La Vie devant soi

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La vie devant soi
Auteur Émile Ajar (Romain Gary)
Pays Drapeau de la France France
Genre Roman
Éditeur Mercure de France
Date de parution

La Vie devant soi est un roman d'Émile Ajar (Romain Gary) publié le au Mercure de France et ayant obtenu le prix Goncourt la même année.

Historique[modifier | modifier le code]

Ce roman constitue une exception et une mystification dans l'histoire du prix Goncourt — attribué au huitième tour de scrutin (six voix) contre Un policeman de Didier Decoin (trois voix) et Villa triste de Patrick Modiano (une voix)[1] —, puisque Romain Gary l'avait déjà reçu auparavant en 1956 pour Les Racines du ciel, tandis que le prix ne peut être décerné deux fois au même auteur. Cependant, ce roman fut publié par Gary sous un nom d'emprunt, Émile Ajar, et avec une personne complice jouant le rôle de l'auteur pour les médias, Paul Pavlowitch, petit-cousin de Gary. L'affaire fut révélée seulement à la mort de Romain Gary en 1980, bien que des doutes sur l'identité réelle de l'auteur aient été émis précédemment et des doutes sur la double identité d'Ajar dès sa parution[1].

Romain Gary prit ce pseudonyme à un moment où il était très critiqué, pour se libérer de son propre personnage devenu encombrant retrouver une certaine liberté d'expression. Un critique de Lire alla jusqu'à critiquer vigoureusement l'œuvre de Gary, croyant l'achever en déclarant : « Ajar, c'est quand même un autre talent[2]. »

Par crainte que l'affaire ne donne lieu à des poursuites en justice, Romain Gary décida toutefois de refuser le prix Goncourt, ce qui lui valut des critiques acerbes de la part de plusieurs critiques littéraires (au Figaro et à L'Aurore notamment[3]). Le prix lui est malgré tout remis, car il est attribué à un livre plutôt qu'à un écrivain[1],[4].

Résumé[modifier | modifier le code]

Madame Rosa, une vieille femme juive qui a connu Auschwitz et qui, autrefois, se défendait avec son cul (selon la formule employée par Momo pour désigner la prostitution) rue Blondel à Paris, a ouvert « une pension sans famille pour les gosses qui sont nés de travers », autrement dit une pension clandestine où les dames qui se défendent avec leur cul laissent leurs rejetons pendant quelques mois pour les protéger (de l'Assistance publique ou des représailles des « proxynètes »). Momo, jeune musulman timide âgé de 14 ans auquel elle a fait croire qu'il en avait 4 de moins, raconte sa vie chez madame Rosa et son amour pour la seule « mère » qui lui reste, cette ancienne prostituée proche de la mort et qu'il aime de tout son cœur. Le jeune homme accompagnera la vieille femme, cette mère courageuse et orgueilleuse, jusqu'à la fin de sa vie.

Adaptations[modifier | modifier le code]

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Le roman a été adapté au cinéma dans le film homonyme de Moshé Mizrahi en 1977 avec Simone Signoret dans le rôle de Madame Rosa. Simone Signoret obtient, pour ce film, le César de la meilleure actrice en 1978 et le long métrage est récompensé la même année par l'Oscar du meilleur film étranger à Hollywood.

En dehors de cette adaptation, le livre d'Émile Ajar apparaît dans le film Mommy de Xavier Dolan : il est le premier livre que Steve, personnage atteint de trouble du déficit de l'attention, parvient à lire jusqu'à la fin. Il figure également dans le film Mon roi de Maïwenn, lu par Toni joué par Emmanuelle Bercot.

À la télévision[modifier | modifier le code]

Il a également été adapté dans un téléfilm homonyme de Myriam Boyer en 2010.

Au théâtre[modifier | modifier le code]

Ce roman a été adapté au théâtre par Xavier Jaillard en 2008 dans une mise en scène de Didier Long, avec Myriam Boyer dans le rôle de Madame Rosa, mais aussi Aymen Saïdi, Xavier Jaillard, et Magid Bouali. Cette pièce est récompensée la même année du Molière de la meilleure comédienne pour Myriam Boyer et des Molières du meilleur spectacle de théâtre privé pour François de Carsalade du Pont et du meilleur adaptateur pour Xavier Jaillard. En 2009, ce spectacle obtient également le Globe de cristal du meilleur spectacle de théâtre privé.

Éditions[modifier | modifier le code]

Éditions imprimées
Livre audio

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Du côté de chez Drouant : Le Goncourt de 1962 à 1978 émission de Pierre Assouline sur France Culture le 17 août 2013.
  2. Didier van Cauwelaert, « Le prix aux deux visages », sur lexpress.fr, .
  3. Éliane Lecarme-Tabone, La Vie devant soi de Romain Gary, Gallimard, foliothèque, 2005, p. 18, p. 24 et p. 206.
  4. Didier van Cauwelaert, « Le prix aux deux visages », sur lexpress.fr, (consulté le 10 avril 2017).

Liens externes[modifier | modifier le code]