Miguel de Unamuno

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Miguel de Unamuno
Miguel de Unamuno Meurisse 1925.jpg

Miguel de Unamuno en 1925.

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Membre du Congrès des députés
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Miguel de Unamuno y Jugo
Nationalité
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Universidad Central (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Académie royale espagnole
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signature de Miguel de Unamuno

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Miguel de Unamuno, né le à Bilbao et mort le à Salamanque, est un poète, romancier, dramaturge, critique littéraire et philosophe espagnol appartenant à la génération de 98.

Miguel de Unamuno figure parmi les plus grands écrivains de l'Espagne de son époque, dont il est particulièrement représentatif : il est décrit comme un homme de passions animé par de multiples contradictions, ce qui en fait un personnage assez typique de l'Espagne de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

En 1888, à l’âge de 24 ans, Miguel de Unamuno postule au poste de professeur de basque (langue qu'il parlait) qui est octroyé à Bilbao par la députation forale de Biscaye. Mais, se trouvant en concurrence avec Sabino Arana (23 ans), fondateur du parti nationaliste basque démocratique, et Resurreccion Maria Azkue (24 ans), qui deviendra président de l’académie de la langue basque en 1919, Unamuno n’obtient pas le poste. Il part ensuite pour Salamanque et, entre 1891 et 1901, il devient professeur de grec à l’université de Salamanque.

En 1897, il traverse une crise religieuse provoquée par une maladie cardiaque dont son Journal intime porte le témoignage. La perte de Cuba lui apparaît comme le symbole du déclin de l’Espagne et devient le point de départ de la Génération de 98, mouvement d’écrivains qui se donnaient pour mission la régénérescence culturelle de leur peuple et qui réunit à côté d’Unamuno, Valle-Inclán, Antonio Machado ou encore Juan Ramón Jiménez. Ils participent à beaucoup de journaux et de publications collectives littéraires ou culturelles, comme La Esfera, Nuevo Mundo, Mundo Gráfico, La Ilustración Española y Americana, Alma Española, España, Faro, La España Moderna, où Miguel de Unamuno écrit sur le Pays basque[1], évoque les prémices d'une guerre civile à venir[2], celles de l'européanisation de l'Espagne[3] et dans lesquelles il traite abondamment les différents thèmes culturels de son pays[4],[5],[6].

Il occupe les fonctions de recteur de l’université de Salamanque à partir de 1900, mais se voit destitué de sa charge en 1914 en raison de son hostilité envers la monarchie. Ses articles virulents lui valent d’être contraint de s’exiler aux îles Canaries en 1924. La chute de Primo de Rivera provoque son retour six ans plus tard, en 1930. Il retrouve alors son poste de recteur lors de la proclamation de la République. Élu député, il livre un dernier combat contre tout pouvoir dictatorial lors d’une grande cérémonie franquiste (le jour de la fête de la Race espagnole) où il prononce un discours resté célèbre. Il répond au professeur Francisco Maldonado qui attaque les nationalismes basque et catalan et s’en prend à l’évêque de Salamanque et au général Millán-Astray (fondateur de la légion étrangère espagnole). Il manque d’être lynché. Il ne devra son salut qu’à l’épouse de Franco, Doña Carmen Polo, qui le prit par le bras et le raccompagna jusque chez lui. Il sera destitué de son poste de recteur[7].

Il meurt assigné à résidence alors qu’au départ il avait accueilli favorablement le soulèvement de Franco contre la république espagnole. Son épouse Concha est décédée en 1934[8].

Sa philosophie[modifier | modifier le code]

Principal représentant espagnol de l’existentialisme chrétien, il est surtout connu pour son œuvre Le sentiment tragique de la vie, qui lui valut la condamnation du Saint-Office. Il représente assez fidèlement les tourments de l’âme espagnole quant à l’idée de la possibilité donnée à tous d’être mystique. Dans Le Christ de Vélasquez, poème inspiré du tableau du maître du Siècle d'or, il expose sous une forme poétique sa christologie, dans la tradition de Luis de León.

Miguel de Unamuno fait reposer sa philosophie sur l’idée d’un sentiment premier et spontané que nous avons du monde ; sentiment qui détermine ce que nous appelons idées, raison et tout le registre des sentiments ; l’opposition du cœur et de la raison n’étant que circonstancielle. Ce sentiment est en effet pour l’essentiel constitué par une sensibilité à la finitude, s’exprimant particulièrement par une soif d’immortalité que rien d’extérieur ne peut étancher. Ce sentiment premier impose donc la réconciliation du cœur et de la raison, condition d’un rapprochement subjectif avec l’éternité et avec Dieu[9].

