Louis Saint-Hilaire

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Louis Saint-Hilaire
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 62 ans)
MontréalVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Maître

Louis Saint-Hilaire ou plutôt St-Hilaire né le à La Prairie, près de Montréal, et mort le à Montréal est un peintre, illustrateur, décorateur d'églises et restaurateur d'œuvres d'art.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le second d'une famille de onze enfants issus du mariage de Pierre St-Hilaire, instituteur, et de Carmelite Dupuis. Il décède à l'âge de 62 ans le 4 août 1922, laissant dans le deuil son épouse Agnès Girard, décédée le 27 janvier 1938 à l'âge de 80 ans et 6 mois.

Il acquiert une première formation artistique par l'étude du dessin à l'École normale Jacques-Cartier qu'il poursuit sous l'égide du peintre Ozias Leduc[1]. Encore jeune, il commence une carrière dans l'enseignement dans une école paroissiale à Lake Linden au Michigan (USA), là où Joseph Grégoire[2] exploitait une scierie dans une agglomération non loin de Lake Torch que l'on appelle aujourd'hui Gregoryville[3]. Durant cette période, Louis St-Hilaire occupe ses loisirs à faire des croquis et à peindre des tableaux. Reconnaissant son immense talent artistique, Monsieur Grégoire le soutiendra financièrement dans son projet d'aller étudier les beaux-arts à Paris. À l'âge de 20 ans, de 1880 à 1882, il ira à l'École normale des arts décoratifs à Paris poursuivre ses études artistiques en fréquentant tout d'abord les ateliers de Jean-Léon Gérôme et Jules Breton. Plus tard, soit en 1887, il s'embarque pour Rome[4] "en même temps que Son Excellence Mgr Gravel, évêque de Nicolet, qui s'intéresse vivement à son avenir"[5]. Du coup, il en profitera pour se rendre à Florence. En 1889, il s'en retourne en Amérique (USA) où il ouvre un studio à Minneapolis et, en parallèle à ses activités d'artiste, il prend plaisir à prêter sa voix de ténor à de nombreux concerts, soirées et messes.

En 1891, il s'embarque de New York à nouveau pour Rome pour y réaliser cette fois une commande d'une vingtaine de peintures religieuses. Il profite de ce séjour pour visiter d'autres régions de l'Italie et la Suisse. De retour à Paris, il s'inscrit l'Académie Julian[4] en vue de préparer son admission à l'École des Beaux-Arts en 1892-93 sous la recommandation de son professeur le peintre William-Adolphe Bouguereau[6]. À l'Académie Julian, il suit aussi les cours du soir des professeurs Benjamin Constant et Jules Lefebvre. Pendant cette période d'apprentissage, il obtient l'autorisation de peindre aux musées du Louvre, du Luxembourg, de Versailles et de Saint-Germain-en-Laye[7]. Pour augmenter ses maigres revenus, il enseigne l'anglais dans des familles françaises. De retour au Canada en 1895, il ouvre un nouveau studio[8] cette fois à Saint-Paul de l'Île aux Noix qu'il occupera jusqu'en 1912. Le 29 septembre 1896, il épouse Agnès Girard, professeure de piano et fille de Patrice Girard et de Henriette Jourdonnais de Saint-Valentin. De cette union sont nés trois enfants: Antoine, Annette et Charles. Une activité soutenue le tient occupé pendant cette période. Puis, en 1912, il s'installe pour un an à Saint-Jean-sur-Richelieu pour y réaliser un immense tableau de Saint-Louis pour le compte du Collège Saint-Jean qui, malheureusement, est détruit par un incendie le 19 octobre 1939[9]. Enfin, il prend résidence à Verdun pour trois ans, pour ensuite s'établir à Montréal rue Mont-Royal pour le reste de sa vie. Son studio d'artiste est situé au centre-ville, au Carré Philipps précisément. Mis à part le portrait, il réalise des paysages, des natures mortes et plusieurs oeuvres d'art religieux qui étaient très en demande à cette époque.

