Pierpoljak

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Pierpoljak
Pierpoljak, Montreal 2015-06-11 - 049.jpg
Pierpoljak en concert aux FrancoFolies de Montréal en juin 2015.
Biographie
Naissance
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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Surnom
Pierpoljak, Pékah, Général Indigo
Nationalité
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Pierpoljak, né Pierre-Matthieu Vilmet le à Paris, est un chanteur français de reggae.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les débuts[modifier | modifier le code]

Pierre-Mathieu Vilmet naît à Paris le 7 septembre 1964 et grandit en banlieue parisienne (à Savigny-sur-Orge dans l'Essonne puis à Colombes dans les Hauts-de-Seine).

En 1977, âgé de 13 ans, il commence dans la musique en tant que batteur au sein d’un groupe punk, Samu 92[1], et fait partie de la première bande de skins de France, les skinheads de la Bande des Halles où on le surnomme Pierrot le Fou[2],[3].

Ce groupe antifasciste était connu pour ses rixes avec des néonazis. De ce passé trouble, qu’il évoque peu, va naître une légende urbaine faisant de lui un ex-bonehead (skinhead d'extrême droite).

En 1979, à 15 ans, il s’installe à Londres, berceau de la culture punk, retrouver les groupes qu'il adule alors, comme Sham 69 ou les Sex Pistols et il loge dans un squat à Stockwell.

C'est là-bas, au fil de ses rencontres et de ses pérégrinations (et également en raison de la forte présence de la communauté jamaïcaine à Londres) qu’il découvre le reggae[4] et se passionne pour des groupes comme Super Cat, Dennis Brown, Toots and the Maytals, Desmond Dekker ou encore Prince Buster.

Désormais conquis, Pierre se laisse pousser les dreadlocks. Ce qui ne l’empêche pas, par ailleurs, de verser dans la délinquance : voleur de disques régulier, il finit par être condamné, aux alentours de 1981, à trois mois de prison, en Angleterre[5].

De retour à Paris, il enchaîne les petits boulots avant de travailler sur une chaîne d'assemblage dans une usine Peugeot. Mais, en 1982, il sera incarcéré six mois à Fleury-Mérogis à cause d’un casse qui a mal tourné[6].

À sa sortie de prison, il se fait engager en tant qu’équipier à bord d'un cargo en partance pour les Caraïbes. Après un séjour en Dominique, il s’installe en Martinique où il rencontre sa future femme qui deviendra la mère de ses trois premiers enfants.

Il séjournera de nouveau en prison[7] pour avoir fait passer des marchandises illégalement en Dominique (agrumes, etc.).

C’est en 1988, de retour en métropole, qu’il intègre le Blues Party Sound System avec d’autres artistes (Saï Saï, Tonton David, Daddy Moryetc.) et va durant de nombreuses années se produire sur scène sous le pseudo de Peter Braada.

Quelque temps plus tard, en 1994, deux de ses titres, Pani Danger et Little Man, se retrouvent sur la compilation reggae Earthquake, au côté de ceux de Tonton David et des Saï Saï.

En 1995, alors âgé de 31 ans, il s'installe dans la Nièvre, à Clamecy avec sa femme et ses trois enfants.

Il prend le nom de scène Pierpoljak et commence alors l’écriture de son premier album qu’il enregistre chez lui avec ses musiciens.

Il démarche le label Barclay, qui lui propose de distribuer cet album intitulé Pierpoljak avec ses singles Le Nouveaux Blaze, Le Mec bien et La Music.

Un an plus tard, alors en pleine répétition avec ses musiciens dans les studio Hocco, rue Camille-Groult à Vitry sur Seine, il est approché par Clive Hunt, producteur de reggae en Jamaïque (Peter Tosh, Les Wailers, Jimmy Cliff, The Congos, Pablo Mosesetc.).

Ce dernier l’emmène avec lui en Jamaïque et lui présente le batteur Leroy Horsemouth Wallace (son idole batteur de Desmond Dekker, Burning Spears ou Max Romeo, et star du film Rockers), le guitariste Earl Smith (bras droit de Bob Marley), le bassiste Erol Flabba Holt et le saxophoniste Dean Fraser.

