de Pyongyang[19], entouré de domestiques, de gardes du corps et de milliers de jouets[20]. Selon les médias nord-coréens, il apprend à conduire dès l'âge de trois ans[21],[22]. Dans les jardins de la résidence, il est au volant d'une Mercedes-Benz, équipée de pédales et d’un siège spécialement adaptés.

Le 12 mai 1991, il se rend au Japon en utilisant un vrai passeport brésilien avec une fausse identité (« Joseph Pak »[23]) pour visiter, avec sa mère, Tokyo Disneyland[24],[25] (Kim Jong-un est en effet un grand passionné de dessins animés Walt Disney). Il ne séjourne qu'onze jours sur le territoire nippon. En 1994, il voyage en Europe.

Kim Jong-un étudie de 1996 à 1998 à l'International School of Berne à Gümligen, dans le canton de Berne en Suisse[26], où son frère Kim Jong-chol est scolarisé depuis 1992 sous le nom de Pak Chol[27],[28]. De 1998 à 2000, Kim Jong-un est élève de 7e, de 8e puis de 9e (soit 5e, 4e et 3e dans le système scolaire français)[29] à l'école publique de Liebefeld[30], sous l'identité de Pak Un. Il obtient de bons résultats en mathématiques et en arts plastiques[31] mais il se distingue surtout par ses talents de joueur de basketball[32]. Il se passionne pour les matchs de la NBA[33], admire Michael Jordan[34], et montre avec fierté des photographies où il pose en compagnie de Toni Kukoč des Bulls de Chicago et de Kobe Bryant des Lakers de Los Angeles[réf. nécessaire]. Il possède plusieurs paires de baskets Nike à 200 $ la paire[35]. Il apprécie par ailleurs les films d’action de Jean-Claude Van Damme[36] et de Jackie Chan[37]. Pendant tout son séjour en Suisse, il est placé sous la surveillance de Ri Tcheul, né en 1940[38], représentant permanent de la Corée du Nord auprès des agences de l'ONU à Genève et ambassadeur à Berne de 1988 à 2001[39], un homme de confiance de Kim Jong-il[40], chargé notamment de recruter des médecins français[41] et de gérer la fortune placée à l'étranger par le régime[42],[43]. Selon les médias sud-coréens, le fils de Kim Jong-il ne quitte guère son domicile, un appartement sur deux étages[44], 10 Kirchstrasse à Liebefeld[45],[46], afin de ne pas « succomber à l’influence du capitalisme »[47]. Il est toujours entouré de deux femmes qui s’occupent de lui et d’un homme qui lui sert de chauffeur. Il interrompt ses études en Suisse sans avoir obtenu de diplôme[48],[49].

De retour en Corée du Nord, il reçoit l'enseignement de Kang Sok-sung, directeur de l'Institut d'histoire du Parti du travail de Corée mort le 11 mai[50] 2001[51]. De 2002 à 2007, il suit la formation de trois ans des officiers d'infanterie à l'Académie militaire Kim-Il-sung à Pyongyang[52] et un programme de recherche de deux ans[53] à l'école d'artillerie[54],[55],[56]. À l'université, il dispose de professeurs particuliers et n'a pas de contact avec les autres étudiants[57]. Il aurait enfin reçu des leçons d'informatique d'un « brillant » diplômé de l'Université Paris-X qui dirigeait le département d'informatique de l'Université de Technologie Kim Chaek à Pyongyang[58].

Durant cette période, il eut comme petite amie Hyon Song-wol, la chanteuse de Pochonbo Electronic Ensemble[59],[60],[61].