Son oeuvre est encore partiellement connu et géographiquement éparpillé; à preuve il fit même la décoration de la Saint-Vincent-de-Paul Church[10] à New Hope au Kentucky. Somme toute, il fait une carrière honorable de peintre, décorateur et restaurateur d'œuvres d'art. Le Musée national des beaux-arts du Québec possède une seule œuvre de cet artiste: La Mort de saint Joseph, 1894[11]. Lors de son premier retour d'Europe en 1883, il obtient des commandes de tableaux de deux églises: celle de Saint-Sébastien[12] (Montérégie) et l'autre de Sainte-Martine[13] de Châteauguay[1]. À la suite, il réalise d'autres commandes en provenance des églises de Saint-Romuald[14] (maître-autel, retable et autel latéral) où il collabore avec le sculpteur Ferdinand Villeneuve[15] (1830-1909), de Saint-Henri-de-Lévis[16](restauration du tableau" Saint-François de Paule ressuscitant un enfant mort" attribué au peintre Simon Vouet)[17], de Saint-François-Xavier de Verchères[18] (restauration d'un autre tableau ancien), de Notre-Dame-du-Portage[19] (chemin de croix[20]) et de Saint-Dominique à Saint-Hyacinthe[21] (peintures murales marouflées). Plus tard, soit en 1916-17, sous la direction d’Ozias Leduc,  il travaille aux peintures du plafond de l’Église Saint-Enfant-Jésus du Mile-End[22], là-même où il s'était marié en septembre 1896.

