Fabienne Verdier

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Fabienne Verdier
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Fabienne Verdier, née le à Paris, est une artiste peintre française. Elle vit et travaille à Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

1985-2004 : formation en Chine et premières expositions[modifier | modifier le code]

En 1983, à 22 ans, Fabienne Verdier part étudier en Chine, au Sichuan Fine Arts Institute, à Chongqing. Elle choisit de travailler avec les derniers grands peintres chinois ayant survécu à la Révolution culturelle, les persuadant de transmettre leur art d’une peinture spontanée et leurs théories esthétiques, malgré les multiples interdictions 1 2. Elle est la première étrangère à recevoir de cette université un diplôme supérieur en art. Elle commence alors à développer sa propre peinture abstraite 3.

Verdier rentre en France en 1992, après presque une décennie d’immersion en Chine et de travail intense. Dans Passagère du silence, publié par Albin Michel en 2003, elle décrit son apprentissage au sein d’un système de pensée radicalement différent. Le livre, qui reçoit plusieurs prix, est traduit en six langues et vendu à plus de 230 000 exemplaires 4 5.

Plusieurs expositions personnelles ont lieu en France, ainsi que dans d’autres pays européens et en Asie.

2005-2007 : minimalistes et expressionnistes abstraits[modifier | modifier le code]

Fabienne Verdier consacre trois années à l’étude des expressionnistes abstraits et des minimalistes américains.

En 2005, intéressée par le dynamisme et l’énergie des peintures exposées à Lausanne, à la galerie Alice Pauli, la fondation Hubert Looser de Zurich commande à Fabienne Verdier la création d’une série qui entre en résonnance avec les œuvres abstraites expressionnistes et minimalistes d’artistes américains de sa collection permanente – parmi lesquels John Chamberlain, Donald Judd, Willem de Kooning, Ellsworth Kelly et Cy Twombly 6.

Plusieurs musées ont depuis montré des peintures de cette série dans des expositions (“Art of Deceleration, from Caspar David Friedrich to Ai Wei Wei”, Kunstmuseum, Wolfsburg, 2011 7 ; “My Private Passion – Foundation Hubert Looser”, Kunstforum, Vienne, 2012 8 ; “The Hubert Looser Collection”, Kunsthaus, Zurich, 2013 9 ; “Formes simples”, Centre Pompidou-Metz, 2014 10).

En 2007, le musée national d’Art moderne de Paris (Centre Pompidou) acquiert pour la première fois une œuvre de Fabienne Verdier 11.

2008-2013 : primitifs flamands[modifier | modifier le code]

En 2009, Fabienne Verdier entame une nouvelle intense période de recherche et de peinture. Depuis longtemps fascinée par la force de la palette des primitifs flamands du xve siècle, mais aussi par l’énergie émanant de l’apparente immobilité qui habite leurs tableaux, elle crée un ensemble d’esquisses et de peintures, inspiré en particulier par six œuvres majeures : La Vierge au chanoine Van der Paele (1436) et Portrait de Margaret van Eyck (1439) de Jan van Eyck ; La Mort de la Vierge (c. 1481) de Hugo van der Goes ; le Triptyque Moreel de Hans Memling (1484) ; et le diptyque de Simon Marmion Vierge de douleur et Christ de Pitié (c. 1460) 12 13.

En 2013, les musées Groeninge et Memling à Bruges exposent le résultat de son travail au côté des tableaux qui l’ont inspiré. Daniel Abadie, en tant que commissaire d’exposition, édite un recueil intitulé Fabienne Verdier, L’Esprit de la Peinture 14. Ses carnets et ses dessins préparatoires sont montrés à la Maison d’Erasme à Bruxelles 15. Fabienne Verdier et les Maîtres flamands, notes et carnets d’Alexandre Vanautgaerden est publié aux éditions Albin Michel 16.

Pour approfondir sa recherche sur la spontanéité intuitive du geste que suppose la peinture a fresco, Verdier se tourne également vers les fresques italiennes et les maîtres du Quattrocento. Pendant cette période, la famille Torlonia, à Rome, lui commande des fresques monumentales (5 x 8 m) pour une pièce de réception du palais familial. On retrouve ses recherches liées à ce projet dans Fabienne Verdier, Palazzo Torlonia, par Eric Fouache et Corinna Thierolf (2010) 17.

