Marc-Antoine Thierry de Ville-d'Avray

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Marc Antoine Thierry
Marc Antoine Thierry baron de Ville d Avray (1732-1792) par Roslin.jpg
portrait du baron de Ville d'Avray, intendant du Garde Meuble par Roslin en 1790
Fonction
Maire de Versailles
-
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activité
Père
François Christophe Thierry (1699-1782)
Mère
Marie Martine Capet
Conjoint
Cécile Marguerite Lemoine (1734-1813)
Autres informations
Propriétaire de
Grade militaire
Distinctions
Armoiries du baron de Ville d'Avray.svg
blason

Marc-Antoine Thierry, baron de Ville-d'Avray né le à Versailles, mort en , tué à la prison de l'Abbaye (sur le boulevard Saint-Germain dans le quartier Saint-Germain-des-Prés) à Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine et jeunesse[modifier | modifier le code]

Marc-Antoine Thierry est issu d'une famille de serviteurs de la royauté depuis quatre générations[1].
Son père François Christophe Thierry (1699-1782) fut huissier ordinaire de la chambre du roi jusqu'en 1767 puis premier valet de chambre du duc de Berry.
Son grand-père Nicolas François Thierry (1670-1739) était écuyer de la bouche du roi, maréchal des logis au régiment des gardes Suisses.
Son arrière grand-père François Thierry fut écuyer de la Bouche du Roi et contrôleur de la Maison de la duchesse du Maine.
Son quadrisaïeul François Tierry, né vers 1613 était déjà écuyer ordinaire de la Bouche du Roi.

La famille Thierry est anoblie en 1769. Marc Antoine Thierry est fait baron de Ville d'Avray en 1784[2], peu après son acquisition de la seigneurie de Ville d'Avray.
Après avoir fait campagne dans les mousquetaires gris, il est Colonel du régiment Dauphin-Dragons en 1770 et entre dans la charge de premier valet de chambre du duc de Berry. Charge commuée en celle de premier valet de chambre du roi, quand Louis XVI accède au trône. En 1782 il obtient la surintendance des petits cabinets et est nommé intendant chargé du garde-meubles et des joyaux[3].

Marc-Antoine Thierry, baron de Ville-D'Avray[modifier | modifier le code]

En 1775, il acheta le manoir de la Brosse à Ville-d'Avray qu'il fit démolir pour édifier le château qu'il entoura d'un vaste parc. Il céda des terres et des bois au Roi en échange de la seigneurie de Ville-d'Avray avec ses droits utiles et honorifiques, la ferme de 68 arpents de terre et 18 arpents de prés, l'ancien parc des Célestins. Cet échange fut enregistré au Parlement en 1783. Il obtient l'érection de son domaine en baronnie en juillet de l'année suivante. Il fit beaucoup pour cette commune pratiquant le mécénat avec notamment la construction de l'église qui débuta le 11 juillet 1789, soit trois jours avant la prise de la Bastille. Aujourd'hui la commune de Ville-d'Avray a adopté les armoiries de son célèbre mécène.

Premier valet de chambre du Roi[modifier | modifier le code]

Au XVIIIe siècle, la charge de premier valet de chambre a peu à voir avec une fonction de domestique. C'est une charge honorifique, qui s'achetait contre de fortes sommes d'argent, et qui pouvaient être revendue à un successeur. Ces charges de commensaux étaient chargées de l'organisation des services de la maison des princes et permettaient aux familles de leurs titulaires de bénéficier des protections de la famille royale.

Marc-Antoine Thierry résidait au cœur des petits appartements du Roi, au second étage du corps central, dans un logement donnant sur la cour des cerfs, créé à partir du démembrement du spacieux appartement affecté par Louis XV à la comtesse du Barry. Cette dernière ayant dû quitter le palais versaillais dès le décès de son royal amant. Ses voisins directs étant le mentor de Louis XVI : le comte de Maurepas et le marquis de Villequier, qui obtinrent, les autres parties de l'appartement de Madame du Barry. Louis XVI avait ainsi accès à tout moment, et discrètement (grâce au secret des petits cabinets intérieurs), à son plus proche collaborateur et à son ministre principal.

