Incubateur d'entreprises

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Un incubateur d'entreprises ou un accélérateur de startup est une structure d'accompagnement de projets de création d'entreprise. L'incubateur peut apporter un appui en termes d'hébergement, de conseil et de financement, lors des premières étapes de la vie de l'entreprise.

À la différence d'une pépinière d'entreprises ou d'un hôtel d'entreprises, un incubateur s'adresse à des sociétés très jeunes ou encore en création, et leur propose un ensemble de services adaptés.

Les incubateurs peuvent se différencier entre eux par les services qu'ils proposent, leur caractère lucratif ou non, ou encore le type de projets qu'ils ciblent.

Incubateurs à but non lucratif[modifier | modifier le code]

La plupart des incubateurs sont des structures à but non lucratif, liées à des organismes publics ou para-publics.

Incubateurs liés à la recherche publique[modifier | modifier le code]

Les incubateurs d'entreprises innovantes liés à la recherche publique sont une trentaine en France. Ils ont été créés par des établissements d'enseignement supérieur et de recherche (universités, écoles, organismes de recherche), dans le cadre d'un appel à projets lancé par le ministère chargé de la Recherche en mars 1999. Leur mission première est de favoriser l'émergence et la concrétisation de projets de création d'entreprises innovantes valorisant les compétences et les résultats des laboratoires des établissements publics de recherche et d'enseignement supérieur.

Ils peuvent accueillir des projets issus des laboratoires de recherche publique, mais également, selon différents critères, des projets innovants issus du monde économique.

Ces incubateurs peuvent proposer des locaux, un accompagnement, et le financement de prestations extérieures telles qu'une étude de marché ou le dépôt d'un brevet, généralement sur le principe d'une avance remboursable en cas de succès.

Certains sont juridiquement et fonctionnellement autonomes, comme l'Incubateur d'entreprises innovantes de Franche-Comté, d'autres sont intégrés à des structures plus larges liées notamment au développement économique ou à l'innovation. Par exemple, en Limousin l'incubateur est géré par l'AVRUL (Agence de valorisation de la recherche universitaire en Limousin) et en Auvergne, il s'agit de l'incubateur BUSI.

Incubateurs liés à des écoles[modifier | modifier le code]

En 2000, l'ESSEC a inauguré pour la première fois la création d'un incubateur d'entreprises au sein d'une école, qu'elle a baptisé ESSEC Ventures. L'année suivante[1], l'École centrale Paris ouvre le premier incubateur dans une École d'ingénieur.

D'autres écoles possèdent un incubateur :

NEOMA Business School, l'EM Normandie ou la Toulouse Business School ont mis en place des incubateurs pour accompagner les projets de création d'entreprises de leurs étudiants, jeunes diplômés ou anciens élèves. L'incubateur d'Audencia Nantes et de Centrale Nantes est un cas particulier, puisqu'il résulte de la fusion de leurs incubateurs respectifs et mêle donc école d'ingénieur et de commerce. Les incubateurs sont aussi présents dans le milieu universitaire et notamment à l'Université Paris-Dauphine. Le 1er groupe de l'enseignement supérieur privé en France, IONIS, possède également un incubateur appelé IONIS 361[21].

Ces incubateurs peuvent proposer des locaux, des ressources (accès Internet, téléphonie, reprographie...), un accompagnement, un accès privilégié aux enseignants et chercheurs de l'école, et une mise en réseau avec les acteurs privés ou publics du financement d'entreprise ou avec des entrepreneurs expérimentés.

En France, ils ont la particularité de proposer un accompagnement, des formations et de faciliter le lien avec les anciens. Ils permettent aussi d'accéder aisément à toutes les aides (prêts d'honneur, autres incubateurs, pépinières d'entreprises...) réputées sélectives ou être plus facilement en contact avec des investisseurs pour organiser un premier tour de levée de fonds.

Incubateurs liés à d'autres structures[modifier | modifier le code]

Des incubateurs ont également été créés par des agences de développement économique ou des pôles de compétitivité.

Certains incubateurs s'adressent à des publics spécifiques, par exemple les femmes créatrices d'entreprises ou à des secteurs d'activités comme les sciences de l'ingénieur.

Enfin, des établissements publics culturels ont souhaité montrer que les arts peuvent être aussi une source d'innovation, de développement économique. Par exemple le CENTQUATRE-PARIS[22] et son incubateur le 104Factory[23], ou la Gaité Lyrique à Paris.

En 2016, l'agence de développement économique et d'innovation de Paris, Paris&Co, opère 9 programmes d'incubation[24] sur des thématiques variés : Tourisme, Santé, Sport, Immobilier, Numérique, etc.

Incubateurs privés[modifier | modifier le code]

Les incubateurs privés sont animés avec une volonté de rentabilité. Ils prennent en général un pourcentage du capital de la société accompagnée, de manière à réaliser une plus value lors de la cession de la société à un acquéreur, ou lors de son éventuelle introduction en bourse.

L'incubateur Idealab, créé en 1996 par Bill Gross en Californie, a souvent servi de modèle aux incubateurs privés.

