Jean-Baptiste Cyrus de Timbrune de Thiembronne

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Jean-Baptiste Cyrus Adélaïde de Timbrune de Thiembronne de Valence
Image illustrative de l'article Jean-Baptiste Cyrus de Timbrune de Thiembronne

Naissance
Agen
Décès
Paris
Origine Drapeau de la France France
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Royaume de France Royaume de France
Drapeau de l'Empire français pendant les Cent-Jours Empire français (Cent-Jours)
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Arme artillerie
Grade général de division
Années de service 1774-1816
Distinctions Comte de l'Empire
Grand officier de la Légion d'honneur
Hommages Nom gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile, 4e colonne.
Autres fonctions sénateur
pair de France

Jean-Baptiste Cyrus Adélaïde de Timbrune de Thiembronne, vicomte puis comte de Valence, dit Valence, né le à Agen, mort le à Paris, est un général français de la Révolution et de l’Empire.

d'azur à la bande d'or accompagnée de deux fleurs de lys du même.

Le soldat de l'Ancien Régime[modifier | modifier le code]

Fils de Vincent-Sylvestre de Timbrune (1715-1797)[1], marquis de Ferrières, comte de Valence, baron de Montesquieu en Roussillon, créé maréchal-de-camp le 20 février 1761, et de Marie-Louise de Losse, baronne de Saint-Jory, il entre à l'école d'artillerie de Strasbourg en 1774. Il est nommé capitaine au Régiment Royal cavalerie en 1778, puis aide de camp du maréchal de Vaux, et il reçoit son brevet de colonel en second du régiment de Bretagne en 1784.

Le général de la Révolution[modifier | modifier le code]

Le 3 juin 1784, il épouse à l'improviste la fille cadette de Mme de Genlis, Pulchérie de Genlis, pour masquer, dit-on, ses relations intimes avec Madame de Montesson[2]. L'année suivante, il est promu écuyer du duc d’Orléans et colonel du Régiment de Chartres dragons. Ses relations avec le duc d'Orléans et ses idées libérales lui valent d'être élu, en 1789, député suppléant de la noblesse aux États généraux par la Ville de Paris. Il n'est pas appelé à siéger à l'Assemblée constituante. Il est nommé en 1790, maréchal de camp et commandant du département de la Sarthe.

Le 23 juin 1791, il prête, après la fuite du roi, le nouveau serment militaire devant l'Assemblée. La guerre entre l'Autriche et la France commence le 20 avril 1792. En mai, il combat dans l'armée commandée par Nicolas Luckner. Il s'empare de Courtrai. Puis il est employé à l'armée de Charles-François Dumouriez, lieutenant-général le 20 août 1792, il assiste à la bataille de Valmy où il commande la réserve. À partir du 25 octobre, il remplace le général Dillon qui commande l'aile gauche de l'armée du Nord qui se trouve en Champagne et prend le nom d'armée des Ardennes le 1er octobre. Général en chef le 6 octobre suivant, il commande l'armée des Ardennes le 8 octobre 1792. Il poursuit les Prussiens et reprend Verdun et Longwy.

Après la bataille de Jemmapes, il bat Beaulieu, s'empare de Dinant, de Charleroi et de Namur. Pendant l'hiver, il propose au gouvernement un plan d'invasion des colonies anglaises. Il est envoyé en Belgique sur la demande de Dumouriez qui lui confie l'armée opposée au prince de Cobourg. Les avant-postes de cette armée placés sous les ordres du général Dampierre sont disséminés le long de la Roer. Ces troupes sont battues le 2 mars 1793 à Aldenhoven, puis à Aix-la-Chapelle, forçant l'armée à lever le siège de Maastricht (1793) et à abandonner Liège en se retirant jusqu'à Louvain. Dumouriez revient prendre le commandement de l'armée lui permettant de se rallier dans les plaines de Tirlemont qui est prise le 15 mars 1793 par l'armée commandée par les généraux de Valence et Francisco de Miranda. Il se distingue et est blessé de plusieurs coups de sables en chargeant à la tête de la cavalerie à la bataille de Neerwinden, le 18 mars 1793.

L'exilé[modifier | modifier le code]

Mécontent de la marche de la politique intérieure, il donne sa démission. Un des courriers qu'il envoie à Beurnonville ayant été intercepté, des dépêches importantes (car il est le confident de Dumouriez) tombent entre les mains des agents du gouvernement. Un mandat d'arrêt est lancé contre lui, et la Convention ordonne par décret l'arrestation de toute sa famille. Il suit alors Dumouriez dans sa défection le 4 avril 1793, et se rend à Londres. Mais Pitt lui ordonne de quitter immédiatement l'Angleterre, aussi va-t-il chercher refuge en Amérique, puis revient en Europe à l'époque du Directoire et vit jusqu'à l'établissement du Consulat près de Hambourg.

L'Empire[modifier | modifier le code]

Il rentre en France en l'an VIII après le coup d'État du 18 brumaire. Il est président du collège électoral de Vassy en l'an IX et il est élu au Sénat conservateur le 1er février 1805 (12 pluviôse an XIII), sur nomination directe par Napoléon. En tant que sénateur, il est fait commandeur de la Légion d'honneur 8 jour plus tard.

