Richard Lynn

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Richard Lynn
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Richard Lynn en 2008.
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Rédacteur en chef
Mankind Quarterly (en)
depuis
Président
Ulster Institute for Social Research (en)
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Université d'Ulster à Coleraine (en), université d'Exeter, université d'UlsterVoir et modifier les données sur Wikidata
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The Occidental Quarterly (en)
Mankind Quarterly (en)
Personality and Individual Differences (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Œuvres principales
IQ and the Wealth of Nations, IQ and Global Inequality (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Richard Lynn, né le , est un psychologue britannique et ancien professeur des universités à l'université d'Ulster. Parfois qualifié d'essayiste controversé[1], il est connu pour ses vues racialistes. Il considère en effet qu'il existe des différences en matière d'intelligence fondées sur le sexe et les races.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est docteur en psychologie de l'université de Cambridge et ex-professeur émérite à l'université d'Ulster[2] et membre de l'institut de recherches de psychologie et d'économie à Dublin.

Il contribue aux revues Personality and Individual Differences et Intelligence, et est également membre du Pioneer Fund et de sa publication le Mankind Quarterly.

Études[modifier | modifier le code]

Richard Lynn a rédigé de nombreuses publications concernant races et différences nationales d'intelligence. À la fin des années 1970, Lynn écrit que les Asiatiques du nord-est ont un quotient intellectuel moyen (QI) plus élevé que les Européens et que les Européens un QI moyen plus élevé que les Africains subsahariens. En 1990, il avance que l'effet Flynn — l'augmentation progressive des scores de QI observés dans le monde entier depuis les années 1930 — pourrait s'expliquer par une meilleure nutrition. Dans IQ and the Wealth of Nations puis un second livre co-écrit avec Tatu Vanhanen, il fait valoir que les différences dans les indices de développement entre les différents pays sont en partie causées par le QI moyen de leurs citoyens.

Lynn a également proposé une « théorie des hivers froids » de l'évolution de l'intelligence humaine, qui postule que l'intelligence a évolué à un degré supérieur en tant qu'adaptation évolutive à des environnements plus froids[3]. Selon cette théorie, les environnements froids exercent une pression sélective sur l'intelligence supérieure, car ils présentent des exigences cognitives que l'on ne retrouve pas dans des environnements plus chauds, telles que la nécessité de trouver des moyens de rester au chaud et le stockage de nourriture pour l'hiver[4]. James Flynn a critiqué cette théorie comme étant incompatible avec la distribution mondiale des scores de QI. Si la théorie était correcte, les Singapouriens, originaires principalement de la province méridionale du Guangdong en Chine, posséderaient un QI moyen inférieur à celui des habitants de la Chine continentale, alors que l'inverse est vrai[5]. Le psychologue Scott A. McGreal, écrivant pour Psychology Today, l'a décrite comme une histoire juste comme ça (a just-so story), disant que la théorie ne tient pas compte des défis propres aux environnements chauds et n'explique pas non plus pourquoi les hominidés ont évolué pendant des millions d'années dans des environnements plus froids. (tels que les Néanderthals et l'Homo erectus) n’ont pas développé une intelligence similaire[6].

Earl Hunt et Werner Wittmann (2006) ont remis en question la validité de leurs méthodes de recherche et pointé du doigt la qualité incohérente des données disponibles utilisées par Lynn et Vanhanen dans leur analyse[7]. Réexaminant la corrélation entre la compétence cognitive d'une population nationale et la prospérité économique de cette nation, Hunt et Wittmann déclarent que sur ce point, malgré les faiblesses de plusieurs de leurs données, la conclusion empirique de Lynn et Vanhanen était correcte, mais remettent en question l'explication simple que le QI moyen des citoyens d'un pays constitue la source de sa richesse nationale et soutiennent que la relation est plus complexe. Leur conclusion parle ainsi d'une corrélation robuste à l'interprétation ambiguë[7].

Lynn s'est intéressé aux travaux de Francis Galton, polymathe pionnier de la psychologie comparée[8].

En 2015, il publie une étude dans la revue Intelligence montrant une baisse de 4 points du quotient intellectuel en France entre 1999 et 2009. L'étude est commentée dans de nombreux journaux[9]. L'interprétation de ces résultats est sujet à débat entre les spécialistes. Alors que Edward Dutton et Lynn mettent en avant des causes génétiques comme facteur explicatif de cette baisse du QI (notamment le fait que les personnes avec un QI élevé feraient moins d'enfants que ceux avec un QI plus faible), d'autres chercheurs expliquent ces résultats par des facteurs environnementaux, en particulier l'exposition aux perturbateurs endocriniens qui impacterait le développement du cerveau en agissant sur les hormones thyroïdiennes[10] ainsi que d'autres raisons d'ordre éducatif et statistique[11].

