Fabienne Verdier

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Verdier.
Fabienne Verdier
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (55 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité

Fabienne Verdier, née le à Paris, est une artiste peintre française. Elle vit et travaille en France.

Biographie[modifier | modifier le code]

1985-2004 : formation en Chine et premières expositions[modifier | modifier le code]

En 1983, à 22 ans, Fabienne Verdier part étudier en Chine, au Sichuan Fine Arts Institute, à Chongqing. Elle choisit de travailler avec les derniers grands peintres chinois ayant survécu à la Révolution culturelle, les persuadant de transmettre leur art d’une peinture spontanée et leurs théories esthétiques, malgré les multiples interdictions [1], [2]. Elle est la première étrangère à recevoir de cette université un diplôme supérieur en art. Elle commence alors à développer sa propre peinture abstraite [3].

Verdier rentre en France en 1992, après presque une décennie d’immersion en Chine et de travail intense. Dans Passagère du silence, publié par Albin Michel en 2003, elle décrit son apprentissage au sein d’un système de pensée radicalement différent. Le livre, qui reçoit plusieurs prix, est traduit en six langues et vendu à plus de 230 000 exemplaires [4],[5].

Plusieurs expositions personnelles ont lieu en France, ainsi que dans d’autres pays européens et en Asie.

2005-2007 : minimalistes et expressionnistes abstraits[modifier | modifier le code]

Fabienne Verdier consacre trois années à l’étude des expressionnistes abstraits et des minimalistes américains.

En 2005, intéressée par le dynamisme et l’énergie des peintures exposées à Lausanne, à la galerie Alice Pauli, la fondation Hubert Looser de Zurich commande à Fabienne Verdier la création d’une série qui entre en résonance avec les œuvres abstraites expressionnistes et minimalistes d’artistes américains de sa collection permanente – parmi lesquels John Chamberlain, Donald Judd, Willem de Kooning, Ellsworth Kelly et Cy Twombly [6].

Plusieurs musées ont depuis montré des peintures de cette série dans des expositions (“Art of Deceleration, from Caspar David Friedrich to Ai Wei Wei”, Kunstmuseum, Wolfsburg, 2011 [7]  ; “My Private Passion – Foundation Hubert Looser”, Kunstforum, Vienne, 2012 [8] ; “The Hubert Looser Collection”, Kunsthaus, Zurich, 2013 [9] ; “Formes simples”, Centre Pompidou-Metz, 2014 [10] ).

En 2007, le musée national d’Art moderne de Paris (Centre Pompidou) acquiert pour la première fois une œuvre de Fabienne Verdier [11].

2008-2013 : primitifs flamands[modifier | modifier le code]

En 2009, Fabienne Verdier entame une nouvelle intense période de recherche et de peinture. Depuis longtemps fascinée par la force de la palette des primitifs flamands du xve siècle, mais aussi par l’énergie émanant de l’apparente immobilité qui habite leurs tableaux, elle crée un ensemble d’esquisses et de peintures, inspiré en particulier par six œuvres majeures : La Vierge au chanoine Van der Paele (1436) et Portrait de Margaret van Eyck (1439) de Jan van Eyck ; La Mort de la Vierge (c. 1481) de Hugo van der Goes ; le Triptyque Moreel de Hans Memling (1484) ; et le diptyque de Simon Marmion Vierge de douleur et Christ de Pitié (c. 1460) [12].

En 2013, les musées Groeninge et Memling à Bruges exposent le résultat de son travail au côté des tableaux qui l’ont inspiré. Daniel Abadie, en tant que commissaire d’exposition, édite un recueil intitulé Fabienne Verdier, L’Esprit de la Peinture [13]. Ses carnets et ses dessins préparatoires sont montrés à la Maison d’Erasme à Bruxelles [14]. Fabienne Verdier et les Maîtres flamands, notes et carnets d’Alexandre Vanautgaerden est publié aux éditions Albin Michel [15].

Pour approfondir sa recherche sur la spontanéité intuitive du geste que suppose la peinture a fresco, Verdier se tourne également vers les fresques italiennes et les maîtres du Quattrocento. Pendant cette période, la famille Torlonia, à Rome, lui commande des fresques monumentales (5 x 8 m) pour une pièce de réception du palais familial. On retrouve ses recherches liées à ce projet dans Fabienne Verdier, Palazzo Torlonia, par Eric Fouache et Corinna Thierolf (2010)[16].

