Saint-Lumine-de-Coutais

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Saint-Lumine-de-Coutais
Mairie et église Saint-Léobin.
Mairie et église Saint-Léobin.
Blason de Saint-Lumine-de-Coutais
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Pays de la Loire
Département Loire-Atlantique
Arrondissement Nantes
Canton Saint-Philbert-de-Grand-Lieu
Intercommunalité Communauté de communes de Grand Lieu
Maire
Mandat
Bernard Coudriau
2014-2020
Code postal 44310
Code commune 44174
Démographie
Gentilé Luminois
Population
municipale
2 058 hab. (2014)
Densité 117 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 03′ 19″ nord, 1° 43′ 31″ ouest
Altitude Min. 1 m – Max. 48 m
Superficie 17,64 km2
Localisation

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Saint-Lumine-de-Coutais est une commune de l'Ouest de la France, située dans le département de la Loire-Atlantique, en région Pays de la Loire.

Ses habitants s'appellent les Luminois et les Luminoises.

Saint-Lumine-de-Coutais comptait 2 058 habitants au recensement de 2014.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation de la commune de Saint-Lumine-de-Coutais dans le département de la Loire-Atlantique.

La commune de Saint-Lumine-de-Coutais fait partie de la Bretagne historique, dans le pays traditionnel du pays de Retz et dans le pays historique du Pays nantais.

Elle est située au sud-ouest du lac de Grand-Lieu, auquel le bourg est relié par un canal, à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest de Nantes et 6 km à l'ouest de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu.

Les communes limitrophes sont Saint-Mars-de-Coutais, Saint-Philbert-de-Grand-Lieu et Machecoul-Saint-Même.

Selon le classement établi par l'Insee en 1999, Saint-Lumine-de-Coutais est une commune rurale monopolarisée qui fait partie de l'aire urbaine de Nantes et de l'espace urbain de Nantes-Saint-Nazaire (cf. Liste des communes de la Loire-Atlantique).

Toponymies[modifier | modifier le code]

Le nom de Saint-Lumine-de-Coutais vient de Saint Lumine, c'est-à-dire Lubin de Chartres (ou Lupin, Léobin[Note 1]), l’un des évangélisateurs du pays de Retz. « Coutais » viendrait du latin castris : « château », en référence à la présence d'un camp militaire en ces lieux, bien que certains étymologistes y ont décelé le mot latin costa : « coteau », « côte », ou encore du breton couët : « bois »[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Cette ville est une ancienne cité gallo-romaine. Une allée de buis, bimillénaire, est le seul vestige de cette époque. Bien que proche, le lac de Grand-lieu est difficilement accessible. Ainsi, au Moyen Âge, un canal (« La Douve du Grand Port »), a pu remédier à ce problème, la côte ouest du lac étant encombrée de levis (îlots flottants de végétation se déplaçant suivant le vent).

En 1424, le duc Jean V cède à son frère, Richard de Bretagne, les pêcheries de Saint-Lumine-de-Coutais.

Premier édifice religieux de la paroisse, la chapelle Notre-Dame du Châtellier (XVIe siècle) abrite aujourd'hui un musée d'art sacré, regroupant une collection d'objets antérieurs à la Révolution.

Pendant la guerre de Vendée, Saint-Lumine-de-Coutais, eut à subir la répression républicaine. À la sortie du bourg, un moulin transformé en mémorial garde les noms des 272 habitants victimes de la Révolution.

Fête du Cheval Mallet[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cheval Mallet.

Une fête folklorique locale d'origine médiévale portant le nom de « jeu du cheval Mallet » (ou cheval Merlet, cheval Merlette) fut organisée dans la paroisse de la commune pendant fort longtemps.

Durant la fête du cheval Mallet, un jeune chêne, comme ceux-ci, était abattu

Cette fête est attestée dès 1644 où elle était mise en scène par neuf personnes, plus le sergent de la juridiction. Elle est mentionnée une nouvelle fois en 1678 avec huit acteurs, puis en 1723 avec sept[2],[3].