Prétendant au pouvoir

La question de la succession est évoquée depuis au moins 2004, lorsque Kim Jong-un et son frère Kim Jong-chol accompagnent Kim Jong-il dans ses inspections d'installations militaires[62]. Le 27 janvier 2005, la radio d'État nord-coréenne rapporte que Kim Jong-il veut respecter les instructions de son père Kim Il-sung selon lesquelles la révolution devait être conduite par son fils puis par son petit-fils[63],[64]. En 2006, des badges à l’effigie de Kim Jong-un sont distribués aux officiels et aux haut gradés de l’armée[65],[66],[67] et la même année, il dirige la construction de l'Université de Musique de Pyongyang[réf. nécessaire]. En 2007, il aurait été affecté soit au département administratif du Parti du Travail de Corée, soit au Bureau politique général de l'armée populaire de Corée[62]. Les préparatifs s'accélèrent après que Kim Jong-il a été victime d'un accident vasculaire cérébral (AVC) en août 2008[réf. nécessaire]. Le 8 janvier 2009, celui-ci annonce aux dirigeants du parti qu'il avait choisi Kim Jong-un pour successeur[68],[69],[70]. Le 26 avril 2009, lors d'une tournée d'inspection au Wonsan Kim Jong-il exige que les cadres du parti de Wonsan lui demandent de prendre soin de Kim Jong-un[71]. Le 25 mai 2009[72], il informe les responsables de l'Armée populaire de Corée, le præsidium de l'Assemblée populaire suprême, les ministres et les diplomates nord-coréens en poste à l'étranger que son plus jeune fils lui succéderait[73],[74],[75]. Kim Jong-il leur demande « de promettre fidélité » à Kim Jong-un[76],[77].

Dès lors la carrière de celui-ci progresse rapidement. Directeur et auteur de la Société de production de littérature du 15 avril (Chosongul : 4•15문학창작단 단장), il est élu à l'Assemblée populaire suprême le 8 mars 2009[78] dans la 216e circonscription électorale située dans le Pyongan du Nord en référence à la date de naissance de son père né un 16 février (2•16), mais l'information est gardée secrète jusqu'en juin 2010 [79],[80],[81],[82],[83]. En mars 2009[84],[85],[86],[87],[88] (selon d'autres sources fin 2009[89]), il est en outre placé à la tête du département de la Sécurité d'État[90],[91],[92]. Nommé en avril 2009[93] au Comité de la défense nationale de la RPDC[94],[95] et directeur adjoint du département administratif du parti[55], il est élu par l'armée délégué au Congrès du Parti du Travail de Corée le 25 août 2010[96] et promu général quatre étoiles (대장 Daejang) le 27 septembre 2010[97],[98]. Le 28 septembre 2010 il est élu membre du comité central du Parti du Travail de Corée[99] et vice-président de la Commission centrale militaire[100]. Des photographies de lui sont alors publiées dans la presse[101]. La première apparition publique de Kim Jong-un a lieu lors d'un défilé militaire organisé en l'honneur du 65e anniversaire de la fondation du Parti du Travail de Corée, à Pyongyang, le 10 octobre 2010[102],[103]. Sa sœur, l'époux de cette dernière, et leur père Kim Jong-il sont également présents lors de ce rassemblement[104]. Depuis le 10 février 2011, il est vice-président du Comité de la défense nationale de la RPDC[105],[106],[107],[108], « l’organe suprême du pouvoir d’État pour la direction de la défense nationale » d'après l'article 106 de la constitution nord-coréenne[109].

La presse sud-coréenne rapporte que, pour essayer d'affermir sa position politique, Kim Jong-un fait arrêter en Corée du Nord des proches de son demi-frère Kim Jong-nam[110] puis essaye de faire assassiner ce dernier en juin 2009, à Macao. Cette dernière opération aurait été déjouée par les services de sécurité chinois[111],[112]. Kim Jong-nam dément par la suite publiquement l'information[113],[114]. Selon plusieurs experts, il est le commanditaire de la cyber attaque contre plusieurs sites internet sud-coréen le 7 juillet 2009[115], du torpillage du Cheonan, un navire de guerre sud-coréen, le 26 mars 2010[116],[117],[118],[119],[120],[121], et du bombardement de l'île sud-coréenne de Yeonpyeong le 23 novembre 2010[122],[123]. Ces actes auraient été commis avec le soutien de son père dans le but d'asseoir la légitimité de Kim Jong-un dans l'armée. En août 2010, il accompagne son père en Chine pour rencontrer le président Hu Jintao[124],[125],[126],[127]. Le 11 octobre 2010, il se tient aux côtés de Kim Jong-il lors de l'entretien avec Zhou Yongkang poids lourd du bureau politique chinois en visite en Corée du Nord à l'occasion du 65e anniversaire du Parti du Travail de Corée[124]. En novembre 2010, son nom venant juste après celui de son père sur la liste de la commission chargée de l'organisation des funérailles de Jo Myong-rok (1928-2010)[128], il fait figure de numéro 2 du régime[129]. En janvier 2011, Kim Jong-un aurait personnellement supervisé l'exécution du directeur adjoint du département de la sécurité d'État, Ryu Kyong et la purge d'une centaine de partisans de celui-ci[130],[131],[132],[133]. En mai 2011, il se rend de nouveau en Chine[réf. nécessaire], et en septembre 2011, il participe aux discussions avec le président laotien Choummaly Sayasone à Pyongyang[134]. Selon Goodfriends, une association de défense des droits de l’Homme en Corée du Nord, Kim Jong-un prend les rênes du régime nord-coréen dès octobre 2011[135].

