Réveil chrétien

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Le Réveil chrétien ou réveil spirituel est un mouvement social de renouvellement spirituel visant à « réveiller » une foi assoupie, installée et routinière. Ces mouvements jalonnent l'histoire protestante, (on pourrait sans doute dire que la Réforme fut un Réveil de l'Église catholique romaine) et ils furent plus fréquents et importants aux États-Unis à partir du XIXe siècle. Ils préconisent une piété plus personnelle, existentielle et sentimentale, « réveillée » par rapport à une foi jugée affadie.

Le phénomène des Réveils spirituels[modifier | modifier le code]

Dans les relations entre les hommes et le Dieu d'Abraham apparaissent à certains moments des périodes d'exaltation particulièrement vives, comme si soudain Dieu devenait très proche et sa présence évidente et « palpable. »

Des personnes « prennent feu » spirituellement et se retrouvent poussées à une piété et/ou une sainteté supérieure. Cette exaltation est communicative et se répand comme une traînée de poudre.

Cette expérience transforme profondément et durablement ceux qui la vivent.

L'expérience est accompagnée pour certaines personnes de manifestations visibles (tremblements, pleurs, rires, prostration ou agitation, etc.) caractéristiques qui ne manquent pas d'attirer les critiques extérieures.

Puis le phénomène s'estompe lentement avec les années, pour réapparaître ailleurs sous une forme nouvelle, souvent combattue par les successeurs du réveil précédent qui ne retrouvent plus leurs marques.

Exemple de réveils au cours de l'histoire : celui qui a suivi la révélation au Sinaï, l'inauguration du Temple sous Salomon, la Réforme sous Esdras, la grande Pentecôte et les 4 petites pentecôtes racontées dans les Actes des Apôtres, les réveils successifs en milieux orthodoxes d'Europe centrale, ceux lancé par Ignace de Loyola ou par François d'Assise, les « enfants prophètes » chez les huguenots des Cévennes[1], sans oublier le hassidisme chez les Juifs d'Europe centrale, etc.

Plus près de nous, ces réveils ont été nombreux en milieux protestants évangéliques de langue anglaise (quakers, Shakers, Laughers, méthodistes, puis au début du XXe siècle au Sud du Pays de Galles, à Azusa Street (Los Angeles), etc.).

Actuellement il s'en vit en plusieurs points de la planète (bénédiction du père à Toronto, à Peniscola aux États-Unis, au Guatemala, en Argentine, au Congo, en Corée du Sud, etc.) ainsi que dans plusieurs pays islamiques (Kabylie, Iran).

Les chrétiens « pentecôtistes » attendent un grand réveil mondial au retour de Jésus-Christ[2].

Principales caractéristiques[modifier | modifier le code]

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  • La conversion personnelle : le chrétien converti fait, à une date et un endroit donné –dont il se souviendra toujours - une expérience spirituelle qui transforme sa vie.
  • La joie et l’enthousiasme : le revivaliste (converti du Réveil) ayant été personnellement touché par l’action de l’Esprit est confiant dans le futur et heureux dans le présent. Il n’hésite pas à chanter, danser parfois, au point que certains phénomènes de transes apparus au cours de campagnes de Réveil ont parfois suscité méfiance et dérision.
  • La Bible seule : rien de nouveau par rapport à la théologie protestante « classique » si ce n’est l’intensité de la référence à la Bible et l’activité importante de diffusion, d’évangélisation, d’étude et de lecture (souvent assez littérale) soutenue par les sociétés bibliques.
  • Le salut et le rachat des pécheurs par le sacrifice du Christ sur la croix. Les revivalistes accordent une grande importance à la repentance et la régénération personnelle individuelle, en insistant sur l'expérience du péché et de la régénération.
  • L'action de Dieu sur les hommes s'exerce principalement à travers son Esprit qui prend une importance majeure[2].
  • La "grâce de l'unité" qui tend à communiquer le réveil aux autres familles chrétiennes, les Chrétiens s'intéressent plus particulièrement à leurs frères Juifs, etc.
  • Une action concrète pour les plus défavorisés : sans revenir sur la notion de salut par la grâce, les réveils (et particulièrement leurs adhérentes féminines) ont une action sociale importante dans les domaines de l'éducation, la santé, la pauvreté. Les réveils sont à l'origine de la création de nombreuses œuvres et missions.

