Geneviève Dormann

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Geneviève Dormann

Nom de naissance Geneviève Dormann
Alias
Dobermann[1],[2]
Tigresse
Luronne
Le hussard en jupons[3]
Naissance
Paris (France)
Décès (à 81 ans)
Paris (France)
Activité principale
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture Français
Mouvement Les Hussards
Genres

Œuvres principales

Le Bateau du courrier (1974)
Le Roman de Sophie Trébuchet (1983)
Le Bal du dodo (1989)
Adieu, phénomène (1999)

Compléments

Également scénariste et biographe.

Geneviève Dormann, née le à Paris (France) et morte le dans la même ville, est une femme de lettres et journaliste française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et jeunesse[modifier | modifier le code]

Son père, Maurice Dormann, est ouvrier-typographe, imprimeur, puis, grièvement blessé pendant la Grande Guerre en 1916, il devient journaliste et directeur du Réveil d'Étampes puis est élu député et sénateur. Il sera aussi brièvement ministre en 1930. Sa mère se prénomme Alice.

Enfant, elle puise dans la bibliothèque de son père.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle et sa famille se réfugient à Tours, avant de retourner à Paris. Ils résident dans le village essonnien de Maisse de 1943 à 1944. Ils rentrent définitivement à Paris à la fin de 1944 où ils vivent dans le 16e arrondissement.

Elle est d'abord placée à la Maison d'éducation de la Légion d'honneur au château d'Écouen, puis en internat de jeunes filles, d'où elle est exclue pour avoir lu, et fait lire à l'une de ses camarades, un livre de Colette alors à l'index.

Elle fait ses études secondaires au lycée Jean-de-La-Fontaine à Paris[4].

Elle n'obtient pas le baccalauréat. Elle sort du couvent à l'âge de 17 ans pour épouser le peintre Philippe Lejeune — ce qui fait d'elle la belle-sœur du généticien Jérôme Lejeune —, dont elle a trois filles. Elle en divorce cinq ans plus tard puis se remarie avec l'écrivain et parolier Jean-Loup Dabadie. Elle a une autre fille avec ce dernier, Clémentine.

Carrière[modifier | modifier le code]

Elle se lance dans le journalisme en 1959.

Après avoir écrit pour Marie Claire, Le Figaro Magazine, Le Point et Le Nouveau Candide, découverte par Jean Cayrol[5], Geneviève Dormann entame une carrière d'écrivain, tout en continuant à travailler dans la presse écrite et la radio.

Roger Nimier lui fait alors un canular : il lui envoie de faux courriers de Gaston Gallimard, d'Henri de Montherlant — auquel il fait dire qu'« une nouvelle Colette est née » — et d'Hélène Lazareff louant son talent.

Son caractère trempé, son goût de l'aventure et des voyages — en Indochine ou à l'Ile Maurice —, son esprit provocant, souvent à contre-courant des modes idéologiques, se retrouvent dans ses romans.

En 1967, elle rate le Prix Interallié au profit d'Yvonne Baby[6],[7], puis en 1974, de deux voix; il revient finalement à René Mauriès pour Le Cap de la gitane[8].

Elle fait partie du comité éditorial du magazine GEO à sa création en 1979[9].

Elle est une grande amie des quatre écrivains des Hussards, Antoine Blondin, Michel Déon, Jacques Laurent et Roger Nimier. Elle est également proche de Kléber Haedens et Jean Dutourd. Elle est par ailleurs membre du Club des ronchons dont ce dernier est un des piliers.

Elle est également sociétaire des Grosses Têtes en 1986 puis chroniqueuse de la Bande à Ruquier dans On va s'gêner[10]. Elle participe à des émissions sur Radio Courtoisie[11],[12].

Possédant une maison à Saint-Sauveur[13], elle est nommée vice-consul du royaume de Patagonie à l'île d'Yeu en 2002.

Elle devait faire paraître un ultime ouvrage en [14], projet qui n'a pas été mené à terme.

Elle fait don de l'ensemble de ses manuscrits et de ses archives littéraires au département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France en .

Décès[modifier | modifier le code]

Elle décède à Paris des suites de la maladie le , à l'âge de 81 ans. Dans une tribune au Figarovox, Irina de Chikoff lui rend hommage : « Adieu phénomène ! De l'autre côté de la vie, tu vas redevenir océan[15]. » La ministre de la Culture Fleur Pellerin salue dans un communiqué « une femme libre à la plume provocante, une aventurière au verbe haut », qui « savait comme personne rendre le rire intelligent »[16]. Dominique Jamet voit en elle sur Boulevard Voltaire « [une] femme réussie, entière, passionnée et qui, bien au-dessus de l’argent, de la gloire, de la famille et même de la littérature, mettait l’amour et l’amitié »[2].