2013-2016 : dynamique des formes[modifier | modifier le code]

En 2013, Fabienne Verdier découvre qu’elle peut prolonger son geste en dématérialisant ses pinceaux et en les remplaçant par une réserve de matière qui lui permet de moduler le débit de l’encre ; cela la conduit à mettre au point une nouvelle technique qu’elle nomme « Walking Painting 18 ». L’année suivante, la galerie Jaeger Bucher, à Paris, présente ce travail lors d’une exposition qui lui est consacrée 19. Cette recherche, qui se poursuit, fait l’objet d’un film dont la diffusion est prévue en 2017 20.

En 2013, l’architecte Jean Nouvel demande également à Fabienne Verdier de l’aider par ses réflexions et ses dessins dans la conception du nouveau National Art Museum of China (NAMOC) de Pékin 21, afin de parvenir à transposer dans la forme du bâtiment la simplicité, l’énergie et la puissance d’un unique trait de pinceau.

En 2014, la Pinakothek der Moderne de Munich invite Fabienne Verdier à contribuer à une installation de sept travaux d'artistes contemporains. Sa Mélodie du réel est présentée au château de Herrenchiemsee avec des œuvres maîtresses d’artistes allemands et américains présents dans les collections permanentes du musée 22 23. Cette œuvre a été acquise en 2016 par le musée, qui l'a intégrée à ses collections permanentes.

Cette même année, la ville de Hong Kong organise la première rétrospective consacrée à son œuvre : trente-cinq dessins et peintures, pour la plupart prêtées par des collections publiques ou privées et couvrant ses trente ans de carrière, sont exposées au City Hall de Hong Kong, avec le soutien du ministère français des Affaires étrangères 24.

Enfin, Verdier réalise en 2014 une peinture monumentale de 13 mètres de haut dans l’entrée de la nouvelle tour Majunga à La Défense. Ce travail a été commandité par Unibail-Rodamco, sous l’égide de l’architecte Jean-Paul Viguier.

Ses dernières recherches autour de la dynamique des formes ont conduit Fabienne Verdier à explorer les liens possibles entre la musique et la peinture, particulièrement entre les lignes sonores et picturales. Artiste en résidence pendant plusieurs mois à la Juilliard School de New York, elle a travaillé avec certains de ses principaux professeurs – Darrett Adkins, Kenny Barron, William Christie, Philip Lasser et Edith Wiens –, et avec de nombreux étudiants. Un documentaire du réalisateur Mark Kidel relate les expériences approfondies entreprises dans son studio-laboratoire de la Juilliard (sortie prévue courant 2016 25).

Processus créatif[modifier | modifier le code]

Le processus créatif de Fabienne Verdier comprend la plupart du temps trois phases, avec des techniques mixtes 26. D’abord, elle consigne ses recherches, pensées et observations dans des carnets de notes, des esquisses et des encres sur papier. Ensuite, elle prépare la toile en appliquant des couches successives de pigment et de vernis afin d’obtenir le degré désiré de vibration, de saturation et de profondeur de la couleur. Enfin, en se tenant debout directement sur le châssis et en utilisant des outils qu’elle a elle-même mis au point, elle met en forme la matière pour exprimer les forces vitales fondamentales.

Livres et films[modifier | modifier le code]

  • Daniel Abadie, Fabienne Verdier, la traversée des signes, Paris, Albin Michel, 2014.
  • Daniel Abadie (dir.), Fabienne Verdier, l’esprit de la peinture : hommage aux maîtres flamands, Paris, Albin Michel, 2013.
  • Alexandre Vanautgaerden, Fabienne Verdier et les Maîtres flamands, notes et carnets, Paris, Albin Michel, 2014.
  • Doris Von Drathen, Painting Space, Fabienne Verdier, Milan, Edizioni Charta, 2012.
  • Mark Kidel, Fabienne Verdier : peindre l’instant, film documentaire, Films d’Ici, 2012.
  • Fabienne Verdier, Palazzo Torlonia, textes de Corinna Thierolf et Éric Fouache, Paris, Xavier Barral, 2011.
  • Philippe Chancel, Fabienne Verdier : Flux, film documentaire, 2010. 
  • Fabienne Verdier, Entre ciel et terre, textes de Charles Juliet, Paris, Albin Michel, 2007.
  • Charles Juliet, Entretien avec Fabienne Verdier, Paris, Albin Michel, 2007.
  • Fabienne Verdier, Passagère du silence, dix ans d’initiation en Chine, Paris, Albin Michel, 2003.
  • Fabienne Verdier, L'Unique Trait de pinceau, préface Cyrille Javary et Jacques Dars, Paris, Albin Michel, 2001.