Chef suprême de la République populaire démocratique de Corée

Avant même l'annonce du décès de Kim Jong-il survenue le 16 décembre 2011[réf. nécessaire], Kim Jong-un donne son premier ordre aux militaires en les plaçant en alerte dans leurs casernes[136].

Ce dernier se met en avant lors des obsèques de son père. Le 19 décembre 2011[137], il est nommé à la tête de la commission d'organisation des funérailles[138]. Le 20 décembre 2011, aux côtés de plusieurs dirigeants du régime, il se rend au mausolée de Kumsusan pour rendre publiquement hommage au corps de son père[139],[140]. Il vient saluer une deuxième fois la dépouille de Kim Jong-il le 23 décembre[141], puis le 24[142],[143] et encore le 27[144]. Enfin, le 28 décembre 2011, lors de la cérémonie officielle, il est placé en tête et à droite de la limousine noire qui transporte le corps de son père à travers Pyongyang[145].

Statues de Kim Il-sung et de Kim Jong-il, en 2012.

Parallèlement il se fait attribuer les fonctions qui étaient celles du défunt. Le Rodong Sinmun le qualifie le 24 décembre 2011 de « commandant suprême » de l'armée[146],[147],[148], le 26 décembre 2011, ce même journal le présente comme le « chef du comité central »[149]. Le 30 décembre 2011, le Bureau politique du Parti du Travail de Corée le nomme officiellement commandant suprême de l’Armée populaire de Corée conformément aux recommandations données le 8 octobre 2011 par Kim Jong-il[150]. Pour sa première sortie officielle, il inspecte, le 1er janvier 2012, la 105e division cuirassée des gardes de l'APC « Seoul Ryu Kyong Su », l'unité que Kim Il-sung et Kim Jong-il avaient le plus inspectée[151],[152].

Néanmoins, les analystes considèrent que, du fait de son jeune âge, des membres de la proche famille devraient assurer un rôle de « régents » auprès de lui[153]. Au nombre de ces membres, on compte sa tante Kim Kyong-hui, sœur de Kim Jong-Il née le 30 mai 1946[154], membre du comité central depuis 1988[155], membre du bureau politique du Parti du Travail de Corée depuis le 28 septembre 2010[156], général quatre étoiles depuis le 27 septembre 2010[157], et le mari de celle-ci, Jang Song-taek, né en janvier 1946[158], membre du comité central du Parti du Travail de Corée depuis décembre 1992[réf. nécessaire], directeur du département administratif du comité central du Parti du Travail de Corée à partir de décembre 2007[158], vice-président du Comité national de défense depuis le 7 juin 2010[159].

Le 1er janvier 2013, Kim Jong-un a formulé le vœu de la fin de la confrontation avec la Corée du Sud et un « virage radical » permettant l'émergence d'un « géant économique », tout en réaffirmant les ambitions militaires du régime communiste. « Pour mettre fin à la division du pays et parvenir à sa réunification, il est important de cesser la confrontation entre le Nord et le Sud », a annoncé Kim Jong-un dans un communiqué diffusé par la télévision d'État[160].

En 2013, Kim Jong-Un met en place la politique du du Byongjin ( en français double-poussée, ou plus rarement progrès en tandem)qui à pour objectif le développement économique en même temps que le développement de l'arme nucléaire en Corée du Nord[161],[162],[163]. Cette politique succède à celle du songun (« l'armée d'abord ») engagé par son père Kim Jong-Il[164]. Cette politique s'inscrit dans l'idéologie de l’État Nord-coréen du Juche (basé sur l'indépendance avec l'autonomie militaire, l'autosuffisance économique et l'indépendance politique).

En décembre 2013, la mise à l'écart de Jang Song-taek, puis son exécution — des médias ont annoncé qu'il aurait été dévoré par des chiens[165] mais cela demeure peu crédible[166] —, sont analysées comme étant le parachèvement de la transition politique entre le « règne » de Kim Il-Sung et celui de Kim Jong-un et de sa mainmise sur le pouvoir[167],[168].