La fête était censée être liée à la nécessité de « rendre aveu à sa Majesté pour les marais et communs qu'il possède dans la paroisse »[3].

Elle est ensuite mentionnée régulièrement tout au long du XVIIIe siècle[2]. L’Église eut une réaction très violente à l'égard de cette tradition en raison d'une chanson annuelle où étaient détaillés tous les faits honteux liés aux habitants de la commune, et les textes témoignent de profonds désaccords entre l'autorité religieuse et politique. L'archidiacre Binet, qui visita la paroisse du village le 2 juillet 1683, accusa la fête du cheval Mallet de causer des impiétés, désordres, ivrogneries et médisances, et menaça de refuser les sacrements à ceux qui participaient à cette tradition[4]. Malgré les foudres des ecclésiastiques, la fête du cheval Mallet continua à être organisée, comme le constata le recteur Chevalier en 1768[5].

Le district de Machecoul interdit la fête du cheval Mallet le 25 mai 1791. Les habitants l'organisèrent pour la Pentecôte de cette année-là comme toutes les autres, et en représailles, le 11 juin 1791, « les vêtements, ustensiles et instruments servant à l'exercice du jeu connu en la dite paroisse sous le nom de Cheval Mallet ou Merlet » furent saisis, au prix de nombreuses protestations[6]. Une autre source indique qu'« au début de 1793, un détachement de force armée se rendit à Saint-Lumine et y enleva le Cheval Mallet »[5].

Le , une notice sur la cérémonie du cheval Mallet fut lue à l'académie celtique par M. Thomas de Saint Mars, qui en détailla le déroulement, notamment l'utilisation d'un chêne érigé en mât, d'un bâton fleuri, et d'un chevalet, ou chibalet[7]. En 1846, Alfred de Nore a également décrit le déroulement de la fête du cheval Mallet en détail[8].

Certains habitants de la commune cherchent à faire revivre cette ancienne coutume depuis 1988[9].

Reconstitution d'une fête de la Renaissance, en Angleterre, avec un « chevalet » ou « chibalet »

Il s'agissait apparemment un jeu annuel (« mistère »), lié à un ancien droit seigneurial féodal dont l'origine est toujours inconnue[10], on sait simplement qu'elle demandait de nombreux préparatifs et nécessitait neuf acteurs[6]. L'origine de la fête pourrait ainsi être beaucoup plus ancienne que le Moyen Âge, et liée au culte des druides comme semblent le prouver l'utilisation d'un chêne, du cheval et de baguettes fleuries[10]. La cérémonie du cheval Mallet fut unique dans le canton[10].

La fête aurait eu plusieurs fonctions, entre autres celle de rituel du carnaval (où l'hiver était symboliquement tué), de catharsis, ou de célébration du renouveau de la nature, comme le prouve l'utilisation d'un bâton fleuri[4]. Yann Brekilien mentionne une « danse du cheval Mallet » qui était un véritable ballet liturgique en l'honneur du printemps dans le pays nantais[11].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
De gueules à Saint Lubin évêque debout nimbé d'or bénissant, posé sur une terrasse de sinople, accosté de deux grappes de raisin feuillées d'or, au chef d'argent chargé de trois canes passantes de sable.
Commentaires : L'évêque Saint Lubin est le patron de la paroisse ; les raisins évoquent la vigne ; les cannettes rappellent les oies élevées sur les marais de Grand-Lieu. Blason conçu par l'abbé Boutin en 1945, enregistré le .

