Otis Redding

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Otis Redding
Description de cette image, également commentée ci-après
Otis Redding en 1966.
Informations générales
Surnom Rockhouse Redding
The Big O
The King of Soul
Nom de naissance Otis Ray Redding
Naissance
Dawson (Géorgie, États-Unis)
Décès (à 26 ans)
Drapeau du Wisconsin Madison (Wisconsin)
Drapeau des États-Unis États-Unis
Activité principale Chanteur, auteur-compositeur, musicien
Genre musical Soul, rhythm and blues.
Instruments Guitare
Années actives 1960 - 1967
Labels Stax Records
Site officiel otisredding.com

Otis Ray Redding, né le à Dawson (Géorgie) et mort le dans un crash d’avion dans le lac Monona (Wisconsin), est un des plus grands chanteurs afro-américains de musique soul et de rhythm and blues.

Otis Redding est parvenu à faire de sa musique, profondément enracinée dans la culture noire américaine, une musique universelle. À cet égard, il jouit d’une remarquable popularité à travers le monde comme l’attestent les nombreuses reprises, de son vivant ou posthumes, par des artistes d'horizons multiples : des Rolling Stones à Aretha Franklin en passant par Etta James, les Moody Blues, Janis Joplin, Tina Turner, Johnny Hallyday, Michael Bolton, les Black Crowes ou Papa Wemba. Plusieurs artistes de renom lui ont par ailleurs rendu hommage en chanson comme Eddie Floyd (Big Bird), Wilson Pickett (Cole, Cooke & Redding), Arthur Conley (Otis Sleep On), The Doors (Runnin' Blue), Paul Young (Now I Know What Made Otis Blue), Magma (Otis), Jay-Z et Kanye West (Otis), etc.

Biographie[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Né dans la ville de Dawson[1], en Géorgie, Otis est le quatrième des six enfants d'Otis Redding, Sr. et de Fannie Mae Redding[2].

Il passe toute son enfance à Macon (Géorgie)[3], dont il deviendra plus tard le maire d’honneur. Son père gagnait sa vie sur la Robins Air Force Base de l'armée de l'US Air Force[4] et cumulait un temps partiel de révérend[5]. Comme pour beaucoup de chanteurs afro-américains, l’influence religieuse de la famille se sentira dans ses futures chansons.

Très vite, Otis doit quitter l’école pour subvenir aux besoins de sa famille. Il est, entre autres petits boulots, batteur pour les groupes de gospel du dimanche matin, pour six dollars la matinée.

Redding grandit, il reste longtemps à Macon auprès de sa famille et de sa femme, Zelma. Sa rencontre avec Johnny Jenkins bouleverse sa vie. Ce guitariste noir survolté qui joue de la guitare à l’envers (préfigurant le jeu explosif de Jimi Hendrix) lui propose de rejoindre son groupe, les Pinetoppers[6], [7]. Otis Redding n’est encore qu’un membre parmi d’autres et Johnny Jenkins est la star de la scène rhythm and blues locale.

Son style de voix est influencé par les styles de Sam Cooke, Little Richard, Little Willie John et Hank Ballard.

Carrière[modifier | modifier le code]

L'association avec Johnny Jenkins permet à Otis Redding de rencontrer l’agent de celui-ci : Phil Walden. Redding convainc la maison de disques grâce à These Arms of Mine, ballade soul qui permet au chanteur d’exprimer avec succès le trémolo de sa voix. Ce sont ces ballades qui assurent les succès de Redding dans un premier temps (That’s What My Heart Needs, Pain in My Heart, jusqu’au langoureux I’ve Been Loving You). Toutefois, les titres plus durs et plus rythmés, où les cuivres prédominent, connaissent un succès moindre.

Otis Redding sur scène.

Avec Mr. Pitiful[8], les choses changent pour le chanteur. Le titre lui permet de rentrer dans le Top 10 des chansons rhythm and blues. Selon la légende, Otis Redding, surnommé Mr. Pitiful à cause de sa voix mélancolique, aurait créé cette chanson en quelques minutes avec l’aide de son arrangeur, Steve Cropper.

En 1965, sort Otis Blue, l’album le plus complet de la carrière du chanteur comprenant notamment Respect (qui sera l'immense succès d'Aretha Franklin), I’ve Been Loving You, Ole Man Trouble, et de nombreuses reprises comme Satisfaction des Rolling Stones[9], Shake de Sam Cooke, My Girl de Smokey Robinson, ou Down in the Valley de Solomon Burke.

Avec Try a Little Tenderness, Otis Redding unifie dans une même chanson ses deux genres familiers, la ballade et la soul survoltée ; commençant par une ballade, le titre se termine à grand renfort de cuivres et de chœurs.

Sa collaboration avec Carla Thomas, en 1967, donne notamment les chansons Lovey, Dovey et Tramp, enchaînant insulte sur insulte. Au mois de juin de la même année, Redding se produit et se fait remarquer au très influent festival international de musique pop de Monterey.

Après une opération de la gorge, Redding peut à nouveau chanter. Au mélancolique Fa-fa-fa-fa-fa (Sad Song), symbole de ses années « pitiful » et mélancoliques, répond le truculent The Happy Song. Dans un mélange de genres étonnant, Otis Redding veut d’ailleurs reprendre beaucoup de ses chansons en accélérant les ballades et en bridant ses chansons endiablées. Il n’en aura pas le temps.

