Sylvain Boulouque

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Sylvain Boulouque
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Biographie
Activité

Sylvain Boulouque est un historien français.

Il a publié des ouvrages sur l'histoire du communisme et de l'anarchisme.

Biographie[modifier | modifier le code]

Depuis 2010, il est enseignant dans le secondaire et à l'Ecole supérieure du professorat et de l'éducation de l'académie de Versailles.

Il a été allocataire moniteur puis attaché temporaire d'enseignement et de recherche à l'université de Reims puis chargé de cours dans les universités de Reims et de Paris III - Censier.[1],[2],[3].

Il a enseigné l'histoire et la géographie au lycée Paul-Langevin à Suresnes et Gustave-Eiffel à Rueil-Malmaison.

Par ailleurs il est membre du comité de rédaction de la revue Communisme[réf. nécessaire].

Il est membre de l’éditorial board de Twentieth Century Communism[4]. Il contribue également à la revue mensuelle « socialiste de critique littéraire, culturelle, artistique » LOURS, éditée par l'Office universitaire de recherche socialiste.

Il collabore au think tank Fondapol, qui se définit comme de centre-droit et d'orientation libérale[5],[6].

Entre 1994 et 2003, il collabore à la revue d'histoire populaire Gavroche[7] et entre 1996 et 2004 à la revue La Nouvelle alternative, animée par Karel Bartosek.

En 2011, il a également publié une biographie de Maurice Tréand, le responsable des cadres pendant l’entre deux du PCF qui a tenté de faire reparaitre l'Humanité en 1940[8],[9].

Depuis 2012, en tant qu'« historien de la gauche radicale », il anime un « Observatoire de la gauche radicale » sur le site du Nouvel Observateur[10].

Il publie aussi des critiques sur le site Nonfiction[11], qui vise à « faire valoir les points de vue progressistes[12], à défendre et valoriser les livres de sciences sociales »[13].

En 2014, il contribue au Dictionnaire des anarchistes.

Il a contribué au dictionnaire biographique du mouvement ouvrier[14].

Il collabore également à la fondation Jean Jaurès, proche du parti socialiste[15].

En 2017, Sylvain Boulouque a participé avec ses élèves au projet de l’association "convoi 77". Ce travail a a été présenté sur France Culture en juin 2017.

En novembre 2018, il souligne dans plusieurs médias la présence importante de l’extrême droite dans certaines manifestations du début du mouvement des gilets jaunes[16].

Travaux[modifier | modifier le code]

Il collabore au Livre noir du Communisme (1997) dirigé par Stéphane Courtois, dans lequel il rédige le chapitre consacré à l'Afghanistan.

Dans Les listes noires du PCF (2008), Sylvain Boulouque étudie avec l'historien Franck Liaigre les listes de noms dressées par la direction du Parti communiste français entre 1931 à 1945. Ces listes, décrivent les auteurs, forment un total de vingt-huit et furent publiées dans la presse du Parti communiste, sous forme de brochures et de documents pour les responsables de l'organisation. Douze sont établies avant 1939, treize durant l'Occupation et trois à la Libération.

Avant la guerre, les motifs premiers d'inscription sur ces listes ne sont pas l'exclusion politique (26 %) mais le soupçon d'« infiltration policière » (37 %) ou le vol (31,1 %)[17].

Les auteurs qui, selon l'historien Jean-Pierre Besse, « ont une très bonne connaissance des fonds d’archives de la Préfecture de police de Paris et en particulier des Brigades spéciales » avancent que 2 300 personnes furent inscrites sur ces listes et nombre d'entre elles furent assassinées à ce titre pendant la Seconde Guerre mondiale[18]. Jean-Pierre Besse estime que certaines conclusions et affirmations « auraient mérité d’être plus argumentées. »[17].

Controverses et erreurs[modifier | modifier le code]

Guy Môquet : le mythe et l'histoire[modifier | modifier le code]

Dans un article écrit avec Jean-Marc Berlière et paru dans Le Monde du , « Guy Môquet : le mythe et l'histoire »[19] et reparu le sous un titre légèrement différent[20], il avance l'idée d'une instrumentalisation par le Parti communiste français de la figure de Guy Môquet et des autres otages de Châteaubriant en [19]. Guy Môquet était le fils d'un député communiste « condamné par la IIIe République pour son refus de désavouer le pacte germano-soviétique » : « prisonnier de la logique d'un parti enfermé dans les compromissions de l'alliance Staline-Hitler, Guy Môquet n'a pas pu être le « résistant » qu'on célèbre à tort »[19].

