Jeunes Socialistes

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Les Jeunes Socialistes ou Jeunesses socialistes sont l'organisation de jeunesse du Parti socialiste en France (SFIO jusqu'en 1969, puis PS).

Leur statut a changé au cours du XXe siècle.

Histoire des Jeunes Socialistes français[modifier | modifier le code]

La création[modifier | modifier le code]

Bien que la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO) ait été créée en 1905, la section pour les jeunes n'est ouverte qu'en 1912 à la demande de l'Internationale socialiste. La section « Jeunes » de la SFIO regroupe de jeunes salariés et des étudiants ; ceux-ci sont adeptes des thèses anti-militaristes de Gustave Hervé. Les JS fondent leur action sur le pacifisme et l'internationalisme, gênant la SFIO qui s'inquiète de l'image que donne la jeunesse socialiste, emportée dans des événements antipatriotiques, à son électorat naissant. Les relations se tendent entre la direction du parti et la section jeune.

La Première Guerre mondiale éclate, l'antimilitarisme vacille, les grands théoriciens pacifistes rejoignent le gouvernement de l'Union sacrée contre l'Allemagne. Les Jeunes Socialistes sont muselés par le Parti. En 1915, quelques jeunes socialistes créent, avec les jeunes socialistes allemands, l'OIJS, l'Organisation internationale des jeunes socialistes (actuellement IUSY).

La scission[modifier | modifier le code]

La Révolution russe bouleverse les rangs socialistes. Les militants de la SFIO s'enthousiasment, débattent ou bien encore prennent leurs distances. Mais les Jeunes Socialistes sont de ceux qui applaudissent la révolution bolchevique et sans surprise votent l'adhésion au Komintern (les 21 conditions) dès octobre 1920 : la majorité des JS deviennent communistes (75 %). Malgré la création d'un comité pour l'autonomie, les effectifs des Jeunes Socialistes diminuent, l'organisation tombe dans le coma.

La renaissance[modifier | modifier le code]

À la fin des années 1920, certains militants participent à la création des faucons rouges. Des jeunes intellectuels de gauche relancent la section jeune de la SFIO, les animateurs principaux sont Léopold Sédar Senghor, Claude Lévi-Strauss ou bien encore Georges Pompidou. En 1924 est créée la Ligue d'action universitaire républicaine et socialiste (L.A.U.R.S.) par Paul Ostaya. Mais l'organisation reste essentiellement parisienne et étudiante. Les effectifs dépassent le millier d'adhérents, le renouveau militant, impulsé par Léon Blum et Paul Faure, profite aux JS mais la direction du Parti se méfie toujours de la jeunesse et lui refuse l'autonomie.

Suite à l'arrivée au pouvoir de Benito Mussolini en Italie et à la montée des organisations fascistes en France, les Jeunes Socialistes font de l'antifascisme leur combat prioritaire. La tentative de coup d'État menée par les ligues d'extrême-droite en juin 1934[réf. nécessaire], renforce les rangs de l'organisation qui atteint le chiffre de 34 000 militants.

La victoire du Front populaire et la dissolution[modifier | modifier le code]

En 1936, la victoire du Front populaire dirigé par Léon Blum permet aux JS d'atteindre plus de 50 000 adhérents. Mais une lutte d’orientation débute au sein de l'organisation. En effet, les trotskistes font, dès 1934, de l'entrisme au sein de la SFIO. Par ailleurs, la gauche du parti s’organise autour de Marceau Pivert qui anime le courant de la Gauche révolutionnaire au sein de la SFIO.

Les jeunes trotskistes prennent autour de Fred Zeller la direction de la fédération de la Seine (Paris) qui est la plus grosse fédération de Jeunes Socialistes. Ils éditent le journal Révolution, tiré à plus de 70 000 exemplaires.

Profitant des contestations des Jeunes Socialistes contre la pause de "novembre 1936" et du refus du gouvernement de Blum d’intervenir en Espagne, les JS de la Seine organisent une manifestation avec les militants de Gauche révolutionnaire de Pivert contre un meeting fasciste. La manifestation tourne au bain de sang, 6 manifestants sont tués par la police et une militante socialiste, Solange Demangel, est mortellement blessée (elle décède peu après). Le lendemain, les JS de la Seine titrent leur journal : « 8 milliards pour l’emprunt, 6 morts à Clichy : l’argent de la bourgeoisie se paie du sang des ouvriers. »

Les Jeunes Socialistes et les Faucons rouges sont dissous.

