Michel Lussault

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Michel Lussault
Michel Lussault-FIG 2009.jpg
Fonctions
Président
Conseil supérieur des programmes
-
Président
Université François-Rabelais
-
Jacques Gautron (d)
Loïc Vaillant (d)
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (57 ans)
ToursVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
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Directeur de thèse
Jean-François Troin (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Michel Lussault est un géographe français, né à Tours le [1]. Il est président du Conseil supérieur des programmes entre septembre 2014 et septembre 2017.

Parcours professionnel[modifier | modifier le code]

Agrégé de géographie en 1983, maître de conférences à l'université de Tours en 1992, professeur des universités en 1997 dans la même université. Depuis 2008, il est professeur à l’École normale supérieure de Lyon. Il est spécialiste de géographie urbaine, travaillant sur les acteurs, les représentations, les discours et la production de l'espace urbain. A ce titre, il est lauréat en juin 2017 de l'appel d'offre pour la création d'instituts de convergence, lancé par le commissariat général aux investissements. Son projet, financé jusqu'en 2025 : L'école urbaine de Lyon, vise à développer des recherches et formations doctorales sur les questions d'urbanisation mondiale à l'époque de l'entrée dans l'anthropocène.

Michel Lussault a été président de l'université de Tours de 2003 à 2008, troisième vice-président de la Conférence des présidents d'université (CPU) de 2006 à 2008 et président de l'agence de mutualisation des universités (AMUE) de 2005 à 2008. Il a coprésidé avec l'architecte Paul Chemetov le conseil scientifique de l'appel à projet international « Un pari pour le grand Paris » (2008-2009). En 2010-2011, il a été responsable scientifique du groupe : « L'urbain métropolisé français dans la mondialisation » dans le cadre de la procédure Territoires2040, lancée à l'initiative de la DATAR. Il est depuis 2010 président du conseil scientifique du PUCA (Plan Urbanisme Construction Architecture) organisme de recherche incitative du Ministère de l'écologie, de l'environnement, du développement durable et de la mer. Il préside, de novembre 2011 à juin 2017, Arc en Rêve, centre d'architecture, à Bordeaux[2].

Auteur depuis 1991 de 12 ouvrages scientifiques (écrits ou dirigés et codirigés) et de plus de 100 articles dans des ouvrages collectifs et des revues à comité de lecture, il a notamment codirigé avec Jacques Lévy le Dictionnaire de la géographie et de l'espace des sociétés (2003 et nouvelle édition 2013), avec la volonté de refonder la géographie en tant que discipline dans le champ des sciences humaines.

En septembre 2014, il est nommé par la ministre de l'Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, président du Conseil supérieur des programmes (CSP)[3], une nomination décrite par Blanche Lochmann, présidente de la Société des agrégés, comme « le triomphe des vieilles lunes déconnectées du terrain »[4].

En septembre 2015, en tant que président du Conseil supérieur des programmes de l'Éducation nationale, il présente avec Najat Vallaud-Belkacem, les nouveaux programmes qui s’appliqueront au collège à la rentrée 2016[5]. Il est alors décrit par le sénateur Jacques Grosperrin comme « un gentil idéologue, nostalgique des années 70 »[6]. Celui-ci démissionne en mai 2015 du Conseil critiquant notamment « l'idéologie » et « les dérives communautaires ». Grosperrin considère cette instance, contrairement à sa mission de garantir la transparence du processus d'élaboration de ces programmes comme « le bras armé de la ministre de l'Éducation nationale »[7]. Répondant à cette accusation de « fonctionnement dogmatique, pour ne pas dire idéologique », Michel Lussault a tenu à souligner que « le CSP n'est pas un groupe d'idéologues gauchistes » en affirmant que cette structure était « non partisane »[8].

Michel Lussault fait partie des pédagogues incriminés par le livre de Carole Barjon intitulé Mais qui sont les assassins de l'école ? (2016) [9].

Le 26 septembre 2017, Michel Lussault annonce sa démission du du Conseil supérieur des programmes (CSP), au motif que « Jean-Michel Blanquer [le ministre de l'Éducation nationale] paraît avoir franchi des limites, qui consistent à remettre en cause de façon brutale et unilatérale des évolutions qui avaient longuement été discutées pendant les années précédentes ».[10].

Socle commun[modifier | modifier le code]

Dans le cadre de ses fonctions de président du Conseil National des Programmes, il promeut et valide la nouvelle version du socle commun des compétences (version 2015/2016, la première version était celle de 2006) qui comporte désormais 5 domaines. Il défend l'idée que ce socle commun constitue une obligation de résultat de la part de l’Éducation Nationale qui doit s'engager à ce que chaque élève sortant de troisième possède l'ensemble des compétences définies par le socle. Ces compétences sont volontairement transversales et non disciplinaires. La version 2016 constitue désormais la base dont découle les programmes (ce qui n'était pas le cas dans la version 2006).

Recherches[modifier | modifier le code]

Dans son ouvrage L'Homme spatial (2007), il pose les fondements d'une théorie de l'espace et de la spatialité et montre comment cette approche permet de repenser le phénomène urbain.