Observatoire de la gauche radicale[modifier | modifier le code]

Selon le politologue et ancien fondateur de l'organisation d'extrême gauche Révolution !, Henri Maler sur le site Acrimed : « Un phénomène étrange s’est produit [en 2012] sur le site du Nouvel Observateur [...] : l’apparition d’un… « Observatoire de la gauche radicale ». Curieusement, cet observatoire ne comporte (pour l’instant…) qu’un seul titulaire. Il s’agit d’un historien - un « expert » donc - du nom de Sylvain Boulouque. Plus étonnant : cet observateur est membre du comité de rédaction de la revue Communisme dont l’anticommunisme (c’est leur droit…) confond allègrement enquête historique et enquête policière (ce qui semble moins bien…). Dernière stupéfaction : Sylvain Boulouque est aussi contributeur (voire membre ?)[réf. nécessaire] de Fondapol, un think tank particulièrement engagé dans la défense effrénée du libéralisme. Son président n’est autre que Dominique Reynié »[21].

Drapeau de la Picardie, un symbole monarchiste[modifier | modifier le code]

Il est interrogé par BFM TV le 2 décembre 2018, en tant que « spécialiste des mouvements sociaux », pour analyser la manifestation du 1er décembre. Dans ce reportage, il analyse les différentes formes de violences présentes et confond le drapeau de la Picardie d’ancien régime avec un symbole monarchiste, déclarant notamment : « on voit un drapeau avec des fleurs de lys, qui illustre la monarchie et la volonté d’un retour du roi », faisant un rapprochement avec l'extrême droite royaliste[22],[23],[24].

Il reconnaît ensuite son erreur dans un échange avec Le Courrier picard[25] et souligne par ailleurs dans un article sur le site de l’Obs, qu’il a subi une attaque de la "fachosphère" qu’il considère comme une « pratique totalitaire de l’intimidation »[26].

À la suite de cette erreur, la chaîne d'information BFM TV fait son mea culpa[27],[28].

Agression du philosophe Alain Finkielkraut[modifier | modifier le code]

Lors d'un reportage sur TF1 le 17 février 2019, Sylvain Boulouque est interrogé en tant qu'expert à propos de l'agression verbale dont le philosophe Alain Finkielkraut a fait l'objet en marge d'une manifestation des Gilets jaunes. Boulouque accuse alors un des agresseurs d'être proche de l'humoriste Dieudonné. Cette accusation étant faite à tort[29], il reconnait le lendemain s’être trompé de personne. Au journal télévisé de 20h du 19 février, TF1 présente ses excuses à la suite de cette erreur.

Manouchian : l’armée du crime[modifier | modifier le code]

Il signe avec l’historien Stéphane Courtois une tribune dans Le Monde, reprochant au film de Robert Guédiguian, L'Armée des ombres, de ne pas rendre compte de la réalité historique et de préférer la légende[30]. Robert Guédiguian leur a répondu que la légende s’appuyait sur des faits réels[31].

Kronstadt[modifier | modifier le code]

En 1998, lors des polémiques qui suivent la parution du Livre noir du communisme, il signe avec Jean-Louis Panné, un autre des auteurs du livre une tribune dans Libération[32], reprochant au philosophe trotskiste Daniel Bensaïd[33] de minimiser la continuité entre Lénine et Staline et de passer sous silence le rôle de la répression de Kronstadt.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

En coécriture[modifier | modifier le code]

Préfaces[modifier | modifier le code]

Contributions à des ouvrages collectifs[modifier | modifier le code]

