Tourisme en Indonésie

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Plage de Jimbaran, Bali.

Le tourisme en Indonésie est une composante importante de l'activité économique de ce pays, dont il est l'une des principales sources de devises. Il ne représentait toutefois que 3 % du PIB indonésien en 2011[1], alors qu'au niveau mondial sa contribution est de 9 %[2].

Avec 13 466 îles[3], la seconde plus longue côte au monde[4], 1 340 suku (groupes ethniques) enregistré lors du recensement de 2010 et plus de 700 langues parlées[5] et un climat tropical, ainsi qu'une nature et une culture très diverses qui sont les composantes majeures du tourisme en Indonésie.

Actuellement, le tourisme en Indonésie est géré par le Ministre de la Culture et du Tourisme. Des campagnes touristiques internationales ont été concentrées largement sur l'aspect destination tropicale, avec comme pour image le sable blanc des plages et l'imagination de ciel bleu. Les stations balnéaires et hôtelières furent développées dans quelques îles indonésiennes, avec les îles de Bali, comme destination principale. le tourisme culturel est aussi une partie importante de l'industrie touristique du pays. Les temples de Toraja, Prambanan et Borobudur, Yogyakarta et Minangkabau sont des destinations connues pour le tourisme culturel.

Depuis 2000, chaque année, environ 5 millions de touristes étrangers ont visité l'Indonésie[6]. Mais c'est surtout le tourisme intérieur qui est en plein essor, en raison d'une solide croissance économique et l'émergence d'une nombreuse classe moyenne.

Sa situation en Asie du Sud-Est, où se trouvent trois des sept plus actifs aéroports d'Asie (Jakarta, 10e aéroport mondial et 1er aéroport de la région en 2012, Bangkok et Singapour), fait de l'Indonésie un pays facile d'accès. Outre l'aéroport de Jakarta, les principales portes d'entrées aériennes internationales d'Indonésie sont Denpasar sur l'île de Bali, Surabaya dans l'est de l'île de Java et Medan dans le nord de l'île de Sumatra. L'ancienne ville royale de Yogyakarta, qui permet d'accéder aux grands temples de la période hindou-bouddhique du centre de Java, est reliée à Kuala Lumpur en Malaisie et à Singapour.

Cependant, le développement du tourisme international s'est quelques fois heurté aux populations locales, ce qui a créé des critiques envers l'industrie touristique indonésien. La plupart des conflits apparentés aux possessions terriennes, aux traditions locales et à l'impact du développement touristique sur les populations locales. Sur d'autres zones, le tourisme en Indonésie fait face à d'importantes menaces. Depuis 2002, plusieurs alertes ont été lancées par quelques pays concernant des menaces terroristes et des conflits religieux et ethniques qui se déroulent dans certaines parties du pays, et qui réduit de manière significative le nombre de visiteurs étrangers.

La mer[modifier | modifier le code]

Plus grand archipel du monde, l'Indonésie possède quelque 18 000 îles, d'innombrables plages, de nombreux récifs de coraux. Certains estiment que l'archipel indonésien possède la plus grande biodiversité marine du monde.

Compétitions nautiques[modifier | modifier le code]

Chaque année se tient Sail Indonesia, rallye de yachts de Darwin (Australie) à Kupang (ouest de Timor).

La nature[modifier | modifier le code]

Le canyon de Sianok en Bukittinggi, Sumatra occidental

À cheval sur l'équateur, l'archipel jouit d'un climat chaud et humide tout au long de l'année. Une grande partie de son territoire est encore couverte de forêts tropicales, elles aussi siège d'une grande biodiversité. Le gouvernement a ainsi créé de nombreux parcs nationaux. En outre, située sur la ceinture de feu du Pacifique, l'Indonésie possède de nombreux volcans, dieux terribles qui apportent fertilité et prospérité pour les Indonésiens, objet de curiosité pour les touristes.

La culture[modifier | modifier le code]

Nation d'une grande diversité ethnique, l'Indonésie possède encore de nombreuses traditions culturelles vivantes, avec leur architecture, leurs danses, leur musique, leur artisanat. Carrefour culturel, l'Indonésie a une histoire qui a laissé de nombreux monuments religieux, notamment bouddhistes et hindouistes.