Ensemble, ils réenregistrent et réarrangent le premier album de Pierpoljak dans les studios Tuff Gong de Bob Marley à Kingston.

L’album sera renommé Jamaïcan Rides et, en plus des titres du premier album réarrangés, on retrouve des duos avec les chanteurs jamaïcains Doniki, Kulcha Knox, Rappa Roberts, Lucani et Junior Palma.

Il sera réédité six mois plus tard sous la forme d’un double album intitulé Tracks and Dubplates, il réunit son premier album, réintitulé À la campagne, et le second réintitulé En Jamaïque.

Succès[modifier | modifier le code]

Pierpoljak va alors connaître une ascension fulgurante et un succès qui reste aujourd’hui encore inégalé pour un artiste reggae francophone.

Il reprend le chemin des studios, toujours à Tuff Gong en Jamaïque, début 1997, afin d’y enregistrer son troisième opus, Kingston Karma.

L'album va rencontrer un succès exceptionnel. En effet, plus de 550 000 exemplaires et 1 500 000 singles avec Je sais pas jouer et Pierpoljak seront vendus et Kingston Karma sera rapidement certifié disque de platine.

Pierpoljak effectuera une tournée de quelque trois cents dates dans tous les Zénith de France ainsi qu'un peu partout en Europe et aux Caraïbes.

Devenu une véritable star, il devient l'invité régulier de tous les talk-shows et autres émissions de divertissement de la télévision. Néanmoins, l'artiste comprend vite qu'il est surtout invité pour jouer le rôle du gentil garçon un peu déphasé, résolument « cool » et amateur de certaines substances. Il se lasse assez rapidement de cette image et de ces invitations à répétition, d'autant que la question de son passé skinhead devient de plus en plus récurrente : en 2002, le rappeur MC Jean Gab'1 lui en fait le reproche dans sa chanson brûlot J't'emmerde, surfant sur le succès de Pierpoljak et de rappeurs comme Booba ou Kery James pour tenter de faire parler de lui.

À ces accusations, Pierpoljak répondra avec le titre Poisson pas né. Dans lequel il explique que lui et Mc Jean Gab'1 et sa bande des requins vicieux ne se sont jamais croisés en raison de leur différence d'âge.

Pierpoljak veut surfer sur son succès pour faire découvrir au public la scène reggae hexagonale. En 1998, il produit avec son batteur Leroy Horsemouth Wallace le double albums +2coeur=soleil sur lequel il invite entres autres les chanteurs Daddy Yod, Taïro, Daddy Mory, Flamengo, Supa John, Faada Fredy et Mathieu Ruben.

Deux ans plus tard, en 2000, sort son quatrième album solo, Je fais c'que j'veux. Troisième album enregistré dans les studios Tuff Gong et qui rencontreras un succès similaire à celui de son précédent album solo.

En effet, pas moins de 400 000 exemplaires de l'album seront vendus et les singles Dépareillé et Maman s’écouleront à environ un million d'unités.

Je fais c'que j'veux sera certifié double disque d'or[8] et remportera les Victoires de la musique de 2001 dans la catégorie Album rap, reggae ou groove[9].

Parallèlement à la sortie de Je fais c'que j'veux, il enregistre un album entièrement en anglais intitulé Tuff Gong Blues. Sur cet album, on retrouve des duos avec Horace Andy, Anthony B et Junior Kelly. Ce disque ne sera jamais mixé ni commercialisé en raison d'un désaccord avec Barclay. Il sera en revanche édité à petite échelle et sera distribué lors des concerts du chanteur en 2006 et 2007.

Au cours d'une séance d'enregistrement, il fait la rencontre du toaster U-Roy qui enregistre dans le même studio son nouvel album Serious Matter. Ce dernier l'invite à venir chanter sur son album sur le titre Attention, également accompagnés du groupe Third World.

Problèmes de santé et boycott des médias[modifier | modifier le code]

En 2001, pour Je fais c'que j'veux, une tournée encore plus grande que la précédente est organisée.

Durant le début de la tournée des incidents relatifs à la violence du chanteur et de ses musiciens sont relatés[10].

