Immigration illégale

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Un fort différentiel économique explique en partie l'immigration clandestine. Ici le mur de Nogales qui sépare à gauche les États-Unis et à droite le Mexique.

L'immigration clandestine (en France), l'immigration illégale (au Canada), ou parfois immigration irrégulière est l'entrée illégale, illicite, ou discrète sur un territoire national d'étrangers n'ayant pas réalisés les formalités attendues. Cette immigration est considérée comme illégitime, car elle se distingue de l'immigration régulière par l'existence de législation, de traités, de jurisprudences ou d'autres règlements parfois sévères qui ont été mis en places par des Etats-nations et qui sont contournées[1]. L'illégalité se caractérise par le fait que ces personnes étrangères ne possèdent pas les documents ou conditions requis par la loi ou les traités pour autoriser leur entrée, ou bien par la poursuite de leur séjour après expiration des documents. Suivant les législations, elle peut également concerner des passeurs. La clandestinité se caractérise par le fait que l'entrée et le séjour soient cachés, c'est-à-dire réalisés avec une certaine discrétion, parfois à l'abri des regards. L'irrégularité se caractérise par le fait de ne pas respecter les différentes règles en vigueur, notamment les lois, règlements, procédures relatives au séjour d'un étranger. Pour les pays qui appliquent les décisions de la Cour européenne de justice, le séjour irrégulier n'est plus un délit à la suite d'une décision de la Cour européenne de justice.

À la suite d'une immigration en dehors d'un cadre légal, les personnes se trouvent dans une situation dénommée étrangers en situation irrégulière, aussi appelées « clandestins », ou « sans-papiers ». Peuvent également se trouver dans la clandestinité des personnes n'ayant pas obtenu le renouvellement de leur titre de séjour, sous le coup d'une interdiction de territoire, ou après une demande d'asile rejetée.

L'immigration clandestine concerne généralement les habitants de pays relativement pauvres cherchant un meilleur niveau de vie dans les pays plus riches que celui dont ils sont issus. Mais contrairement à une idée reçue, ce ne sont pas les plus pauvres qui migrent, mais ceux qui en ont les moyens (coût très élevé du voyage), et qui espèrent à l'étranger une meilleure promotion sociale que celle qu'ils auraient dans leur pays.

Dans l'illégalité et la clandestinité, ces personnes ne sont pas protégées par la loi, elles peuvent donc prendre des risques importants, pouvant mettre leur propre vie en péril, dans le but de rejoindre des pays présentant des conditions de vie qu'ils espèrent meilleures. Ils n'hésitent donc pas à tout abandonner pour tenter l'aventure, souvent « aidés » dans cette entreprise par des passeurs peu honnêtes leur faisant payer un prix exorbitant pour leur fournir les moyens de franchir les obstacles naturels (mers, montagne, fleuve, etc.) ou humains (poste frontière, mur) dans des conditions de sécurité extrêmement précaires.

Contexte et notion d'illégalité[modifier | modifier le code]

Définitions[modifier | modifier le code]

Pour l'Organisation Internationale des Migrations il n'existe pas de définition universelle de la migration irrégulière. Du point de vue des pays d'arrivée , une immigration irrégulière est liée à l'entrée, au séjour, ou au travail illégal, de par l'absence des formalités légalement requises. Du point de vue du pays de départ, l'irrégularité de la migration s'effectue au moment où une personne traverse une frontière internationale sans les documents de voyage ou sans accomplir les attentes administratives nécessaires à la sortie du pays[2].

Pour le Bureau international du travail les migrations illégales sont celles relatives à des personnes qui « au cours de leur voyage, à leur arrivée ou durant leur séjour ou leur emploi, [dans] des conditions contrevenant aux instructions ou accords internationaux, multinationaux ou bilatéraux pertinents ou à la législation nationale »[3]. Selon cette définition, sont aussi bien illégaux la présentation à une frontière sans papier, où une situation de travail avec un visa de tourisme[3].

Sur la question de l'illégalité porte deux facettes, l'une est la méthode d'entrée dans le pays, l'autre est la méthode de séjour. Certains immigrés entrent légalement dans un pays et y résident ensuite illégalement, alors que d'autres personnes entrent illégalement dans un pays et y résident ensuite légalement[4].

Pratiques et quantifications[modifier | modifier le code]

Pour ce qui est de l'entrée irrégulière dans un pays, les personnes recourent de manière croissante à des réseaux de passeurs et de trafiquants. Ces derniers ont prospéré avec la fermeture accrue des frontières des pays occidentaux alors même que les coûts et les risques sont accrus pour les migrants[4].

