Château de La Bourdaisière

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Château de la Bourdaisière
Image illustrative de l’article Château de La Bourdaisière
Période ou style Néo-Renaissance
Début construction 1520
Fin construction XIXe siècle
Propriétaire initial Philibert Babou
Protection  Inscrit MH (1947)
Site web http://www.labourdaisiere.com/
Coordonnées 47° 22′ 11″ nord, 0° 50′ 19″ est[1]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Touraine
Région Centre-Val de Loire
Département Indre-et-Loire
Commune Montlouis-sur-Loire

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de la Bourdaisière

Le château de la Bourdaisière est un édifice construit pendant la Renaissance situé au sud-est de Montlouis-sur-Loire, en Indre-et-Loire (France). Détruit en grande partie au XVIIIe siècle, le château fut reconstruit de la fin du XVIIIe au début du XIXe siècle. Une partie du château et du parc sont inscrits aux monuments historiques depuis le . Le parc héberge aujourd'hui plusieurs lieux de conservation et de culture de plantes.

Historique[modifier | modifier le code]

Avant la construction du château existait à son emplacement une forteresse appartenant au XIVe siècle au maréchal Jean Ier le Meingre, dit « Boucicaut » († 1367), puis à ses deux fils, le maréchal Jean II Boucicaut († vers 1421) et Geoffroy Le Meingre Boucicaut († v. 1430). On trouve ensuite comme seigneur[2] Pierre de Champagne-Parcé (de la famille qui eut Matheflon ; époux de Marie de Laval-Loué) : le 4 mai 1482, il vend La Bourdaisière, contre 1 200 écus d'or à la Couronne, à Louis de La Mézière, maire de Tours en 1477-1478.

Les descendants de Louis de La Mézière, ou leurs alliés, vont posséder La Bourdaisière pendant trois siècles, jusqu'en 1674. La fille de Louis, Charlotte de La Mézière, épouse Nicolas Gaudin, maire de Tours en 1504-1506 et argentier de la reine Anne ; ils cèdent La Bourdaisière à Victor Gaudin, le frère de Nicolas, le 14 avril 1494, contre 4 000 écus d'or soleil, coin du roi. Marie Gaudin, née vers 1490/1495, fille de Victor et nièce de Nicolas, hérite de La Bourdaisière ; courtisane de haute volée, maîtresse notamment de François Ier, Charles Quint et dit-on du pape Léon X, elle marie le Philibert Babou (~1484-1557), surintendant des finances de François Ier, devenu ainsi seigneur de la Bourdaisière. Ils décident dix ans plus tard, en 1520, de faire construire un château neuf à cet emplacement, en ne conservant qu'une seule des anciennes tours médiévales. C'est dans ce château que naît son arrière-petite-fille Gabrielle d'Estrées (favorite d’Henri IV, et une ancêtre de Louis XV) et ses sept sœurs, connues également pour leur rôle de courtisanes[3], ce qui a valu au château le surnom peu élégant de « clapier à putains »[4]. Après Marie et Philibert, sont seigneurs de La Bourdaisière : leur fils Jean Babou (1511-1569 ; Grand maître de l'artillerie de France et grand-père maternel de Gabrielle ; x 1539 Françoise fille de Florimond Ier Robertet), père de Georges Ier Babou comte de Sagonne († 1607 ; marié à Madeleine fille de René II du Bellay sire de Gizeux, Thouarcé et prince d'Yvetot), père lui-même de Georges II Babou de Sagonne, † 1615 sans postérité survivante.

Après le XVIe siècle, le domaine passa à Hercule de Rohan duc de Montbazon, à son gendre Charles d'Albert, connétable-duc de Luynes, puis à Étienne François de Choiseul qui se retira à Chanteloup près d'Amboise après sa disgrâce. Choiseul ordonna la démolition du château afin de priver son rival le duc d'Aiguillon de la vue qu'il en avait depuis son propre château à Véretz. Il utilisa en outre les pierres récupérées pour la construction du château de Chanteloup.

En 1786, les terres furent vendues à Adélaïde de Bourbon Penthièvre, avant de devenir bien national.

En 1794, Armand Joseph Dubernad rachète le château grâce au concours d'Henri Jacques Goüin-Moisant pour 183 000 livres[5],[6],[7]. Il reconstitue l’ensemble en achetant aussi le parc de 69 arpents[8] pour 110 000 livres [9]. Il se rend également acquéreur d’une partie du vignoble de Montlouis-sur-Loire. Il compose autour du château avec 34 adjudications un domaine de 100 hectares, qui s'effritera à sa mort[10]. Pendant la Terreur, Armand Joseph Dubernad commence la reconstruction du château qui se poursuit, au XIXe siècle, avec le baron Angelier qui décide de reconstruire le château dans un style néo-Renaissance.