Du point de vue de la religion, Miguel de Unamuno met l’accent sur la dimension de lutte : lutte qu’il considère comme au cœur de la foi chrétienne ; lutte qu’il pose comme dimension essentielle de la vie « La lutte pour la vie est la vie elle-même ». Ainsi, la vérité est-elle dans la vie ainsi conçue, c’est-à-dire loin d’un donné auquel il faudrait se soumettre ; ce qui en fait un précurseur de l’existentialisme[10].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Drapeaux de Bilbao et fleurs en hommage à Miguel de Unamuno, sur la place Unamuno, à quelque cent mètres de sa maison natale, dans le vieux centre de Bilbao.

Essais[modifier | modifier le code]

  • En torno al casticismo (1895)
    Publié en français sous le titre L’Essence de l’Espagne, cinq essais traduit par Marcel Bataillon, Paris, Gallimard, 1967 ; réédition, Paris, Gallimard, coll. « Nrf Essais », 1999
  • Vida de Don Quijote y Sancho (1905)
    Publié en français sous le titre La Vie de Don Quichotte et de Sancho Pança, traduit par Jean Babelon, Paris, Albin Michel, 1959
  • Por tierras de Portugal y España (1911)
  • Trois essais, 1900
  • Del sentimiento trágico de la vida (1913)
    Publié en français sous le titre Le Sentiment tragique de la vie chez les hommes et chez les peuples, traduit par Marcel Faure-Beaulieu, Paris, Éditions de la nouvelle revue française, 1917 ; réédition, Paris, Gallimard, 1937 ; réédition, Paris, Gallimard, coll. « Folio. Essais » no 306, 1997
  • La agonía del cristianismo (1925)
    Publié en français sous le titre L’Agonie du christianisme, traduit par Jean Cassou, Paris, F. Rieder, 1925 ; réédition, Paris, Berg international, 1996 ; nouvelle traduction par Antonio Werli, Paris, RN, 2016
  • Abel Sánchez : Una historia de pasión (1917
    Publié en français sous le titre Abel Sánchez. Une histoire de passion, traduit par Emma H. Clouard, Paris, Mercure de France, 1964 ; nouvelle traduction de Maurice Gabail, Lausanne, L'Âge d'Homme, 1995
  • Cómo se hace una novela (1927)
    Publié en français sous le titre Comment se fait un roman, (où l'auteur justifie le recours à la forme romanesque comme mode d’exposition philosophique), traduit par Bénédicte Vauthier et Michel Garcia, Paris, Éditions Allia, 2010

Romans[modifier | modifier le code]

  • Paz en la guerra (1897)
  • Amor y pedagogía (1902)
    Publié en français sous le titre Amour et Pédagogie, traduit par Dominique Hauser, Lausanne, L'Âge d'Homme, 1996
  • Niebla (1914)
    Publié en français sous le titre Brouillard, traduit par Noémi Larthe, Paris, Éditions du Sagittaire, 1926 ; nouvelle traduction par Catherine Ballestero, Paris, Librairie Séguier, 1990 ; réédition de la traduction de Noémi Larthe revue par Albert Bensoussan, Rennes, Terre de Brume, 2003
  • Tulio Montalbán (1920), court roman
  • San Manuel Bueno, mártir (1931)
  • La Tía Tula, écrite en 1907, publiée dans une version augmentée en 1921
    Publié en français sous le titre La Tante Tula, traduit par Jeacques Bellon, Paris, Stock, 1937 ; nouvelle traduction de Dominique Hauser, Lausanne, L'Âge d'Homme, 2002

Poésie[modifier | modifier le code]

  • Poesías (1907)
  • Rosario de sonetos líricos (1911)
  • El Cristo de Velázquez (1920)
    Publié en français sous le titre Le Christ de Velazquez, traduit par Mathilde Pomès, Éditions A. Magné, 1938 ; et nouvelle traduction par Jacques Munier, Paris, Éditions La Différence, coll. « Orphée » no 63, 1990
  • Andanzas y visiones españolas (1922)
  • Rimas de dentro (1923)
  • Teresa. Rimas de un poeta desconocido (1924)
  • De Fuerteventura a París (1925)
  • Romancero del destierro (1928)
  • Cancionero (1953)
  • Anthologie, choix de poèmes, traduit par Louis Stinglhamber, Paris Seghers, 1953

Contes et nouvelles[modifier | modifier le code]

