Quartier Saint-Sever

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Centre-ville Rive gauche
Rue Saint-Sever, de nuit
Rue Saint-Sever, de nuit
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Seine-Maritime
Commune Rouen
Code postal 76100
Démographie
Population 13 191 hab.
Fonctions urbaines Habitat collectif
Habitat pavillonnaire
Étapes d’urbanisation XIXe siècle
XXe siècle
Géographie
Coordonnées 49° 25′ 48″ N 1° 05′ 05″ E / 49.429991, 1.08463249° 25′ 48″ Nord 1° 05′ 05″ Est / 49.429991, 1.084632
Cours d’eau Seine
Transport
Tramway Technopôle
Georges Braque
Bus   6   F1   8   F3  32   33   61  N N3
Vélo partagé Île Lacroix
Clémenceau
Champlain
Saint-Sever
Place des Cotonniers
Grammont
Europe
Localisation

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Centre-ville Rive gauche
Liens
Site web www.jesuisconseiller.fr/quartier/centre-ville-rive-gauche

Le quartier Saint-Sever est un quartier de la rive gauche de Rouen. Il s'organise notamment autour de l'église Saint-Sever XIXe siècle et du centre commercial Saint-Sever.

C'est un quartier d'affaires, un centre administratif. Il est le cœur de la rive gauche de la ville.

Histoire[modifier | modifier le code]

À l'origine connue sous le nom de faubourg d'Emendreville, il prend le nom de faubourg Saint-Sever lors de la translation des reliques de saint Sever, évêque d'Avranches dans l'oratoire Saint-Cassien, devenu par la suite église Saint-Sever.

C'est dans ce quartier que se trouvaient la plupart des fabriques de faïence qui firent la renommée de la faïence de Rouen.

John Holker y fonde en 1752 la Manufacture royale de velours et de draps de coton et, en 1767, la première fabrique française d'acide sulfurique[1].

Le 2 novembre 1802, le premier consul Napoléon Bonaparte visite la manufacture de coton des frères Sévène[2]. Il retourne visiter cette manufacture le 1er juin 1810[3].

Au XIXe siècle, l'industrie en plein développement sur la rive gauche du fleuve entraîne un développement rapide de l'urbanisation.

En 1856, le marché aux bestiaux est inauguré sur la place des Emmurées[4].

L'ancien prieuré bénédictin de Bonne-Nouvelle (ou Notre-Dame-des-Prés) a été détruit au XIXe siècle. Henri Ier d'Angleterre, l'impératrice Mathilde et Arthur Ier de Bretagne y avaient été inhumés[5].

La caserne Pélissier héberge le 74e régiment d'infanterie puis, de 1886 à 1974, le 39e régiment d'infanterie[6].

La gare de la Compagnie d'Orléans, terminus de la ligne Rouen - Orléans fut édifiée place Saint-Sever (devenue place Carnot en 1894), face au pont Boieldieu, en 1883, et reconstruite par Juste Lisch en 1894. La gare a été détruite en 1944, et la cité administrative en occupe l'emplacement.

Un viaduc reliant la gare d'Orléans avec la gare Saint-Sever et surplombant la rue Lafayette est mis en service en 1898[7].

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le quartier en bordure de Seine est reconstruit selon le plan de l'urbaniste Jacques Gréber adopté en 1946 qui prévoit d'y regrouper toutes les grandes administrations[8].

Le centre Saint-Sever[modifier | modifier le code]

Après la Reconstruction qui s'achève tardivement à Rouen, avec la réalisation de la tour des Archives, Rouen vient héberger un projet moteur pour la rive gauche dans le quartier Saint-Sever. Le projet consiste en la réalisation d'une zone d'affaire avec un centre commercial dans une zone à réaménager. C'est avec les Sapins et la Grand'Mare la plus grande opération d'urbanisation de l'après Reconstruction à Rouen.

Rouen est dans les années 1950-60 un terrain d'expérimentation pour la ville de Paris.

En 1959, Louis Arretche est nommé au service d'urbanisme de Rouen. Il fait appel à l'Atelier de Montrouge (ATM) et constitue un atelier d'urbanisme en 1960. Cette année-là, le plan directeur de Rouen est établi. Cette version abstraite montre un point important: la communication des deux rives par le noyau que constitue Saint-Sever. Tandis que la loi Malraux (1962) marque les secteurs sauvegardés sur la rive droite, il y a une volonté de donner à Rouen un centre-ville moderne rive gauche. L'ATM dégage des points importants à la vie du quartier de Saint-Sever : il se doit d'être à l'échelle de la ville et de l'agglomération et ne pas créer un centre-ville mort la nuit.

Un idéal des formes modernes se dégage, avec l'application de dalles liées à différents flux, par les hauteurs mais il y a la relation à la ville, la flèche de la cathédrale. La proposition consiste en des immeubles hauts et bas. Le tout est surélevé, ce qui permet d'abriter un parking. Le projet est décomposé en 4 phases sur une durée de 20 ans. Les blocs sont créés puis reliés par des dalles. Finalement, l'ATM n'est plus lié au projet et s'occupera du projet de ville nouvelle de Val-de-Reuil. Gérard Thurnauer, membre de l'ATM, qualifiera Saint-Sever de « loupé urbain 3 étoiles ».

