Le Capitaine Fracasse (film, 1961)

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Le Capitaine Fracasse
Réalisation Pierre Gaspard-Huit
Scénario Pierre Gaspard-Huit
Acteurs principaux
Sociétés de production Paris :
Plazza Films
Unidex
Metzer et Woog
Paris Élysées Films
Hoche Production
Rome :
Documento Films
Pays d’origine Drapeau de la France France
Drapeau de l'Italie Italie
Genre film de cape et d'épée
Durée 105 minutes
Sortie 1961


Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Le Capitaine Fracasse est un film de cape et d'épée franco-italien réalisé par Pierre Gaspard-Huit en 1960 et sorti en 1961, d'après le roman Le Capitaine Fracasse de Théophile Gautier.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Dans son château délabré, le baron de Sigognac héberge une troupe de comédiens avec laquelle il décide de partir car il est très amoureux d'Isabelle, l'ingénue de la troupe. Bretteur à la fine épée et saltimbanque par amour, il se fait appeler sur scène le «Capitaine Fracasse». Mais le duc de Vallombreuse, devenu le rival amoureux de Sigognac, est prêt à tout pour lui ravir Isabelle.

Résumé[modifier | modifier le code]

Dans la France du XVIIème siècle, sous le règne de Louis XIII, le baron Philippe de Sigognac, dernier descendant d’une noble famille, vit chichement avec son fidèle domestique, se morfondant dans son château délabré et sur ses terres gasconnes.

Un jour hivernal, en se promenant dans la forêt, où a lieu une chasse à courre, Sigognac croise un chariot bâché. Le chariot effraie le cheval de la marquise de Bruyères, qui chassait avec son mari. L’animal s’emballe. Sigognac sauve la marquise. Le marquis et son épouse remercient le baron, lequel leur avoua qu’il braconnait des lièvres sur ses terres, car « on peut être baron et sans fortunes ». En rentrant au château, le baron retrouve ledit chariot qui, transportant des comédiens ambulants, était renversé dans un fossé, avec une roue rompue. Sigognac leur offre l’hospitalité pour la nuit, dans son « château de la Misère », en attendant qu’un charron vienne réparer la roue. La troupe de neuf comédiens aux caractères bien affirmés, dirigée par Hérode, comprend le poète Matamore, Blazius le pédant, Scapin le valet, le beau et séducteur Léandre, Dame Léonarde la duègne, Zerbine la soubrette, Séraphine la coquette et Isabelle l’ingénue. Tant pour échapper à la solitude que pour faire plaisir à Isabelle, Sigognac accepte la proposition d’Hérode de partir avec eux pour Paris.

Le lendemain, la roue réparée, le chariot repart. Mais la route menant à Paris est semée de dangers. La troupe, attaquée par un de ces bandits de grand chemin, est facilement défendue par Sigognac. Agostin et sa complice, la gitane Chiquita, ne sont que de petits brigands et avant qu’ils se sauvent, Isabelle s'acquiert un droit éternel à la reconnaissance de Chiquita, après lui avoir offert son « collier de grains blancs ». La route des comédiens est aussi semée d’embuches. Au cours d’une très froide journée, Matamore, le meilleur acteur de la troupe, meurt. Sigognac se propose, bien que doutant de son talent d’acteur, de prendre la place du poète défunt pour sauver la troupe. Sur les tréteaux, prenant le nom de scène de « Capitaine Fracasse », il accepte, incognito sous son visage masqué, d’être ridiculisé même devant de nobles spectateurs, ses pairs royaux. Une fois monté sur les planches, Philippe devient de plus en plus sensible au charme d’Isabelle se montrant jaloux lorsqu’on s’en approche un peu trop de près. L'attirance étant réciproque, Isabelle se confie à Philippe. Elle est orpheline et sa mère, jadis comédienne comme elle, ne lui a jamais parlé de son père et avant de mourir lui a laissé comme seul indice paternel une bague d’améthyste.

