Chapelle Taitbout

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Chapelle Taitbout
image illustrative de l’article Chapelle Taitbout
Ancienne chapelle, actuelle église baptiste coréenne
Présentation
Culte Église réformée
Type Chapelle indépendante
Début de la construction 1840
Géographie
Pays France
Région Île-de-France
Arrondissement 9e arrondissement
Rue 42 rue de Provence
Coordonnées 48° 52′ 27″ nord, 2° 20′ 08″ est

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Chapelle Taitbout

La chapelle de la rue Taitbout ou chapelle Taitbout était un lieu de culte protestant évangélique ouvert dans les années 1830 à Paris et qui rassembla une partie de la très haute bourgeoisie protestante, acquise à la cause du Réveil.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

L'ouverture de la chapelle Taitbout se fait dans le contexte du Réveil protestant parisien du XIXe siècle. Dès les années 1820, un vent de renouveau souffle sur le protestantisme français, notamment en provenance de Genève où le Réveil a déjà commencé. Jean Monod et son fils Frédéric Monod[1], Chasseur Juillerat, Henri Pyt en sont les porteurs soit dans les locaux d'une annexe du temple protestant de l'Oratoire du Louvre soit dans les salons de certains membres de la bourgeoisie protestante parisienne[2]. D'autre part, le pasteur Henri Grandpierre tient des services religieux revivalistes à la Maison des missions à partir de 1827. Le climat de liberté qui fait suite à la Révolution de 1830 permet la réunion de ces deux groupes de revivalistes parisiens[3].

Historique[modifier | modifier le code]

Création de la chapelle Taitbout[modifier | modifier le code]

Issue du rapprochement des deux groupes revivalistes parisiens, la chapelle est ouverte en octobre 1830 rue Taitbout (d'où son nom) et propose des cultes le dimanche après-midi afin de ne pas concurrencer celui des paroisses protestantes. Le premier pasteur, ou plus exactement le premier directeur de l’œuvre d'évangélisation, car il ne s'agissait pas de fonder une nouvelle paroisse, est Joël Audebez. Les formes traditionnelles des cultes y sont bousculées, la robe pastorale est boudée, de nouveaux cantiques piétistes, souvent issus du Réveil britannique, y sont chantés en plus des anciens psaumes de la Réforme. C'est là que naquit en 1834 le premier recueil français de cantiques du Réveil, les Chants chrétiens[2].

Le succès de cette formule est vite important et les personnalités les plus hautes s'y pressent : William Henry Waddington, l’amiral Verhuell, le pasteur Edmond de Pressensé, la fille de Madame de Staël, Albertine, épouse du duc de Broglie, Victor de Pressensé, le comte Pellet de la Lozère, le banquier Jules Mallet, Henri Lutteroth, Rosine de Chabaud-Latour[2].

Le pasteur Henri Grandpierre en devient rapidement le principal prédicateur. Ses sermons sobres et clairs ont beaucoup d'impact[2].

Le local change plusieurs fois tout en gardant le nom de sa localisation initiale. En 1831, la chapelle déménage Boulevard des Italiens, puis revient rue Taitbout en 1833, au numéro 9, où elle occupe un ancien local saint-simoniens[3].

Transformation en paroisse[modifier | modifier le code]

A partir de 1839, l'esprit qui anime la chapelle Taitbout change. Un nouveau comité est nommé, de nouveaux pasteurs comme Émile Bridel ou Edmond de Pressensé sont appelés et un nouveau déménagement est décidé car la chapelle est devenue trop petite.

La nouvelle chapelle, construite cette fois pour les besoins de la communauté, est située non loin de la précédente, au 44 rue de Provence, dans un bâtiment qui a appartenu aux saints-simoniens, mais elle conserve le nom de Chapelle Taitbout. Elle est ouverte le [4].Le lieu de culte est situé à l'étage, au bout d'un long couloir. La façade néoclassique souligne l'aisance des fondateurs de cette église indépendante, bénéficiant du soutien financier d'une élite protestante aristocratique ou bourgeoise. Le pasteur Grandpierre se retira,soulignant ainsi le changement d'époque vécu par la chapelle[2].

En 1850, la chapelle Taitbout adhère à l'Union des Églises évangéliques de France (dites "églises libres")[5].

Développement et fin de la paroisse de la rue Taitbout[modifier | modifier le code]

Postérité[modifier | modifier le code]

  • Le pasteur Eugène Bersier fonde en 1868 l'église réformée de l'Étoile (avenue de la Grande Armée, dans un quartier en pleine construction à l'époque), qui est au départ conçue comme une annexe semi-autonome de la chapelle Taitbout, où Eugène Bersier continue à officier[5].
  • L'église du Luxembourg, située au 58, rue Madame à Paris, est née de la volonté de quelques membres de la chapelle de la Rue Taitbout qui habitaient rive gauche de créer une œuvre d'évangélisation dans le quartier latin. Le lieu de culte loué à partir de janvier 1850 devenant insuffisant, la construction du bâtiment actuel est décidée. Il est inaugurée le . Adhérente de l'Union des Églises libres, la paroisse du Luxembourg a parmi ses premiers pasteurs Roger Hollard, issu de la chapelle Taitbout, qui y exerce pendant 35 ans[6].Le l'assemblée générale de la paroisse décide de son rattachement à l'Église réformée de France créée l'année précedente[7].

Réutilisation des bâtiments[modifier | modifier le code]

La chapelle du 42 rue de Provence est cédée à l'Armée du salut qui en fait une salle d'évangélisation[8], puis est utilisée par l'église évangélique baptiste coréenne de Paris[9],[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Frédéric Monod », notice du Musée virtuel du protestantisme, [lire en ligne].
  2. a, b, c, d et e Gustave Lagny, Le réveil de 1830 à Paris et les origines des diaconesses de Reuilly: une page d'histoire protestante, Éditions Olivetan, 1964, réédité 2007, (ISBN 9782915245929), 207 pages, p.33 et suivantes
  3. a et b André Encrevé, Protestants français au milieu du XIXe siècle. Les réformés de 1848 à 1870, numéro 8 de Histoire et société, Éditions Labor et Fides, 1986, (ISBN 9782830900286), 1121 pages, voir p. 137 et suivantes.
  4. Cf. livret Dédicace de la nouvelle chapelle Taibout, rue de Provence n°44: le 3 mai 1840 [1].
  5. a et b Jean-François Zorn, Le grand siècle d'une mission protestante: la Mission de Paris de 1822 à 1914, coll.Mémoire d'Églises, Éditions Karthala, 2012, (ISBN 9782811106225), 791 pages, p. 571 et suivantes
  6. Fiche consacrée au temple du Luxembourg sur le site de l'Observatoire du Patrimoine religieux (OPR), consulté le 4 octobre 2017 [2]
  7. Page "Temple du Luxembourg à Paris", sur le site http://temples.free.fr, consulté le 6 octobre 2017 [3]
  8. Gustave Lagny, Le réveil de 1830 à Paris et les origines des diaconesses de Reuilly. Une page d'histoire protestante, p. 37, éditions Olivétan.
  9. Base de données de la Bibliothèque nationale de France
  10. Notice de l'église évangélique baptiste coréenne de Paris [4].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]