Prises de position et controverses académiques[modifier | modifier le code]

Il est l'un des 52 universitaires signataires de la tribune Mainstream Science on Intelligence, publiée dans le Wall Street Journal le défendant les thèses du best-seller The Bell Curve écrit par le psychologue Richard J. Herrnstein et le politologue Charles Murray comparant race et intelligence.

Les recherches de Lynn concernant les différences raciales et nationales en matière d'intelligence sont controversées. En , l'Université d'Ulster lui retire le titre de professeur émérite. En février, le syndicat des étudiants de l'université avait appelé l'université à mettre fin à son association avec le professeur de psychologie. Le syndicat a adopté une motion alléguant que le professeur Lynn défendait des points de vue « de nature raciste et sexiste »[12].

La revue Psych lui a donné la parole en 2019 dans le cadre d'un numéro spécial sur les « races et l'intelligence »[13] dans lequel il revient sur 60 ans de recherches personnelles[14].

Accusations de racisme et de suprémacisme blanc[modifier | modifier le code]

Le Southern Poverty Law Center (SPLC) décrit Richard Lynn comme un suprémaciste blanc[15], s'appuyant sur plusieurs de ses déclarations[15]. Par exemple, en 2011, dans un entretien accordé à l'éditeur proche du mouvement néo-nazi Alex Kurtagic (en), Lynn déclare « Je suis profondément pessimiste quant à l’avenir des peuples européens, car une immigration massive des peuples du tiers monde les amènera à devenir majoritaires aux États-Unis et en Europe occidentale au cours de notre siècle. Je pense que cela signifiera la destruction de la civilisation européenne dans ces pays[15] ». En 1995, Le Fairness and Accuracy in Reporting (en) (FAIR) avait rapporté d'autres propos de Lynn : « Ce qui est appelé à advenir, ce n'est pas un génocide, c'est-à-dire le massacre des populations de cultures inaptes. Mais nous devons penser de manière réaliste l'« élimination progressive » de tels peuples… le progrès de l'évolution signifie l'extinction des moins compétents. Penser le contraire n'est que de la sentimentalité. »[16]

Le SPLC cite d'autres propos de Lynn, issus d'un entretien pour le média conservateur britannique Right NOW! : « Je pense que la seule solution réside dans l'éclatement des États-Unis. Les Noirs et les Hispaniques sont concentrés dans le Sud-Ouest, le Sud-Est et l'Est, mais le Nord-Ouest et l'Extrême-Nord-Est, le Maine, le Vermont et le nord de l'État de New York sont largement dominés par les Blancs. Je crois que ces États à majorité blanche devraient déclarer leur indépendance et se séparer de l'Union. Ils appliqueraient alors des contrôles stricts aux frontières et fourniraient un minimum d'assistance sociale, qui serait limité aux citoyens. Si cela était fait, la civilisation blanche survivrait dans cette poignée d'États[15]. »

Le SPLC déclare à son sujet : « Depuis les années 1970, Richard Lynn travaille sans relâche pour placer la race, les gènes et le QI au centre des discussions sur les inégalités. Au travers de ses propres écrits et de ceux publiés par son institut Ulster pour la recherche sociale, situé en Irlande du Nord, Lynn affirme que les membres de différentes races et nations possèdent des différences innées en matière d'intelligence et de comportement, et qu'elles sont responsables de tout, du taux d'incarcération des Noirs américains. à la pauvreté des pays en développement. Lynn est également un nationaliste ethnique qui croit que les pays doivent « rester homogènes sur le plan racial » pour prospérer[15]. » Le centre a également déclaré que « Lynn utilise son autorité en tant que professeur émérite de psychologie à l'Université d'Ulster pour plaider en faveur de l'infériorité génétique des personnes non blanches[15] ».

