Château de Guermantes

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Château de Guermantes
Image illustrative de l’article Château de Guermantes
Période ou style baroque
Type Château
Début construction XVIIe siècle
Protection Logo monument historique Classé MH (1944, 1970)
Coordonnées 48° 51′ 11″ nord, 2° 41′ 52″ est
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Île-de-France
Région Île-de-France
Département Seine-et-Marne
Commune Guermantes
Géolocalisation sur la carte : Seine-et-Marne
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Château de Guermantes
Géolocalisation sur la carte : Île-de-France
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Château de Guermantes
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(Voir situation sur carte : France)
Château de Guermantes

Le château de Guermantes est un château à Guermantes, dans le département de Seine-et-Marne, en France. Il inspire à Marcel Proust le nom d'un de ses personnages aristocratiques (une duchesse) dans À la recherche du temps perdu ; cependant, le château n'apparaît ni directement ni indirectement dans son œuvre.

Le château fait l’objet de classements au titre des monuments historiques depuis les et [1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Pierre Viole (mort en 1638), dont la famille possède le fief de Guermantes depuis le milieu du XVIe siècle, entreprend la construction du château.

En 1665, Claude récupère la propriété.

En 1698, Paulin Pondre (1650-1723), Grand Audiencier de France, achète le domaine où il engage d'importants travaux pour lesquels il fait appel à Jules Hardouin-Mansart pour les deux perrons et André Le Nôtre pour le jardin, qui comporte un très grand « miroir d'eau ». Receveur des finances à Lyon, il devient l'un des plus puissants financiers du temps du Roi Soleil.

Il y organise des fêtes mémorables au château, dont la longue galerie d'apparat de 31 mètres, « morceau de bravoure » de la demeure, a conservé son luxueux décor de lambris, ses toiles peintes et ses lustres, attribué à Robert de Cotte et exécuté par un certain Jean Hanard, qui s'inspire visiblement — comme d'autres — du prestigieux modèle de la galerie des Glaces de Versailles.

Son seul fils, Paulin Gabriel (1698-1775), est dit « le marquis de Guermantes » à la suite de son achat de la terre de Ravenel.

En 1756, un incendie provoqué par la foudre détruit la bibliothèque.

En 1812, l'architecte Antoine Léon Thomas Vaudoyer (1746-1846) dessine pour les châtelains des études de volières[2].

Émilie Ernestine Pondre de Guermantes, comtesse Picot de Dampierre (+ 1884), connue pour son acerbe franc-parler, n'hésitait pas à interrompre le sermon du curé de la paroisse, et avait surnommé ironiquement le richissime industriel du chocolat Menier « le Baron Cacao ».

Se trouve alors au château une suite de cinq tapisseries d'après Simon Vouet (laine et soie, vers 1640-1650) tissée pour son ancêtre l'intendant et contrôleur général des Finances François Petit — fils d'un riche hôtelier de la rue Saint-Denis à Paris mort en 1614 — « seigneur de Passy, de Villeneuve, de Ravannes et d'Etigny », procureur au Châtelet, payeur des Rentes en 1632, secrétaire ordinaire de la Chambre du roi puis son maître d'hôtel, et premier commis aux Finances de Particelli d'Hémery. Sa fille, Anne-Marguerite, avait épousé Paulin Pondre. Petit de Villeneuve mourut vers 83 ans.

Au XIXe siècle cette rare tenture passe à Jules Baillardel de Lareinty (1852-1900), baron de Lareinty et marquis de Tholozan en 1892, candidat monarchiste qui est conseiller général du canton de Blain (Loire-Atlantique) puis député de Saint-Nazaire (1887-1893). Né à Guermantes, il y était encore domicilié en 1887 avec son épouse Louise de Sabran-Pontevès (+ 1913), dont les héritiers font vendre le mobilier du château à Drouot le comprenant ces tapisseries ; la pièce intitulée « Renaud dans les bras d'Armide » retraverse l'Atlantique afin de figurer à l'exposition La peinture française (dans les) collections américaines à Bordeaux du au (n° 10 du catalogue, reprod. p.71).

En 1920, le domaine est acheté par un marchand de bois qui commence à effectuer des coupes, mais ses projets de création de lotissement ou d'aménagement d'une clinique n'aboutissent pas et il revend le domaine après quelques mois.

Sauvé deux fois par les Hottinguer[modifier | modifier le code]

En le domaine est acquis par le banquier Maurice Hottinguer (1872-1969) d'une vieille famille zurichoise qui a créé une banque à Paris, avant 1789, puis participe à la création de la Banque de France ; son ancêtre paternel Jean-Conrad est nommé baron d'Empire, le [3].

En 1921, pendant les travaux de restauration il « campe » avec son épouse dans l'aile Nord. En 1939, il y accueillent leurs cousines Maupeou et leur mère.

En 1942, Maurice Hottinguer le donne à son fils Pierre (1917-2006) lors de son mariage avec Sylvie Feray, « qui l'entoura de soins éclairés » selon Claude Frégnac[4].

En 1944, le château est menacé de destruction par les troupes d'Occupation en représailles à l'exécution d'un soldat allemand par des Résistants, mais en fut préservé grâce à la médiation de Mme Blanche Hottinguer (+ 1951), née de Maupeou.

Si son mobilier a disparu depuis, plusieurs pièces conservent leur décor peint des XVIIe et XVIIIe siècle.

Revendu en 2008, le château a été transformé en centre de séminaires et n'est pas visitable ; la société propriétaire est Châteauform.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice no PA00087025, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. no 172 du catalogue de la vente de dessins anciens, Paris Drouot-Richelieu, le 6/12/1991 - arch.pers
  3. Henry Coston, Dictionnaire des dynasties bourgeoises et du monde des affaires, Alain Moreau, 1975, p. 312 à 315
  4. L'Ile-de-France des châteaux, Hachette-Réalités, 1977

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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