Mur de Thémistocle

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Mur de Thémistocle.
Mur de Thémistocle, avec les autres fortifications d'Athènes et du Pirée.
Une section du mur de Thémistocle.
Le mur de Thémistocle, au Céramique.
Char et hoplites, inclus dans le mur de Thémistocle, au Céramique.

Le mur de Thémistocle (en grec : Θεμιστόκλειον τείχος)[1], du nom de l'homme d'État athénien Thémistocle, est un mur de fortification construit autour d'Athènes au cours du Ve siècle avant J.-C., à la suite des guerres médiques et dans l'espoir de défendre la cité contre de nouvelles invasions.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les guerres médiques ont été menées par l'Empire des Perses achéménides dans le but de conquérir la Grèce. Lors de la première guerre médique, le roi Darius Ier échoua dans sa tentative d'invasion, vaincu à la bataille de Marathon en -490. Il fut bientôt suivi de son fils, Xerxès Ier, qui mena la deuxième guerre médique. Avant d'être vaincu lui-même à la bataille de Salamine en -480, Xerxès connut plus de succès que son père, ravageant l'Attique, réussissant même à incendier Athènes et son acropole.

Après les guerres médiques, les cités grecques se trouvèrent plongées dans le désarroi, avec la destruction de nombreux bâtiments, statues et fortifications. Pour leur part, les habitants d’Athènes s’inquiétaient du retour des Perses et résolurent sans plus tarder de donner suite aux recommandations de Thémistocle de reconstruire les murs de la ville avant toute chose. Les Spartiates et leurs alliés du Péloponnèse, alarmés par le pouvoir croissant d'Athènes, tentèrent de s'opposer à ce projet, estimant qu'une Athènes fortifiée constituerait immanquablement une base pour des armées désireuses d'envahir les cités du Péloponnèse[2]. Thucydide, dans son compte rendu de ces événements, décrit une série de machinations complexes de Thémistocle, consistant à distraire et retarder les Spartiates jusqu’à ce que les murs soient suffisamment hauts pour offrir une protection adéquate[3].

Les premières assises furent posées dès -479[4], puis le mur fut construit au plus vite avec des spolia et des matériaux anciens immédiatement disponibles, issus des ruines de monuments, temples, statues et autres bâtiments détruits par les Perses[4]. Pour finir, l'ouvrage avait une longueur totale de 8 500 m, une hauteur de 8 à 10 m et une largeur de 3 m, ne comptant pas moins de treize portes fortifiées.

Le mur coupait en deux le cimetière du Céramique, où furent érigées deux grandes portes orientées au nord-ouest[5]. La Voie sacrée traversait la Porte Sacrée, du côté sud, pour rejoindre Éleusis. Du côté nord, une large route, le Dromos, traversait la porte à double arche du Dipylon et se dirigeait vers le quartier de l’Académie, situé un peu plus loin à l'extérieur.

Après leur défaite, lors de la guerre du Péloponnèse en -404, les Athéniens durent détruire tous leurs murs. Cependant, lorsque la démocratie fut rétablie, Conon répara les murs de la ville en -394. Face à l'invasion macédonienne, en -338, un mur plus petit, le Proteichisma, fut construit devant le mur principal pour renforcer le système de défense.

Les murs furent gravement endommagés lorsque Sylla assiégea et attaqua la ville en -86, mais certaines sections furent construites par Valérien de 253 à 260 après J.-C.

Vestiges encore visibles de nos jours[modifier | modifier le code]

La porte d'Acharnes.

Les vestiges les plus notables sont[6] :

  • au Céramique, traversant le cimetière, la plus haute section subsistante ;
  • sur la Pnyx, des fondations du mur ;
  • près de la place Kotsia, des éléments subsistent dans les fondations de la banque nationale, sur la rue Aiolou, près de la porte d'Acharnes ;
  • au 29 rue Erysichthonos, une section dans les fondations d'une maison, juste au nord de la porte du Pirée.

La plupart des anciennes portes ont été reconnues et fouillées, dont les plus notables sont :

  • le Dipylon (Δίπυλον, "Double porte") ;
  • la porte sacrée (Ἱερὰ Πύλη) ;
  • la porte du Pirée (Πειραϊκαὶ Πύλαι) ;
  • la porte d'Acharnes (Ἀχαρνικαὶ Πύλαι).

Sources[modifier | modifier le code]

  1. THE ANCIENT CIRCUIT WALL OF ATHENS: Its Changing Course and the Phases of Construction Anna Maria Theocharaki Hesperia: The Journal of the American School of Classical Studies at Athens Vol. 80, No. 1 (January-March 2011), pp. 71-156 https://www.jstor.org/stable/10.2972/hesp.80.1.0071
  2. Fine, The Ancient Greeks, 330
  3. Thucydides, The Peloponnesian War 1.90–91
  4. a et b Neer, Richard T. Greek Art and Archaeology: a New History, c. 2500-c. 150 BCE. Thames & Hudson, 2012.
  5. Ursula Knigge: Der Kerameikos von Athen. Führung durch Ausgrabungen und Geschichte. Krene-Verl., Athen 1988
  6. Strolling Through Athens: Fourteen Unforgettable Walks Through Europe's Oldest City, John Freely. (ISBN 1850435952 et 9781850435952) p 165-

Voir aussi[modifier | modifier le code]