Début octobre 2014, alors que Kim Jong-un n'a plus été vu en public depuis un mois (probablement pour ne pas paraître affaibli après une opération des tendons d'Achille liée à son surpoids[169]), la presse fait état de contacts informels entre le numéro deux du régime Hwang Pyong-so et Ryoo Kihl-jae ministre de l'unification en Corée du Sud à l'occasion de la cérémonie de clôture des Jeux asiatiques à Incheon[170].

Culte de la personnalité

Kim Jong-un est resté longtemps méconnu en Corée du Nord. Pour lui permettre d'accéder au pouvoir, un culte de la personnalité a été mis en place par la propagande. Ainsi le titre de « brillant camarade » (영명한 동지) (yeongmyeonghan dongji) lui a-t-il été décerné, puis de 2008 à 2010, celui de « jeune général »[171] et, après la mort de son père, il est présenté le 19 décembre 2011 par l'agence de presse nord-coréenne KCNA comme une personnalité exceptionnelle : « À l'avant-garde de la révolution coréenne se trouve à présent Kim Jong-un, grand successeur de la cause révolutionnaire du Juche et chef remarquable de notre Parti, de notre armée et de notre peuple »[172],[173].

Une chanson intitulée Du même pas (발걸음, Balgeoleum) écrite en son honneur par le compositeur Ri Jong-o[174] et jouée pour la première fois le 8 janvier 1992[175] a été largement diffusée à partir de février 2009[176] et interprétée par un chœur du théâtre provincial de la province de Hwanghae du Nord en présence de Kim Jong-il le 9 octobre 2009[177]. En mai 2009, la propagande officielle présente le lancement du missile longue portée « Kwangmyungsung 2 » le 5 avril 2009 (en violation de la résolution 1718 du Conseil de Sécurité de l'ONU adoptée le 15 juillet 2006[178]) et l'essai nucléaire du 25 mai 2009[179] comme ses réussites personnelles[réf. nécessaire].

En décembre 2009, une publication intitulée « La Grandeur du respecté général Kim Jong-un » est distribuée aux responsables du Parti des travailleurs de Corée[réf. nécessaire]. Depuis 2010, le 9 janvier, date de son anniversaire, est célébré en Corée du Nord[55],[180]. En septembre 2011, un film à son sujet (Un an sous le drapeau du leader suprême) est projeté aux militaires. Des plaques sont apposées pour commémorer son passage en certains lieux (usines, unités militaires, écoles) visités en compagnie de son père[181].

L'édition du 22 décembre 2011 du Rodong Sinmun, le journal du Parti, consacre sa une à un éditorial intitulé « le grand camarade Kim Jong-un vivra éternellement dans le cœur de nos militaires et de notre peuple »[182]. Le 3 janvier 2012, une manifestation de soutien à sa personne réunit plusieurs dizaines de milliers de Nord-Coréens à Pyongyang[réf. nécessaire]. À l'occasion de son anniversaire, la télévision d'État nord-coréenne diffuse le 8 janvier 2012 un documentaire à sa gloire où il apparaît aux commandes d'un tank de la 105e Division Blindée Ryu Kyong Su et donnant des ordres à des soldats des armées de l'air, de terre et de la marine[183] pendant que le commentaire précise « notre grand général Kim Jong-il (…) l'appelait le génie des génies en science militaire »[184]. Il aurait rédigé sa première thèse en stratégie militaire[185] à l'âge de 16 ans[186].

Vie privée

Kim Jong-un est le fils le plus jeune et le préféré[187] de Kim Jong-il. Sa mère, Ko Young-hee[188], née en juin 1953 à Osaka[189],[190] au Japon[191], retournée en Corée du Nord en mai 1961[192], diplômée de l'Université de Musique et de Danse de Pyongyang en 1970, danseuse dans la Troupe d'Art de Mansudae en 1971, est décédée d'un cancer du sein à l'Institut Gustave-Roussy de Villejuif en mai 2004[193],[194]. Elle avait surnommé son fils « Le roi de l’étoile du matin »[195]. Kim Jong-un est le frère de Kim Jong-chol (né le 25 septembre 1981[196]) et de Kim Yo-jong (née en 1987[197],[198]), le demi-frère de Kim Jong-nam (né le 10 mai 1971[199]) et de Kim Sul-song (née en 1974[200],[201]).

La chanteuse Hyon Song-wol et Kim Jong-un auraient vécu ensemble avant d'être séparés par Kim Jong-Il, le père de l'actuel dirigeant nord coréen [202].