Dans son livre De la lutte des classes à la lutte des places (2009), il développe une approche de l’action spatiale des opérateurs sociaux, en insistant notamment sur l’identification de compétences élémentaires de la spatialité, au nombre de six :

  • la compétence de métrique (mesurer les distances),
  • la compétence scalaire (discriminer le petit du grand),
  • la compétence d'emplacement (trouver pour soi, les autres et les objets la bonne place),
  • la compétence de limitation (découper l’espace en entités élémentaires pertinentes et poser des limites spatiales entre ces entités),
  • la compétence de franchissement (franchir les sas, seuils et portiques),
  • la compétence de parcours (composer et suivre un itinéraire).

Il approfondit depuis lors le concept de géologistique qu'il considère comme « l’ensemble des modes d’organisation nécessaires à un opérateur pour réaliser une opération spatiale, de la plus élémentaire à la plus complexe ». Son travail se focalise particulièrement sur la question urbaine. Il développe la thèse de l'urbanisation généralisée du monde en mettant en évidence les nouvelles caractéristiques de l'urbain contemporain. Il a appliqué cette vision dans le travail de prospective de la DATAR, Territoires2040, au sein de laquelle il a proposé 4 scénarios originaux d'évolution de la métropolisation française.[réf. nécessaire]

Dans son livre L'Avènement du Monde (2013), Michel Lussault poursuit son travail de théorisation des spatialités. Il tente de comprendre l'impact du processus d'urbanisation généralisée, dont il fait la principale "force instituante" d'une nouvelle réalité : le Monde (avec une majuscule), dont il date l'émergence d'après la Seconde Guerre mondiale. Le cœur du propos est de montrer que la mondialisation urbaine se manifeste d’abord par de nouvelles manières d’habiter collectivement la terre. Cette focalisation traduit bien le profil de géographe de l’auteur qui entend livrer des clefs de compréhension des modalités de spatialisation des sociétés mondialisées. Et ce dans une perspective centrée sur la question de la constitution d’une nouvelle sphère politique mondiale. Celle-ci devrait dessiner les traits d’une habitation collective du Monde par les humains. Il s’agit donc pour Michel Lussault de poser des jalons pour ce qui pourrait être une « politique du Monde », à savoir : une capacité commune à garantir l’habitabilité humaine des espaces terrestres.

En 2017, il publie Hyper-lieux. Les nouvelles géographies de la mondialisation. Le concept d'Hyper-lieux s'oppose au concept de non-lieu développe par Marc Augé[11]. Les « hyper-lieux » seraient des espaces intenses et divers où s’exprime la créativité[11]. Michel Lussault avance par exemple que la jungle de Calais n'est pas une jungle mais « une sorte d'alter-lieu portant en lui une autre vision de la co-habitation urbaine : plus spontanée, informelle, souple, sobre, autoconstruite. »[12] Pour l'essayiste Eric Zemmour, qui reproche à l'ouvrage son « sabir de savant jargonnant », Hyper-lieux est « un formidable révélateur de l'idéologie mondialiste que promeut la crème de la crème de la gauche universitaire. »[12] La plupart des autres critiques saluent au contraire la qualité et l'originalité de ce livre, qui bénéficie d'une large couverture presse et radio.

Résumé de la carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

Natation[modifier | modifier le code]

Dans sa jeunesse, Michel Lussault a pratiqué la natation à haut niveau. Il a remporté trois titres de champion de France de 200 m dos en petit bassin en 1977 et 1978.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Biographie de Michel Lussault », sur letudiant.fr (consulté le 26 mars 2013)
  2. Denis Lherm, « Arc en rêve prépare un retour aux sources », sur sudouest.fr (consulté le 26 mars 2013)
  3. Michel Lussault nommé président du Conseil supérieur des programmes, lesechos.fr, 26 septembre 2014
  4. Lussault au Conseil supérieur des programmes, «c'est la revanche du pédagogisme», lefigaro.fr, 29 septembre 2014
  5. Michel Lussault, le «doux dingue» programmateur du collège, lopinion.fr, 18 septembre 2015
  6. La polémique sur les programmes scolaires refait surface, nouvelobs.com, 28 août 2015
  7. « Coup de chapeau - Jacques Grosperrin », Le Figaro Magazine, semaine du 29 mai 2015, page 28.
  8. Michel Lussault : « Nous ne sommes pas des idéologues gauchistes », leparisien.fr, 25 juin 2015
  9. Brighelli - Les fossoyeurs de l'école démasqués, Jean-Paul Brighelli, lepoint.fr, 24 septembre 2016
  10. « Éducation nationale : le président du Conseil supérieur des programmes démissionne », sur www.francetvinfo.fr,
  11. a et b Les hyper-lieux : une nouvelle espèce d’espace, lesinrocks.com, 18 février 2017
  12. a et b Eric Zemmour, Hyper-lieux. Les nouvelles géographies de la mondialisation, Le Figaro, 2 mars 2017
  13. « Khaled Bouabdallah, administrateur provisoire du PRES Université Lyon », sur leprogres.fr (consulté le 25 mars 2013)
  14. « Éducation : le président du Conseil supérieur des programmes démissionne », FIGARO,‎ (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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