Henri Jacques Goüin-Moisant

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Henri-Jacques-Marie Goüin-Moisant[1], né le à Tours et mort le à Tours, est un banquier et homme politique français, maire de Tours en 1795 et député royaliste d'Indre-et-Loire de 1815 à 1823.

Biographie[modifier | modifier le code]

Un notable tourangeau[modifier | modifier le code]

Le père d'Henri Jacques Goüin-Moisant, Henry-Pierre Goüin (1732-1782), est banquier à Tours et y dirige la Banque Goüin, fondée en 1714. Le 23 mai 1757, son père épouse à Tours, Anne Marie Renée Leroux, fille de Marie-Anne Baudichon et de Jacques Leroux, propriétaire de La Plaine-Fondettes, et tante de Marie-Félix Faulcon de La Parisière.

L'Hôtel Goüin à Tours.

Suivant la carrière familiale, Henri Jacques Goüin-Moisant est un homme d’affaires. Il dirige entre autres la maison Moisant et Gouin à Rouen et succède, conjointement avec son frère Alexandre-Pierre-François, à son père comme directeur de la Banque Goüin frères de Tours. Il fait également du négoce avec l'outre-mer à partir de Morlaix. Il est ami avec Armand Joseph Dubernad (son frère Auguste-Raymond a épousé une des filles de Dubernad), avec qui il fait des affaires et auquel il a permis d’acheter le château de La Bourdaisière.

Par ailleurs, il est secrétaire-greffier du tribunal du point d'honneur au département de Langeais.

Le 14 mai 1781, Henri Jacques Goüin-Moisant épouse Madeleine-Rose Moisant (1762-1832), d'une riche famille de Tours, fille de François Moisant, conseiller du Roi en l'Hôtel de ville de Tours, échevin et administrateur de l'Hôtel-Dieu de Tours, et se fait appeler Goüin-Moisant. Madeleine-Rose était la nièce de Michel Banchereau, maire de Tours et la sœur de Charles-François Moisant, propriétaire du château de Langeais et du manoir de La Perraudière, qui était le père de comte Pèdre Moisant, propriétaire du château de Poillé. Ils eurent quatre enfants :

Maire de Tours sous la Révolution[modifier | modifier le code]

Devenu officier municipal de Tours le 14 frimaire an II (5 octobre 1793), Goüin-Moisant est administrateur de l'Hospice des enfants naturels de la Patrie[2], mais surtout il dirige la commission qui saisit et vend les biens nationaux. Après le 9-Thermidor, Henri Jacques Goüin-Moisant devient maire de Tours le 19 germinal an III (10 octobre 1794). Il est soupçonné d’avoir de l’indulgence, voire de la sympathie, pour les royalistes par les Thermidoriens.

Nommé à nouveau maire de Tours, par arrêté du Premier Consul Bonaparte, le 2 mai 1800, il décline cet honneur et laisse le siège à Étienne-Marie Cassin de la Noue.

Sous la Restauration[modifier | modifier le code]

Président du tribunal de commerce de Tours[3] et de la Chambre de commerce de Tours (présidant la chambre de commerce de 1813 à 1816, il obtient la non augmentation des impôts), Goüin-Moisant est élu député royaliste par le département d'Indre-et-Loire en 1815. Tout le monde pense qu’il va siéger dans cette partie de la chambre où se réunissent les défenseurs des libertés constitutionnelles, les plus honorables appuis des manufactures, du commerce et de l'industrie française. Cette attente a été trompée. C'est au centre, puis au côté droit parmi les monarchistes, que Goüin-Moisant est allé s'assoir. Ses votes se sont ressentis des alliances qu'il semblait contracter avec l'ancienne noblesse, et ont toujours été comptés parmi ceux de la majorité de la Chambre introuvable. En 1815, il veut donner un gage de ses opinions, et en faire une profession de foi authentique, et prend une part active à la discussion du projet de loi sur les cris séditieux[4]. Lors de la discussion sur ce projet de loi, il demande en effet « que les crimes désignés par l'art, fussent punis des travaux forcés pendant dix ans, et de la peine de mort, s'ils avoient des coopérateurs. Les coupables dévoient être punis comme parricides, s'il avoit eu commencement d'exécution. Les injures, outrages et calomnies contre les personnes de la famille royale dévoient être punis suivant la gradation suivante : cinq ans de travaux forcés, les travaux à perpétuité, la mort »[5].

Goüin-Moisant appuie le projet de loi relatif à la continuation du monopole du tabac jusqu'au 1er janvier 1816, et combat les amendements proposés par la commission. Il observe que prolonger seulement dix ans la durée du monopole, ne tendroit qu'à ramener dans un an une discussion qui, peut-être, n'est pas sans de graves inconvéniens dans le produit des ventes de la régie ; au lieu qu'en acquiesçant à la prolongation de cinq années demandée par le gouvernement, la situation financière de la France, en s'améliorant, pourra peut-être permettre de rendre en France la culture et le commerce du tabac extrêmement libres, en ne conservant qu'un droit de douane à l'entrée des feuilles du tabac exotique.

Il est l’un des 27 commissaires de la Chambre des députés[6] et est nommé président du collège électoral d'Indre-et-Loire, en remplacement de Destouches, en 1817[7],[8]. Il remplit différentes fonctions dans son département. Après la session de 1819, où il a, comme par le passé, voté avec la majorité, le conseil général de ce département lui décerne des remerciements solennels, pour la part qu'il avait prise aux délibérations de la chambre.

Il est fait chevalier de la Légion d'honneur le 1er mai 1821.

Il décède le , en cours de mandat.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Parfois écrit Goüin-Moisan.
  2. Revue de l'Anjou, Cosnier et Lachèse, 1904, p. 474
  3. Jacques-Xavier Carré de Busserolle, Dictionnaire géographique, historique et biographique d'Indre-et-Loire et de l'ancienne province de Touraine : par J.-X. Carré de Busserolle,.... Tome VI, 1878-1884
  4. Biographie nouvelle des contemporains (1787-1820), de Antoine-Vincent Arnault, p.285.
  5. Biographie spéciale des pairs et des députés du royaume, session de... p.257.
  6. Histoire de la Restauration et des causes qui ont amené la chute de la branche aînée des Bourbons, par un homme d'État de Jean-Baptiste Capefigue (1831), p.81.
  7. Bulletin des lois de la République française, 1816
  8. L'ami de la religion et du roi journal ecclésiastique, politique et littéraire..., p.57.

Sources[modifier | modifier le code]

  • « Henri Jacques Goüin-Moisant », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]
  • André Jean Tudesq, Les grands notables en France (1840-1849): Étude historique d'une psychologie sociale, Partie 1, 1964
  • Raymond Bailleul, Les Tourangeaux de la Bastille à Waterloo: l'Indre-et-Loire de 1789 à 1815, 1989
  • Lithographie morale et politique de MM. les membres de la chambre des députés, ou résultat des votes pour et contre la loi sur la liberté individuelle. Seconde édition, 1820
  • P. P., Biographie des députés composant la représentation nationale: pendant les sessions de 1820 à 1822, 1822
  • Société archéologique de Touraine, Bulletin trimestriel de la Société archéologique de Touraine
  • Bernard Chevalier, David Bohbot, Histoire de Tours, 1985
  • Rang-Ri Park-Barjot, La Société de construction des Batignolles: Des origines à la Première Guerre mondiale (1846-1914), Presses Paris Sorbonne, 2005
  • Alain Jacquet, Les Goüin, une famille tourangelle de renom, Mémoires de la Société archéologique de Touraine, volume LXXII, , 90 p. (ISBN 978-2-36536-048-7).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]