En 1938, la SFIO dissout la Gauche révolutionnaire et exclut Marceau Pivert du parti. Les exclus fondent le Parti socialiste ouvrier et paysan (PSOP), l'extrême gauche s'organise.

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Les Jeunes Socialistes sont présents dans la Résistance mais les jeunes communistes sont plus actifs et l'action des JS est peu relevée.

La IVe République et la décolonisation[modifier | modifier le code]

À la Libération, les Jeunesses socialistes sont réorganisées sous le contrôle de la SFIO. Noyautées par des militants trotskystes du PCI, les JS, qui publient Le Drapeau rouge, ont 20 000 adhérents à la fin 1945[1]. Yvan Craipeau, cadre du PCI qui a envoyé André Essel, futur PDG de la Fnac, aux JS, fait des « réunions de fraction » avec l'intégralité de la direction des JS et 3 des 12 membres de la direction du SFIO (dont le secrétaire national adjoint Yves Dechézelles) [1]. Les jeunes socialistes et les jeunes trotskystes font, en 1945-47, des stages et des camps d'été communs ; ensemble, ils prennent le contrôle des Auberges de jeunesse (40 000 adhérents à l'époque)[1].

Les JS prennent position contre la politique coloniale et particulièrement contre la guerre en Indochine, ce qui provoque de fortes tensions avec la SFIO.

1947 : Grèves aux usines Renault, manifestation des JS contre Ramadier et Jules Moch au Père Lachaise. La même année, Stéphane Just, responsable des JS pour la fédération de la Seine, en est exclu, et rejoint le PCI.

Fin 1947, le ministre de l'Intérieur Édouard Depreux ayant reçu, d'un policier, la sacoche égarée d'André Essel, la SFIO de Guy Mollet décide d'exclure les JS de la SFIO[1], qui sont suivis de la tendance de l'Action socialiste et révolutionnaire (ASR) de Dechézelles[1]. Craipeau propose une fusion avec le PCI, laquelle est refusée par la direction de ce dernier: finalement, l'ASR et les JS rejoignent le Rassemblement démocratique révolutionnaire (RDR), dirigé par Sartre et Rousset)[1].

Début des années 1950, fondation par Pierre Mauroy de la Fédération Léo-Lagrange, refondation des JS.
Pierre Mauroy, proche de Guy Mollet : JS silencieux sur l'Algérie.

Scission des Pivertistes (ex-GR) et Blumistes qui participent à la fondation du Parti socialiste autonome (PSA).
Avec la création du Parti socialiste unifié (PSU) en 1960, sont créés les Étudiants Socialistes Unifiés (ESU).

La Ve République et la fin de la SFIO[modifier | modifier le code]

Les JS ne sont plus très nombreux. La priorité est donnée à la Fédération Léo-Lagrange et à la prise de contrôle de l'UNEF.

Les JS sont pratiquement absents du mouvement de Mai 1968.

1971-1992[modifier | modifier le code]

François Mitterrand autorise la refondation des JS et ES (Étudiants socialistes, dont le premier président fut Patrick Debono[réf. nécessaire]). 1975 : congrès de Pau, JS dirigé par le CERES (Chevènement), Édith Cresson est envoyée par Mitterrand pour purger l'organisation. Le Mouvement de la jeunesse socialiste devient une courroie de transmission du PS, le MJS est dirigé par un secrétaire national à la Jeunesse nommé par le premier secrétaire du PS:

Développement organisations associatives et syndicales : Information pour les droits du soldat, SOS Racisme, UNEF-ID, FIDL.

Vers l’autonomie 1992-2005[modifier | modifier le code]

Michel Rocard alors premier secrétaire du Parti socialiste donne l'autonomie aux jeunes socialistes et les laisse créer lors du congrès d'Avignon : le Mouvement des jeunes socialistes.

Le mouvement se dote d'une orientation politique propre, d'un bureau national et d'un président, Benoît Hamon. Pour la première fois, la totalité des instances du MJS (locales et nationales) n'est plus désignée par le PS, mais élue directement par les adhérents du MJS. Cette autonomie, qui n'a pas été remise en cause par le PS ni par le MJS, a contribué à son développement. De moins de 1000 membres, les adhérents sont passés à environ 6000 en 2005 (dernier recensement). Un courant majoritaire s'est formé autour de la personnalité de Benoît Hamon, Nouvelle Gauche. NG fut très présent dans la structuration du NPS entre 2002 et 2006.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 337 sq.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]