Opinions politiques[modifier | modifier le code]

En 1960, elle signe la « Déclaration sur le droit à l'insoumission dans la guerre d'Algérie »[17].

Elle se dit « maurrassienne », « pour les élites et contre le suffrage universel »[1].

En 1975, dans Apostrophes, elle affirme être de droite « puisque les gens de gauche [le lui] affirment[18]. »

Dans un entretien à Politique magazine en 2010, elle s'indigne de « l’aggravation de l’inculture, du côté des parents, et l’abandon de leur mission du côté des enseignants, la vulgarité des médias, la soumission totale au marché d’éditeurs acceptant au nom du chiffre des ventes le massacre de la langue française par leurs auteurs »[19].

Polémiques[modifier | modifier le code]

En 1975, avec Robert Aron, Thierry Maulnier, Roger Bésus, Dominique Jamet et Claude Joubert, elle cosigne une lettre au Monde, où elle s'insurge de l'article d'un universitaire faisant profession d'« aller cracher sur [la] tombe » de Robert Brasillach[20].

En 1980, elle dénonce dans la presse les « prix truqués, jurés achetés », visant expressément le Goncourt[21].

En 1985, elle écrit dans Le Crapouillot n°80 : « Les Juifs m'emmerdent, je le dis tout net. Lorsque, à la moindre occasion, ils me balancent dans les gencives ce qu'on leur a fait, lorsque j'étais petite, prenant un sadique plaisir à tenter de faire surgir chez moi un sentiment de culpabilité ou de mauvaise conscience, je leur en veux comme j'en voudrais à des Vendéens qui, aujourd'hui, m'accuseraient d'avoir ravagé leurs villages et sauvagement assassiné leurs ancêtres... Je revendique le droit d'aimer les bons Juifs et d'envoyer paître les autres. » Guy Konopnicki lui réplique dans Information juive « et comment, madame Dormann, et comment ! »[1].

Dans La Petite main, en 1993, elle croque Simone Veil sous les traits d'une femme au « gros derrière et regard méfiant de paysanne moldo-valaque qui surveille, au marché, son étal de lapins »[22]. La même année, alors qu'elle est membre du Comité national pour la commémoration solennelle de la mort de Louis XVI et que le cardinal Lustiger fait part de sa réticence à commémorer le bicentenaire de la mort du roi, celle-ci le traite de « gland ». Elle est alors exclue du comité[23].

Le , elle déclare sur France Inter que « Louis XVI était très populaire à l'époque », qu'« il [aurait] suffi de faire charger l'armée pour les sauver, lui et la France » et qu'ainsi « on n'en serait pas là aujourd'hui »[24]. Plus tard dans l'année, elle participe à la controversée « Journée du livre français » à l'université Panthéon-Assas aux côtés notamment de Jean-Claude Martinez, Jacques Trémolet de Villers, Jean-François Chiappe et Dominique Venner[25].

Elle est souvent considérée comme un « écrivain méchant »[26].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • La Première pierre, nouvelles, 1957.
  • La Fanfaronne, roman, 1959. Rééd. 2009.
  • Le Chemin des dames, roman, 1964. Rééd. 2002.
  • La Passion selon Saint-Jules, roman, 1967. Rééd. 2007.
  • Je t'apporterai des orages, roman, 1971. Rééd. 1994.
  • Le Bateau du courrier, 1974, roman, Prix des Deux Magots.
  • Mickey l'ange, roman, 1980. Rééd. 1995.
  • Fleur de pêché, roman, 1980. Rééd. 1997.
  • Le Roman de Sophie Trébuchet, roman, 1983, Prix Kléber-Haedens. Rééd. 2002.
  • Amoureuse Colette, essai biographique, 1984.
  • Les livres du point de croix, roman, avec Régine Deforges :
    • Le livre du point de croix, 1986.
    • Alphabets, 1987.
    • Fleurs et fruits, 1987.
    • Marquoirs, 1987.
  • Le Bal du dodo, roman, 1989, Grand prix du roman de l'Académie française.
  • Paris est une ville pleine de lions, photographies de Sophie Bassouls, essai, 1991.
  • Maurice vue du ciel, photographies de Guido Alberto Rossi, 1991.
  • La Gourmandise de Guillaume Apollinaire, essai, 1994.
  • La Petite Main, roman, 1995.
  • Adieu, phénomène, roman, 1999, Prix Maurice-Genevoix.

Collaborations[modifier | modifier le code]

Traductions[modifier | modifier le code]

  • Italie, Hachette, 1960.
  • L'inculpé de James Barlow, roman, traduction, Plon, 1962.