Politique et administration[modifier | modifier le code]

L'article histoire des maires de France retrace l'évolution des modalités d'élection ou de nomination des maires de la commune.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
 ????  ???? Abbé François Chevalier    
1860 1876 Félix Platel dit Ignotus    
1796 1808 Étienne Loiseleur    
 ????  ???? François Amailland    
 ????  ???? Pierre Pinsonneau    
 ????  ???? M. Beillevaire    
 ????  ???? Hypolithe Biron    
 ????  ???? M. Toublanc    
 ????  ???? Alfred Guillet    
1947 1959 Gabriel Bonnet    
 ???? 1989 Jean Baudouin    
1989 2014 Yannick Rabillé[12] MoDem enseignant
2014 en cours Bernard Coudriau UDI agent SNCF
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

Les données concernant 1793 sont perdues.

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1800. À partir du début des années 2000, les populations légales des communes sont publiées annuellement. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[13]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[14],[Note 2].

En 2014, la commune comptait 2 058 habitants, en augmentation de 11,24 % par rapport à 2009 (Loire-Atlantique : 5,96 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
864 1 049 1 062 1 293 1 177 1 154 1 240 1 233 1 233
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
1 297 1 366 1 324 1 304 1 249 1 270 1 278 1 282 1 357
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
1 352 1 301 1 102 1 092 1 027 1 011 952 913 932
1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014 -
954 1 015 1 080 1 175 1 333 1 689 1 850 2 058 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[15] puis Insee à partir de 2006 [16]. Pour le recensement de 1836, archives départementales de la Loire-Atlantique[17], pour le recensement 2004 : base Cassini de l'EHESS.)
Histogramme de l'évolution démographique

Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

Les données suivantes concernent l'année 2013. La population de la commune est relativement jeune. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (14,9 %) est en effet inférieur au taux national (22,6 %) et au taux départemental (22,5 %)[18],[19],[20]. Contrairement aux répartitions nationale et départementale, la population masculine de la commune est supérieure à la population féminine (51,9 % contre 48,4 % au niveau national et 48,7 % au niveau départemental)[18],[19],[20].

Pyramide des âges à Saint-Lumine-de-Coutais en 2013 en pourcentage[18]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,1 
90 ans ou +
0,3 
2,6 
75 à 89 ans
5,3 
10,9 
60 à 74 ans
10,8 
19,7 
45 à 59 ans
18,5 
23,2 
30 à 44 ans
24,7 
18,3 
15 à 29 ans
16,8 
25,2 
0 à 14 ans
23,7 
Pyramide des âges de la Loire-Atlantique en 2013 en pourcentage[19]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,4 
90 ans ou +
1,3 
5,8 
75 à 89 ans
9,1 
13,5 
60 à 74 ans
14,6 
19,6 
45 à 59 ans
19,2 
20,8 
30 à 44 ans
19,6 
19,4 
15 à 29 ans
17,7 
20,5 
0 à 14 ans
18,5 

Autres éléments[modifier | modifier le code]

Structure de la population

  • Hommes : 50,3 %
  • Femmes : 49,7 %

Chiffres clé (2004)

  • Rang national (population) : 6579e
  • Population active totale : 649
  • Taux de chômage : 6,5 %
  • Revenus moyens par ménage : 12 864 €/an