Les traités des Nations unies différencient la «traite de personnes» d'une part et le «trafic illicite de migrants» d'autre part. Toutefois ces différences théoriques ne se manifestent pas explicitement dans les faits[4].

Il est difficile de savoir combien de personnes franchissent de manière illicite une frontière en raison de l'aspect clandestin de ces passages. Les chiffres connus liés au passage de frontière sont donc des estimations.

Au niveau mondial, le trafic de migrants a connu une progression importante depuis le début des années 1990. Le nombre de migrants dans le monde est estimé à 200 millions de personnes. Selon l’organisation des Nations unies, 15 millions d'entre eux ont été transportés par des passeurs professionnels.

À travers le monde, chaque année, quatre millions de personnes migrent, ce qui représente un chiffre d'affaires de sept milliards de dollars. En Europe, les cas d’immigration illégale 80 % de l'immigration illégale est détectée en Grèce, en Italie, en Espagne et en France. Ainsi, en 2007, cela représentait 3633 personnes en Belgique et 5 748 en France. Au Canada, pour 200 000 à 500 000 personnes sans papiers, la Gendarmerie royale du Canada estime le nombre de migrants entrant avec l'appui de passeurs clandestin annuellement entre 8 000 et 16 000 personnes[4].

Perceptions dans les pays de destination[modifier | modifier le code]

Au niveau des enjeux, cela concerne des sentiments relatifs à la diversité ethnique et sociale, au multiculturalisme, à la croissance de la population, à la corruption politique, au crime transnational, aux abus des droits de la personne et à l'incapacité des services de l'État et des organisations internationales à un contrôle efficace[4].

Facteurs incitatifs[modifier | modifier le code]

Pour l’économiste Georges Tapinos, « l’immigration illégale n’existe que s’il y a dans le même temps des restrictions et une certaine tolérance »[3].

Depuis les années 1970, les migrations illégales se sont développées mondialement en raison des différences de vitesse de développement des économies des différents pays. Ceci a conduit à un nombre croissant d'études relatives aux migrations irrégulières[5].

Certains chercheurs considèrent que les migrant irréguliers sont attirés par des employeurs qui préfèrent les migrants irréguliers pour leur travail plus soutenu à des salaires inférieurs[5].

En 1931, Hicks considérait qu'une personne migre pour vivre dans le pays qui lui offre le meilleur salaire, toutefois, la théorie classique a été décrite par Todaro en 1969 : il considère qu'une personne migre pour vivre dans le pays qui lui offre le meilleur pouvoir d'achat[5]

Facteurs sociaux[modifier | modifier le code]

Si la quantité de migrations irrégulières est liée à des facteurs économiques, les lieux de départs et les lieux de destination s'expliquent par la structure des réseaux sociaux des facteurs sociaux. Ainsi, les Mexicains préfèrent aller à Los Angeles plutôt qu'à Minneapolis, en raison de leurs connaissances (parents et amis)[5].

Pour Stark et Bloom, la décision de migrer n'est pas une décision individuelle, mais une décision qui s'inscrit dans le parcours d'un groupe de personnes consanguines ou amies qui s'entraident à cette fin[5].

Voies[modifier | modifier le code]

voies européennes[modifier | modifier le code]

Chaque année des centaines de jeunes migrants meurent le long de ces routes, victimes des naufrages comme du désert. En fait, pour rejoindre la Méditerranée, les immigrants sub-sahariens traversent d'abord le désert du Sahara pour rentrer soit en Libye, soit en Algérie.

voies américaines[modifier | modifier le code]

Victimes[modifier | modifier le code]

Il a été estimé que 19 144 immigrés sont morts aux frontières de l'Europe entre 1988 et 2013, dont 8 479 sont disparus en mer[6]. En mer Méditerranée, ont perdu la vie 8 315 migrants. Dans le Canal de Sicile, 2 511 personnes sont mortes, entre la Libye, l'Égypte, la Tunisie, Malte et l'Italie, dont 1 549 disparus, et 70 autres ont perdu la vie le long des nouvelles routes entre l'Algérie et l'île de Sardaigne ; 4 091 personnes sont mortes au large des îles Canaries et du détroit de Gibraltar entre le Maroc et l'Espagne, dont 1 986 disparus; 895 personnes sont mortes en mer Égée, entre la Turquie et la Grèce, dont 461 disparus ; 603 personnes sont mortes en mer Adriatique, entre l'Albanie, le Monténégro et l'Italie, dont 220 disparus. Mais on ne traverse pas la mer seulement à bord de pirogues. En naviguant cachés à bord de navires de cargaison régulièrement enregistrés, au moins 146 hommes sont morts asphyxiés ou noyés.