Préfaces[modifier | modifier le code]

  • Tragédies de Racine, Ambassade du livre, 1961.
  • Pitié pour les femmes d'Henri de Montherlant, illustrations d'Édouard Georges Mac-Avoy, CAL, 1964.
  • L'Air du pays de Kléber Haedens, Albin Michel, 1986.
  • Barbey d'Aurevilly, 1808-1889, catalogue de l'exposition par Georges Fréchet, Bibliothèque historique de la ville de Paris, 1989.
  • Le grand dictionnaire de cuisine. Viandes et légumes d'Alexandre Dumas, Edit-France, 1995.
  • Châpos & légendes de Bernard Giquel, photographies de Jean-Michel Fauquet, Daily-Bul, 1998.
  • Le manuel du petit point d'Anne-Marie Giffard, Jean-Claude Lattès, 1999.
  • Vivre à l'île Maurice. La Vie en Varangue, photographies de Christian Vaisse, textes de Isabelle Desvaux de Marigny et Henriette Valentin Lagesse, éditions du Pacifique, 2002.
  • Marie de Régnier de Robert Fleury, Tallandier, 2008.

Postfaces[modifier | modifier le code]

  • Si le roi m'avait donné Paris sa grand'ville de Michel Fleury, discours liminaire de Bernard Billaud, Maisonneuve et Larose, 1994.

Illustrations[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Prix[modifier | modifier le code]

Elle a reçu le Prix de la Plume de Diamant en 1968 pour La Passion selon Saint Jules[27], le Prix des Quatre-Jurys pour Je t'apporterai des orages en 1971, le Prix des Deux Magots pour Le Bateau du courrier en 1974, le Grand Prix de la ville de Paris pour Fleur de péché en 1980, le Prix Kléber Haedens, le Prix Roland de Jouvenel et le Prix de la ville de Nantes en 1983 pour Le Roman de Sophie Trébuchet, le Grand prix du roman de l'Académie française en 1989 pour Le Bal du dodo et le Prix Maurice-Genevoix pour Adieu, phénomène en 1999.

Décorations[modifier | modifier le code]

En 1972, elle refuse d'être faite chevalier des Arts et des Lettres.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Elle adapte et écrit les dialogues, avec Alain Moury, Catherine Claude, Monique Lange et Jean Anouilh, du film Les Vierges, réalisé par Jean-Pierre Mocky en 1963.

Avec Jutta Brückner et Margarethe von Trotta, elle adapte le roman de Marguerite Yourcenar Le Coup de grâce, pour le cinéma. Le film, réalisé par Volker Schlöndorff, est sorti en 1976[28].

Enfin, elle adapte le roman de Guy de Maupassant Mont-Oriol en 2000 sous l'autorité de Serge Moati.

Chanson[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Décès de la romancière Geneviève Dormann », lemonde.fr
  2. a et b « Geneviève Dormann : les jeux de l’amour et des hussards », bvoltaire.fr
  3. « La romancière Geneviève Dormann est morte », lefigaro.fr
  4. Elizabeth Sleeman, The International Who's Who of Women 2002, Europa Publications, 2001.
  5. « M. Jean Cayrol est élu à l'académie Goncourt », lemonde.fr
  6. « Yvonne Baby Prix Interallié », lemonde.fr
  7. « Bilan de l'année littéraire », lemonde.fr
  8. « INTERALLIÉ : RENÉ MAURIÈS pour "Le Cap de la gitane". La mort de près », lemonde.fr
  9. « UN NOUVEAU MAGAZINE MENSUEL : "GEO" », lemonde.fr
  10. Fiche sur labandearuquier.com
  11. Tag « Geneviève Dormann » sur radiocourtoisie.fr
  12. Tag « Geneviève Dormann » sur sdebeketch.com
  13. « Dans la tanière d'Amin Maalouf, sur l'île d'Yeu », lexpress.fr
  14. « Grasset fait le pari de sortir le nouveau Beigbeder fin mai », lemonde.fr
  15. « Geneviève Dormann s'en est allée : Adieu phénomène ! », lefigaro.fr
  16. « Hommage de Fleur Pellerin à Geneviève Dormann », culturecommunication.gouv.fr
  17. « NOUVELLES INCULPATIONS Treize nouveaux signataires dont M. André Schwarz-Bart », lemonde.fr
  18. « "Où est donc passée la droite ?" », lemonde.fr
  19. « Geneviève Dormann, bretteur charmant des idées reçues », politiquemagazine.fr
  20. « À propos de Robert Brasillach », lemonde.fr
  21. « Le prix Goncourt sous tutelle », lemonde.fr
  22. « La flèche de Diane », lexpress.fr
  23. « FALLAIT-IL TUER LOUIS XVI ? », lexpress.fr
  24. « La "popularité" de Louis XVI », lemonde.fr
  25. « Polémique sur la journée du livre français à l'université d'Assas », lemonde.fr
  26. « Les vengeurs musclés », lexpress.fr
  27. « Échos et nouvelles », lemonde.fr
  28. Le Coup de grâce sur l'IMDB

Liens externes[modifier | modifier le code]