Henri Fenet

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Henri Fenet
Naissance
Ceyzériat
Décès (à 83 ans)
Origine Français
Allégeance Flag of France.svg République française
Drapeau de l'État français État français
Flag of the German Reich (1935–1945).svg Troisième Reich
Arme Flag of France.svg Armée de terre
Flag of the collaborationist French Militia.svg Milice française
Flag of the Schutzstaffel.svg Waffen-SS
Grade Waffen-Hauptsturmführer
Années de service 1940-1945
Commandement Bataillon Charlemagne
Conflits Seconde Guerre mondiale
Faits d'armes Bataille de France
Bataille de Berlin
Distinctions Croix de guerre
Croix de chevalier de la croix de fer

Henri Joseph Fenet (né le à Ceyzériat dans l'Ain et mort le à Paris) fut un ancien membre du Service d'ordre légionnaire, puis un dirigeant de la Milice, et enfin un officier de la Waffen-SS, commandant d'un bataillon de la Division Charlemagne.

Il est surtout connu pour avoir été le dernier officier commandant des S.S. ayant combattu autour de la Chancellerie du Reich, à Berlin, près du bunker où étaient vivants Hitler et les derniers serviteurs du régime nazi, fin avril 1945.

Biographie[modifier | modifier le code]

Quand la Seconde Guerre mondiale éclate, il quitte sa Khâgne à Henri IV pour s'enrôler, dès septembre 1939, comme engagé volontaire durant la guerre (E.V.D.G).

Au vu de ses capacités intellectuelles, en tant qu'ancien préparationnaire de grande école, il va d'abord suivre une formation élémentaire d'engagé de base puis celle de quatre mois d'élève-officier de réserve au sein de l'Ecole d'Infanterie à susmentionné, dans le département des Deux-Sèvres. Il rejoint, après cette formation, en tant qu'aspirant, la 3e division d'infanterie coloniale. Lors de la campagne de France en 1940, il est deux fois blessé, en mai et puis en juin 1940. Pour ses actions et son comportement sur le front , il se voit décerner la croix de guerre. Après l'armistice conclu entre le gouvernement présidé par le maréchal Pétain et les Allemands, il reste dans l'armée d'armistice.

En 1941 puis en 1942, il sert dans un régiment d'infanterie coloniale en Mauritanie.

Après l'invasion par les Allemands de la zone dite libre, il est démobilisé, dans le cadre général du processus de la dissolution de l'armée. Il a alors le grade de lieutenant.

Il se rend alors en novembre 1942 dans son département natal (l'Ain) et rejoint le Service d'ordre légionnaire dont il est un des cadres dirigeants. Puis il devient le responsable départemental de la Milice française en février 1943, toujours dans son département.

En octobre 1943, il s'engage dans la Waffen S.S., sur la demande notamment de Joseph Darnand.

Il effectue alors sa formation d'engagé volontaire de la S.S. au camp de formation de la S.S. qui existe alors à Cernay, dans le Haut-Rhin alors annexé et étant temporairement terre allemande, le nom de cette commune étant devenu par décision de la puissance d'occupation, Senheim.

Ensuite, à compter de janvier 1944, il effectue sa formation accélérée d'officier S.S. à Bad Tölz (école d'élèves-officiers de la SS), et en ressort deux mois plus tard avec le grade de Obersturmführer (équivalent de lieutenant).

En mars 1944, il combat avec sa compagnie dans les Carpathes contre les partisans, en tant que commandant de compagnie S.S.

En juillet 1944, il combat avec son bataillon, dont il commande la 3e compagnie, en Galicie. Blessé, il y reçoit la croix de fer de deuxième classe.

Rétabli, il rejoint la 33. Waffen-Grenadier-Division der SS « Charlemagne », en formation à Wildflecken dont il commande le 1er bataillon du régiment 57.

En janvier 1945, il effectue un stage de formation d'un mois à l'école d'infanterie d'HIRSHBERG, afin d'exercer les fonctions de chef de bataillon, grade qui ne lui sera pas accordé.

La division S.S.« Charlemagne » est finalement envoyé en Poméranie, en février-mars 1945, pour tenter de contenir la percée de l'armée soviétique.

Sans matériel lourd, la troupe dont il fait partie n'a aucune chance de contenir la poussée soviétique et se replie assez vite sur Belgard.