Mais avant d'arriver à la mer, la traversée du Sahara est non moins dangereuse. Les aventuriers africains le traversent sur des camions comme sur des véhicules tout terrain le long des pistes entre le Soudan, le Tchad et le Mali d'un côté et la Libye et l'Algérie de l'autre. Ici, au moins 1 587 personnes sont mortes depuis 1996. Mais selon les survivants, presque chaque voyage compte ses victimes. Le nombre des victimes pourrait donc être bien plus élevé. Les chiffres incluent aussi les victimes des déportations collectives pratiquées par les gouvernements de Tripoli, d'Alger et de Rabat, désormais habitués à abandonner des groupes de centaines de migrants dans les zones frontalières situées en plein désert[7].

En Libye, les migrants sont maltraités. Il n'y a pas de données officielles, mais au cours de 2006, le Human Rights Watch et l'Afvic ont accusé Tripoli de détentions arbitraires et de torture dans les centres d'arrestation, dont trois sont financés par l'Italie. En septembre 2000 à Zawiyah, dans le nord-ouest du pays, au moins 560 étrangers ont été tués pendant des assauts xénophobes[8].

En voyageant cachées dans des camions, 283 personnes ont été trouvées mortes. Et 182 migrants se sont noyés dans les fleuves délimitant la frontière, la plupart dans l'Oder-Neisse, entre la Pologne et l'Allemagne, l'Evros entre la Turquie et la Grèce, le Sava entre la Croatie et la Bosnie ; et le Morava entre la Slovaquie et la République tchèque. 112 autres personnes sont mortes d'hypothermie en tentant de franchir la frontière dans les montagnes, la plupart en Turquie et en Grèce. En Grèce, le long de la frontière avec la Turquie, il y a encore des champs de mines. En essayant d'entrer en Grèce après avoir traversé le fleuve Evros, au moins 88 personnes y sont mortes[9].

Au moins 192 migrants sont morts sous le feu de la police de frontière, dont 35 dans les enclaves espagnoles au Maroc, Ceuta et Melilla, 50 en Gambie, 40 en Égypte et 32 en Turquie, le long de la frontière avec l'Iran et l'Irak. Mais d'autres personnes ont été tuées aussi en France, en Belgique, en Espagne, en Allemagne, au Maroc et en Libye. 41 personnes enfin ont été retrouvées mortes dans le train d'atterrissage d'avions de ligne, 21 personnes sont mortes à Calais ou cachés sous les trains dans le tunnel sous la Manche en direction de l'Angleterre, 2 se sont noyés en essayant traverser la Manche et 12 ont perdu la vie sous autres trains en Italie, Grèce et Suisse.

Refoulés[modifier | modifier le code]

Le Maroc expulse les immigrés clandestins pour le compte de l'Union européenne à la frontière de l'Algérie. L'Algérie, à son tour, les repousse vers les pays voisins. Au Mali, à 5 km de la frontière à Tinzaouaten, 800 à 1 000 candidats à l'émigration (juillet 2007) restent sans abri sous un soleil de plomb de 40°C et subissent humiliations et privations[10]. Parmi eux, il y a trois catégories de candidats migrants : ceux qui veulent retourner chez eux mais n'en ont pas les moyens ; ceux qui ne veulent pas retourner chez eux les mains vides pour éviter la honte ; il y a aussi des passeurs qui s'y mêlent et qui vendent des illusions en attendant le moment de partir.

Les voies de recours juridiques contre les abus des droits de l'Homme sont la saisine de la Commission africaine des droits de l'Homme, qui ne peut intervenir que lorsque les recours possibles sont épuisés dans le pays (au Maroc, par exemple) ou encore le Conseil des droits de l'homme des Nations unies à Genève. Dans ces conditions, un candidat refoulé à la frontière n'a ni l'information, ni les moyens nécessaires pour intenter de telles actions, sans l'appui d'une organisation[10].

Immigration illégale par pays[modifier | modifier le code]

En Arabie saoudite[modifier | modifier le code]

Une décision de limiter la proportion de travailleurs immigrés à 20 % de la population de l'Arabie saoudite a commencé à être appliquée en 2013. Un tel pourcentage ramènerait leur nombre à 4 millions contre plus de 9,3 millions en 2012[11].