2013-2017 : dynamique des formes[modifier | modifier le code]

En 2013, Fabienne Verdier découvre qu’elle peut prolonger son geste en dématérialisant ses pinceaux et en les remplaçant par une réserve de matière qui lui permet de moduler le débit de l’encre ; cela la conduit à mettre au point une nouvelle technique qu’elle nomme « Walking Painting [17] ». L’année suivante, la galerie Jaeger Bucher, à Paris, présente ce travail lors d’une exposition qui lui est consacrée [18].

En 2013, l’architecte Jean Nouvel demande également à Fabienne Verdier de l’aider par ses réflexions et ses dessins dans la conception du nouveau National Art Museum of China (NAMOC)de Pékin [19], afin de parvenir à transposer dans la forme du bâtiment la simplicité, l’énergie et la puissance d’un unique trait de pinceau.

En 2014, la Pinakothek der Moderne de Munich invite Fabienne Verdier à contribuer à une installation de sept travaux d'artistes contemporains. Sa Mélodie du réel est présentée au château de Herrenchiemsee avec des œuvres maîtresses d’artistes allemands et américains présents dans les collections permanentes du musée [20][4]. Cette œuvre a été acquise en 2016 par le musée, qui l'a intégrée à ses collections permanentes.

Cette même année, la ville de Hong Kong organise la première rétrospective consacrée à son œuvre : trente-cinq dessins et peintures, pour la plupart prêtées par des collections publiques ou privées et couvrant ses trente ans de carrière, sont exposées au City Hall de Hong Kong, avec le soutien du ministère français des Affaires étrangères [21].

Enfin, Verdier réalise en 2014 une peinture monumentale de 13 mètres de haut dans l’entrée de la nouvelle tour Majunga à La Défense. Ce travail a été commandité par Unibail-Rodamco, sous l’égide de l’architecte Jean-Paul Viguier.

Ses dernières recherches autour de la dynamique des formes ont conduit Fabienne Verdier à explorer les liens possibles entre la musique et la peinture, particulièrement entre les lignes sonores et picturales. Artiste en résidence pendant plusieurs mois à la Juilliard School de New York, elle a travaillé avec certains de ses principaux professeurs – Darrett Adkins, Kenny Barron, William Christie, Philip Lasser et Edith Wiens –, et avec de nombreux étudiants. Un documentaire du réalisateur Mark Kidel relate les expériences approfondies entreprises dans son studio-laboratoire de la Juilliard (sortie prévue courant 2016 )[22].

En 2017, à l’invitation du Festival d’Aix-en-Provence et de son Académie, Fabienne Verdier s'installe dans la Chapelle de la Visitation pour y explorer de nouveaux territoires entre le jeu de la ligne sonore et de la ligne peinte. L’objectif de ce projet qui se déroulera sur deux années (2017 et 2018) est d’être en mesure de proposer au public une nouvelle expérience immersive et vibratoire dans une installation à 360°[23].

À partir de juillet 2017, l'artiste est également représentée par la galerie Lelong [24].

Processus créatif[modifier | modifier le code]

Le processus créatif de Fabienne Verdier comprend la plupart du temps trois phases, avec des techniques mixtes 26. D’abord, elle consigne ses recherches, pensées et observations dans des carnets de notes, des esquisses et des encres sur papier. Ensuite, elle prépare la toile en appliquant des couches successives de pigment et de vernis afin d’obtenir le degré désiré de vibration, de saturation et de profondeur de la couleur. Enfin, en se tenant debout directement sur le châssis et en utilisant des outils qu’elle a elle-même mis au point, elle met en forme la matière pour exprimer les forces vitales fondamentales[25].

Expositions[modifier | modifier le code]

Personnelles (sélection)[modifier | modifier le code]

2016 Patrick Derom Gallery, Bruxelles, Belgique[26]

2016 Waddington Custot Galleries, Londres, Royaume-Uni[27][28]

2015 Galerie Alice Pauli, Lausanne, Suisse

2014 Rétrospective, Le French May, City Hall, Hong Kong, commissaire d'exposition: Daniel Abadie

2013 Galerie Jaeger Bucher, Paris, France

2013 “Fabienne Verdier, L’Esprit de la Peinture, Hommage aux Maîtres Flammands”, Musée Groeninge et Musée Hans Memling, Bruges, Belgique, commissaire d'exposition: Daniel Abadie

