Charles Cook

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Charles Cook
Biographie
Naissance
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Voir et modifier les données sur Wikidata (à 70 ans)
LausanneVoir et modifier les données sur Wikidata
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Activité
Enfant
Jean-Paul Cook (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Religion

Charles Frédéric Cook est un pasteur et missionnaire méthodiste né à Londres le et mort le à Lausanne. Il introduit le méthodisme en France au début du XIXe siècle et le développe jusqu’à sa mort. Ce développement est une composante importante du Réveil protestant francophone.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Charles Cook est le fils d'un carrossier[1] travaillant pour la maison royale britannique. A ce titre, il reçoit une éducation classique[2]. Converti très jeune par sa sœur aînée, il commence à prêcher et est rapidement reconnu comme un excellent prédicateur[3].

Carrière pastorale[modifier | modifier le code]

Il commence son ministère en Angleterre, puis est envoyé en France en 1818 à l'instigation du principal organisateur des missions méthodistes, l'évêque Thomas Coke. Charles Cook commence son travail missionnaire à Caen en Normandie, en s'associant à la communauté protestante existante. Le pasteur de Caen, André Martin-Rollin, l'accompagne dans une vaste tournée dans le sud de la France, où il rencontre les pasteurs Bonifas, Chabrand, Gachon, Lissignol, Lourde-Laplace et Marzials qui l'encouragent dans son ministère[4]Il est consacré pasteur à Londres en 1820[3]. Il opère ensuite dans la région de Nîmes, notamment à Caveirac, entre 1812 et 1823 comme suffragant du pasteur Louis Valantin (80 ans). Il crée alors des « classes » de type wesleyen à Sommières, à Marsillargues et à Congénies, toujours sans esprit de séparatisme[4]. Puis le comité des missions de la conférence méthodiste anglaise l'envoie en Palestine en voyage d'exploration en 1823[3].

A son retour en 1825, il s'implante dans le village de Congénies, d'où il développe et élargit considérablement son activité missionnaire mais où il rencontre certaines oppositions de la part de pasteurs réformés[5],[6].

En 1828, avec l'accord des autorités méthodistes londoniennes, il s'installe à Niort à l'appel du consistoire protestant local, puis à Paris en 1829, d'où il supervise des activités missionnaires méthodistes dans plusieurs régions : Cévennes, Drôme, Suisse romande[3]. Il poursuit ces activités depuis Nîmes de 1836 à 1841, date à laquelle il élit domicile à Lausanne où il entend combattre l'influence de Darby, qu'il juge néfaste[3]. Là, il participe à la création de la première communauté méthodiste en Suisse[7].

Expulsé de Suisse en 1847, il retrouve la surindentance du district méthodiste de France, et fait depuis les démarches pour faire reconnaître l'église méthodiste comme une nouvelle église. Le premier synode méthodiste de France a lieu sous sa présidence en 1852 à Nîmes, et il devient président de cette nouvelle église. Il réside à Nîmes de 1852 à 1855 puis retourne à Lausanne où il décède d'une rupture d'anévrisme. Il est enterré dans le vieux cimetière de la Croix d'Ouchy[3].

Famille[modifier | modifier le code]

Charles Cook épouse en 1826 Julie Marzials (1804-1843), fille d'un pasteur du Réveil protestant, avec qui il a six enfants (Julie Marzials décède le 6 février 1843 lors de sa 10e grossesse, les tableaux généalogiques mentionnent 9 ou 10 enfants) ; trois d'entre eux seulement atteignent l'âge adulte mais au travers de leur descendance, Charles Cook devient de fait le fondateur d'une nombreuse famille Cook française[8] :

Dix ans après le décès de sa première épouse, Charles Cook se remarie en 1854 avec Mathilde de Molin ; cette union tardive reste sans descendance.

Postérité[modifier | modifier le code]

Bien qu'il se soit longtemps présenté comme soucieux avant tout d'apporter son aide à l’Église réformée française, Charles Cook fonde bel et bien une église méthodiste en France. Il consacre d'ailleurs 3 pasteurs méthodistes dès 1838.

Fondée officiellement en 1852, la conférence méthodiste française, indépendante à la fois de la conférence méthodiste anglaise comme de l’Église protestante concordataire établie, est entièrement son œuvre : il en aura été à la fois le principal missionnaire et le premier président[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Personne chargée de la fabrication et de l'entretien des carrosses.
  2. Léon Maury, Le Réveil religieux dans l’Église réformée à Genève et en France, vol. 2, Paris, , p. 403-415
  3. a b c d e f et g Jean-Louis Prunier, Cook Charles in Patrick Cabanel et André Encrevé, Dictionnaire biographique des protestants français de 1787 à nos jours A à C, t. 1, Editions de Paris (ISBN 9782846212885), p. 726-727.
  4. a et b Laurent Gambarotto, Le cadre institutionnel et théologique du protestantisme languedocien, 1789-1824 In Jean-Paul Chabrol et Laurent Gambarotto, Éclairer le peuple : Jean-Louis Médard 1768-1841, Aix-en-Provence, Presses universitaires de Provence, (ISBN 9782821882911, lire en ligne), p. 83-104
  5. Le Réveil pour vivre l’espérance : 150e anniversaire de la mort de Charles Cook, site internet de L’Ami Chrétien. Consulté le 25 juillet 2010.
  6. André Encrevé, Le Réveil en France (1815-1831), Bulletin de la Société d'Histoire du Protestantisme français, avril-mai-juin 2009, p.531
  7. Le méthodisme francophone en Europe, site internet de l'Union de l’Église évangélique méthodiste de France, consulté le 25 juillet 2010.
  8. Jean-Marc Roger, La Vaunage au XIXe siècle, Ed. Lacour, Nîmes
  9. [1] Article du Parisien Libéré du 2 novembre 2015, consulté le 3 novembre 2015.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Louis Prunier, « Charles Cook », in Patrick Cabanel et André Encrevé (dir.), Dictionnaire biographique des protestants français de 1787 à nos jours, tome 1 : A-C, Les Éditions de Paris Max Chaleil, Paris, 2015, p. 726-727 (ISBN 978-2846211901)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]