Selon diverses sources diplomatiques, Kim Jong-un s'est fiancé en 2008 puis marié en 2010 à Ri Sol-ju, une jeune femme originaire de Chongjin, diplômée en 2010[203] de l'Université Kim Il-sung de Pyongyang[204], née en 1981[205] et dont l'identité est tenue secrète[206]. Le beau-père serait professeur d'université et la belle-mère, gynécologue[réf. nécessaire]. Le jeune couple aurait un enfant[207],[208],[209]. Le 25 juillet 2012, les médias officiels nord-coréens annoncent son mariage[210] avec Ri Sol-ju après que le couple soit apparu en public au cours des semaines précédentes[211],[212].

Kim Jong-un aurait été victime d'un accident de la route en août 2008[193],[213],[214] et souffrirait, comme son père, de diabète[76] et d'hypertension[215],[216]. Il serait fumeur et amateur de whisky depuis l'âge de 15 ans[130],[217]. Il pèserait environ 90 kg et mesurerait près de 175 cm[218],[219],[220].

Il parlerait anglais, français et allemand[68] et serait féru d'informatique[221].

Kenji Fujimoto qui a été le cuisinier japonais attitré de Kim Jong-il de 1988 à 2001[222] décrit Kim Jong-un comme « fait du même bois que son père, son portrait craché, en ce qui concerne le visage, la corpulence et la personnalité »[223]. Mais Kim Jong-un cultive surtout sa ressemblance physique avec son grand-père Kim Il-sung, en imitant ses gestes et sa démarche[224], en adoptant la même coupe de cheveux que lui et en s'habillant en costume Mao noir[225],[226]. La presse sud-coréenne prétend qu'il aurait eu recours entre 2007 et 2010 à six opérations chirurgicales pour accentuer la ressemblance[227],[228],[229],[230],[231].

Arbre généalogique de la famille Kim

Arbre généalogique parental paternel de la famille Kim :

Bibliographie

  • [Dayez-Burgeon 2014] Pascal Dayez-Burgeon, La dynastie rouge, Perrin, .
  • [Magnaval 2017] Alexis Magnaval, « Fan de basket, bon vivant, impitoyable… Qui est Kim Jong-un ? », franceinfo, France Télévisions,‎ (lire en ligne).

Filmographie

  • Dans la peau de Kim Jong-un, documentaire de 61 minutes diffusé sur Arte en 2014[232].
  • L'Interview qui tue !, film américain parodique centré sur Kim Jong-un et sa mort, dont la diffusion a suscité une vive réaction du régime nord-coréen.
  • Kim Kong, minisérie de télévision en 3 épisodes diffusés sur Arte le 14 septembre 2017, dont le personnage du « gouverneur » est largement inspiré par Kim Jong-un.

Notes et références

Notes

Références

  1. (en) « N.Korea Heir Apparent 'Given More Auspicious Birthday' », The Chosun Ilbo,‎ (lire en ligne).
  2. Choe Sang-hun et Martin Fackler, « North Korea’s Heir Apparent Remains a Mystery », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne).
  3. « Corée du Nord : le petit prince rouge de Pyongyang », Le Figaro,‎ (ISSN 0182-5852, lire en ligne).
  4. CBSNews.com, « Key dates in the rise of North Korea's Kim Jong Un - CBS News », sur web-beta.archive.org (consulté le 19 décembre 2016).
  5. « CORÉE DU NORD. De nouvelles fonctions pour le successeur désigné de Kim Jong-il », Courrier international,‎ (lire en ligne)
  6. « La Corée du Nord intronise son nouveau chef devant une foule de militaires », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  7. « Nouveau signe du pouvoir de Kim Jong-Un à Pyongyang: son nom paraît en gras », LExpress.fr,‎ (lire en ligne)
  8. « Corée du Nord : nommé maréchal, Kim Jong-Un renforce son pouvoir - Monde - MYTF1News », sur MYTF1NEWS (consulté le 19 décembre 2016)
  9. Pierre Prier, « Kim Jong-un tend la main à la Corée du Sud », Le Figaro,‎ (ISSN 0182-5852, lire en ligne)
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  13. « «Kim Jong-un serait comme son père: ambitieux, agressif et impitoyable» », Libération.fr,‎ (lire en ligne)
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  21. « For Kim Jong Un, a Choreographed Rise », San Antonio Express-News,‎ (lire en ligne)
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