Dans les premiers jours de mars 1945, la division est réorganisée. Henri-Joseph Fenet se voit attribuer le commandement du 1er bataillon du régiment de marche (I/RM) qu'il arrive à évacuer de l'enfer poméranien, un exploit pour lequel il obtient la croix de fer de première classe et une promotion au grade de Hauptsturmführer (capitaine). Les restes de la division Charlemagne sont réorganisés en deux bataillons. Fenet obtient le commandement du bataillon de combattants (en opposition au bataillon de travailleurs contenant les éléments désireux de cesser le combat).

Dans la nuit du 23 au 24 avril 1945, l'inspecteur général Krukenberg est requis à Berlin pour prendre le commandement des restes de la division SS-Nordland. Il y emmène le « Bataillon Charlemagne » estimé à environ 300 Français, tous enrôlés de la Waffen S.S. et bien décidés à poursuivre le combat contre les troupes d'assaut de l'armée soviétique, qui mettront près de 10 jours de combat pour conquérir tout Berlin, les derniers combattants de l'armée régulière et des Waffen S.S. se rendant aux Russes seulement dans la journée du 2 mai. Fenet mène sa troupe jusqu'à la capitulation de Berlin. Avant sa reddition, blessé, il a obtenu pour sa conduite la croix de chevalier de la croix de fer[1].

Il fut ensuite soigné par le service de santé de l'armée soviétique, après avoir été fait prisonnier ; puis, rétabli, il n'est pas inquiété par les services répressifs russes - N.K.V.D.- en tant qu' ancien officier de la S.S. ayant fait fonction d'officier supérieur et ayant combattu les Soviétiques.

Il fut même libéré par les Soviétiques du lieu où il était près de Berlin au bout d'à peine un mois et demi de privation de liberté et des vêtements civils lui sont même offerts.

Il rejoint ensuite la France, avec un groupe de Français qui quitte alors Berlin, sans se signaler comme ancien combattant S.S. français et sans se faire arrêter aux postes de contrôle des zones d'occupation militaire américaine et britannique établies dès juin 1945 en Allemagne occidentale.

Il est toutefois arrêté à Valenciennes, dénoncé par son tatouage sur le bras qu'il avait, en tant qu'ancien enrôlé de la S.S. ; son arrestation au lieu en septembre 1945.

Il passe ensuite en jugement devant la juridiction compétente et il est alors condamné à vingt ans de travaux forcés pour trahison et intelligence avec l'ennemi.

Il effectue toutefois très partiellement sa peine d'emprisonnement puisqu'il est libéré à la fin de l'année 1949 : il a alors fait 4 ans de prison.

En 1952, il crée une société d'accessoires automobiles.

Toutefois, ses aventures d'ancien cadre combattant de la Waffen S.S. à Berlin intéressent certains journalistes ou écrivains à compter des années 1970.

Il accorde alors des interviews aux journalistes dans lesquels il a confiance et écrit aussi un livre : " Berlin, derniers témoignages " où il décrit de façon précise les derniers moments et les combats qu'il a menés, dans les derniers jours où le pouvoir nazi vivait sa fin.

Il participe ensuite à des réunions en Allemagne fédérale avec des anciens officiers de la S.S. et prononce notamment un discours en 1998 en allemand à une réunion d'anciens membres des unités combattantes.

En tant qu'ancien Waffen S.S. et assimilé à un citoyen allemand, il a touché sa retraite d'ancien combattant due à son grade, comme tous les membres des Waffen S.S., retraite qui lui fut versée par les autorités fédérales allemandes.

Atteint de la maladie d'Alzheimer, il meurt à Paris en septembre 2002 et ses cendres sont placées sur la tombe de son frère, mort pour la France, en mai 1940 et qui fut alors enterré dans le cimetière de sa commune de naissance.

Notes et références

  1. (de) « Ritterkreuzträger Henri Joseph Fenet », sur www.ritterkreuztraeger-1939-45.de (consulté le 22 juillet 2014).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Robert Forbes, Pour l'Europe, les volontaires français de la Waffen-SS, L'Æncre, 2005
  • Henri Mounine, Cernay 40-45, Éditions du Polygone, 1999
  • Saint-Loup, Les Hérétiques, Presse-Pocket, 1972
  • Jean Malardier, Combat pour l'Honneur, Éditions de l'Homme Libre, 2007
  • Jean Mabire, Mourir à Berlin, Fayard, 1976
  • Erik Wallin, Ragnarök, traduction d'Henri Fenet, Éditions Véronika, 2005