Toots and the Maytals

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Toots and the Maytals
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Frederic Hibbert lors d'un concert à Ris-Orangis (Essonne) en juin 2006

Informations générales
Surnom The Maytals
Pays d'origine Drapeau de la Jamaïque Jamaïque
Genre musical Reggae, ska, rocksteady
Années actives 1962 jusqu'au début des années 1980
Début des années 1990 jusqu'à aujourd'hui
Labels Beverley's
Trojan Records
V2 Music
Mango Records
Site officiel Site officiel
MySpace
Composition du groupe
Membres Frederick Toots Hibbert
Paul Douglas (musicien)
Carl Harvey
Jackie Jackson
Leba Thomas
Marie "Twiggi" Gitten
Norris Webb
Charles Farquarson
Radcliffe "Dougie" Bryan
Andy Bassford
Anciens membres Henry "Raleigh" Gordon
Nathaniel "Jerry" Matthias
Hux Brown
Harold Butler
Michelle Eugene
Winston Wright
Winston Grennan

Le groupe de musique Toots and the Maytals, initialement appelé The Maytals, est l'un des groupes vocaux de ska et de reggae les plus connus. The Maytals s’est formé au début des années 60 et a été une figure importante dans la popularisation de la musique reggae. Leur son est une combinaison unique et originale de musique gospel, ska, soul, reggae et de rock.

Le style vocal du leader Toots Hibbert a été comparé à Otis Redding, et lui a permis d’être nommé un des 100 Plus Grands Chanteurs par le magazine Rolling Stone[1]. Leur titre de 1968 “Do the Reggay” a été la première chanson à utiliser le mot “reggae”, donnant un nom au genre dans lequel se retrouvent de nombreux musiciens jamaïcains et le présentant ainsi à un public plus général[2],[3].

Historique[modifier | modifier le code]

Formation et premier succès[modifier | modifier le code]

Frederick « Toots » Hibbert, le leader du groupe, est né à May Pen, Clarendon en Jamaïque, en 1945, dernier d’une famille de sept enfants. Il a grandi en chantant de la musique gospel dans la chorale de l’église et a déménagé à Kingston à la fin des années 1950[4]. À Kingston, Hibbert rencontre Henry « Raleigh » Gordon et Nathaniel « Jerry » Mathias, et ensemble ils forment un groupe en 1962 dont les premiers enregistrements ont été injustement attribués à « The Flames » et « The Vikings » au Royaume-Uni par Island Records[4].

Les années 1960[modifier | modifier le code]

Le groupe signe son premier album, I'll Never Grow Old, avec l'aide du producteur Clement Coxsone Dodd à Studio One[4]. Accompagnés des musiciens du groupe de Dodd, The Skatalites, l’harmonie du chant des Maytals, proche du gospel, assure leur succès, faisant de l’ombre à l’autre groupe vocal émergeant de Dodd, The Wailers. Après être restés avec Studio One pendant environ deux ans, le groupe changea de studio pour réaliser des sessions pour Prince Buster avant d’enregistrer avec Byron Lee en 1966[5].

Avec Lee, The Maytals gagnent leur première compétition de chanson populaire lors du Festival de l’Indépendance de la Jamaïque, avec leur chanson originale « Bam Bam » (plus tard reprise dans un style dancehall par Sister Nancy, et aussi Yellowman en 1982)[4],[5],[6]. La carrière musicale du groupe est interrompue à la fin de l’année 1966 lorsque Hibbert est emprisonné pendant 18 mois pour possession de marijuana[4],[5]. Il déclara qu’il avait été arrêté non pas pour possession de cannabis mais alors qu’il payait la caution d’un ami[7]. Selon plusieurs sources, Hibbert écrivit son titre « 54-46 That’s My Number » (qui est le générique d'ouverture de This is England) en référence à son passage en prison, titre qui devient un hit en Jamaïque et en Angleterre[7].

À sa libération en 1967, The Maytals commencent à travailler avec le producteur sino-jamaïcain Leslie Kong, une collaboration qui donna lieu à une série de tubes entre la fin des années 1960 et le début des années 1970[5]. Ces tubes incluent « Do the Reggay », sorti en 1968, qui fut la première chanson à utiliser le mot « reggae » et donna son nom au genre en voie de développement à l’époque[2].