Pierpoljak en concert à Aulnay-sous-Bois le 8 novembre 2006.

Mais surtout, Pierpoljak tombe malade dans le courant de l'année 2001. À la suite de l'usage intensif de différentes substances (cannabis, tabac, alcool), il fait un premier pneumothorax. Après un séjour à l'hôpital et une première opération, Pierpoljak part en Nouvelle-Calédonie pour un festival. Lors du voyage de retour, dans l'avion, il fait un nouveau pneumothorax. Il effectuera au total quatre séjours à l’hôpital et subira deux lourdes opérations.

À cause de ces problèmes, Pierpoljak se voit contraint d'annuler la suite de sa tournée, toutes ses dates de concerts (plus de deux cents dates) et la promotion de son album (émissions de télévisions). Il devient persona non grata aux yeux d'une grande partie des acteurs du monde du spectacle.

Pierre laisse alors derrière lui Pierpoljak, il décide d’arrêter la musique et de partir à bord de son voilier vers les îles Canaries et le Cap-Vert, puis traverse l'océan Atlantique en direction de la Martinique avant de s’exiler en Jamaïque. Ce voyage dure presque trois ans[11].

Le renouveau[modifier | modifier le code]

En 2003, il décide de reprendre sa carrière là où il l'avait laissée. Installé en Jamaïque, loin des projecteurs et boycotté par les médias et les promoteurs, on le retrouve sur de nombreuses compilations (VIP 2 pour le titre Hot & Sexy, Clean Vibes Riddim pour les titres Rough for a poorman et Âme et conscience). Il commence alors l'écriture et l'enregistrement de son cinquième album solo, Stim turban, qui sort durant l'été 2003. Cet album, réalisé et produit une nouvelle fois à Tuff Gong par lui-même va lui permettre d'enchaîner plusieurs tournées en France et en Europe. Les singles Allez Les filles et Un monde fabuleux sont tirés de cet album.

En mars 2006, installé à La Rochelle, il sort son sixième album solo intitulé Je blesserai personne, enregistré entre les studios de la Seine à Paris et les studios Tuff Gong à Kingston et sur lequel on retrouve des duos avec le jamaïcain Elephant Man ainsi que Tiken Jah fakoly. Les singles Je blesserai personne, Scandal Bag et SiSi en sont extraits.

En 2007, Pierpoljak participe au disque Il est cinq heures, Kingston s'éveille, compilation de tubes français revus en version reggae. Il y reprend le titre J'ai encore rêvé d'elle du groupe Il était une fois. Cette même année, on le retrouve sur l'album de la star japonaise Tomoya pour une reprise du classique Nuages de Django Reinhardt. Quelques mois plus tard, il autoproduit sur une mixtape intitulée Cheper qu'il distribuera lors de ses concerts.

En 2010, père de deux nouveaux enfants (cinq au total), il sort son septième album solo, Légendaire Sérénade, enregistré aux studio de la Seine. Il se produit alors avec son nouveau backing band, le Homegrown Band, dans de nombreuses salles de concert dont la salle parisienne de La Cigale.

En mars 2011, à la suite du terrible tsunami qui dévastera une partie de l’archipel du Japon, on le retrouve sur le morceau We Will Rise Again en compagnie des artistes Morgan Heritage, Luciano, Tarrus Riley, Dean Fraser, Marcia Griffiths, Third World, Konshens, Busy Signal, produit par Clive Hunt et dont les fonds seront reversés à des associations d'aide aux victimes de la catastrophe. Cette même année 2011, on retrouve Pierpoljak sur l'album du groupe Rastamytho sur le titre Des notes. Il fera une apparition remarquée sur la scène Saint-Jean-d'Acre des Francofolies de La Rochelle au côté de son ami le chanteur Tiken Jah Fakoly et sera également la tête d'affiche d'un concert dans les jardins du Trocadéro à Paris avec en première partie les Ogres de Barback et La Rue Ketanou.

En septembre 2011, afin de marquer la fin d'un contrat qui a duré quinze ans, Universal et Blue Bird Production (jeune label monté autour du chanteur) sortent une compilation du chanteur.

