Kippumjo

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Les Kippumjo (기쁨조, gippeumjo, pouvant se traduire par « groupe(s) de plaisir », « escouade de plaisir », « brigade de plaisir », ou « division de la joie ») sont une prétendue collection de groupes d'environ 2000 femmes et jeunes filles qui serait au service du chef d'État de Corée du Nord dans le but de fournir du plaisir, principalement de nature sexuelle, et de divertir les hauts fonctionnaires du Parti du travail de Corée et leurs familles, ainsi que, occasionnellement, des invités de marque.

Le journal sud-coréen Chosun Ilbo mentionne que le groupe qui était au service du père de Kim Jong-un, Kim Jong-il, est dissous peu de temps après sa mort en décembre 2011. Les membres sont contraintes de signer un engagement secret en échange d'argent et de cadeaux. Selon le journal, les femmes travaillant comme artistes reçoivent la somme de 4000 $ avant de retourner dans leur ville natale. Les jeunes filles reçoivent également une compensation sous la forme d'appareils ménagers[1].

On sait peu de choses sur les Kippumjo en dehors de Corée du Nord, mais des informations ont progressivement filtré à travers le témoignage de transfuges nord-coréens (en), en particulier de Kenji Fujimoto et Mi Hyang[2].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Les deux premières syllabes du nom, gippeum, est un mot coréen signifiant « joie » ou « bonheur ». Le suffixe jo est un mot sino-coréen décrivant un groupe de personnes, à peu près analogue aux termes « escouade » ou « équipe ».

Histoire[modifier | modifier le code]

Les Kippumjo auraient été créés en 1978 par Kim Il-sung dans la conviction que des relations sexuelles avec des jeunes femmes augmenteraient son jing (un type d'énergie sexuelle dans la pensée taoïste) et aurait pour effet d'améliorer son qi (sa force vitale)[3],[1]. Le premier groupe est recruté par Lee Dong-ho, le premier vice-directeur du département du front uni du Parti du travail de Corée, dans le but de divertir Kim au Munsu Chodaeso (maison des invités Munsu). Le recrutement et la formation des Kippumjo est administré par le cinquième département du personnel de la direction organique du parti. La pratique aurait été entretenue par le fils de Kim Il-sung, Kim Jong-il, jusqu'à sa mort en 2011[2],[4].

En avril 2015, Kim Jong-un est prétendument à la recherche de nouveaux membres pour son propre Kippumjo, après que le groupe de filles de son père ait été dissous en décembre 2011[1],[5],[6].

Structure[modifier | modifier le code]

Chaque « groupe de plaisir » est composé de trois « équipes » :

  1. Manjokjo (만족조) – une « équipe de satisfaction » (qui fournit des services sexuels)
  2. Haengbokjo (행복조) – une « équipe du bonheur » (qui fournit des massages)
  3. Gamujo (가무조) – une « équipe de danse et de chant » (dont les membres sont parfois invités à danser à moitié-nue)[7].

Des filles de tout le pays sont choisies pour entrer dans les Kippumjo selon les critères du gouvernement[8] (dont l'un est d'être vierges[9]). Après avoir été sélectionnées, elles subissent une période d'entraînement rigoureuse, avec des membres du Haengbokjo, en étant envoyées à l'étranger pour une formation de masseuse. Les membres des Kippumjo sont généralement âgés de 22 à 25 ans. À cet âge, elles sont souvent mariées à des membres de l'élite de Corée du Nord ou des officiers militaires à la recherche de femmes - et leur ancienne affiliation aux Kippumjo est tenue secrète[1],[3].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d « North Korea reportedly recruiting women to joint 'pleasure squad' for Kim Jong Un », sur Fox News, FoxNews.com (consulté le 6 avril 2015)
  2. a et b Sunny Lee, « 'Pleasure squad' defector sheds light on life of Kim Jong Il », The National, no World,‎ (lire en ligne)
  3. a et b Sano Yoel, « The Kims' North Korea: Under the Loving Care of the Fatherly Leader: North Korea and the Kim Dynasty by Bradley K Martin », Book review, Asia Times,‎ (lire en ligne)
  4. Lee Sang Yong, « North in Ri Scandal Damage Control », Daily NK, Seoul, South Korea,‎ (lire en ligne)
  5. Rose Troup Buchanan, « Kim Jong-un reinstates 'pleasure troupe' harem of young women », The Independent,‎ (lire en ligne)
  6. Louis Doré, « Kim Jong-un is recruiting a 'pleasure squad' of teenage girls », sur indy100, (consulté le 30 avril 2016)
  7. Jasper Becker, « North Korea: At Home With the Kims », Asia Times,‎ (lire en ligne)
  8. Demick, Barbara, Nothing to Envy; Ordinary Lives in North Korea, Spiegel and Grau, (ISBN 978-0-385-52390-5)
  9. Suki Kim, Without You, There Is No Us: My Time with the Sons of North Korea's Elite, New York, Crown Publishing Group, (ISBN 978-0307720658)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Martin, Bradley K. (2004). Under the Loving Care of the Fatherly Leader: North Korea and the Kim Dynasty. New York, New York, United States: Thomas Dunne Books. Hardcover: (ISBN 978-0-312-32221-2); Paperback: (ISBN 978-0-312-32322-6).

Lien externe[modifier | modifier le code]