Au début novembre 2013, en application de cette décision, une vague d'expulsions d'immigrés candestins à touché 900 000 personnes depuis le début de l'année[12],[13] et l'on prévoit un million d'autres expulsions à cette date[14].

Dans l'Union européenne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Crise migratoire en Europe.

En Europe, jusque dans les années 1930, il n'y a pas eu d'obstacle majeur aux migrations, mais les frontières européennes se sont progressivement fermées depuis les années 1970[3].

Selon les chiffres de l'agence européenne de contrôle des frontières, le nombre d'entrées illégales dans l'Union européenne a augmenté de 153 % entre 2012-2013 et 2013-2014, passant de 90 924 à 230 901, le nombre de séjours illégaux de 21 %, passant de 337 358 à 409 136. Les demandes d'asile ont augmenté de 38 %[15].

En 2011, d'après Europol, 80 % des migrations clandestines sont à un moment ou à un autre organisées par le crime organisé[3].

L'agence chargée d'agir avant l'entrée clandestine sur les territoires européens s'appelle Frontex[3].

Si l'union dispose d'outils communautaires sur cette question, elle est également confrontée à l’incohérence des politiques propres à chaque État membre. Ainsi, pour Gil Arias Fernandez, « les États n’ont pas la même vision de l’immigration ». « En Suède, où afflue une faible quantité de migrants, les demandeurs d’asile ont de grandes chances d’être accueillis quand la Grèce, submergée, est beaucoup plus stricte »[3].

De même depuis les années 1990, l'Espagne, l'Allemagne, l'Italie et la Belgique ont durci les sanctions à l'encontre de des personnes entrées sur le territoire sans formalité légale, qui y sont sujettes à des amendes ou à des peines de détention, alors que les Pays-Bas ne sanctionnent pas l'entrée sur le territoire, ni par amende, ni par détention[16].

En France[modifier | modifier le code]

Les évaluations les plus courantes oscillent entre 200 000 et 400 000 personnes[17]. Pour 2004, la Direction centrale du contrôle de l'immigration et de la lutte contre l'emploi clandestin (Diccilec) avance le chiffre de 200 000 irréguliers mais, de son côté, le Bureau international du travail estime qu'ils sont 400 000[18].

La loi du 31 décembre 2012 supprime le délit de séjour irrégulier[19]. Ce qui a pour conséquence, selon le quotidien Le Monde, que « les interpellations de sans-papiers sont devenues impossibles à chiffrer »[20], après que le séjour irrégulier n'est plus un délit à la suite d'une décision de la Cour européenne de justice.

En France (Mayotte)[modifier | modifier le code]

Mayotte, restée française après l'indépendance du reste de l'archipel et désormais département d'outre-mer français et région ultrapériphérique de l’Union européenne, attire une forte immigration comorienne. En 2014, 597 kwassa kwassas ont ainsi été interceptés par les autorités françaises, avec à leur bord 12 879 personnes, et 610 passeurs ont été arrêtés, selon des données de la Direction générale des Outre-Mer. La traversée en kwassa-kwassa coûte 250 €, contre 1 000 € pour un passage en bateau privé. Un rapport du Sénat évalue à 7 000 à 10 000 le nombre de morts entre 1995 et 2012 liées à la migration par voie maritime.

En Afrique du Sud[modifier | modifier le code]

Après la fin de l'apartheid, l'Afrique du Sud a commencé à accueillir des réfugiés venant d'autres pays africains, souvent clandestins[21]. Le gouvernement a mis en place une politique stricte vis-à-vis de l'immigration illégale : un million de personnes ont été reconduites à la frontière dans les années 1990[21].

Aux Antilles de l'est[modifier | modifier le code]

Plusieurs Dominicains et d'autres nationalités antillaises tentent d'immigrer vers Porto Rico et vers d'autres îles dans les Antilles, voire vers la Floride.

Canada[modifier | modifier le code]

Au Canada, des études conduisent à estimer que le nombre de clandestins est compris entre 200 000 et 500 000[22].

Pour François Crépeau, la question des clandestins au Canada est difficile en raison des situations individuelles propres à chaque personne. Au Canada, la présent depuis cinq à sept années dans un pays de personnes qui ont fondé une famille porte un problème moral[22].