Statistiques[modifier | modifier le code]

Le tourisme intérieur indonésien est de loin le segment de marché le plus important. Depuis le début des années 2000, c'est ce tourisme que les acteurs indonésiens promeuvent. La concurrence est rude entre les compagnies aériennes à bas coûts comme Adam Air, Batavia Air et Lion Air, mais aussi Citilink, la filiale à bas coûts de Garuda Indonesia, la compagnie nationale. Le ministère du Travail a récemment promulgué une loi facilitant les "ponts", durant lesquels les vols et les hôtels sont pleins.

Les visiteurs étrangers doivent donc tenir compte de ce facteur. La définition de "visiteur étranger" est celle de l'Organisation mondiale du tourisme, à savoir toute personne qui se rend dans un pays autre que celui de sa résidence, pour une période inférieure à 12 mois, avec un objectif autre que l'exercice d'activité rémunérée dans le pays visité. Cette définition inclut les passagers de voyages de croisière. Elle inclut également les cadres d'entreprise et hommes d'affaires qui entrent dans le pays pour des réunions d'affaires. En revanche, cette catégorie ne comprend évidemment pas les Indonésiens, ni les étrangers résidant en Indonésie qui reviennent de l'étranger.

L'Indonésie a reçu 5 millions de visiteurs étrangers en 2005. Les dépenses moyennes par visiteur ont été de 904 $ US, une baisse par rapport aux 1 053 $ US de 2001. La durée moyenne de leur séjour a été de 9,05 jours, ce qui représente également une baisse par rapport aux 10,5 jours de 2001[7]. Les revenus représentent 4,6 milliards de $ US[6], soit le 3e poste hors pétrole et gaz, après le bois et produits dérivés, et le textile et le vêtement[3].

Année Visiteurs étrangers Durée moyenne de séjour (jours)
2000 5 064 217 12,26
2001 5 153 620 10,49
2002 5 033 400 9,79
2003 4 467 021 9,69
2004 5 321 165 9,47
2005 5 002 101 9,05

L'Indonésie a retrouvé le niveau d'arrivées de 1996, année qui précède celle de la crise économique asiatique. En 1997, le nombre d'arrivées avait connu une légère croissance (3 %). L'année suivante, le nombre d'arrivées a subi une chute brutale de -11,2 %. Ce chiffre peut être comparé à celui de la chute du produit intérieur brut (PIB) cette même année, -13,1 %[8]. Puis, le nombre d'arrivées a renoué avec la croissance, pour chuter de nouveau en 2002, l'année suivant les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis (-2,3 %), et en 2003, celle suivant l'attentat de Bali. En 2004, ce nombre a retrouvé une croissance impressionnante (19 %). Cette année-là, l'Indonésie a reçu 5,3 millions de visiteurs, un record historique. Puis, il a de nouveau chuté en 2005, année qui a suivi celle du tsunami et où l'Indonésie a subi diverses catastrophes (-6 %).

Les Asiatiques représentent 70 % des arrivées, Singapour, la Malaisie, le Japon et la Corée du Sud étant les premiers marchés. Les Européens sont le 2e groupe avec (16 %), avec comme principaux marchés le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne et les Pays-Bas[9].

Région Nombre Pourcentage
ASEAN 2 174 000 43 %
Reste Asie 1 340 000 27 %
Europe 798 000 16 %
Australie 392 000 8 %
Amériques 210 000 4 %
Moyen-Orient 61 000 1,2 %
Afrique 28 000 0,6 %
Total 5 002 000

En 2005, le principal point d'entrée des visiteurs étrangers était l'aéroport international de Denpasar à Bali (29 % des arrivées), suivi de l'aéroport international de Jakarta Soekarno-Hatta (22 %) et le port de Sekupang sur l'île de Batam (21 %) près de Singapour (avec l'île voisine de Bintan, lieu de villégiature pour les habitants de Singapour).

En 1996, le principal point d'entrée était Jakarta (31 %), suivi de Denpasar (24 %) et Batam (21 %).

Jakarta Soekarno-Hatta Denpasar Ngurah Rai Batam Sekupang Autres Total
1996 1 566 000 1 195 000 1 048 000 1 226 000 5 034 000
2005 1 105 000 1 455 000 1 025 000 1 417 000 5 002 000
2005 pourcentage 22,1 % 29,1 % 20,5 % 28,3 %

L'évolution observée pour la place respective de Jakarta, capitale et principal centre économique de l'Indonésie, et Bali, principal centre touristique, peut s'expliquer par le fait que l'Indonésie attire moins d'hommes d'affaires étrangers depuis la crise de 1997.

Quelques points d'intérêt[modifier | modifier le code]

Sulawesi et îles voisines[modifier | modifier le code]

Java et îles voisines[modifier | modifier le code]

Jakarta et Java occidental[modifier | modifier le code]

Le village coutumier de Kampung Naga

Java central et Yogyakarta[modifier | modifier le code]

Volcan Bromo

Java oriental et Madura[modifier | modifier le code]

Kalimantan et îles voisines[modifier | modifier le code]

Moluques et îles voisines[modifier | modifier le code]

Nouvelle-Guinée occidentale et îles voisines[modifier | modifier le code]

Petites Îles de la Sonde[modifier | modifier le code]

Bali[modifier | modifier le code]

Florès[modifier | modifier le code]

  • Parc national de Kelimutu

Lombok et îles voisines[modifier | modifier le code]

Sumba[modifier | modifier le code]

Sumbawa[modifier | modifier le code]

  • Parcs nationaux : Komodo, Moyo

Autres Petites Îles de la Sonde[modifier | modifier le code]

Sumatra et îles voisines[modifier | modifier le code]

Aceh et Sumatra du Nord[modifier | modifier le code]

Jambi, Riau et Sumatra occidental[modifier | modifier le code]

Bengkulu, Lampung et Sumatra du Sud[modifier | modifier le code]

L'image de l'Indonésie[modifier | modifier le code]

La crise économique de 1997 et les émeutes de Jakarta de mai 1998 ont mis l’Indonésie sur le devant de la scène internationale. Elles ont abouti à la démission, le 21 mai 1998, du président Soeharto, au pouvoir depuis 1965.

En 1999 se tiennent les premières élections démocratiques depuis 1955. Le nouveau président, Abdurrahman Wahid, dirigeant de la grande organisation socio-culturelle musulmane Nahdlatul Ulama, est un intellectuel ouvert sur son temps. Il a traduit Sartre en indonésien, son livre préféré est My Name is Asher Lev de l’écrivain américain Chaim Potok, et sa chanteuse préférée est Janis Joplin. Humaniste, Gus Dur s’efforce de résoudre les différents conflits qui traversent l’archipel. En 2000, il rebaptise solennellement «Papouasie» la province d’Irian Jaya (Nouvelle-Guinée indonésienne), reconnaissant ainsi l’identité papoue. Cible d’une campagne de discrédit menée par différents milieux hostiles aux réformes, Gus Dur est destitué par le parlement en 2001.

Sa vice-présidente, Megawati Soekarnoputri, très populaire, devient présidente. Durant sa présidence, le parlement adopte d’importants amendements à la constitution, supprimant les sièges réservés d’office à des membres des forces armées et introduisant l’élection au suffrage direct du président de la République, jusque là élu par le parlement. Ce même parlement refuse en outre une proposition d’amendement comportant une référence à la sharia. C’est également sous Megawati que sont signés en 2002 les accords dits « de Malino », qui réunissent les protagonistes du conflit aux Moluques.

Aux élections présidentielles de 2004, Susilo Bambang Yudhoyono, homme à la réputation d’honnêteté et d’ouverture, est élu largement au second tour.

Le séisme du 26 décembre 2004 dans l'océan Indien créera une situation nouvelle en Aceh. Un cessez-le-feu s’établit entre l’armée indonésienne et le mouvement indépendantiste Gerakan Aceh Merdeka (GAM) pour permettre l’acheminement de l’aide aux victimes. Des discussions sont engagées entre les deux parties. Le 15 août 2005, elles signent à Helsinki un accord de paix qui met fin à un conflit qui a fait plus de 15 000 morts depuis 1976. En décembre 2006 se tiennent les premières élections régionales en Aceh. Irwandi Yusuf, un membre du GAM, est élu gouverneur de la province. Une activité touristique s'est développée à Aceh autour de la mémoire du tsunami, notamment le Musée du tsunami et un bateau de pêche projeté à plusieurs kilomètres de la mer, et qui avait sauvé la vie à 59 personnes qui avaient pu se hisser dessus. Des anciens rebelles GAM font également visiter leurs anciens camps. En 2013, 1,2 million de touristes, dont 42 000 étrangers, ont visité la province, qui reste soumise à l'observance de la charia[10].

En 2006, l’Indonésie est devenue membre du nouveau Conseil des Nations unies pour les Droits de l’Homme. Elle a également signé l’International Covenant on Civil and Political Rights et l’International Covenant on Economic, Social and Cultural Rights. L’Indonésie souhaite désormais être considérée par la communauté internationale comme un pays respectueux des droits de l’Homme.

L’Indonésie est une nation formée de populations diverses sur le plan linguistique, culturel et religieux. La compagnie aérienne nationale s’appelle Garuda Indonesia, du nom du roi des oiseaux de la mythologie hindoue et une des montures du dieu Vishnou. Son héritage de croyances et de rites traditionnels est une des beautés de l’Indonésie.

Sur le plan économique, l’Indonésie semble s’être remise de la crise financière asiatique de 1997. En 1998, le produit intérieur brut (PIB) avait baissé de plus de 13 %. L’Indonésie était de loin le pays le plus brutalement frappé parmi les différents pays asiatiques touchés par la crise. Le pays renoue avec la croissance en 2000 avec un taux de près de 5 %. La confiance des investisseurs, notamment étrangers, revient. Le taux de croissance était de 6,3 % en 2007[11].

L’Indonésie est aujourd’hui une nation qui s’efforce de construire une démocratie, avec toutes les difficultés liées à l’héritage du régime Soeharto. Le développement économique est un facteur fondamental dans la construction de cette démocratie. Le tourisme peut être un élément moteur de ce développement. Avec ses nombreuses plages, ses monuments, sa nature, la richesse de ses traditions culturelles, l’Indonésie est un trésor encore peu connu, qui mérite d'être découvert avec respect et précaution.

Quelques guides touristiques sur l'Indonésie[modifier | modifier le code]

  • (en) Bill Dalton, Indonesia, Hong Kong, Odyssey Books & Guides, , 3e éd., 412 p., 21 cm (ISBN 978-962-217-615-7, OCLC 40339962)
  • Anne Gouyon, Bali : Voyager autrement, à la rencontre de la nature et des peuples, Pages du Monde, coll. « The natural guide », , 447 p., 19 cm (ISBN 978-2-915867-00-8, OCLC 470474276)
  • (en) David Henley, Indonesia : Sumatra, Java, Bali, Lombok, Sulawesi, München, Nelles Guides, , 3e éd., 256 p., 18 cm (ISBN 978-3-88618-085-1, OCLC 45566256)
  • Patrick Witton, Indonésie, Lonely Planet, , 5e éd., 816 p., 20 cm (ISBN 978-2-8161-3368-4)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. "Indonesia to improve its tourism statistics to create better jobs in tourism industry", site de l'Organisation internationale du travail (OIT
  2. "Tourism, a powerful tool to tackle the crisis", site de l'OIT
  3. a et b « A Total of 13,466 Islands Shape the Indonesian Archipelago », The World Factbook, indonesia corners, (consulté le 12 septembre 2006) Erreur de référence : Balise <ref> non valide ; le nom « cia_ina » est défini plusieurs fois avec des contenus différents
  4. « Field Listing - Coastline », The World Factbook, CIA, (consulté le 6 juillet 2013)
  5. (en) « Indonesia », ethnologue.com,‎ (lire en ligne)
  6. a et b (en) « Visitor Arrivals to Indonesia 2000-2005 »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), Minister of Culture and Tourism, Republic of Indonesia, (consulté le 17 août 2006) Erreur de référence : Balise <ref> non valide ; le nom « stat » est défini plusieurs fois avec des contenus différents
  7. Source : Biro Pusat Statistik (institut national indonésien de statistiques)
  8. Source : Banque Mondiale
  9. (en) « Visitor Arivals to Indonesia by Nationality and Country of Residence Year 2005 »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), Minister of Culture and Tourism,
  10. Marue Dhumières, « Dans la province d'Aceh, le tourisme inattendu », slate.fr, (consulté le 27 décembre 2014)
  11. CIA World Factbook