Envisagé depuis la fin des années 1950, il forme la clef de voûte du schéma d'aménagement de l'agglomération Rouen-Elbeuf. Décidé dans les années 1960, il vise à rééquilibrer l'agglomération sur les deux rives de la Seine, et constitue une suite logique du développement de la rive gauche après la Préfecture (actuel Hôtel du Département), la Cité administrative et l'ouverture de l'autoroute de l'Ouest (A13), la rive gauche devenant l'axe principal d'accès de l'agglomération.

Le maire Jean Lecanuet, élu maire en 1968, est un fervent partisan de l'urbanisation de la rive gauche qui l'a vu naître. Il lance en 1969 le centre commercial Saint-Sever, qui sera achevé neuf ans plus tard, pour faire face au projet d'un grand centre commercial à Grand-Quevilly, soutenu par son rival socialiste Tony Larue. Bâti sur 14 hectares d'anciennes usines et de terrains vagues, il est l'un des premiers à regrouper une centaine de commerçants, bureaux et commerces. Guy Pessiot explique que « Lecanuet voulait éviter que la ville ne se dissolve dans sa périphérie ». Les travaux commencent en mai 1975. En 1977, le parking de 2500 places est en cours d'achèvement. Par-dessus s'installe le centre commercial et une galerie marchande sur plusieurs niveaux. Inauguré le , il s'accompagne de l'Espace Duchamp-Villon, espace polyvalent qui ouvrira en octobre 1979. L'ouverture du centre commercial (appartenant à Unibail-Rodamco) et le percement du boulevard de l'Europe entraînent de nombreuses opérations immobilières de logement et d'activités tertiaires.

Des scènes du film À mort l'arbitre de Jean-Pierre Mocky ont été tournées dans le centre commercial Saint-Sever[9].

Monuments et bâtiments[modifier | modifier le code]

Station Cy'clic de la rue Lafayette

Personnalités liées au quartier[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes, sources et références[modifier | modifier le code]

  1. Précis analytique des travaux de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen pendant les années 1923 et 1924, Rouen, 1925, p. 215
  2. Le peintre Jean-Baptiste Isabey immortalisera cette scène par un lavis conservé à Versailles : Bonaparte, 1er Consul, en présence de Joséphine, visite la manufacture des frères Sévène à Rouen, en novembre 1802.
  3. Le Journal de Rouen, 1er juin 1810
  4. Guy Pessiot, Histoire de Rouen 1850-1900, éd. du P'tit Normand,‎ , 249 p., p. 150
  5. Guy Pessiot, Histoire de Rouen 1850-1900, éd. du P'tit Normand,‎ , 249 p., p. 67
  6. Yvon Pailhès, Rouen : du passé toujours présent… au passé perdu : les églises, les monuments, rues et places, Rouen, Bertout,‎ , 230 p. (ISBN 2-86743-539-0), p. 30-31
  7. Patrice Macqueron, Pierre Nouaud, Rouennais des deux rives 1890-1914, éd. des Falaises,‎ , 319 p. (ISBN 2-84811-054-6), p. 76-77
  8. Alain Gaspérini, La Reconstruction de Rouen 1946-1962, vol. VII, Amis des monuments rouennais, coll. « Connaître Rouen »,‎ , 16 p.
  9. « Rouen - cinéma - Carnets de tournage », Le Point, no 1746, 17 janvier 2007
  10. Patrice Quéréel (préf. Patrice Pusateri et Michel Nouvellon), XXe un siècle d'architectures à Rouen, Rouen, ASI,‎ , 157 p. (ISBN 2-912461-03-0), p. 88-89
  11. * Yvon Pailhès, Rouen : un passé toujours présent… : rues, monuments, jardins, personnages, Luneray, Bertout,‎ , 285 p. (ISBN 2-86743-219-7, OCLC 466680895), p. 44-45

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Charles Farcy, Histoire ancienne et moderne de la paroisse St Sever, Rouen, Henri Defontaine,‎ , 221 p. (OCLC 459476084)
  • André Pottier et Paul Baudry, Histoire de saint Sever, évêque d'Avranches, et des églises qui ont été érigées en son honneur dans la ville de Rouen. Description, pose de la première pierre et bénédiction de la nouvelle église Saint-Sever, Rouen, E. Cagnard,‎ (OCLC 466925649)
  • Alfred Morel, « L'Église Saint-Sever restaurée », dans Bulletin des Amis des monuments rouennais, 1992
  • Pierre Carel, Saint Sever : Le temps des manufactures de faïence, Rouen, Archéologie et histoire en Seine-Maritime,‎ , 199 p. (ISBN 9782951060807)
  • Didier Mouchel, Rouen : Louis Chesneau un photographe amateur : le voyage à Saint-Sever en 1899, Bonsecours, Point de vues,‎ , 87 p. (ISBN 2951602030)
  • Jérémy Vivier, Rouen rive gauche - nouveau centre: mythe ou réalité?, ENSAN, mémoire de 3e année, 2008.
  • Catherine Blain, L'Atelier de Montrouge: la modernité à l'œuvre (1958-1981), Editions Acte Sud/Cité de l'architecture & du patrimoine, 2008.
  • Catherine Blain et Gérard Thurnauer, « Cœur et agglomération », le Grand Projet de Ville - cycle de conférences 2002-2003, ENSAN, 13 janvier 2003.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]