États-Unis[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis, les termes utilisés pour parler des personnes se trouvant dans ces situations sont connotés. Ainsi d'après le New-York Times, le terme “illegal immigrants” peut-être perçu comme offensif, alors que le terme “undocumented immigrants” peut-être perçu comme complaisant. En fait le terme “illegal immigrants” est utilisé, selon le quotidien, avec un parti pris conservateur alors que le terme “undocumented immigrants” suit un parti-pris libéral. De fait, certains journaux comme le New-York Times suivent un guide de rédaction qui déconseille l'usage du terme “illegal immigrants” pour lui préférer une description factuelle[réf. nécessaire]. D'autres termes ne sont jamais utilisés comme la forme substantivé d' “illegal” ou le terme “alien” considéré comme trop sinistre[23].

Les personnes qui franchissent la frontière des États-Unis en dehors du cadre légal sont appelées illegal migrant (littéralement, migrant illégalement (entré) ). Toutefois, cette notion recouvre des situations variées[24]:

  • la situation de “Border Crossing Card Violator” concerne le franchissement illicite d'une frontière (6,5 millions de personnes)
  • la situation de “visa overstay” correspond au séjour après expiration du visa (5 millions de personnes)
  • la situation de “Border Crossing Card Violations”concerne les personnes qui bénéficie d'une carte de transit mais en détourenent l'usage[24].

Aux États-Unis, les aspects légaux de l'immigration illicite sont définis dans la Section 1325 du titre 8 de l' United States Code. Cette section, s'intitule “Improper Entry of Alien” et définit une amende ou une peine de prison l'un n'excluant pas l'autre dans les cas suivants:

  • entrée à une heure ou par un lieu non prévu par l' United States Government
  • contournement d'un examen ou d'une inspection instituée par l'United States Government
  • entrée au moyen de l'usurpation d'identité

Selon les termes légaux, une personne qui ne respecte pas la politique d'immigration peut être punie de six mois de détention pour le premier acte, et de deux années supplémentaires pour chacun des actes supplémentaires[24].

Depuis la crise mexicaine des années 1980, une partie importante de l'immigration clandestine aux États-Unis provient du Mexique. Cette immigration s'explique par la différence de revenus entre le Mexique et les États-Unis[5]. Les migrants profitent de ce différentiel pour subvenir aux besoins de leur famille et contribuent ainsi à 2% du PIB du Mexique. Mais d'autres migrants tentent d'économiser en vue de travailler à leur compte sans avoir le statut de salarié[25].

Plusieurs facteurs influent quantitativement sur les migrations irrégulières depuis le Mexique vers les États-Unis[5]:

  • la baisse de salaire au Mexique conduit à une augmentation des migrations irrégulières, alors que les hausses de salaires conduisent à une diminution des migrations irrégulières
  • le pouvoir d'achat des salariées des États-Unis au Mexique est le facteur qui motive l'immigration irrégulière
  • le facteur le plus influent est le PIB des États-Unis d'Amérique par habitant[5] la demande aux États-Unis crée un effet pull sur les Mexicains.
  • enfin, l'augmentation du nombre de policiers chargés de garder la ligne de frontière des États-Unis a un effet négatif sur l'immigration clandestine.

L'ensemble de ces facteurs correspondent à une théorie d'attraction-expulsion (dénommée en langue anglaise push-pull): cette théorie considère en effet que les migrations irrégulières sont liées à l'attrait du pays de destination, et au rejet du pays d'origine[5].

Les États-Unis sont également confrontés à l'arrivée d'enfants mineurs[26].

Les personnes qui migrent de manière irrégulière aux États-Unis sont confrontées à des problèmes variés: violence au cours du voyage, violation des droits humains au Mexique et aux États-Unis, et loi anti-immigration qui criminalisent l'entrée irrégulière[2].

Par ailleurs, l'immigration illégale aux États-Unis génère de l'inquiétude dans la population des États-Unis, quant à la porosité des frontières[5].

De 2003 à 2015, le nombre des migrations irrégulières depuis le Mexique vers les États-Unis s'est réduit, d'une part en raison de la croissance retrouvée du Mexique, et d'autre part en raison de la baisse de la demande de main d’œuvre bon marché dans le secteur de la construction suite à la crise des États-Unis de 2007[27].

Mexique[modifier | modifier le code]

Un flux important existe depuis le Mexique vers les États-Unis.

Environ 100 000 Mexicains tentent chaque année de traverser la frontière entre Mexique et les États-Unis. Seuls 10 % d'entre eux parviennent à passer[réf. nécessaire].

