Paul Preston

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Paul Preston
Paul Preston MHC.jpg

Paul Preston en 2004

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British Academy
Section historico-archéologique de l'Institut d'études catalanes (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions

Paul Preston (Liverpool, 1946) est un historien britannique, docteur en histoire de l'Université d'Oxford. Il est spécialiste de l'histoire de l'Espagne contemporaine et en particulier de la période de la guerre d'Espagne. Il s'est notamment opposé à la lecture qu'en fait Pío Moa[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Réception critique[modifier | modifier le code]

Ses travaux ont été sévèrement critiqués par certains spécialistes de la guerre d'Espagne, notamment The Spanish Holocaust : Inquisition and Extermination in Twentieth-Century Spain une étude des atrocités perpétrées en Espagne au XXe siècle. Stanley Payne juge ainsi que le livre « reproduit bon nombre des plus anciens stéréotypes sur la guerre civile espagnole » et le considère comme « un échec »[2]. Pour Arnaud Imatz, l'ouvrage de Paul Preston est « un véritable condensé de manipulations, de semi-vérités et de mensonges »[3]. Reprenant des explications fournies par le Komintern lors de la guerre civile, Preston présenterait le terrorisme de gauche comme toujours « accidentel », « spontanné », jamais organisé, ses crimes étant perpétrés par des « éléments incontrôlés » à la différence de ceux des partis de droite ou du centre qui se seraient fondés sur un véritable programme de répression, un « programme de massacre systématique »[3]. Selon Imatz, Preston ignore les avancées de plusieurs décennies de recherche, sollicitant « à son gré » une partie des études récentes. Selon lui, les chiffres connus infirmeraient les affirmations de Paul Preston concernant les crimes franquistes, car sur les 140 000 victimes que fait la répression, 60 000 seraient le fait du Front populaire[4] et 50 000 le fait des rebelles nationalistes, auxquels viendraient s'ajouter 30 000 exécutions au lendemain du conflit, des chiffres bien plus proches en terme de pourcentage de ceux de la révolution cubaine (selon Imatz) que ceux concernant le régime nazi[3].

Jeremy Treglown estime que la comparaison de Paul Preston avec l'Holocauste nazi expose rapidement ses limites. Selon lui, l'histoire du XXe siècle montre qu'« il n'est pas nécessaire de faire des comparaisons lointaines pour voir que, si effroyables et, oui, criminelles, les actions qu'il décrit ont été, elles différaient tant sur le plan qualitatif que quantitatif de la planification à froid et de l'application industrielle de l'Holocauste nazi. Cet élément de sensationnalisme, aggravé par le sous-titre « Inquisition et extermination dans l'Espagne du XXe siècle », risque de transformer l'histoire elle-même en inquisition: quelque chose de plus proche d'un tribunal moral vengeur que d'une tentative de comprendre le passé. » Treglown note également que dans cet ouvrage comme dans ses autres livres, lorsque Paul Preston documente les atrocités commises par les partis de gauche, il tend à les présenter comme ayant toujours été la « conséquence » de celles commises par les partis de droite[5].

Le livre a remporté le Prix d'histoire de la Catalogne en 2011[5].

Publications[modifier | modifier le code]

De nombreux ouvrages ont été traduits dans d'autres pays, particulièrement en Espagne. Plusieurs rééditions revues et augmentées des travaux listés ci-dessous ont vu le jour[6].

  • The Triumph of Democracy in Spain, New York, Methuen, 1986
  • The Spanish Civil War, 1936-1939, New York, Grove, 1986
  • The Politics of Revenge : Fascism and the Military in Twentieth-Century Spain, Winchester, Unwin Hyman, 1990
  • Franco : A Biography, New York, Basic Books, 1994
  • A Concise History of the Spanish Civil War, Fontana Press, 1996
  • Doves of War : Four Women of Spain, London, HarperCollins, 2002
  • Juan Carlos : A People's King, HarperCollins, 2004
  • The Spanish Holocaust : Inquisition and Extermination in Twentieth-Century Spain, HarperCollin, 2012, traduit en fr. : Une guerre d'extermination. Espagne, 1936-1945, Belin, 2016, 890 pages.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (es) Interview de Paul Preston dans El Mundo, 24 juin 2003.
  2. Stanley Payne, The Wall Street Journal, 13 avril 2012
  3. a, b et c Arnaud Imatz, « La guerre d'Espagne fantasmée de Mr. Preston », La Nouvelle Revue d'histoire, no 89, mars-avril 2017, p. 24-26
  4. voire article Terreur rouge (Espagne). Le chiffre est discuté. Pour l'historien britannique Hugh Thomas, le bilan des persécutions antireligieuses s'élève à 55 000 morts, le même auteur estimant les assassinats et exécutions politiques de « nationalistes » à environ 75 000 pendant la guerre. Selon Antony Beevor, le bilan de la plupart des actes de la terreur rouge espagnole, qui se déroulèrent au début du conflit à l'été et automne 1936, s'élèverait à environ 38 000 personnes, dont presque la moitié furent tués à Madrid (8815 victimes) et en Catalogne (8352 victimes). Guy Hermet penche pour une estimation de 75 000 victimes environ
  5. a et b (en) The Spanish Holocaust by Paul Preston: review, Jeremy Treglown, telegraph.co.uk, 28 février 2012
  6. Voir une bibliographie incluant les traductions et rééditions sur le site de l'auteur de la London School of Economics.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]