Une part de ses oeuvres sont inventoriées au Répertoire du patrimoine culturel du Québec[23]. Cet artiste, encore inconnu de nos jours, excellait dans la restauration de tableaux endommagés ou légèrement abimés. D'après des notes laissées à son sujet, on remarque sa précision dans les plus fins détails, la fidélité des traits et du caractère des sujets peints, la richesse des couleurs, la simplicité et la clarté de ses compositions. La majeure partie des informations réunies dans cet article est tirée d'une courte biographie de l'artiste écrite pour le compte du Musée des Beaux-Arts du Canada en avril 1978 par l'autrice et généalogiste Jeanne Grégoire[24],[25].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Karel, David., Dictionnaire des artistes de langue française en Amérique du Nord : peintres, sculpteurs, dessinateurs, graveurs, photographes, et orfèvres, Québec, Musée du Québec, (ISBN 2-7637-7235-8 et 978-2-7637-7235-6, OCLC 28178086, lire en ligne), p. 724-726
  2. Jeanne Grégoire, D'une aube à l'autre s'écrit l'histoire de Saint-Valentin et l'Île aux Noix, Québec, Éditions Bergeron, , 114 p. (ISBN 2-89247-132-X), "Joseph Grégoire au Michigan, pp.73-74.
  3. (en) « Gregoryville, Michigan », dans Wikipedia, (lire en ligne)
  4. a et b Samuel Montiège, L'Académie Julian et ses élèves canadiens : Paris, 1880-1900, Montréal, Université de Montréal, (lire en ligne), p. 216
  5. « Départ pour l'Europe », La Minerve, Montréal,‎
  6. Samuel Montiège, L’Académie Julian et ses élèves canadiens Paris, 1880-1900, Département d’histoire de l’art et d’études cinématographiques, Faculté des arts et sciences, Université de Montréal, Université de Montréal (thèse de doctorat), , 759 p. (file:///Users/philippedube/Downloads/Montiege_Samuel_2011_these%20(2).pdf), « Louis Saint-Hilaire, présent dans la liste des élèves préparant le concours d’entrée à l’École des beaux-arts ou au professorat est inscrit à l'Académie Julian en 1892, habite 93, rue Dauphine et il est précisé qu’il est recommandé par Bouguereau. » note en bas de page #795, Archives de l’Académie Julian.
  7. "Il obtient, du Ministère de l'Instruction publique et des Beaux-Arts, de Paris, une autorisation officielle signée par l'Administrateur des Musées Nationaux de France, datée du 13 septembre 1881, lui permettant de travailler dans les galeries du Louvre, du Luxembourg, de Versailles et de Saint-Germain." in, Jeanne Grégoire, Courte biographie de Louis St-Hilaire, 1860-1922, Musée des Beaux-Arts du Canada
  8. Jeanne Grégoire, D'une aube à l'autre s'écrit l'histoire de Saint-Valentin et l'Île aux Noix., Québec, Éditions Bergeron, , 114 p. (ISBN 2-89247-132-X), St-Hilaire a déménagé cette maison au bord du Richelieu, près du quai, pp.88-90.
  9. « Un collège, un séminaire, un cégep », sur Musée du Haut-Richelieu, (consulté le 9 février 2021)
  10. (en) « St Vincent De Paul Roman Catholic Church », sur St. Vincent De Paul Roman Catholic Church (consulté le 9 février 2021)
  11. « La Mort de saint Joseph - Saint-Hilaire, Louis », sur Collections | MNBAQ (consulté le 28 janvier 2021)
  12. « Église de Saint-Sébastien - Répertoire du patrimoine culturel du Québec », sur www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca (consulté le 9 février 2021)
  13. « Église de Sainte-Martine - Répertoire du patrimoine culturel du Québec », sur www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca (consulté le 9 février 2021)
  14. « Église de Saint-Romuald - Répertoire du patrimoine culturel du Québec », sur www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca (consulté le 9 février 2021)
  15. « Biographie – VILLENEUVE, FERDINAND – Volume XIII (1901-1910) – Dictionnaire biographique du Canada », sur www.biographi.ca (consulté le 9 février 2021)
  16. « Église de Saint-Henri - Répertoire du patrimoine culturel du Québec », sur www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca (consulté le 9 février 2021)
  17. « Peinture (Saint François de Paule ressuscitant un enfant mort) - Répertoire du patrimoine culturel du Québec », sur www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca (consulté le 11 février 2021)
  18. Église Saint-François-Xavier de Verchères, « Répertoire du patrimoine culturel du Québec » (consulté le 16 février 2021)
  19. « Église de Notre-Dame-du-Portage - Répertoire du patrimoine culturel du Québec », sur www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca (consulté le 9 février 2021)
  20. « Chemin de croix - Répertoire du patrimoine culturel du Québec », sur www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca (consulté le 9 février 2021)
  21. « Église Saint-Dominique - Répertoire du patrimoine culturel du Québec », sur www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca (consulté le 9 février 2021)
  22. « Église de Saint-Enfant-Jésus du Mile-End - Répertoire du patrimoine culturel du Québec », sur www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca (consulté le 9 février 2021)
  23. « Répertoire du patrimoine culturel du Québec », sur www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca (consulté le 29 janvier 2021)
  24. Centre de recherche en civilisation canadienne-française, Université d'Ottawa, « Fonds Jeanne-Grégoire », sur classiques.uqac.ca, (consulté le 16 février 2021)
  25. Grégoire, Jeanne, Courte biographie de Louis St-Hilaire, 1978, (3 pages), dossier documentaire Louis St-Hilaire, Bibliothèque et Archives du Musée des beaux-arts du Canada.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Comeau, André, Artistes plasticiens, Montréal, Bellarmin, 1983, 261 p.;

Grégoire, Jeanne, Courte biographie de Louis St-Hilaire, 1978, (3 pages), dossier documentaire Louis St-Hilaire, Bibliothèque et Archives du Musée des beaux-arts du Canada.

Laliberté, Alfred, Les artistes de mon temps, Montréal, Boréal, 1986, 349p.;

Lareau, François, Répertoire des artistes canadiens (Arts visuels) : http://www.lareau-law.ca/index.html

MacDonald, Colin S., Dictionary of Canadian Artists, (Vol. 8, Part 1), Canadian Paperbacks Publishing, 1978;

McKendry, Blake, Folk Art: primitive and naïve art in Canada, 1983;

McMann, Evelyn de R., Biographical Index of Artists in Canada, Toronto, University of Toronto Press, 2003, ["Saint-Hilaire, Louis"] p.212.;

Liens externes[modifier | modifier le code]