Accident mortel[modifier | modifier le code]

Le [5], l'accident est survenu alors que le bimoteur privé d'Otis (un Beech 18) s'apprêtait à atterrir à l'aéroport de Madison, après un vol en provenance de Cleveland, avec à bord les membres des The Bar-Kays. L'avion s'écrase à la surface gelée du lac Monona (Wisconsin)[10], le musicien Ben Cauley est le seul survivant[11]. Otis est mort, trois ans presque jour pour jour après la mort de Sam Cooke, l’une de ses grandes idoles, avec les Beatles et Bob Dylan. Peu après sa mort, Robby Krieger des Doors lui rend hommage dans la chanson Runnin' Blue (en), et le chanteur William Bell avec le titre A Tribute to a King.

Otis Redding repose au Big O Ranch Redding Family Estate Grounds, à Round Oak, Géorgie[12].

Succès posthumes[modifier | modifier le code]

De nombreux tubes sortent après sa mort, comme Match Game et (Sittin' On) The Dock of the Bay, qu'il n'a pas pu achever, le sifflotement sur la fin de la chanson occupant la place d'un dernier couplet qu'il n'avait pas encore écrit. Si cette chanson est aujourd’hui celle que le grand public associe le plus volontiers au nom d’Otis Redding, ce n’est pas seulement à cause de la mort tragique de l’auteur, survenue quelques jours après son enregistrement, mais parce qu'il s’agit, pour certains, d’un virage pop qu’aurait pu prendre la carrière de l'artiste, au sommet de sa gloire.

Hommages[modifier | modifier le code]

Statue de bronze d'Otis Redding à Macon (Géorgie).

À la fin des années 1970, ses fils Dexter et Otis Jr. fondent avec leur cousin Mark Locket le groupe de funk-disco The Reddings. En 1978, son nom est cité parmi ceux de chanteurs disparus dans le texte de la chanson-titre de l’album Ex-fan des sixties, écrit et composé par Serge Gainsbourg pour Jane Birkin. En 1985, le batteur-compositeur Christian Vander du groupe Magma lui dédie la chanson Otis sur l'album Merci. En 2002, une statue est érigée en son honneur à Macon (Géorgie), où il a passé son enfance. Un pont et une bibliothèque de la ville portent son nom. En 2011, la voix du chanteur sert de rythme dans la chanson Otis qui apparaît dans l'album Watch the Throne des rappeurs Kanye West et Jay-Z. À partir de 2011 en Europe, et en 2015 en France, créé à l’instigation de Chris Gibson (des Gibson Brothers) et animé par de nombreux artistes, le spectacle « Les Rois de la soul » rend hommage, parmi les autres étoiles de la musique soul, à Otis Redding.

Postérité[modifier | modifier le code]

Otis Redding fait partie de la liste des cent plus grands artistes de tous les temps selon le magazine Rolling Stone[13], et France Culture qu'il est probablement le plus grand chanteur de la soul music[14].

Discographie[modifier | modifier le code]

Albums[modifier | modifier le code]

Albums posthumes[modifier | modifier le code]

  • 1968 : The Dock of the Bay
  • 1968 : The Immortal Otis Redding
  • 1968 : The Whisky A Go Go
  • 1969 : Love Man
  • 1970 : Tell The Truth
  • 1972 : The Otis Redding Story (Atlantic-ATCO. France. Double album)
  • 1972 : The Otis Redding Story. VOL. 2 (Atlantic-ATCO. France. Double album)
  • 1986 : The Ultimate Otis Redding
  • 1992 : Remember Me
  • 1992 : The Very Best of Otis Redding
  • 1992 : The Monterey International Pop Festival
  • 1993 : Good to Me
  • 1993 : The Definitive Otis Redding
  • 1995 : The Very Best of Otis Redding Volume II
  • 1998 : The Otis Redding Anthology
  • 1998 : Love Songs
  • 1999 : In Concert-Live
  • 2008 : Live in London and Paris
  • 2013 : The Complete Stax/Volt Singles Collection
  • 2014 : The King of Soul
  • 2015 : Soul Manifesto: 1964-1970 (coffret 12 CD)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Otis Redding | Biography, Songs, Death, & Facts », sur Encyclopedia Britannica (consulté le 15 juin 2019)
  2. (en-US) « Otis Redding (1941-1967) • BlackPast », sur BlackPast, (consulté le 15 juin 2019)
  3. Encyclopædia Universalis, « OTIS REDDING », sur Encyclopædia Universalis (consulté le 15 juin 2019)
  4. (en-US) « Otis Redding | Biography & History », sur AllMusic (consulté le 15 juin 2019)
  5. a et b « Otis Redding | Encyclopedia.com », sur www.encyclopedia.com (consulté le 15 juin 2019)
  6. (en) « Otis Redding », sur Rock&Roll Hall of Fame
  7. (en-US) « Otis Redding », sur Biography (consulté le 15 juin 2019)
  8. (en-US) « Contract signed by Otis Redding for "Mr. Pitiful" », sur National Museum of African American History and Culture (consulté le 15 juin 2019)
  9. « Otis Redding », sur Georgia Encyclopedia
  10. Jonathan Gould, « In Memory of Otis Redding and His Revolution », The New Yorker,‎ (lire en ligne)
  11. « SUPERSOUL », sur www.otisredding.fr (consulté le 7 septembre 2018)
  12. (en-US) « Otis Redding, Jr », sur Find a grave
  13. 100 Greatest Artists of All Time, Rolling Stone
  14. « Otis Redding, l'homme aux larmes dans la voix », sur France Culture (consulté le 15 juin 2019)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Régis Dubois, Otis Redding (biographie), L'Harmattan, 2002.
  • Peter Guralnick, Sweet soul music : rhythm and blues et rêve sudiste de liberté, éditions Allia, Paris 2003.

Liens externes[modifier | modifier le code]