2013 Art Plural Gallery, Singapore

2009 Galerie Jaeger Bucher, Paris, France

2007 Galerie Alice Pauli, Lausanne, Suisse

2005 Galerie Alice Pauli, Lausanne, Suisse

Collectives (sélection)[modifier | modifier le code]

2017 “Passion de l'Art”, Musée Granet, Aix-en-Provence, France

2017 “Restless Gestures”, National Museum of Art, Architecture & Design, Oslo, Norvège

2017 “Fabienne Verdier Meets Sigmar Polke. Talking Lines”, Pinakothek der Moderne, Munich, Allemagne, commissaires d'exposition: Bernhard Maaz et Corinna Thierolf

2016 “Collection Looser – Museum Folkwang, A Dialogue”, Museum Folkwang, Essen, Allemagne, commissaires d'exposition: Mario von Lüttichau et Florian Steininger

2016 “The World Meets Here”, Custot Gallery, Dubai, Emirats Arabes Unis, Dubaï

2015 “Köningsklasse III”, organisé par Pinakothek der Moderne, Munich, au palais d'Herrenschiemsee, Bavarie, Allemagne, commissaire d'exposition: Corinna Thierolf

2014 “Formes Simples”, Centre Pompidou-Metz, France, commissaire d'exposition: Jean de Loisy

2014 “Köningsklasse II”, organisé par Pinakothek der Moderne, Munich au palais d'Herrenschiemsee, Bavarie, Allemagne, commissaire d'exposition: Corinna Thierolf

2013 “The Hubert Looser Collection”, Kunsthaus, Zurich, Suisse, commissaire d'exposition: Philippe Büttner

2012 “My Private Passion – Foundation Hubert Looser”, Kunstforum, Vienne, Autriche, commissaire d'exposition: Florian Steininger

2011 “Art of Deceleration, from Caspar David Friedrich to Ai Wei Wei”, Kunstmuseum, Wolfsburg, Allemagne, commissaire d'exposition: Markus Brüderlin

2009 “Elles@Centre Pompidou”, Musée National d’Art Moderne, Centre Georges Pompidou, Paris, France, commissaire d'exposition: Camille Morineau