« Toujours en campagne, on ne le voit guère, ni dans le département, ni au Sénat. C’est la deuxième fortune du département (elle est évaluée à 3 millions en 1807). Valence est en effet l’héritier des biens non aliénés des Brûlart de Sillery. Il est en outre propriétaire à Paris, dans la Haute-Marne, la Garonne, le Gers. »[3]

Le 20 mars 1807 il est nommé commandant de la 5e légion de la réserve intérieure, et le 1er juin 1808, il est créé comte de l'Empire. La même année, il est envoyé à l’armée d’Espagne, d'où il revient bientôt en raison de son état de santé.

Durant la campagne de Russie, il commande une division et fait une partie de la campagne de Saxe. En 1812, il commande l’une des divisions de cavalerie sous les ordres de Murat.

En décembre 1813, il est nommé commissaire extraordinaire de l'empereur à Besançon dans la 6e division militaire. Il tente vainement d'arrêter la marche des alliés.

Restauration[modifier | modifier le code]

Secrétaire du Sénat conservateur le 1er avril 1814, il signe la déchéance de Napoléon Ier. Il est nommé par Louis XVIII oair de France le 4 juin 1814 et grand officier de la Légion d'honneur le 4 janvier 1815.

Pendant les Cent-Jours, le 2 juin 1815, il est de nouveau appelé à la Chambre des pairs, y redevient secrétaire et y défend avec énergie la cause de l'Empire. Après Waterloo, il commande avec Grenier et Sébastiani les troupes de Paris et est désigné le 21 juin 1815, comme commissaire extraordinaire par le gouvernement provisoire pour aller demander un armistice à Gebhard Leberecht von Blücher, qui répond par un refus.

Rayé de la liste des pairs et proscrit par l'ordonnance du 24 juillet 1815[4], il est mis à la retraite comme lieutenant-général, le 4 septembre 1816.

Sa fille cadette, Louise Rose Aimé de Timbrune-Thiembrone de Valence épouse le général Gérard le 10 août 1816.

Il est rappelé à la Chambre des pairs le 21 novembre 1819. Il prend place dans le parti libéral, s'oppose aux mesures de réaction, parle contre les lois suspensives de la liberté individuelle et de la liberté de la presse et prend en main la réhabilitation de Lesurques.

Il meurt à Paris le . Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (division 24).

Franc-maçonnerie[modifier | modifier le code]

Dignitaire de la franc-maçonnerie, il est en 1779 membre de la loge parisienne La Candeur. Grand conservateur en 1804 du Grand Orient de France, il rejoint par la suite la Grande Loge écossaise ou il est à l'origine avec Kellerman de la rupture du concordat unissant le Rite écossais ancien et accepté au Grand Orient. Il est fondateur et grand commandeur du Suprême Conseil de France en 1821-1822[5].

Écrits[modifier | modifier le code]

  • Essai sur les finances de la République française et sur les moyens d'anéantir les assignats (Hambourg, 1796).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Vincent-Sylvestre de Timbrune est le fils de Aimery de Timbrune, marquis de Valence brigadier des armées du roi, tué au cours de la bataille de Parme à la tête du régiment du Maine infanterie, le 29 juillet 1734. Il avait deux frères aînés : le premier, Henri-Bernard-Emmanuel de Timbrune, marquis de Valence, créé maréchal-de-camp le 1er janvier 1748 ; le second, Claude-Sylvestre, chevalier de Timbrune-Valence, créé brigadier des armées du roi le 10 février 1759, maréchal-de-camp le 25 juillet 1762, et lieutenant-général le 1er mars 1780.
    Une grande tante du général de Valence, Marie-Louise de Timbrune de Valence, a été abbesse de Fontevraud. Elle y a connu Madame Louise et Madame Sophie, filles de Louis XV, et c'est par elles qu'elle avait sans doute obtenu de la Cour pensions et charges pour sa famille.
  2. Il héritera des biens de Madame de Montesson.
  3. Grands notables du premier Empire, Département de la Marne, Éd. CNRS, p. 59.
  4. « Valence m’a été fidèle : il a toujours été national. » (Napoléon à Sainte-Hélène.)
  5. « Ils étaient franc-maçon... », Humanisme, Edimaf, no 266,‎ , p. 68.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Jean-Baptiste Cyrus de Timbrune de Thiembronne », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850, [détail de l’édition].
  • Gabriel de Broglie, Le Général de Valence ou l'Insouciance et la gloire, Perrin, Paris, 1972, réédité en 2003.
  • Roger Caratini, Dictionnaire des personnages de la Révolution, Éd. Le pré aux Clercs, 1988, 580 p. (ISBN 2714422322).
  • Jacques-Alphonse Mahul, Annuaire nécrologique, ou Supplément annuel et continuation de toutes les biographies ou dictionnaires historiques, 3e année, 1822, Paris : Ponthieu, 1823, p. 204-210 [1].
  • Chevalier de Courcelles, Histoire généalogique et héraldique des pairs de France, des grands dignitaires de la Couronne, des principales familles nobles du royaume et des maisons princières de l'Europe, tome 8, p. 301-305, chez Artus-Bertrand, Paris, 1827 (lire en ligne).
  • François Alexandre Aubert de la Chenaye Desbois, Dictionnaire de la noblesse, tome 12, p. 655-656, chez Antoine Boudet libraire-imprimeur du roi, Paris, 1778 (lire en ligne).
  • Henri Guilhamon, Le Général de Valence et l'organisation du département de Lot-et-Garonne, p. 143-152, dans Revue de l'Agenais, 1973, no 2-3.
  • Galerie historique des contemporains, ou Nouvelle biographie, tome 8, p. 405-406, Aug. Wahlen et compe imprimeurs-libraires, Bruxelles, 1820 (lire en ligne).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]