Notes[modifier | modifier le code]

1. Fabienne Verdier, Passagère du silence, dix ans d’initiation en Chine, Paris, Albin Michel, 2003, p. 71-123. ISBN 9782226141855

2. http://fabienneverdier.com/db/video/master-huang-yuan/

3. Doris Von Drathen, Painting Space, op. cit., p. 160. ISBN 9788881588527

4. http://www.lemonde.fr/culture/article/2014/06/05/fabienne-verdier-l-infini-au-bout-du-pinceau_4432899_3246.html

5. http://www.albin-michel.fr/Passagere-du-silence-EAN=9782226141859

6. Philippe Büttner, Die Sammlung Hubert Looser im Kunsthaus Zürich/The Hubert Looser Collection at Kunsthaus Zürich, cat. exp. (7 juin-8 sept. 2013), Zurich, Kunsthaus, 2013, p. 78. ISBN 9783858813985

7. Markus Brüderlin, The Art of Deceleration, Motion and Rest in Art from Caspar David Friedrich to Ai Weiwei, cat. exp. (12 nov. 2011-9 avr. 2012), Ostfildern, Kunstmuseum Wolfsburg und Hatje Cantz Verlag, 2011. ISBN 9783775732437

8. Ingried Brugger et Florian Steininger, Hubert Looser Collection, cat. exp. (26 avr.-15 juil.), Vienne, Bank Austria Kunstforum / Ostfildern, Hatje Cantz Verlag, 2012. ISBN 9783775732352

9. http://www.kunsthaus.ch/sammlung-looser/en/

10. Jean de Loisy, Formes Simples, cat. exp. (13 juin 2014-5 jan. 2015), Metz, Centre Pompidou–Metz, 2014. ISBN 9782359830309

11. https://www.centrepompidou.fr/cpv/ressource.action?param.id=FR_R-4bdd1123d8caa9439b76410c9c535ce&param.idSource=FR_O-cc748ce024d377ae7d67e8b233d59bcb

12. http://www.huffingtonpost.fr/alexia-guggemos/exposition-fabienne-verdier-maitres-flammands_b_2996535.html

13. https://www.youtube.com/watch?v=hJq3Wh1meiA

14. Daniel Abadie (dir.), Fabienne Verdier, l’esprit de la peinture : hommage aux maîtres flamands, Paris, Albin Michel, 2013. ISBN 9782226246547

15. http://www.erasmushouse.museum/Page.php?ID=3683&language=eng

16. Alexandre Vanautgaerden, Fabienne Verdier et les Maîtres flamands, notes et carnets, Paris, Albin Michel, 2014. ISBN 9782226246554

17. http://exb.fr/fr/le-catalogue/45-palazzo-torlonia-fabienne-verdier.html

18. Michael Peppiatt, Fabienne Verdier, cat. exp. (25 jan.-9 mar. 2013), Singapour, Art Plural Gallery, 2013, p. 58-75. ISBN 9789810750268

19. Energy Fields, Fabienne Verdier, cat. exp. (21 sept.-2 nov. 2013), Paris, Galerie Jaeger Bucher, 2013.

20. Walking Painting, réalisation : Ghislain Baizeau ; image : Ned Burgess ; montage : Grégoire Pontécaille ; musique : Nicolas Namoradze ; durée : 10’47’’.

21. http://www.lefigaro.fr/culture/2013/05/14/03004-20130514ARTFIG00235-les-tribulations-d-un-architecte-en-chine.php.

22. http://www.pinakothek.de/koenigsklasseIII.

23. http://www.lemonde.fr/culture/article/2014/06/05/fabienne-verdier-l-infini-au-bout-du-pinceau_4432899_3246.html

24. Daniel Abadie, Fabienne Verdier : la traversée des signes, Paris, Albin Michel, 2014. ISBN 9782226258397

25. http://www.calliopemedia.co.uk/continuing-work-with-fabienne-verdier/

26. http://www.france5.fr/et-vous/France-5-et-vous/Les-programmes/LE-MAG-N-5-2013/articles/p-17486-Fabienne-Verdier-Peindre-l-instant.htm

Liens externes[modifier | modifier le code]