En Asie du Sud-Est[modifier | modifier le code]

Entre autres, des flux de Philippéens vers des pays voisins, vers des pays arabes et vers les États-Unis existent.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. http://germe.ulb.ac.be/uploads/pdf/infos%20livres/BreveHistImmBelg2012.pdf
  2. a et b « Migración Ilegal de México hacia Estados Unidos », sur El Universal (consulté le 25 octobre 2016)
  3. a, b, c, d, e, f et g « L’Europe face à l’immigration illégale – CLES : Notes d'Analyse Géopolitique », sur notes-geopolitiques.com (consulté le 25 octobre 2016)
  4. a, b, c, d et e « immigration illégale | criminologie.com », sur www.criminologie.com (consulté le 24 octobre 2016)
  5. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j (es) Juan Manuel SAN MARTÍN Reyna, « Migración Ilegal México-Estados Unidos: Un Enfoque De Series De Tiempo », sur Revista Internacional de Ciencias Sociales y Humanidades, SOCIOTAM, (consulté le 25 octobre 2016)
  6. Revue de presse de Fortress Europe
  7. MIGREUROP - Camps en Europe et dans le monde - politiques d’externalisation | Maghreb
  8. Gadhafi's Failed African Ambitions - Council on Foreign Relations
  9. Greece, Landmine Monitor Report 2006
  10. a et b L'immigration clandestine, quelles réalités et quelles perspectives; plus précisément le témoignage de l'Association malienne des expulsés de retour de mission à Tinzawaten
  11. « Riyad a-t-il raison d’expulser ses travailleurs immigrés ? », sur Courrier international
  12. « Arabie: 180.000 sans-papiers expulsés », sur Le Figaro, (consulté le 11 novembre 2013)
  13. « Arabie saoudite : des milliers d'immigrés illégaux se rendent à la police », sur Libération, (consulté le 11 novembre 2013)
  14. « L'Arabie saoudite va expulser plus d’un million d’immigrés illégaux », sur rfi.fr, (consulté le 12 novembre 2013)
  15. Les chiffres chocs de l'immigration illégale en Europe, lefigaro.fr, 4 mars 2015
  16. « Immigration légale et répression de l'immigration illégale », sur www.senat.fr (consulté le 25 octobre 2016)
  17. Plus de 20 000 sans-papiers régularisés en 2009 - Le Monde, 21 décembre 2009
  18. Emmanuel Vaillant, L'Immigration, Éditions Milan, Toulouse, 2006 - site de l'éditeur
  19. Circulaire du 28 janvier 2013, gouv.fr
  20. Les interpellations de sans-papiers sont devenues impossibles à chiffrer, Le Monde, 18 septembre 2013
  21. a et b François-Xavier Fauvelle-Aymar, Histoire de l'Afrique du Sud, Paris, Seuil, 2006, (ISBN 2020480034), p. 159-160
  22. a et b « Les immigrants illégaux au Canada | Perspective Monde », sur perspective.usherbrooke.ca (consulté le 24 octobre 2016)
  23. Stephen Hiltner, « Illegal, Undocumented, Unauthorized: The Terms of Immigration Reporting », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne)
  24. a, b et c « Illegal Immigration - Immigration | Laws.com », sur immigration.laws.com (consulté le 25 octobre 2016)
  25. eZ Systems, « 165 - La migration aux États-Unis, un moteur de l'économie mexicaine ? - Institut de recherche pour le développement (IRD) », sur www.ird.fr (consulté le 25 octobre 2016)
  26. « ETATS-UNIS. De plus en plus d'enfants migrants clandestins », Courrier international,‎ (lire en ligne)
  27. « La migración desde México hacia EEUU cayó bruscamente », sur www.univision.com (consulté le 25 octobre 2016)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe Coindreau, Patrick de Gramont, Bernard Metz, L'Immigration illégale : enjeux de sécurité intérieure et extérieure pour l'Europe, éditions des Riaux, 2007.
  • Bogumil Terminski, Les Migrations, les réfugiés, les droits de l'homme : un guide bibliographique des publications parues en langue française, UNHCR, Genève, 2011.
  • Claude Valentin-Marie, Prévenir l'immigration irrégulière : entre impératifs économiques, risques politiques et droits des personnes -- Direction des affaires sociales et de la santé du Conseil de l'Europe, Direction générale III-Cohésion sociale, Conseil de l'Europe, Strasbourg, 2004.
  • Denis Salas, « Immigration illégale et pratiques judiciaires en France », Hommes & Migrations, no 1241, janvier-février 2003.
  • Jean Valluy, « Quelles sont les origines du ministère de l’Identité nationale et de l’Immigration ? », Cultures & Conflits, 2008/1 (no 69).