Acheté par un Anglais en 1938, il est occupé par les Allemands, puis à la Libération par une école militaire. Il est ensuite rendu à ses propriétaires qui le laissent à l'abandon. Les communs, les douves, l'ancienne chapelle et le parc avec la porte du XVIe siècle sont inscrits aux monuments historiques en mars 1947[11]. En 1959, après la vente aux enchères de l'ensemble des meubles, le château est vendu à la commune de Montlouis qui y installe une maison de retraite.

Le château ne répondant plus aux normes de sécurité et de confort, il est vendu en 1988 à François Michaud, puis le il est finalement acquis par les princes de Broglie. Louis Albert de Broglie y développe dans les années 1990 un laboratoire de la biodiversité, dont une collection de 300 variétés de tomates[12].

Les parcs et jardins du château de la Bourdaisière[modifier | modifier le code]

2017-fr.wp-orange-source.svg
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (mars 2016)
Pour l'améliorer, ajoutez des références vérifiables [comment faire ?] ou le modèle {{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.

Le parc du château de la Bourdaisière est un parc clos de 55 hectares, où l'on retrouve notamment le potager conservatoire de la Tomate, le « Dahliacolor », le Capitulaire de Charlemagne et le jardin de Liliana Motta.

Le potager conservatoire de la Tomate[modifier | modifier le code]

Créé en 1996, cette collection, située au milieu d’une multitude de légumes et de plantes aromatiques, rassemble près de 800 variétés de tomates de toutes les couleurs et de toutes les formes[13]. Cette collection est agréée par le Conservatoire des collections végétales spécialisées (CCVS).

Le Dahliacolor[modifier | modifier le code]

Dessiné par le paysagiste Louis Benech, le « Dahliacolor » est un jardin contemporain situé à l’arrière du potager. Composé de parterres de dahlias de 210 variétés différentes traités par massifs de couleurs, il permet de découvrir la diversité de cette fleur. Une allée pédagogique permet aux visiteurs de reconnaître les différentes espèces exposées dans le jardin.

Les essences remarquables dans le parc[modifier | modifier le code]

Le parc comporte des arbres anciens, parmi lesquels cèdres, séquoias, châtaigniers et chênes.

Le parcours pédagogique École de la nature[modifier | modifier le code]

On y trouve les planches de la Maison Deyrolle qui ont marqué des générations d’écoliers, avec une sélection de 45 planches anciennes et nouvelles créées par DPA (Deyrolle pour l’Avenir) autour des enjeux environnementaux et sociétaux contemporains.

La micro-ferme d'avenir[modifier | modifier le code]

Cette ferme en agroécologie, créée en 2013, vise à expérimenter des méthodes de permaculture pour permettre leur déploiement dans l'agriculture[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Coordonnées vérifiées sur Géoportail et Google Maps
  2. « Montlouis-sur-Loire - La Bourdaisière », sur Lieux-dits de Touraine
  3. Elles sont appelées les « sept péché capitaux ».
  4. Jean-François Solnon, « Henri IV : le roi de cœur », émission Secrets d'histoire, 14 août 2012.
  5. Archives départementales d'Indre-et-Loire.
  6. Jacques-Xavier Carré de Busserolle, Dictionnaire géographique, historique et biographique d'Indre-et-Loire et de l'ancienne province…, 1878, p. 349.
  7. Mémoires de la Société archéologique de Touraine, t.27, 1878, p. 349.
  8. 5 107 m² × 69 = environ 35 ha.
  9. Mémoires de la Société archéologique de Touraine, op. cit., p. 349.
  10. René Caisso, La vente des biens nationaux de seconde origine et les mutations foncières dans le district de Tours, 1792-1830, Bibliothèque nationale, 1977, p. 81, 168, et 210.
  11. Notice no PA00097872, base Mérimée, ministère français de la Culture
  12. « Belong Forum : un Prince écologiste à la promotion de la « ferme d'avenir » », sur le Quotidien du Peuple en ligne, (consulté le 25 octobre 2016).
  13. Château de la Bourdaisière, 2018
  14. Séverin Graveleau, « Ingénieur reconverti en paysan, il fait le pari de l’agroécologie », sur Le Monde.fr, (consulté le 2 mars 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :