Louis le Jeune (fils de Louis le Germanique)

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Louis III et Louis le Jeune.

Louis III le Jeune
Illustration.
Traité de Fouron (878) entre Louis le Bègue (Roi de Francie occidentale), et Louis le Jeune (Roi de Francie orientale)[1].
Titre
Roi de Francie orientale

(5 ans, 4 mois et 23 jours)
Prédécesseur Louis II de Germanie
Successeur Charles III le Gros
Roi de Bavière
Prédécesseur Carloman
Successeur Charles III le Gros
Biographie
Dynastie Carolingiens
Date de naissance vers 835
Date de décès
Lieu de décès Francfort-sur-le-Main
Sépulture Abbaye de Lorsch
Père Louis II de Germanie
Mère Emma de Bavière
Conjoint Liutgarde de Saxe
Enfants
  • Hildegarde (?-† 895)
  • Bernhard
  • Louis (877?-† 879)
  • Hugues (850/855?-† 880)
  • Adalhard
  • Louis III dit « le Jeune », né vers 835 et mort le à Francfort, issu de la dynastie des Carolingiens, fut roi de Francie orientale de 876 à sa mort.

    Biographie[modifier | modifier le code]

    Origines[modifier | modifier le code]

    Les royaumes francs après la partage de Verdun.

    Louis III est le deuxième fils de Louis II le Germanique et de son épouse Emma de Bavière, fille du comte bavarois Welf Ier, l'ancêtre de la dynastie des Welf. Son père, l'un des petits-fils de Charlemagne, avait été designé roi de Bavière en 817. Après de longs conflits au sein des Carolingiens, le traité de Verdun conclu en établit la mainmise de Louis II sur la Francie orientale (la future « Germanie »). Son beau-frère Charles le Chauve, l'oncle de Louis III, a reçu la Francie occidentale (la « France »).

    Dans les années 860, le règne de Louis le Germanique faisait face à une grave crise suite à l'échec d'une attaque contre la Francie occidentale de Charles le Chauve. Le frère aîné de Louis III, Carloman, se révolte contre son père. Puis, vers l'an 865, le roi Louis a décidé de faire la paix et de mettre en œuvre une répartition de ses domaines : Louis III doit regner sur les domaines d'Austrasie (Franconie) et de la Saxe, tandis que Carloman doit obtenir la Bavière et le frère cadet Charles le Gros devient souverain sur l'Alémanie. Quelques mois plus tard, toutefois, Louis III se révolte contre son père Louis le Germanique pour accroître son pouvoir. Les deux hommes se réconcilient grâce à la médiation de Charles le Chauve en octobre suivant, à Cologne[2]. De plus, par le traité de Meersen conclu en 870, une grande partie de la Lotharingie reviendra au royaume de la Francie orientale.

    Louis III était initialement fiancé à une fille d'Adalard le Sénéchal qui néanmoins fut disgracié par le roi Charles le Chauve. Vers 874, il épouse Liutgarde († 885), une fille du comte saxon Liudolf, l'ancêtre de la dynastie des Ottoniens.

    Roi de Francie orientale[modifier | modifier le code]

    Miniature de la bataille d'Andernach (British Library, Royal 16 G VI f. 231v).

    Lorsque Louis le Germanique meurt le , Louis le Jeune et ses frères lui succéda. Peu après, leur oncle Charles le Chauve, méconnaissant le droit du sang, résolut de dépouiller Louis III de ses terres en Lotharingie. Prétextant qu'il ne respectait pas les accords passés avec son père, il leva aussitôt un ost et marcha vers le Rhin. Louis eut d'abord recours à la prière, et se soumit à prouver, par trente témoins, qu’il n’avait pas contrevenu à cet accord passé avec son père. Il fit ainsi subir l'épreuve de l'eau froide à dix de ses gens , celle de l'eau chaude à dix autres , et celle du fer chaud à dix autres encore. Ces trente personnes étant sorties saines et sauves de ces épreuves. Ceci eut l'avantage de persuader son armée, moins nombreuse, de la protection du ciel[3].

    Charles le Chauve lui accorda une suspension d’armes pendant laquelle il jura de ne rien entreprendre ; mais continuant sa marche secrètement, il s’avança avec ses troupes pour le surprendre, avec l'intention de lui crever les yeux. Averti de cette perfidie par l’archevêque de Cologne, Louis se tint prêt à combattre, et parvint à infliger une sévère défaite à Charles II le Chauve le à Andernach près de Coblence. À partir de là, la rive gauche du Rhin resta liée avec la Francie orientale. Un an plus tard, Charles le Chauve mourut face à une attaque de Carloman au village de Brios près de l'actuel Avrieux.

    Le fils de Charles le Chauve, Louis II le Bègue, roi d'Aquitaine depuis 867, devient souverain de la Francie occidentale après la mort de son père. Un roi sans pouvoir, dominé par la puissance de l'aristocratie, il a la sagesse de conclure avec son cousin Louis III le Jeune un accord qui confirme le partage de la Lotharingie effectué par leurs pères en 870 au traité de Meerssen[4].

    De santé fragile, Louis le Bègue meurt le . Après sa mort, le Jeune voulut s’emparer du trône de France, sous prétexte que les deux fils du roi, Louis III (roi de Francie occidentale et de Neustrie) et Carloman II (roi d’Aquitaine et de Bourgogne), n’étant pas légitimes, n’y avaient aucun droit. Il revendique la Lotharingie occidentale acquise en 870 par le traité de Meerssen. En 879, Louis le Jeune occupe presque entièrement la Lotharingie[5]. Il pénètre dans la Champagne, mais repoussé avec perte, il reprend en désordre la route de la Saxe.

    En 880, apprenant que son frère aîné Carloman de Bavière était malade, il se rend en toute hâte près de lui, pour le détourner de choisir pour successeur Arnulf, son fils naturel. Il réunit le royaume de Bavière à ses Etats, cède la Carinthie à Arnulf, obligé de s’en contenter.

    L'Empire carolingien en 880, d'après Ribemont ; la partie de Louis le Jeune est en vert.

    À la même époque, les incursions des Normands (Vikings) dans les Flandres et le Brabant menaçaient à la fois Louis le Jeune, et les fils de Louis le Bègue, Louis III et Carloman II, décident d'une part, de faire cause commune contre les Vikings et d'autre part, négocient la neutralité de Louis le Jeune dans le conflit successoral qui les oppose à Hugues, fils de Lothaire II. Par le traité de Ribemont, les fils de Louis le Bègue lui cèdent leur part de la Lotharingie en échange de sa neutralité. Ce traité marquera pour le reste du Moyen Âge, la limite entre Francie Occidentale et Francie Orientale (Germanie).

    La même année, Louis le Jeune rassemble toutes ses forces pour s’opposer aux Vikings. Il remporte sur eux une victoire écrasante en 881, devant la forêt Charbonnière[6] de Thiméon (Thin) (près de Charleroi). Mais Hugues, fils naturel de Louis le jeune, y est fait prisonnier et fut tué malgré une cessation des combats[7], ce qui affecta particulièrement Louis le Jeune . Quelques mois après, il fut à son tour défait à Ebsdorff, dans le pays de Lunebourg.

    Les annales disent que Louis le Jeune mourut de chagrin le 20 février 882, à Francfort, où il s’était rendu pour lever de nouvelles troupes. Il fut inhumé près de son frère Carloman, dans l’abbaye de Lorsch ou Lauresheim.

    Son frère Charles le Gros lui succéda en 882.

    Ascendance[modifier | modifier le code]

    Article détaillé : Généalogie des Carolingiens.

    Union et descendance[modifier | modifier le code]

    Louis le Jeune épouse Liutgarde de Saxe (sœur d'Otton Ier de Saxe, grand-père d'Otton Ier du Saint-Empire Cf. Liudolfides & Ottoniens) dont il a deux enfants :

    Louis le Jeune a également deux enfants illégitimes :

    Références[modifier | modifier le code]

    1. (FR 2813) fol. 161v. Grandes Chroniques de France de Charles V. France, Paris, XIVe.
    2. Éric Joseph Goldberg, Struggle for empire: kingship and conflict under Louis the German, 817-876 Cornell University Press, 2006 (ISBN 0-8014-3890-X et 9780801438905).
    3. L'anecdote est tirée de Jacques Albin Simon Collin de Plancy, "Dictionnaire féodal, ou Recherches et anecdotes sur les dimes et les droits féodaux", Tome 2, Paris Imprimerie de Fain, 1819, p. 19
    4. Pages 282 à 284 dans Histoire des Carolingiens (1862) de Léopold August Warnkönig, Pierre-Auguste-Florent Gérard.
    5. Léon Vanderkindere, La Formation territoriale des principautés belges au Moyen Âge, vol. II, Bruxelles, H. Lamertin, (réimpr. 1981), 88 p. (lire en ligne), p. 8.
    6. Michel Pauly et Hérold Pettiau (éd.), "La forêt en Lotharingie médiévale" / "Der Wald im mittelalterlichen Lotharingien", Actes des 18es Journées Lotharingiennes, Publications de la Section Historique de l’Institut Grand-Ducal, 2016, p. 60 https://www.academia.edu/30483643/La_situation_et_l_%C3%A9tendue_de_la_For%C3%AAt_Charbonni%C3%A8re_au_premier_mill%C3%A9naire_bilan_historiographique_et_retour_aux_sources_in_M._Pauly_et_H._Pettiau_%C3%A9d._La_for%C3%AAt_en_Lotharingie_m%C3%A9di%C3%A9vale._Der_Wald_im_mittelalterlichen_Lotharingien_Luxembourg_2016_p._51-75
    7. Jules Édouard Marie Viard "Les grandes chroniques de France", tome 4, 1920, p. 288 - citant les Chroniques de Réginon de Prüm, (2e partie)

    Bibliographie[modifier | modifier le code]