Taos Amrouche

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Taos Amrouche
Nom de naissance Marie Louise Marguerite Taos Amrouche
Naissance
Tunis Flag of Tunisia Tunisie
Décès (à 63 ans)
Saint-Michel-l'Observatoire Flag of France.svg France
Activité principale écrivain, chanteuse
Genre musical Interprète de chants traditionnels kabyles
Années actives 1967-1976

Marie Louise Taos Amrouche, née le à Tunis et morte le à Saint-Michel-l'Observatoire (Alpes de Hautes-Provence), est une artiste kabyle, écrivain d'expression française et interprète de chants traditionnels kabyles, morte à l'âge de 63 ans.

Elle est la fille de Fadhma Aït Mansour Amrouche et la sœur de Jean Amrouche.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Taos Amrouche est issue d'une famille kabyle christianisée et francisée[1] de Kabylie (Algérie), alors colonie française. Ses parents, Antoine-Belkacem Amrouche (vers 1880-1958) et Marguerite-Fadhma Aït Mansour (vers 1882-1967) sont tous deux des Kabyles convertis au catholicisme dans leur jeunesse, avant leur mariage vers 1898. Après avoir vécu chez les parents de Belkacem dans un village des Monts Bibans de l'actuelle commune d'Ighil Ali, Béjaïa, Kabylie (Algérie), où Jean Amrouche est né en 1906, ils quittent l'Algérie pour s'installer à Tunis en 1910. Ils y obtiennent la nationalité française de plein droit.

Formation[modifier | modifier le code]

Elle obtient le brevet supérieur à Tunis[2] puis s'installe à Paris et se consacre aux chants berbères de Kabylie[3].

Carrière littéraire et lyrique[modifier | modifier le code]

Son premier roman, Jacinthe noire, est publié en 1947. Son œuvre littéraire, au style très vif, est largement inspirée par la culture orale de Kabylie dont elle est imprégnée par l'influence de sa mère, mais aussi par son expérience de femme. En signe de reconnaissance envers sa mère, qui lui a transmis tant de chansons, contes et éléments du patrimoine oral, elle signe Marguerite-Taos le recueil Le Grain magique, joignant à son prénom celui sous lequel sa mère a reçu le baptême.

Parallèlement à sa carrière littéraire, elle interprète de très nombreux chants amazigh. Ces textes sont par ailleurs traduits par son frère Jean. Dotée d'une voix exceptionnelle, elle se produit sur de nombreuses scènes, comme au Festival des Arts Nègres de Dakar en 1966. Seule l'Algérie lui refuse les honneurs : elle n'est pas invitée au Festival culturel panafricain d'Alger en 1969. Elle s'y rend tout de même pour chanter devant les étudiants d'Alger.

Taos Amrouche a participé à la fondation de l'Académie berbère de Paris en 1966[4].

Elle fut l'épouse du peintre français André Bourdil, Prix Abd-el-Tif 1942.

Taos Amrouche a recueilli des contes que sa mère lui a racontés dans son enfance: ce sont des récits venus de Kabylie, du côté des hautes montagnes qui bordent le nord du Sahara.

Émissions radiophoniques[modifier | modifier le code]

Comme son frère Jean, Taos Amrouche a produit plusieurs émissions pour la radio française.

L'heure de Shéhérazade ; L'heure de Shakespeare[modifier | modifier le code]

Émissions de fiction coproduites par André Bourdil, diffusés sur Paris Inter en 1951.

L’Étoile de chance[modifier | modifier le code]

Cette émission, dont le titre[2] lui est venu de la disparition d'Antoine de Saint-Exupéry, est une émission bimensuelle dans laquelle elle reçoit une personnalité qui vient dévoiler sa biographie, son itinéraire, et les étoiles de chances qui ont permis l'éclosion de sa vocation. Émission diffusée sur France Inter et Inter variétés du au et dans laquelle la fille de Taos, Laurence BOURDIL, lisait des extraits de textes des invités.

Parmi ses invités :

  • 1re émission le 27/09/1961 : Gabriel Audisio (Taos explique à son invité dans ces termes pourquoi elle l'a choisi pour sa première émission : "Gabriel Audisio, laissez-moi dire la raison personnelle qui me fait commencer par vous cette série d'émissions qui a pour titre "L'étoile de chance". N'est-ce pas vous qui, il y avait 24 ans, m'avez donné le baptême des ondes en me poussant à chanter pour la première fois mes chants berbères ? Vous avez été ce jour-là, mon étoile de chance."[5]
  • 31/01/1962 : Marcel Mouloudji
  • 05/12/1962 : Djamila Debeche
  • 08/05/1963 : Yacine Kateb
  • 12/11/1964 : Mohammed Dib
  • 08/04/1965 : Jean Pélégri
  • 10/06/1965 : Aimé Césaire
  • 24/06/1965 : François Maspero
  • 12/07/1966 : Malek Haddad
  • 13/09/1966 : Albert Memmi
  • 21/02/1969 : Zora Boumedienne (1re partie)
  • 03/03/1969 : Zora Boumedienne (2e partie)
  • 20/02/1970 : Marcel Reggui (1re partie)
  • 06/03/1970 : Marcel Reggui (2e partie)
  • 21/08/1970 : Jean-Marie Serreau (1re partie)
  • 04/09/1970 : Jean-Marie Serreau (2e partie)
  • 04/10/1970 : Mohammed Dib (1re partie)
  • 18/10/1970 : Mohammed Dib (2e partie)
  • 17/01/1971 : Nabile Farès
  • 20/06/1971 : Ramdane Sadi (frère de Said, étudiant en mathématique à l'époque)
  • 19/05/1972 : Leïla Ben Sédira

Entretiens avec[modifier | modifier le code]

  • Rencontre avec Jean Giono, série d'entretiens réalisés chez Jean Giono par Taos et Jean Amrouche. 49 entretiens (environ 10h) diffusés entre le 15 octobre 1953 et le 03 décembre 1953 sur la Chaîne Nationale.
  • Jean Giono, Entretiens avec Jean Amrouche et Taos Amrouche, Paris, Gallimard, 1990

Œuvres[modifier | modifier le code]

Œuvres littéraires[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

  • Chants berbères de Kabylie, 1967, Grand prix du disque.
  • Chants de processions, méditations et danses sacrées berbères, 1967.
  • Chants de l'Atlas, 1971.
  • Chants espagnols archaïques de la Alberca, 1972.
  • Incantations, méditations et danses sacrées berbères, 1974.
  • Chants berbères de la meule et du berceau, 1975.
  • Les chants de Taos, coffret : un album et cinq CD, L'Empreinte Digitale, 2002.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Maspéro, "Le merle blanc de Kabylie", dans Le Monde des Livres, Paris, 19 janvier 1996.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Amrouche Jean (1906-1962) », Universalis (consulté le 27 novembre 2012)
  2. a et b « Marguerite Taos Amrouche », sur www.lehall.com (consulté le 13 août 2016)
  3. « World music Les chants de taos amrouche - chants berberes de kabylie Taos amrouche, La Librairie Sonore », sur www.fremeaux.com (consulté le 13 août 2016)
  4. « Taos Amrouche »
  5. Toutes les émissions sont conservées par l'INA et sont consultables au centre de l'Inathèque qui se trouve à la BNF en salle P

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]