Bernard II de Rouergue

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Bernard II de Toulouse
ou de Rouergue
Titre
Comte de Toulouse, de Quercy et du Limousin
Prédécesseur Raimond Ier de Toulouse-Rouergue
Successeur Bernard Plantevelue
Comte de Rouergue
Prédécesseur Raimond Ier de Toulouse-Rouergue
Successeur Eudes de Toulouse-Rouergue
Comte de Carcassonne et de Razès
Prédécesseur Olibia II de Carcassonne
Successeur Olibia II de Carcassonne
Biographie
Dynastie Raimondins
Date de naissance début du IXe siècle
Date de décès entre août et décembre 872
Père Raimond Ier de Toulouse-Rouergue
Mère Berthe
Fratrie Eudes de Toulouse-Rouergue
Foucher de Limoges
Comtes de Toulouse

Bernard II de Toulouse ou de Rouergue (mort entre août et décembre 872)[1], fut comte de Toulouse, de Rouergue, de Quercy, du Limousin (863-872), de Carcassonne et de Razès (872). Fils de Raimond Ier, comte de Toulouse et de Rouergue, il participe à l'implantation de la famille raimondine dans le Midi toulousain. Proche du roi des Francs, Charles II le Chauve, il participe avec lui aux conflits qui agite son règne et combat à ses côtés lorsque les révoltes secouent le royaume. Pris dans un conflit qui l'oppose à Bernard Plantevelue, comte d'Auvergne, et à Bernard, comte de Rouen, il meurt assassiné.

Il est parfois confondu avec Bernard le Veau, comte d'Autun de la famille des Nibelungides, qui mourut la même année et dans des circonstances similaires[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Bernard est le fils de Raimond, et d'une certaine Berthe. Son père est un prince franc possessionné dans le Midi du royaume des Francs, puisqu'il a reçu du roi Charles II le Chauve les comtés de Quercy et de Limoges en 849, et ceux de Rouergue, de Toulouse, de Carcassonne et de Razès en 862. Raimond renforce son pouvoir et poursuit le mouvement d'appropriation des bénéfices comtaux par les familles princières ː Bernard est qualifié de comte sur une charte en faveur de l'abbaye de Vabres en novembre 862, ce qui laisse penser qu'il avait été associé par Raimond au pouvoir, sans doute avec l'appui et l'approbation de Charles le Chauve, qui voyait ainsi le moyen de s'assurer la fidélité de Raimond et de ses fils.

La situation de roi Charles le Chauve est d'ailleurs fragile depuis que, à la fin de l'année 861, il a essayé de s'emparer du royaume de Provence, tenu par son neveu Charles de Provence[3] ː la noblesse provençale menée par le comte de Vienne, Girart, le met en échec avec le soutien de plusieurs nobles d'Aquitaine et de Gothie, parmi lesquels le puissant comte de Barcelone et marquis de Gothie, Unifred, et même son propre fils, le roi d'Aquitaine Charles l'Enfant. En 863, Unifred pénètre dans le comté de Toulouse pour affronter Raimond Ier, resté fidèle à Charles le Chauve. Profitant peut-être d'une trahison, il occupe la ville de Toulouse, ainsi que le reste du comté[4]. C'est probablement à ce moment que meurt Raimond.

En 864, Unifred est cependant mis en échec et doit fuir ses domaines. Entre 864 et 865, Charles Chauve, qui a repris le contrôle de l'Aquitaine et de la Gothie, procède à la redistribution des biens des rebelles ː Bernard reçoit les comtés de Toulouse, de Rouergue, de Limoges et du Quercy. Comme comte de Toulouse, dont le pouvoir s'étend au-delà des Pyrénées sur une partie de la marche d'Espagne, à la frontière avec al-Andalus, il porte également le titre de marquis.

Sa politique s'appuie sur le réseau des nombreux monastères. Le monastère de Vabres, qui a été fondé par son père dans le Rouergue, bénéficie particulièrement de la faveur comtale. Il reçoit des donations de Bernard et de sa mère le jour du dimanche saint de 865. Le 22 juin 870, Bernard est avec Charles le Chauve au palais de Marienval, près de Compiègne et obtient une confirmation de privilèges pour le monastère. En août 870, Bernard est dans le Quercy, où il tient un plaid afin de juger une affaire qui concerne Gairulf, abbé de Beaulieu. Le 21 juillet 871, il confirme les privilèges donnés par Charles le Chauve à l'abbaye d'Alaó, en Ribagorce, et la place sous sa protection[5].