The Maytals sont à l’origine de certains des plus grands tubes dans l’histoire du reggae, incluant notamment « Pressure Drop », « Sweet and Dandy » et « 54-46 (That’s My Number) », gagnant de la compétition de chanson populaire du Festival de l’Indépendance de la Jamaïque en 1969[2].

Les années 1970[modifier | modifier le code]

En 1970, « Monkey Man » devient le premier tube international du groupe. En 1971, ils avaient signé un contrat d’enregistrement avec Island Records de Chris Blackwell, étaient devenus le plus grand groupe de l’île et des stars internationales[5].

En 1972 le groupe remporta pour la troisième fois la compétition de chanson populaire du Festival de l’Indépendance de la Jamaïque avec « Pomps and Pride »[4]. Le groupe apparut également deux fois sur la bande originale de The Harder They Come, le film de 1972 avec Jimmy Cliff en vedette. Cette bande originale fut nommée comme l’une des 10 meilleures de tous les temps par le magazine Vanity Fair[4].

Après la mort de Kong en 1971, le groupe continua d’enregistrer avec l’ancien ingénieur du son de Kong, Warrick Lyn. Leur producteur rétabli Byron Lee les renomme Toots & The Maytals[5]. Le groupe sortit trois albums à succès produits par Lyn et Blackwell d’Island Records ; et ils connurent des succès internationaux avec Funky Kingston en 1973 et Reggae Got Soul en 1975.

Après la sortie de Reggae Got Soul, Toots & The Maytals furent invités en tournée comme première partie de The Who pendant leur tournée nord-américaine de 1975-1976[8].

Les compositions de Toots & The Maytals connurent un regain de popularité entre 1978 et 1980 pendant la période de relance du reggae punk et ska en Grande-Bretagne, lorsque the Specials reprirent « Monkey Man » sur leur premier album en 1979 et the Clash reprit le tube du groupe « Pressure Drop ». Pendant cette période Toots & The Maytals furent également cités dans les paroles de la chanson de Bob Marley & the Wailers, “Punky Reggae Party": "The Wailers seront là, the Damned, the Jam, The Clash, The Maytals seront là, Dr. Feelgood aussi".

Les années 1980[modifier | modifier le code]

Livre Guinness des Records

Le 29 septembre 1980, le groupe enregistra, pressa et distribua un nouvel album (Toots Live) aux marchands de disques en l’espace de 24 heures dans l’espoir de rentrer dans le Livre Guinness des Records[4]. Un concert en live fut enregistré sur des bobines de 50 millimètres et une cassette analogique de 24 pistes puis amenées en vitesse en van à des ingénieurs du son. Après avoir déterminé le nombre de disques à presser, la pochette du disque fut rapidement créée et envoyée aux imprimeurs. Les masters, les étiquettes et les couvertures extérieures de l’album furent ensuite envoyées au plus vite à l’usine Gedmel près de Leicester, et le produit fini fut assemblé et livré à Coventry, où le groupe jouait le lendemain, atteignant ainsi avec succès le délai de 24 heures. À cause d’une erreur du label, le record ne fut pas enregistré dans le Livre Guinness des Records.

Rob Bell d’Island Records déclara, « Malheureusement, le record ne fut pas inclus dans le Livre Guinness des Records car il est requis de les prévenir à l’avance que l’événement va avoir lieu et personne à Island ne les avait informés du projet ! [9]»

Le record pour « plus rapide sortie d’album » ne fut officiellement détenu dans le Livre Guinness des Records que 28 ans plus tard lorsque Vollgas Kompanie en réclama l’honneur en 2008 pour l’enregistrement et la sortie de leur album « Live » en 24 heures – réalisant ainsi dans le même intervalle de temps que Toots and The Maytals l’avaient fait pour Toots Live en 1980, l’enregistrement, la presse et la distribution de leur album[10].

Le groupe se sépara après la sortie en 1981 de l’album Knockout[4]. En 1982, le titre de Toots & The Maytals, « Beautiful Woman » atteint la première place en Nouvelle-Zélande[5].

Hibbert continua d’enregistrer en solo pendant les années 1980.

Les années 1990[modifier | modifier le code]

Au début des années 1990 de nouveaux musiciens formèrent The Maytals et le groupe continua de faire des tournées et enregistrer avec succès, avec deux apparitions au Reggae Sunsplash au milieu des années 1990[4],[5].