Premier maire de Versailles[modifier | modifier le code]

Ce n'est qu'en 1787 que Versailles devint municipalité indépendante du pouvoir royal. En effet, jusqu'en 1787, Versailles était dirigé par des intendants nommés par le Roi. La ville étant divisée en huit quartiers, il doit être désigné un syndic de huit députés par quartier. Marc-Antoine Thierry de Ville d’Avray est l'un de ces syndics élu en .

Mais ce nouveau « Conseil municipal » est fantoche, symbolique, sans budget, sans aucun pouvoir et même sans aucune salle pour se réunir. Le futur maire de Versailles dut prêter deux salles de l’hôtel du Garde-Meuble. Durant près de dix-huit mois, jusqu'en mai 1789, ce « Conseil municipal » est divisé et l'un des conflits porte sur la désignation d'un représentant de ce conseil ; ce n'est que le 28 mai 1789 que Marc-Antoine Thierry de Ville d’Avray devint le premier maire de Versailles nommé par ses pairs. Il ne reste que 67 jours dans cette fonction car il démissionne le 3 août 1789. Le « Conseil municipal » est dissout en attendant de nouvelles élections le 21 août 1789, mais Versailles restera sans maire jusqu'au , date des premières élections municipales.

3 août 1789 - 8 septembre 1790 : six maires éphémères[modifier | modifier le code]

Durent cette période, il y aura une succession de maires par intérim et ce sont Étienne Ménard, notaire versaillais, Georges-Nicolas Clausse, procureur au bailliage, Jean Loustaunau, chirurgien du Roi, Rivière de Gray, commis de la Marine, Jean-Baptiste Bougleux, marchand drapier puis Étienne-Rémy Guillery, procureur au bailliage qui deviennent des Maires éphémères.

Intendant du Garde-Meuble[modifier | modifier le code]

Intendant du Garde-Meuble de l'Hôtel de la Marine de 1784 à 1792, il y loge avec sa famille. Fraîchement anobli ayant fait rapidement fortune, son arrivisme attise la jalousie autour de lui, d'autant plus que sa gestion du Garde-Meuble est remise en question : le 17 juin 1791, l’Assemblée constituante décide de faire procéder à l’inventaire complet du Garde-Meuble. La fuite de la famille royale fait craindre qu'elle n'ait emportée son trésor avec elle ou qu'elle ait missionné des proches pour le récupérer afin de payer les armées contre-révolutionnaires. Le rapport d’inventaire ne révèle aucune disparition des joyaux de la Couronne mais un manque de portions d’or. Le baron Thierry est soupçonné, à raison. Appelé à la barre de l’Assemblée Nationale, il lui est enjoint de se tenir « aux ordres des commissaires ». Désormais surveillé, lors des troubles du printemps 1792, il aménage un meuble dans ses appartements pour cacher neuf coffrets comprenant les trois quarts des joyaux (dans quel but ? Les protéger d'éventuels pillages ? Aider la contre-révolution ? Simple vénalité ?). Après la prise des Tuileries, des scellés sont posés sur les administrations pour éviter les vols. Le baron Thierry est arrêté et emprisonné, son beau-frère Lemoine-Crécy qui a la charge de garde général de la Couronne, remet les coffrets aux autorités de la Commission des Monuments[4]. Le procès-verbal de récolement mentionne qu'ils n'ont pas été ouverts, d'où la rumeur semble-t-il fondée qui veut que Thierry ait, sous le prétexte d'opérations de retaille ou de réparation, vendu en secret des diamants à des joailliers hollandais, par l’intermédiaire des banquiers Vandenyver[5].

Il est assassiné à la prison de l'Abbaye lors des massacres de septembre[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Philippe d'Allemagne « La Petite Cour : Services et serviteurs à la Cour de Versailles au XVIIIe siècle »
  2. Régis Valette, Catalogue de la noblesse française subsistante au XXIe siècle, année 2002, page 181.
  3. Jean-Christian Petitfils, Louis XVI, éd. Perrin 2010, t.1 p. 302
  4. Franck Ferrand, « le casse du millénaire » dans Sans l'ombre d'un doute, 4 décembre 2011
  5. Échange entre Lemoine-Crécy et le banquier Vandenyver : note détaillée des Archives Nationales : AN T 399
  6. Gleizes 1988, p. 179-184.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Gleizes, Thierry de Ville d'Avray, 1732-1792 : premier maire de Versailles, Paris, Tallandier, coll. « Figures de proue », , 219 p.