Références[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fabienne Verdier, Passagère du silence, dix ans d’initiation en Chine, Paris, Albin Michel, 2003, p. 71-123. (ISBN 2-226-14185-5) (notice BnF no FRBNF39051989)
  2. http://fabienneverdier.com/db/video/master-huang-yuan/
  3. Doris Von Drathen, Painting Space, op. cit., p. 160. (ISBN 9788881588527)
  4. a et b http://www.lemonde.fr/culture/article/2014/06/05/fabienne-verdier-l-infini-au-bout-du-pinceau_4432899_3246.html
  5. http://www.albin-michel.fr/Passagere-du-silence-EAN=9782226141859
  6. Philippe Büttner, Die Sammlung Hubert Looser im Kunsthaus Zürich/The Hubert Looser Collection at Kunsthaus Zürich, cat. exp. (7 juin-8 septembre 2013), Zurich, Kunsthaus, 2013, p. 78. (ISBN 9783858813985)
  7. Markus Brüderlin, The Art of Deceleration, Motion and Rest in Art from Caspar David Friedrich to Ai Weiwei, cat. exp. (12 novembre 2011-9 avril 2012), Ostfildern, Kunstmuseum Wolfsburg und Hatje Cantz Verlag, 2011. (ISBN 9783775732437)
  8. Ingried Brugger et Florian Steininger, Hubert Looser Collection, cat. exp. (26 avr.-15 juil.), Vienne, Bank Austria Kunstforum / Ostfildern, Hatje Cantz Verlag, 2012. (ISBN 9783775732352)
  9. http://www.kunsthaus.ch/sammlung-looser/en/
  10. Jean de Loisy, Formes Simples, cat. exp. (13 juin 2014-5 janvier 2015), Metz, Centre Pompidou–Metz, 2014. (ISBN 9782359830309)
  11. https://www.centrepompidou.fr/cpv/ressource.action?param.id=FR_R-4bdd1123d8caa9439b76410c9c535ce&param.idSource=FR_O-cc748ce024d377ae7d67e8b233d59bcb
  12. http://www.huffingtonpost.fr/alexia-guggemos/exposition-fabienne-verdier-maitres-flammands_b_2996535.html
  13. Daniel Abadie (dir.), Fabienne Verdier, l’esprit de la peinture : hommage aux maîtres flamands, Paris, Albin Michel, 2013. (ISBN 9782226246547)
  14. http://www.erasmushouse.museum/Page.php?ID=3683&language=eng
  15. Alexandre Vanautgaerden, Fabienne Verdier et les Maîtres flamands, notes et carnets, Paris, Albin Michel, 2014. (ISBN 9782226246554)
  16. http://exb.fr/fr/le-catalogue/45-palazzo-torlonia-fabienne-verdier.html
  17. Michael Peppiatt, Fabienne Verdier, cat. exp. (25 jan.-9 mars 2013), Singapour, Art Plural Gallery, 2013, p. 58-75. (ISBN 9789810750268)
  18. Energy Fields, Fabienne Verdier, cat. exp. (21 sept. -2 novembre 2013), Paris, Galerie Jaeger Bucher, 2013.
  19. http://www.lefigaro.fr/culture/2013/05/14/03004-20130514ARTFIG00235-les-tribulations-d-un-architecte-en-chine.php.
  20. http://www.pinakothek.de/koenigsklasseIII.
  21. Daniel Abadie, Fabienne Verdier : la traversée des signes, Paris, Albin Michel, 2014. (ISBN 9782226258397)
  22. http://www.calliopemedia.co.uk/continuing-work-with-fabienne-verdier/
  23. http://culturebox.francetvinfo.fr/theatre/theatre-contemporain/video-360deg-paysages-sonores-de-fabienne-verdier-259859/
  24. http://eye.galerie-lelong-news.com/m?r=pDg1NDLEEGzQutCsTChkTkvQmG_QpzUF6wgCxBD3LRvQgCTQoiNB0LZX0IEU0MXQ39C-AbpyZWluZWJ1ZHByaW50ZW1zQG9yYW5nZS5mcpTEEA0SStCI0NY60IBF0IPQ02YTKwd9BqDEEFt4c9CE0NTQwTtN0JwL0IMnJevQntCmoMQQ0NF50MAR0NLQgxNN0IgSGdCzOdDKIu6gxBDQufXQylHnStCRQdCJN0hmENDIGOGg
  25. http://www.france5.fr/et-vous/France-5-et-vous/Les-programmes/LE-MAG-N-5-2013/articles/p-17486-Fabienne-Verdier-Peindre-l-instant.htm
  26. https://www.patrickderomgallery.com/pastexhibitions
  27. http://www.waddingtoncustot.com/artists/104-fabienne-verdier/
  28. https://www.nytimes.com/2016/11/16/t-magazine/art/fabienne-verdier-rhythms-reflections-juilliard-experiment.html

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alain Rey et Josette Rey-Debove (dir.), Le Petit Robert de la Langue Française, avec 22 tableaux originaux par Fabienne Verdier, Paris, Le Robert, 2017.
  • Daniel Abadie, Fabienne Verdier, la traversée des signes, Paris, Albin Michel, 2014.
  • Alexandre Vanautgaerden, Fabienne Verdier et les Maîtres flamands, notes et carnets, Paris, Albin Michel, 2014.
  • Daniel Abadie (dir.), Fabienne Verdier, l’esprit de la peinture : hommage aux maîtres flamands, Paris, Albin Michel, 2013.
  • Doris Von Drathen, Painting Space, Fabienne Verdier, Milan, Edizioni Charta, 2012.
  • Corinna Thierolf et Éric Fouache, Fabienne Verdier, Palazzo Torlonia, textes de Paris, Xavier Barral, 2011.
  • Fabienne Verdier, Entre ciel et terre, textes de Charles Juliet, Paris, Albin Michel, 2007.
  • Charles Juliet, Entretien avec Fabienne Verdier, Paris, Albin Michel, 2007.
  • Fabienne Verdier, Passagère du silence, dix ans d’initiation en Chine, Paris, Albin Michel, 2003.
  • Fabienne Verdier, L'Unique Trait de pinceau, préface Cyrille Javary et Jacques Dars, Paris, Albin Michel, 2001.

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Mark Kidel, Fabienne Verdier : peindre l’instant, film documentaire, Films d’Ici, 2012.
  • Philippe Chancel, Fabienne Verdier : Flux, film documentaire, 2010.

Liens externes[modifier | modifier le code]