À Poitiers, lors d’une répétition des comédiens dans la salle du jeu de paume, le duc de Vallombreuse, jeune seigneur de la cour, retors et sans scrupules, voulant séduire avec outrecuidance Isabelle, se voit provoqué en duel par Sigognac, alias Fracasse, pour avoir touché à la jeune fille. Vallombreuse se refuse de croiser le fer avec un saltimbanque masqué, préférant stipendier quatre de ses laquais pour le faire rosser mais en vain car c’est l’agressé qui a le dessus. « Le comédien est vengé mais pas le gentilhomme ! » dit Sigognac qui avec l’aide du marquis de Bruyère obtient un duel à visage découvert. Vallombreuse, blessé au bras droit, promet de se venger. Isabelle, qui a craint pour la vie de Philippe se voit demander en mariage mais avouant qu’elle l’aime, se refuse à cette union. En dépit de leur différence sociale, elle ne veut pas qu'un mariage avec une simple comédienne rende définitive la déchéance et la ruine du baron de Sigognac.

Après Tours et Orléans, la troupe, enfin arrivée à Paris, est engagée par le Prince de Moussy, surintendant du roi, pour jouer à l’Hôtel de Bourgogne en alternance avec les comédiens italiens. À l’Hostellerie de la Porte Dauphine, Vallombreuse vient proposer un marché de dupe à Isabelle : « La vie de Sigognac contre une nuit de la vôtre !». Elle refuse. Une nuit, Chiquita, reconnaissante du collier offert par Isabelle, s’introduit dans sa chambre pour la prévenir de se méfier de Vallombreuse, prêt à tout pour la conquérir.

La troupe joue devant le Roi qui, fort content du spectacle, vient féliciter les comédiens. À ses côtés, le Prince de Moussy est attiré par le visage d’Isabelle qui lui en rappelle un autre, mais il doit interrompre cette conversation car il apprend que des voleurs se sont introduits dans ses appartements pour dérober des bijoux. Son plus ancien et fidèle serviteur a été tué. Si Chiquita la gitane a réussi à se sauver, Agostin est arrêté. S’exprimant pour une fois avec franchise, le duc de Vallombreuse, fils du Prince de Moussy, promet à son père de venger ce vieux serviteur qui lui avait servi de tuteur durant son enfance.

À trois reprises les guet-apens pour éliminer Sigognac échouent. Vallombreuse, sous prétexte de faire jouer les comédiens dans son château, leur tend un piège en leur donnant rendez-vous dans la forêt au carrefour des quatre biches. L’opération réussie, Isabelle est enlevée. Séquestrée dans le château de Vallombreuse, Isabelle reçoit la visite nocturne de Chiquita, sa fidèle amie. S’étant faite enrôler dans la bande du duc pour tenter de libérer son Agostin, Chiquita est prête à aider Isabelle. Cette dernière l’envoie prévenir Sigognac, en lui confiant sa bague d’améthyste qu’elle présentera, en signe de reconnaissance, à Philippe pour gagner sa confiance.

Tandis que Sigognac et ses amis comédiens se précipitent, aussitôt prévenus du danger, chez Vallombreuse, Chiquita arrive à temps sur la Place de Grève où Agostin doit subir la torture du supplice de la roue. Afin de lui épargner une mort atroce, elle le poignarde en plein cœur. Arrêtée, elle est présentée par les gardes au Prince de Moussy. Chiquita lui montre la bague d’Isabelle. Le prince aussitôt reconnaît cette bague, identique à la sienne, et sachant à qui la rendre, il se rend chez Vallombreuse.

Dans son château où elle est retenue prisonnière, Vallombreuse croit triompher d’Isabelle et veut abuser d’elle mais Sigognac et ses camarades comédiens, se jettent à l’assaut du château, pour sauver Isabelle. Cette fois Vallombreuse est grièvement blessé lors d'un duel acharné avec Sigognac. Arrivé sur les lieux, le Prince de Moussy, le propre père du duc, révèle qu’Isabelle est sa fille qu'il a reconnu grâce à cette bague, jadis donnée par lui à la mère de celle-ci, Cornélia, une jeune comédienne, qui fut le grand amour de sa vie. Le duc de Vallombreuse courtisait donc sa demi-sœur. La condition sociale d'Isabelle n'étant plus un obstacle puisqu’elle est née de sang noble, la grave blessure de Vallombreuse n’étant pas mortelle, plus rien ne s'oppose désormais à l'union de Philippe de Sigognac alias Fracasse et d'Isabelle. Sous le regard attendri des comédiens Hérode et Scapin, Isabelle et philippe pourront vivre heureux dans le château de la Misère devenu le château du Bonheur.