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église Saint-Léobin vue du côté est (abside).
  • L'église Saint-Léobin (1888-1901). Le clocher n'est édifié qu'en 1901 ;
  • La chapelle Notre-Dame-du-Châtellier (XVIe siècle), édifiée à l'emplacement d'un ancien camp romain. La chapelle est citée pour la première fois dans un acte daté du 9 juillet 1406 sous le vocable de « capellania beate Marie du Châtellier ». L'édifice a été remanié plusieurs fois et a servi longtemps comme église paroissiale. Le maître-autel, en bois polychrome, date du XIXe siècle. La statue de Saint-Jean-Baptiste, en bois polychrome, date du XVIIe siècle. La statue de Notre-Dame-du-Châtellier, en bois polychrome, date du XVIIIe siècle. La statue de Sainte-Marguerite, en bois polychrome, date du XIXe siècle ;
  • Le prieuré de Saint-Symphorien (1434). Il semble que la paroisse de Saint-Lumine-de-Coutais ait été sous l'influence des moines de Saint-Philbert et des moines de l’abbaye de Villeneuve qui fondent un prieuré ;
  • Le presbytère (XVIIIe siècle), situé au no 19 rue de Verdun. On y trouve un four du XVIIIe siècle ;
  • Le moulin à vent de l'Ebaupin (XIXe siècle) ;
Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Léobin (et son féminin Léobine) était un prénom qui se donnait encore dans les campagnes environnantes de la ville aux XVIIe et XVIIIe siècle.
  2. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Marie Cassagne et Mariola Korsak, Origine des noms de villes et villages - Loire-Alantique, Saint-Jean-d'Angély, Éditions Boudessoules, , 287 p. (ISBN 2-913471-45-5), p. 249
  2. a et b Gilles Perrodeau, « Le mystère du cheval Merlette » - Un charivari institutionnalisé, sur http://paysderetz.online.fr (consulté le 3 octobre 2009), p. 1
  3. a et b Académie celtique, Société nationale des antiquaires de France, Mémoires de l'Académie Celtique: ou recherches sur les antiquités celtiques, gauloises et françaises, vol. 2, Dentu, (lire en ligne), p. 380-381
  4. a et b Gilles Perrodeau, « Le mystère du cheval Merlette » - Un charivari institutionnalisé, sur http://paysderetz.online.fr (consulté le 3 octobre 2009), p. 2
  5. a et b Folklore de France, numéros 103-123, Confédération nationale des groupes folkloriques français, (lire en ligne), p. 57-60
  6. a et b « Le jeu du Cheval Mallet décapité par la Révolution », La France pittoresque, no 23,‎ (lire en ligne)
  7. Académie celtique, Société nationale des antiquaires de France, Mémoires de l'Académie Celtique: ou recherches sur les antiquités celtiques, gauloises et françaises, vol. 2, Dentu, (lire en ligne), p. 375-378
  8. Alfred de Nore, Coutumes, mythes et traditions des provinces de France, Périsse, , 304 p. (lire en ligne), p. 203-205
  9. « Le cheval Mallet », sur http://museepaysderetz.free.fr/, Musée du pays de Retz (consulté le 3 octobre 2009)
  10. a, b et c Académie celtique, Société nationale des antiquaires de France, Mémoires de l'Académie Celtique: ou recherches sur les antiquités celtiques, gauloises et françaises, vol. 2, Dentu, (lire en ligne), p. 382-383
  11. Yann Brekilien, La vie quotidienne des paysans en Bretagne au XIXe siècle, Hachette, , 366 p. (lire en ligne), p. 317
  12. Réélu en 1995, 2001 et 2008.
  13. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  14. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  15. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  16. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  17. « Saint Lumine de Coutais 1836 », sur Archinoë, portail d'indexation collaborative, archives départementales de la Loire-Atlantique (consulté le 15 décembre 2016).
  18. a, b et c « Chiffres clés Évolution et structure de la population - Saint-Lumine-de-Coutais - POP T0-T3 - Population par sexe et âge en 2013 », sur insee.fr, Insee (consulté le 22 septembre 2016).
  19. a, b et c « Résultats du recensement de la population de la Loire-Atlantique - POP T0-T3 - Population par grandes tranches d'âges », sur insee.fr, Insee (consulté le 22 septembre 2016).
  20. a et b « Résultats du recensement de la population française - POP T0-T3 - Population par grandes tranches d'âges », sur insee.fr, Insee (consulté le 22 septembre 2016).
  21. Village de la Meltière.
  22. P. Pipaud, Le Baron Félix Platel dit Ignotus, Quand la politique locale nourrit le champ littéraire, Regards N° 11, revue de l’Association Abbatiale et découvertes, Saint-Philbert-de-Grand-Lieu 2015 pp 36-40

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]