Réveils protestants[modifier | modifier le code]

Pour les milieux protestants, les premiers Réveils peuvent être datés du Moyen Âge, où des mouvements pré-réformés (Vaudois, hussittes, Lollards, etc.) s'opposent à la religion institutionnelle, leurs membres s'impliquant dans une pratique plus personnelle et plus engagée de leur foi.

À partir du XIXe siècle, les Réveils veulent susciter une piété plus existentielle, plus sentimentale ou émotionnelle, plus engagée et plus démonstrative, qui se fonde sur une expérience personnelle plus que sur l'adhésion à un enseignement. Ils représentent une protestation contre une religion à dominante intellectualiste ou dogmatique. Ils donnent une grande place au sentiment, en accord avec l'atmosphère romantique et en proximité avec la définition de la foi comme sentiment qu'on trouve chez le théologien allemand Schleiermacher, qui est aussi un des pères du libéralisme.

Réveils évangéliques[modifier | modifier le code]

Le Christianisme charismatique compte trois réveils spirituels; pentecôtisme ("la première vague") en 1906[3], le Mouvement charismatique évangélique ("la deuxième vague") en 1960[4], et le Mouvement néo-charismatique ("la troisième vague") en 1980. En 2011, il y a 78 millions de pentecôtistes, 192 millions de charismatiques et 318 millions de néo-charismatiques dans le monde[5].

Les stations d'essence laissées à l'abandon pendant la crise de 1974 furent parfois reconverties. C'est le cas de cette station de Potlatch (État de Washington) qui devint une église.

Réveil catholique[modifier | modifier le code]

Des chrétiens catholiques ont également reçu un réveil communiqué par des chrétiens pentecôtistes, ou par d'autres chrétiens réveillés par des pentecôtistes. Voir Renouveau charismatique catholique.

Dans le monde[modifier | modifier le code]

En Suisse[modifier | modifier le code]

A Bâle, la (de) Christentumgesellschaft (société chrétienne allemande), fondée en 1780 selon des modèles anglais et suédois, prône un retour aux valeurs bibliques fondamentales. Au tournant du XIXe siècle, éclosent à Bâle diverses organisations d’inspiration biblique, notamment la Société biblique en 1804 et la Mission de Bâle en 1815 qui bénéficieront d’un grand rayonnement[6]. Genève est considérée comme le berceau du Réveil pour les pays de langue française. En 1810, Ami Bost et Henri Empeyta, proches des Frères moraves et de la baronne de Krüdener, y créent la Société des Amis réunissant des jeunes gens pour la prière commune, puis, en 1817, Henri Empeyta fonde la première église dégagée de tout lien avec l’État, c'est à dire la première église «dissidente» de Suisse romande. Trois ans plus tard, en 1820, une chapelle en bois, dite «du Témoignage», est élevée dans le jardin d’un particulier de la Cité de Calvin. C’est par l’intermédiaire de ces prédicateurs genevois que le Réveil atteint en 1821 le Canton de Vaud[7]. Voir Église libre vaudoise.

En France[modifier | modifier le code]

Les premiers prédicateurs sont souvent suisses ou britanniques envoyés par des églises méthodistes ou baptistes ; ils parcourent la France, fondent des Églises indépendantes et propagent le Réveil. Ami Bost, Felix Neff et Charles Cook sont les plus connus. Rapidement, ils sont rejoints par des théologiens et prédicateurs français, comme Adolphe et Frédéric Monod. Ils préfèrent les petites réunions aux grandes assemblées, et introduisent les cantiques romantiques, d’origine anglo-saxonne, alors que les réformés ne chantent que des psaumes.