Les années 2000[modifier | modifier le code]

Toots and the Maytals avec Ronnie Wood (The Rolling Stones)

En 2004, le groupe sort True Love, un album de nouveaux enregistrements de leurs premiers tubes en collaboration avec d’autres musiciens comme Bonnie Raitt, Willie Nelson, Eric Clapton, Keith Richards, Trey Anastasio, No Doubt, Ben Harper, the Roots et Shaggy.

L’album True Love gagne le Grammy Award cette année-là pour meilleur album reggae.

En 2006, ils enregistrent une version reggae/ska du titre de Radiohead “Let Down” pour leur album hommage, Radiodread.

L’album est une reprise chanson par chanson de l’album OK Computer du groupe de rock anglais en reggae, dub et ska.  

En août 2007, Toots & The Maytals sortent Light Your Light, qui comprend des arrangements de chansons plus anciennes comme “Johnny Cool Man”, ainsi que de nouveaux titres. L’album fut nommé en 2008 pour un Grammy dans la catégorie meilleur album reggae.

Toots & The Maytals détiennent le record actuel de tubes numéros un en Jamaïque avec un total de trente-et-un[11].

En mars 2009, il a été annoncé que Toots & The Maytals joueraient aux côtés d’Amy Winehouse, pour les 50 ans de leur label commun Island Records. Winehouse avait repris le titre du groupe « Monkey Man » et le groupe était censé jouer avec elle au Shepherds Bush Empire à Londres le 31 mai 2009[12]. Cependant, la performance de Winehouse fut annulée et à la place Toots & The Maytals jouèrent à Bush Hall une salle plus intime à un public de fans.

Les années 2010[modifier | modifier le code]

En 2012 l’album live Unplugged on Strawberry Hill rapporta à Hibbert sa cinquième nomination pour un Grammy[13].

En mai 2013, Hibbert fut blessé sur scène à la tête avec une bouteille de vodka d’1.75L lors d’un concert à Richmond en Virginie pendant un festival. Ses blessures provoquèrent une commotion et nécessitèrent six agrafes à la tête.

Après l’accident, le chanteur annula tous les concerts suivants, se justifiant par une peur de son public et le fait qu’il ne se sentait plus en sécurité lors de ses performances[14].

En 2016 Toots and The Maytals ont annoncé un retour sur scène avec leur première tournée en 3 ans[15], et le 15 juin à The Observatory North Park à San Diego le groupe est remonté sur scène pour la première fois depuis 2013[16].

Discographie[modifier | modifier le code]

  • I'll Never Grow Old (R&B 1964)
  • The Sensational Maytals (Dynamic 1965)
  • Sweet And Dandy (Beverleys 1968)
  • From the Roots (Trojan 1970)
  • Monkey Man (Trojan 1970)
  • The Maytals Greatest Hits (Beverleys 1971)
  • Slatyam Stoot (Dynamic 1972)
  • Funky Kingston (Mango 1973)
  • In the Dark (Trojan 1974)
  • Original Golden Oldies Vol.3 (Prince Buster 1974)
  • Roots Reggae (Dynamic Sounds 1974)
  • Reggae Got Soul (Mango 1976)
  • Toots Presents the Maytals (Chin Randy's 1977)
  • Pass the Pipe (ILPS 1979)
  • Pressure Drop (Best of) (Trojan 1979)
  • Just Like That (ILPS 1980)
  • Toots "Live" (ILPS 1980)
  • Dance The Ska Vol. II (EMI 1980)
  • Knock Out! (Mango 1981)
  • "Live" at Reggae Sunsplash (Sunsplash Record 1983)
  • Reggae Greats (Mango 1984)
  • Toots In Memphis (Mango 1988)
  • Do The Reggae 1966-70 (Attack 1988)
  • An Hour Live (Genes 1990)
  • Life Could Be a Dream (Studio One 1992)
  • Bla.Bla.Bla. (Esoldun 1993)
  • Don't Trouble (Reggae Best 1995)
  • Experience (Ezperience 1995)
  • Roots Reggae (Rhino 1995)
  • Time Tough: The Anthology (Island 1996)
  • Recoup (Alla Son 1997)
  • The Very Best Of Toots And The Maytals (Music Club 1997)
  • That's My Number (Orange Street 1998)
  • Ska Father (Artista Only! 1998)
  • Live in London (Trojan 1999)
  • Jamaican Monkey Man (Trojan 1999)
  • Monkey Man / From the Roots (Trojan 1999)
  • Ska to Reggae (The Sensational Maytals / Slatyam Stoot) (Rhino 1999)
  • The Originals (Charly 1999)
  • 20 Massive Hits (Metro 2000)
  • The Very Best of (Island 2000)
  • Broadway Jungle: The Best of Toots and the Maytals 1968-1973 (Trojan 2001)
  • The Millenium Collection (MCA 2001)
  • The Maytals (Dressed To Kill 2001)
  • 54-46 That's My Number (Sanctuary/Trojan 2001)
  • Fever (Dressed To Kill 2001)
  • Reggae Collection (Universal/Spectrum 2002)
  • World is Turning (D&F Records 2003)
  • Funky Kingston / In the Dark (Deluxe Pack) (Def Jam 2003)
  • Monkey Man (Trojan 2003)
  • Sweet and Dandy (Trojan 2003)
  • From the Roots (remastered) (Sanctuary/Trojan 2003)
  • True Love (V2 / BMG 2004)
  • Toots « Live » (Remastered w/bonus tracks) (Island 2004)
  • Rhythm Kings (Delta 2005)
  • Pressure Drop - The Definitive Collection (Sanctuary/Trojan 2005)
  • Roots Reggae (The Classic Jamaican Albums) (Trojan 2005), coffret 6 CD
  • World Is Turning (XIII Bis 2005)
  • Light Your Light (Concord 2007)
  • Adieu Haïti duo avec Raphael (EMI 2008)
  • Flip and Twist (D&F Music 2010)