  • Le Roman de Don Sandalio, joueur d’échecs, traduit par Yves Roullière, Monaco, Éditions du Rocher, 1997
  • El espejo de la muerte (1913), recueil de contes
  • Tres novelas ejemplares y un prólogo (1920)
    Publié en français sous le titre Trois nouvelles exemplaires et un prologue, traduits par Jean Cassou et Mathilde Pomès, Paris,Éditions du Sagittaire, 1925 ; nouvelle traduction par Dominique Hauser, Lausanne, L'Âge d'Homme, 1995
  • Cuentos (1886-1923)
    Publié en français sous le titre Contes, traduit par Raymond Lantier, Paris, Gallimard, coll. « Du monde entier », 1965

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • La esfinge (1898)
  • La venda (1899)
  • La princesa doña Lambra (1909)
  • Fedra (1910)
  • Soledad (1921)
  • Sombras de sueño (1926)
  • El otro (1932)
  • El hermano Juan o el mundo es teatro (1929)
  • Razón y fe

Journaux de voyages[modifier | modifier le code]

  • Apuntes de un viaje por Francia, Italia y Suiza (1889, publié en 2017)
  • Paisajes (1902)
  • De mi país (1903)
  • Por tierras de Portugal y España (1911)
  • Andanzas y visiones españolas (1922)
  • Paisajes del Alma (1979)
  • De Fuerteventura a Paris (1981)
  • Madrid, Castilla (2001)

Ouvrages autobiographiques[modifier | modifier le code]

  • Recuerdos de niñez y mocedad (1908)
  • Diario intimo (1897, publié en 1970)
    Publié en français sous le titre Journal intime, traduit par Paul Drochon, Paris, Éditions du Cerf, 1989

Quelques citations de l’auteur[modifier | modifier le code]

« Ce que l’homme cherche dans la religion, c’est de sauver sa propre individualité, de l’éterniser, ce qu’on n’obtient ni avec la science, ni avec l’art, ni avec la morale. »

« Dire que Dieu existe, sans dire ce qu’est Dieu et comment il est, équivaut à ne rien dire. »

« Ni le sentiment n'arrive à faire de la consolation une vérité, ni la raison n'arrive à faire de la vérité une consolation. »

« Il n’est pire intolérance que celle de la raison. »

« Il n’y a pas d’opinions, mais des gens qui donnent la leur. »

« Cette université est le temple de l’intelligence et je suis son grand prêtre. Vous profanez son enceinte sacrée. Malgré ce qu’affirme le proverbe, j’ai toujours été prophète dans mon pays. Vous vaincrez mais vous ne convaincrez pas. Vous vaincrez parce que vous possédez une surabondance de force brutale, vous ne convaincrez pas parce que convaincre signifie persuader. Et pour persuader il vous faudrait avoir ce qui vous manque : la raison et le droit dans votre combat. Il me semble inutile de vous exhorter à penser à l’Espagne. J’ai dit... »

— Miguel de Unamuno lors de sa dispute avec Millán-Astray

« La véritable science enseigne, par-dessus tout, à douter et à être ignorant. »

« Quelle surabondance de philosophie inconsciente dans les replis du langage ! L’avenir cherchera le rajeunissement de la métaphysique dans une métalinguistique. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (es) Miguel de Unamuno, « Alma vasca », Alma Española, Madrid, no 10,‎ , p. 3-5 (lire en ligne)
  2. (es) Miguel de Unamuno, « Guerra civil », Alma Española, Madrid, no 23,‎ , p. 2-4 (lire en ligne)
  3. (es) Miguel de Unamuno, « Sobre la europeización (arbitrariedades) », La España Moderna, Madrid, no 216,‎ , p. 64-83 (lire en ligne)
  4. (es) Miguel de Unamuno, « Por el Estado a la cultura: Clasicismo del Estado y romanticismo de la región », Faro, Madrid, no 216,‎ , p. 49-50 (lire en ligne)
  5. (es) Miguel de Unamuno, « El presupuesto de cultura de Barcelona », España, Buenos Aires, no 240,‎ , p. 401-402 (lire en ligne)
  6. (es) Miguel de Unamuno, « Su Majestad la Lengua Española », Faro, Madrid, no 37,‎ , p. 481-482 (lire en ligne)
  7. « Discours de Salamanque »
  8. « La vida de Unamuno », About.com en Español,‎ (lire en ligne)
  9. « Miguel de Unamuno, l’Espagne et la modernité - Books », sur Books (consulté le 14 avril 2016)
  10. « Biographie de Miguel de Unamuno », sur calounet.pagesperso-orange.fr (consulté le 14 avril 2016)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]