Cette politique n'empêche pas Bernard d'usurper d'autres biens ecclésiastiques. Il rentre en particulier en conflit avec l'archevêque de Reims Hincmar au sujet des biens que le chapitre de la cathédrale de Reims possédait dans les comtés de Poitou, de Limoges et d'Auvergne. Ces biens avaient déjà été cédés en précaire par le chapitre de Reims à ses prédécesseurs, Frédolon et Raimond Ier, mais Hincmar le lui refuse. Bernard décide de se les approprier malgré tout et les confie à ses propres vassaux. Hincmar fait alors appel au comte d'Auvergne, Bernard II Plantevelue, et au comte de Rouen, lui aussi prénommé Bernard, pour qu'ils appuient sa position. L'opposition entre Bernard de Toulouse-Rouergue et Bernard Plantevelue prend d'ailleurs l'allure d'une vengeance familiale qui oppose les Raimondins aux Guilhelmides, car le grand-père du premier, Frédolon, avait obtenu le comté de Toulouse suite à l'exécution du frère du second, Guillaume de Septimanie, décapité en 850 sur ordre de Charles le Chauve.

En 872, le roi Charles le Chauve accorde à Bernard les comtés de Carcassonne et de Razès, qui sont enlevés au comte Olibia II. Mais Bernard ne les conserve que peu de temps car il est assassiné la même année par un vassal de Bernard Plantevelue. À la mort de Bernard, sans héritier, ses possessions sont partagées ː son frère Eudes reçoit le Rouergue, tandis que de ses ennemis, Olibia II recouvre les comtés de Carcassonne et de Razès, et Bernard Plantevelue s'octroie les comtés de Toulouse et de Limoges. Mais dans ce dernier comté, Foucher, frère de Bernard de Toulouse-Rouergue, réussit à conserver le pouvoir à son profit. La situation, confuse, permet aussi à un noble pyrénéen, Raimond, de séparer du comté de Toulouse les territoires qui se trouvaient au-delà des Pyrénées, la Ribagorce et le Pallars.

Famille[modifier | modifier le code]

Ascendants[modifier | modifier le code]

  1. Foulques (ou Foucauld) du Rouergue, 778-845 comte de Rouergue épouse Sénégonde de Rouergue (probablement petite fille de Guillaume de Gellone par Héribert)
    1. Raymond Ier de Rouergue (Raimund) 815-865, créé comte de Quercy et de Rouergue (849) par Charles «Le Chauve» en reconnaissance de son alliance contre Pépin II, roi d’Italie), puis comte et marquis de Toulouse (855) (cité charte de fondation 03/11/862 à Vabres) épouse 830 Berta de Limoges
      1. Bernard II de Rouergue († 874) comte de Toulouse et de Rouergue, fils du précédent.
      2. Foulques de Limoges (838-883), Vicomte de Limoges, gardien des "marches" du royaume à la frontière du Duché d'Aquitaine, fondateur de la Maison de Limoges-Rochechouart.
      3. Eudes de Rouergue († 918) comte de Toulouse et de Rouergue, marié à Garsinde d'Albi

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Bernard n'a ni épouse ni enfants connus.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Toulouse Dukes », sur le site de la Foundation for Medieval Genealogy, consulté le 26 mai 2016.
  2. « Families of Nibelung, Childebrand and Theoderic », sur le site de la Foundation for Medieval Genealogy, consulté le 26 mai 2016.
  3. René Poupardin, 1901, p. 26 et 30.
  4. « Ramon I de Tolosa », Gran enciclopèdia catalana, consulté le 26 mai 2016.
  5. « Bernat II de Tolosa », Gran enciclopèdia catalana, consulté le 26 mai 2016.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • René Poupardin, Le Royaume de Provence sous les Carolingiens, éditions Bouillon, Paris, 1901.

Liens externes[modifier | modifier le code]