Plusieurs incubateurs privés ont été créés en France à la fin des années 1990, tels que Republic Alley, Kangaroo Village ou Startup Avenue. Leur modèle économique n'ayant pas survécu à l'éclatement de la bulle internet, leurs créateurs se sont orientés soit vers le conseil, soit vers le capital risque.

En 2005, un nouveau type d'incubateur qui prend le partie de coconstruire le projet avec l'entrepreneur : un "générateur d'entreprise" est apparu en France avec l'incubateur d'Advancia [25]. Il a été suivi en 2008 d'incubateurs privés comme ExploLab Factory[26]. ExploLab Factory est un incubateur de deuxième génération, basé sur le modèle incarné par les incubateurs Y-Combinator[27], créé par Paul Graham aux États-Unis en 2005, ou SeedCamp[28] créé en 2007 en Angleterre. Ce type d'incubateur ne base pas son équilibre financier uniquement sur le succès (sous forme de "sortie") d'une ou plusieurs initiatives incubée, et s'appuie sur d'autres ressources durables. En fait, l'activité d'incubation étant peu ou pas rentable, les incubateurs de deuxième génération sont largement impliqués dans le développement de l'entrepreneuriat.

On parle également d'accélérateur de start-up comme se décrivent Le Camping/Numa ou La Javaness[29], notamment dans le domaine des TIC.

Depuis 2013, des incubateurs et accélérateurs se lancent dans le tout numérique et offre des services gratuits aux entreprises et start-up les accompagnant de la création à la mort de l'entreprise. L'idée même de ces incubateurs novateurs, tel que l'incubateur en ligne Entrepreneur Engine[30], est d'offrir un panel de services complémentaires aux structures d'accompagnement traditionnelles.

Accélérateur de startup[modifier | modifier le code]

Les principales différences entre les incubateurs d'entreprises et les accélérateurs sont :

  1. Les accélérateurs de startup acceptent au compte-gouttes les jeunes entreprises. Par exemple, des accélérateurs américains comme Y Combinator et TechStars acceptent entre 1 % et 3 %.
  2. Un capital d'amorçage se fait en échange d'une part de capital.
  3. On se concentre sur de petites équipes de développeurs et non sur les fondateurs. On considère irréaliste qu'une seule personne réalise toutes les tâches d'une startup.
  4. Les startups peuvent quitter rapidement le lieu de l'accélérateur. On leur fixe des échéances sur trois mois avec des objectifs sur des résultats concrets. Ils reçoivent des conseils, de la formation et du mentorat intensif. Le programme se termine lors du démo day quand la startup se présente devant les futurs investisseurs.
  5. Les startups travaillent en collaboration avec d'autres startup non concurrentes dans leur secteur d'activités.

Les entrepreneurs profitent du mentorat et du réseau d'entrepreneurs auquel ils sont intégrés. La reconnaissance d'être choisi par un accélérateur célèbre facilite leur développement rapide. La rentabilité s'appuie sur un rendement sur investissement et non sur un simple loyer ou honoraires pour services.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ecole Centrale Paris, ecole ingenieur, « Incubateur Paris, incubateur ingenieur, entreprendre projet, Centrale Paris », sur www.ecp.fr (consulté le 28 octobre 2016)
  2. Incubateur ESSEC Ventures
  3. [1]
  4. « Incubateur INCUB »
  5. [2]
  6. [3]
  7. Incubateur HEC
  8. « Incubateur | NEOMA Business School », sur incubateur.neoma-bs.fr (consulté le 16 février 2017)
  9. Incubateur Incube Inside (ESCP Europe)
  10. [4]
  11. EDHEC Young Entrepreneurs
  12. Incubateur de SKEMA Lille
  13. Studialis, « Lancement de l’incubateur Start-up Innovation ! », sur PSB Paris School of Business (consulté le 29 novembre 2015)
  14. http://entrepreneurs.telecom-paristech.fr/
  15. http://www.mines-nancy.univ-lorraine.fr/
  16. http://www.espci.fr/fr/innovation/
  17. http://www.ecp.fr/home/Entreprises/Incubateur
  18. http://incubateur.telecom-sudparis.eu/fr
  19. http://www.efrei.fr/fr/l-entrepreneuriat
  20. http://www.mines-ales.fr/
  21. IONIS 361, le premier incubateur de startups généraliste et multi-écoles
  22. l'incubateur du CENTQUATRE
  23. « Page d'accueil 104factory - 104factory », sur 104factory (consulté le 10 avril 2015)
  24. « Nos programmes | Paris&Co Incubateurs », sur incubateurs.parisandco.com (consulté le 28 octobre 2016)
  25. Incubateur Advancia
  26. ExploLab Factory
  27. Y-Combinator
  28. SeedCamp
  29. (en) « Accélération et transformation digitale - La Javaness », sur La Javaness (consulté le 12 mai 2016)
  30. « Incubateur et Accélérateur en ligne et à la demande », sur Entrepreneur Engine

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]