Par ailleurs, Lynn intervient fréquemment lors de conférences organisées par la publication suprémaciste blanche American Renaissance[17],[18].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Race Differences in Psychopathic Personality: An Evolutionary Analysis, Washington Summit Publishers, 2019 (ISBN 978-1-5936-8062-6).
  • The Intelligence of Nations (coécrit avec David Becker), Ulster Institute for Social Research, 2019.
  • Intelligence: A Unifying Construct for the Social Sciences (coécrit avec Tatu Vanhanen), Ulster Institute for Social Research, 2012.
  • The Chosen People: A Study of Jewish Intelligence and Achievement, Washington Summit Publishers, 2011.
  • The Global Bell Curve: Race, IQ, and Inequality Worldwide (2008).
  • Race Differences in Intelligence: An Evolutionary Analysis (2006).
  • IQ and Global Inequality (en) (coécrit avec Tatu Vanhanen) (2006).
  • IQ and the Wealth of Nations (coécrit avec Tatu Vanhanen) (2002).
  • Eugenics: A Reassessment (Human Evolution, Behavior, and Intelligence) (2001).
  • The Science of Human Diversity: A History of the Pioneer Fund (2001).
  • Dysgenics: Genetic Deterioration in Modern Populations (Human Evolution, Behavior, and Intelligence) (1996).
  • The Secret of the Miracle Economy: Different National Attitudes to Competitiveness and Money (1991).
  • Educational Achievement in Japan: Lessons for the West (1988).
  • Dimensions of Personality: Papers in Honour of H. J. Eysenck (1981).
  • Personality and National Character (International series of monographs in experimental psychology, v. 12) (1971).
  • Introduction to the Study of Personality (Basic Books in Education) (1971).
  • The Entrepreneur: Eight Case Studies (1974).
  • Attention, Arousal and the Orientation Reaction, éd. par Hans Eysenck, Oxford-New York, Pergamon, coll. International Series of Monographs in Experimental Psychology, 1966.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alexandre Phalippou, « Pourquoi l’emoji « carte du monde » est en train de devenir un symbole dans la fachosphère », L'Observateur,‎ (lire en ligne).
  2. Psychology Research Institute.
  3. (en) Satoshi Kanazawa, « The evolution of general intelligence », Personality and Individual Differences, (ISSN 0191-8869, DOI 10.1016/j.paid.2011.05.015), p. 90–93.
  4. (en) H. Rindermann, Cognitive Capitalism: Human Capital and the Wellbeing of Nations, Cambridge University Press, 2018, pp. 299-303.
  5. (en) James R. Flynn, Are we getting smarter?: Rising IQ in the twenty-first century, Cambridge University Press, 2012, pp. 33-35.
  6. (en) Scott A. McGreal, « Cold Winters and the Evolution of Intelligence », sur Psychology Today, (consulté le 30 juin 2019).
  7. a et b (en) E. Hunt, W. Wittmann, « National intelligence and national prosperity », Intelligence, vol. 36, no 1, pp. 1-9, 2008.
  8. [PDF] Entretien de Richard Lynn par l'Occidental Quarterly.
  9. Yann Verdo, « L'inquiétant recul du quotient intellectuel », Les échos,‎ (lire en ligne, consulté le 21 septembre 2020)
  10. Pauline Moullot, « Notre QI est-il vraiment en train de baisser ? », liberation.fr, 22 novembre 2017.
  11. « Le cerveau assiégé par les perturbateurs endocriniens », lemonde.fr, 20 juin 2016.
  12. (en-GB) « Status withdrawn from controversial academic », BBC,‎ (lire en ligne, consulté le 26 avril 2019).
  13. (en) « Psych », sur www.mdpi.com (consulté le 26 avril 2019).
  14. (en) Richard Lynn, « Reflections on Sixty-Eight Years of Research on Race and Intelligence », Psych, vol. 1, no 1,‎ , p. 123–131 (DOI 10.3390/psych1010009, lire en ligne, consulté le 26 avril 2019).
  15. a b c d e et f (en) « Richard Lynn », sur Southern Poverty Law Center (consulté le 23 août 2019).
  16. (en-US) « Racism Resurgent », sur FAIR, (consulté le 23 août 2019).
  17. (en) Corey Tillerson, The Alt-Right A Reference for the Far-Right Political Movement, Lulu Press, Incorporated, , 258 p. (ISBN 978-1-387-17259-7, lire en ligne).
  18. Robert Wald Sussman, The Myth of Race: The Troubling Persistence of an Unscientific Idea, Harvard University Press, 2014.

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de la page de Wikipédia en anglais intitulée « Richard Lynn » (voir la liste des auteurs).

Liens externes[modifier | modifier le code]