Ming Yongle

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Yongle 永乐
Portrait de cour de Yongle
Portrait de cour de Yongle
Titre
Empereur de Chine

22 ans et 26 jours
Prédécesseur Jianwen
Successeur Hongxi
Biographie
Titre complet Empereur de Chine
Dynastie Ming
Nom de naissance Zhu Di (朱棣)
Date de naissance
Lieu de naissance Yingtian
Date de décès (à 64 ans)
Lieu de décès Yumuchuan
Nationalité Chinois
Père Ming Hongwu
Mère Impératrice Xiao Ci Gao
Conjoint Impératrice Renxiaowen
Plusieurs concubines
Enfant(s) Hongxi
Zhu Gaoxu
Zhu Gaosui
Liste des empereurs de la dynastie Ming

Ming Yongle (chinois simplifié : 永乐帝 ; chinois traditionnel : 永樂帝 ; pinyin : Yǒnglè Dì ; Wade : Yung³-lo⁴ Ti⁴ ; EFEO : Yung-lo Te) ( - ), de son nom personnel Zhu Di (chinois : 朱棣 ; pinyin : Zhū Dì ; Wade : Chu¹ Ti⁴ ; EFEO : Tchou Te), est le troisième empereur de la dynastie Ming et l'un des plus célèbres empereurs chinois. Fils d'un des meneurs de la révolte des Turbans rouges, il renverse son neveu Jianwen et règne de 1402 jusqu'en 1424. Il mène une politique centralisatrice et expansionniste et transfère la capitale de Nankin à Pékin afin de surveiller plus facilement l'activité des Mongols. Il est l'initiateur de la construction de la Cité interdite de Pékin.

Prince de Yan[modifier | modifier le code]

Quatrième fils de l'empereur Hongwu, il reçoit le titre de « prince de Yan », du nom de la région autour de Běipíng (Pékin). Il débarque dans son fief à vingt ans et doit combattre contre les forces mongoles. Après dix ans de luttes acharnées il sort vainqueur et à la tête d'une puissante armée, il a montré ses capacités militaires.

La prise de pouvoir[modifier | modifier le code]

En 1398, Hongwu meurt et son petit-fils, Zhu Yunwen, lui succède en prenant le nom de règne de Jianwen (« Le Lettré »).

Le nouvel empereur décide de réduire les forces des princes vassaux. Zhu Di, alors le prince le plus puissant, devance son arrestation et décide de contre-attaquer. Après quatre ans de combats, son armée occupe Nankin et dans la panique le palais de l'empereur prend feu et Jianwen et sa femme disparaissent, probablement morts brulés. On raconte cependant très vite que Jianwen a réussi à s'enfuir, déguisé en moine. Zhu Di le fera longtemps rechercher, en vain.

Il met quelques années à mettre au pas la haute administration, originaire majoritairement du Sud et hostile à l'autorité de celui qui était souvent vu comme un usurpateur, qui plus est originaire des lointaines terres du Nord. Cette « pacification du Sud » coûte la vie à des dizaines de milliers de fonctionnaires, puis Yongle préfère retourner au Nord, faisant de Beiping (北平) l'ancienne Dàdū (大都), capitale des Yuan, sa capitale en 1420[1]. Deux facteurs expliquent ce choix. Premièrement, la ville et ses environs étaient dans son fief ; deuxièmement, la position géographique de la ville était extrêmement importante pour sa défense militaire, puisqu'elle était proche de la frontière du nord. Le 4 février 1403, Běipíng « paix du Nord » devient Beijing (北京) « la capitale du Nord ».

Politique[modifier | modifier le code]

Site où se trouve la tombe de Yongle

Son règne, comme celui du fondateur de la dynastie, fut globalement épargné par les accidents climatiques et les épidémies si l'on excepte celle de 1411, créant ainsi des conditions favorables à la stabilisation de l'empire et à son expansion économique[2]. Pour mieux affirmer sa puissance et sécuriser son pouvoir, Yongle mena des offensives au Nord contre les Mongols et en Mandchourie, ainsi qu'au Sud contre le Dai Viet où une nouvelle province fut fondée, avant que la domination chinoise ne commence à s'effriter dès la fin de son règne face à l'insoumission des populations locales qui menèrent une guerre de résistance très efficace[3].

L'autre grande entreprise d'affirmation de la puissance de l'empire des Ming qui eut lieu à l'instigation de Yongle fut les expéditions maritimes de Zheng He (鄭和) en Asie du Sud de 1405 à 1433, dont le but premier était diplomatique et politique ; elles furent brutalement stoppées en 1421, sans doute jugées trop onéreuses[4]. L'histoire de ces explorations entretient l'hypothèse très controversée d'une circumnavigation chinoise, popularisée en 2002 par l’œuvre de Gavin Menzies[5].

Il commandite aussi la monumentale Encyclopédie de Yongle.

Yongle est enterré dans la tombe de Changling (長陵), le mausolée central et le plus important des tombeaux des Ming.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Brook 2012, p. 122-125
  2. Brook 2012, p. 104
  3. Gernet 2005, p. 136-137
  4. Gernet 2005, p. 139-150 ; Brook 2012, p. 125-127
  5. Gavin Menzies, 1421, the year China discovered the world, Bantam Books, 2002

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Timothy Brook (trad. Odile Demange), Sous l’œil des dragons : La Chine des dynasties Yuan et Ming, Paris, Payot,‎ (ISBN 978-2-228-90804-7).
  • Jacques Gernet, Le Monde chinois, t. 2 : L’époque moderne XeXIXe siècles, Paris, Armand Colin,‎ , 378 p. (ISBN 2266161334).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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