Le Réveil prend pied à Paris dans les salons de la haute bourgeoisie et de l'aristocratie, ainsi celui de Madame de Staël, très engagée dans la lutte contre l'esclavage, et ensuite dans celui de sa fille, la duchesse de Bröglie. La chapelle Taitbout, église indépendante, est fréquentée par un monde cosmopolite et élégant dont le soutien financier sera déterminant pour les œuvres protestantes.

Le Réveil atteint aussi la Province et les campagnes. Dans les Hautes-Alpes, Félix Neff, qui associe évangélisation, alphabétisation et développement économique, a un grand rayonnement.

D'un côté, les Réveils créent des communautés (souvent dissidences de paroisses réformées) indépendantes de l'État. De l'autre ils infiltrent les paroisses concordataires et y sont présents et actifs, sous une forme souvent assagie. L'organisation religieuse du XIXe siècle donne à chaque paroisse une grande indépendance. Orthodoxes et libéraux tiennent à des Églises liées à l'État parce que ce lien empêche, selon eux, que des petits groupes s'emparent des paroisses et se les annexent. Les partisans du Réveil, penchent plutôt pour la séparation des Églises et de l'État qui leur permettrait, pensent-ils, de renforcer leur influence. En 1958, puis en 1962, l'évangéliste international, T.L Osborn a contribué lors de plusieurs conventions de centaines de milliers de non croyants, au réveil de la mission Tzigane, fondée par Clément Le Cossec. Le pasteur Le Cossec a lui été à l'origine du véritable réveil spirituel chez les tsiganes en France mais aussi en Europe, en Inde, en Amérique du Nord et du Sud. On estime qu'il serait à l'origine de la conversion de plus de 100 000 nomades en France[8],[9]. Ses partisans diront d'ailleurs de lui qu'il est « l'apôtre des Gitans. »

Principaux acteurs de Réveil au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Maximilien Misson, Le Théâtre sacré des Cévennes, Éditions de Paris-Max Chaleil (19 mai 1998)
  2. a et b Suivant par exemple la prophétie de Joël à la fin du chapitre 2: 28Après cela, je répandrai de mon esprit sur toute chair ; vos fils et vos filles prophétiseront, vos vieillards auront des songes, et vos jeunes gens des visions. 29Même sur vos serviteurs et sur vos servantes, dans ces jours-là, je répandrai de mon esprit.
  3. Matthias Deininger, Global Pentecostalism: An Inquiry into the Cultural Dimensions of Globalization, Anchor Academic Publishing, Allemagne, 2014, page 47
  4. Douglas A. Sweeney, The American Evangelical Story: A History of the Movement, Baker Academic, USA, 2005, page 150-151
  5. Conseil Œcuménique des Églises, Églises pentecôtistes, Site officiel du Conseil Œcuménique des Églises, Suisse, consulté le 3 août 2015
  6. Ulrich Gäbler, « Réveil » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du ..
  7. Dave Lüthi, Les chapelles de l’Église libre vaudoise, vol. 118, Bibliothèque historique vaudoise, , 287 p. (ISBN 2-88454-118-7), p. 2
  8. http://www.clement-le-cossec.org/epopee_missionnaire__2507.htm entretien avec Clément Le Cossec réalisé par Farid Djilani-Sergy pour la radio suisse Radio Réveil
  9. « http://www.quid.fr/2007/Religions/Protestantisme_En_France/3 »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) Mission évangélique des tziganes de France « Vie et Lumière» (METF)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Bosc, La Guerre des Cévennes 1702-1710, Nouvelles Presses du Languedoc
  • André Encrevé, « Le Réveil du XIXe siècle », Réforme,‎