Récompenses[modifier | modifier le code]

•  1981 'Toots Live!' nommé pour un Grammy Award

•  1989 'Toots in Memphis' nommé pour un Grammy Award pour Meilleur Album Reggae de l’Année[17]

•  1998 'SKAFATHER' nommé pour un Grammy Award pour Meilleur Album Reggae de l’Année

•  2004 'True Love' a remporté le Grammy Award pour Meilleur Album Reggae de l’Année[18]

•  2010 Toots Hibbert a été nommé un des 100 Plus Grands Chanteurs par le magazine Rolling Stone[1]

•  2013 'Reggae Got Soul: Unplugged On Strawberry Hill' nommé pour un Grammy Award pour Meilleur Album Reggae de l’Année[13]

•  Détenteur du record du plus grand nombre de titres numéros uns en Jamaïque (31 chansons #1)[11]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « 100 Greatest Singers of All Time », sur Rolling Stone (consulté le 4 septembre 2016)
  2. a, b et c (en) « Frederick "Toots" Hibbert », sur biography.com
  3. « the definition of reggae », sur Dictionary.com (consulté le 4 septembre 2016)
  4. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j (en) Thompson, Dave, Reggae & Caribbean Music, Backbeat Books, (2002) (ISBN 0-87930-655-6), pp. 178–181
  5. a, b, c, d, e, f, g et h « Toots & the Maytals | Biography & History | AllMusic », sur AllMusic (consulté le 4 septembre 2016)
  6. « The National Song and National Gospel Song Contests »,‎ (consulté le 4 septembre 2016)
  7. a et b (en) « Solid Foundation: an Oral History of Reggae », sur Amazon.co.uk. p.90
  8. (en) « Toots & The Maytals - Concord Music Group » (consulté le 4 septembre 2016)
  9. (en) {{Article}} : paramètre « titre » manquant, Mojo Magazine,‎ , pp. 32-33
  10. « Fastest album release » (consulté le 4 septembre 2016)
  11. a et b « Toots and the Maytals », sur www.laphil.com (consulté le 4 septembre 2016)
  12. « Island Records Tour Dates and Concerts », sur Allgigs (consulté le 4 septembre 2016)
  13. a et b Jamaica Observer Limited, « Toots celebrates Grammy nod - Entertainment », sur Jamaica Observer (consulté le 4 septembre 2016)
  14. « Man gets jail time despite "Toots" Hibbert's plea » (consulté le 4 septembre 2016)
  15. (en) « Toots And The Maytals Announce First Tour In 3 Years »,‎ (consulté le 4 septembre 2016)
  16. « Toots and the Maytals Return with First Tour in Three Years », sur www.jambands.com (consulté le 4 septembre 2016)
  17. (en) DON SNOWDEN, « Maytals Find Good Vibes in the Memphis Roots of Reggae », Los Angeles Times,‎ (ISSN 0458-3035, lire en ligne)
  18. « Past Winners Search », sur The GRAMMYs (consulté le 4 septembre 2016)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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