En 2015, Pierpoljak signe avec une nouvelle maison de disques, Wagram, et monte son propre label Garvey Drive Record.

Son huitième album solo, intitulé Général Indigo et ses singles Une épée suspendue, Légalisé et Rub a Dub music, sortent cette même année.

Les années ont passé, les programmateurs de spectacles ont changé et Pierpoljak est de nouveaux convié à participer à des gros festivals comme le Reggae Sun Ska, le No Logo Festival...

Il sort en 2017 un neuvième album solo, intitulé Chapeau de paille, dont sont extraits les singles Rocksteady, Ennemi public et Le Mana et doit malheureusement à nouveau annuler dates de concerts et promotion à la suite d'une nouvelle incarcération qui durera six mois, cette fois pour un problème de pension alimentaire non payée.

Le nouvel (et dixième) album de Pierpojak intitulé La roue tourne igo sort en août 2020. Ce titre d'album est une phrase écrite sur sa porte de prison, après un séjour en 2017 pour cause de pensions alimentaire non versées[12]. On y retrouve des duos avec les chanteur Daddy Mory et Sir Samuel (Saïan Supa Crew).

Les singles, Clarks aux pieds en duo avec Daddy Mory et Triomphe de l'amour dont les clips ont été tournés en Jamaïque sont disponibles sur YouTube et en téléchargement légal.

Discographie[modifier | modifier le code]

Albums[modifier | modifier le code]

2000: Tuff Gong Blues

2017 Chapeau de paille

2020 La roue tourne Igo

Singles[modifier | modifier le code]

  • La music (1995)
  • Le nouveaux blaze (1995)
  • Le mec bien (1995)
  • La music (hunt version) (1996)
  • Je sais pas jouer (1997)
  • Pierpoljak (1998)
  • A l'interieur (1998)
  • Dépareillé (2001)
  • Maman (2001)
  • Allez les filles (feat K-Queens)(2003)
  • Un monde fabuleux (2003)
  • Situation difficile (2003)
  • Je blaisserai personne (2006)
  • Scandal bag (feat Elephant Man) (2006)
  • Sisi (feat Tiken Jah Fakoly) (2006)
  • J'me comprends tout seul (2010)
  • Une épée suspendue (2015)
  • Légalisé (2015)
  • Rub a Dub style (2015)
  • Rocksteady (2017)
  • Ennemi Public (2017)
  • Le Mana (2017)
  • Clarcks aux pieds (feat Daddy Mory) (2020)
  • Le triomphe de l'amour (2020)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Pierpoljak, Celui que l'on appelle aujourd'hui le rasta blanc n'a pas toujours épousé la cause rastafari. », sur www.rfimusique.com (consulté le 15 mai 2010)
  2. « L’interview décalée : Pierpoljak (24/03/2010) », sur www.gazette-cotedor.fr (consulté le 15 mai 2010)
  3. « Hamsa, la rage au ventre. - Upac », sur Upac (consulté le 26 octobre 2015)
  4. « Biographie Pierpoljak », sur deezer.com, (consulté le 30 août 2017)
  5. « Pierpoljak : « En prison, je me suis gazé au doré » », sur L'Obs (consulté le 6 octobre 2020)
  6. « Pierpoljak : « En prison, je me suis gazé au doré » », sur L'Obs (consulté le 6 octobre 2020)
  7. « Pierpoljak : « En prison, je me suis gazé au doré » », sur L'Obs (consulté le 6 octobre 2020)
  8. « Pierpoljak - Légendaire Sérénade (Album) », sur lescharts.com (consulté le 15 mai 2010)
  9. « Victoires de la musique 2001, 16ème édition. », sur www.rfimusique.com (consulté le 15 mai 2010)
  10. Stéphanie Binet et Bruno Masi, « La face cachée de Pierpoljak », Libération, 23 mars 2001
  11. « Ardisson ; "tout le monde en parle", vidéo : Interview biographie Pierpoljak, », sur www.ina.fr (consulté le 15 mai 2010)
  12. « Pierpoljak : « En prison, je me suis gazé au doré » », sur L'Obs (consulté le 6 octobre 2020)