Anecdote[modifier | modifier le code]

Inspiré de l’œuvre de Théophile Gautier, le film met en scène le théâtre de tréteaux, à l'origine né sur les places publiques, et la commedia dell'arte, qui est l’un des piliers de la genèse littéraire du roman de cape et d’épée.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]


Lieu de tournage[modifier | modifier le code]

  • Les scènes du début du film évoquant le vieux château en ruine du baron de Sigognac ont été tournées devant le château du Vivier situé à Fontenay-Trésigny (Seine-et-Marne)
  • La scène du 1er duel entre Sigognac et Vallombreuse a été tournée à l’extérieur du château de Gisors (Eure)
  • C’est dans la grande salle des Preuses du château de Pierrefonds (Oise) que les comédiens ont joué devant le Roi et la cour intérieure a servi de lieu pour une autre représentation en plein air.
  • Les scènes tournées dans les bois ont été filmées dans la forêt de Rambouillet (Yvelines) pendant l'hiver, comme celle du carrefour de la Croix Pater qui a servi de lieu lors de l’enlèvement d'Isabelle.
  • Le château du duc de Vallombreuse est le château de Maintenon.(Eure-et-Loir) où se sont déroulées les scènes finales du film.

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • Septième adaptation du roman de Théophile Gautier, c’est la plus célèbre.
  • Avec un peu plus de 3 millions d'entrées, ce film se classa à la 14ème place du Box-office France 1961
  • Avant ce film, Jean Marais et Louis de Funès avaient joué une première fois ensemble dans Dortoir des grandes en 1953. Puis en duo vedette, ils tournèrent encore ensemble, sous la direction d'André Hunebelle pour la trilogie des Fantômas. Au total, de Funès aura joué dans dix films d'Hunebelle et Marais dans sept films.
  • Gaspard-Huit : « Au départ, lors de l'écriture du scénario, je voulais un film sur un ton assez léger et j'envisageais de donner le rôle à Jean-Pierre Cassel. Les producteurs m'ont dit que Jean Marais au générique, c'était plus sérieux car il était une plus grosse vedette. Je ne connaissais pas du tout Marais, que j'avais simplement croisé quelques fois auparavant. C’était un homme adorable, qui avait effectué lui-même toutes ses cascades. Il ne s'était plaint qu'une fois pendant le tournage, le jour où je lui ai fait tourner la scène où il devait se traîner sur le ventre. La difficulté était venue du fait que nous tournions en hiver et assez loin de Paris pour les extérieurs. Les journées commençaient très tard, les installations demandaient du temps et nous n'avions que quelques heures par jour pour tourner, avant la tombée de la nuit. »
  • Selon une anecdote racontée par Jean Marais lui-même, les conditions étaient assez exécrables car le froid était vif et tout le monde en souffrait. Les comédiens ne disposaient pas d'habits chauds pour tourner et Jean Marais refusa de tourner la scène où il est trainé par un cheval au galop. S'étant énervé contre les techniciens et le réalisateur, il finit par la tourner parce qu'il avait attrapé chaud à s'énerver !
  • Jean Marais a réalisé toutes ses cascades sous la direction de Claude Carliez.
  • Il s'agit du premier long-métrage de Geneviève Grad alors âgée de 17 ans. Elle devait retrouver Louis de Funès dans les trois premiers gendarmes où elle tenait le rôle de Nicole Cruchot, la fille de de Funès.
  • À noter la présence de deux acteurs de théâtre qui en sont encore dans les débuts de leur carrière cinématographique : Jean Rochefort dont c’est le quatrième film et, un peu plus expérimenté car c’est déjà sa septième apparition, Philippe Noiret acteur confirmé de la troupe du TNP

Anachronisme historique[modifier | modifier le code]

Un plan inséré représente la Cathédrale Notre-Dame de Paris. Problème : alors que l'action du film se déroule à la fin du règne de Louis XIII (donc avant 1643) on voit sur cette photo la magnifique flèche d' Eugène Viollet-le-Duc inaugurée en 1859. C'est donc un anachronisme historique mais à la décharge du réalisateur Gaspard-Huit, ce dernier ne disposait pas durant le tournage en 1960 d'effets spéciaux numériques qui lui auraient permis d'escamoter facilement cette flèche.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Isabelle Collin, Pauline Dufourcq et Mélanie Lemaire, Les plus grands films de Cape et d’Épée en DVD : Volume 1, Paris, Éditions Atlas, , 208 p. (ISBN 2-7312-3088-6, notice BnF no FRBNF40945156), « Le Capitaine Fracasse », p. 54-66

Liens externes[modifier | modifier le code]