  • Voline, Itinéraire : une vie, une pensée, n°13, 1996, p. 3–10, télécharger.
  • 1899 : un débat sur le sionisme dans le mouvement anarchiste, in Philippe Oriol (textes réunis par), Bernard Lazare anarchiste et nationaliste juif, Honoré Champion, 1999, p. 173–180.
  • Présence de Louis Mercier-Vega, Atelier de création libertaire, 1999, notice.
  • Les paradoxes des anarchistes face au sionisme et à la naissance de l’État d’Israël, Archives juives, 2003-1, volume 36, p. 100-108.
  • Violence, guerre, et révolution : l'exemple communiste, Sylvain Boulouque (coord.), Éditions L'Âge d'Homme, 2004, notice.
  • Traîtres et trahisons. Guerres, imaginaires sociaux et constructions politiques, Séli Arslan, 2007, notice, (ISBN 978-2-84276-132-5).
  • Anarchisme et judaïsme dans le mouvement libertaire en France. Réflexions sur quelques itinéraires, in Amedeo Bertolo (sous la dir.), Juifs et anarchistes, éditions de l'Éclat, 2008, p. 113–124, texte intégral.
  • Question juive et antisémitisme : sionisme et antisionisme. Recueil de textes marxistes et anarchistes, Ni patrie ni frontières, 2008 notice.
  • Réseaux et affinités : les amitiés libertaires d’Albert Camus, in Le don de la liberté : les relations d'Albert Camus avec les libertaires, Rencontres méditerranéennes Albert Camus, 2009, notice.
  • Anarchisme, Berlin-Est, Communisme, Internationalisme, Joyeux Maurice, Lazarévitch Nicolas, Lénine, Louis Mercier-Vega, Parti communiste Français, Silone Ignazio, société, URSS in Jean-Yves Guérin, Dictionnaire Albert Camus, Robert Laffont, 2013, 47-49, 84, 169-171, 425-426, 451-452, 472-473, 475-476, 644-645, 826, 838, 843-845, 905-906.

Publications scientifiques[modifier | modifier le code]

  • Les anarchistes et les soulèvements coloniaux. De la guerre d'Indochine à la guerre d'Algérie, L'Homme et la société, n°123-124, 1997, Actualité de l'anarchisme, p. 105–117, texte intégral.

Articles[modifier | modifier le code]

  • « À la Mémoire de Nikolas Tchorbadieff », in Gavroche, n°79, janvier-février 1995, p. 22–23.
  • « Les Anarchistes, le sionisme et la naissance de l'État d'Israël », in Gavroche, n°101, septembre-octobre 1998, p. 15–18, texte intégral.
  • « Paradoxes anarchistes sur la « question juive », À Contretemps, n°35, « L’anarchiste et le juif », septembre 2009, texte intégral.
  • « Une vie de luttes », in Voline, Itinéraire : une vie, une pensée, no 13, 1996, 88 pages, lire en ligne.
  • « Ida Gilman, dite Mett, médecin et anarchiste », in Archives juives, 2001/2 pp.126-127[34].
  • « Document Intervention de Benoît Frachon à la conférence clandestine de l'Internationale syndicale rouge (Moscou, 23 août 1935) », in Vingtième siècle, 2003/3 (no 79), pp. 105 à 116[35].
  • « Les paradoxes des anarchistes face au sionisme et à la naissance de l'État d’Israël », in Archives juives 2003/1 (Vol. 36), pages 100 à 108[36].
  • « Anarchisme et judaïsme dans le mouvement libertaire en France », dans Amédéo Bertolo, Juifs et anarchistes, L’éclat, 2008, pp.113 - 124[37]
  • « Étendre le communisme : cercles concentriques, couronnes extérieures et enclaves rouges. Les frontières du monde communiste en Europe occidentale des années 1920 aux années 1950 », in Sabine Dullin et Sophie Cœuré, Les frontières du communisme, Paris, La découverte, 2007, pp. 27-41[38].
  • « L’extrême gauche et la mémoire du communisme entre dénégation, exaltation et hypomnésie », in Sortir du communisme, changer d’époque, Presses Universitaires de France, 2011, pp.637-657.
  • « Si loin si proches: anarchistes et situationnistes" in archives et documents situationnistes", Denoël, 2003, pp. 69-83
  • « Albert Camus et témoins" in Bulletin de la société d'études camusiennes, n° 83, 2008 pp. 21-26
  • « Le communisme aubois dans l'entre deux guerres », La vie en champagne, n°45, 2006, pp;15-33
  • « L'aube : micro histoire d'un communisme en crise », in Frederic Guegelot et Bruno Maes, Passion de la découverte, culture de l'échange. Mélanges offerts à Nicole Moine et Claire Prévotat, Langres, éditions Dominique Guéniot, 2006, pp. 132-143.
  • « Le Mouvement communiste dans l'aube », in Stéphane Courtois, Communisme en France éditions Cujas, 2006, pp. 45-86[39].
  • « Les cadres communistes et la violence : expériences de formation et pratique politique (1920-1939) »[40], in François Audigier (sous la direction de ), Se battre pour ses idées, Riveune éditions, 2011, pp. 21-32.
  • « Saïl Mohamed, un anarchiste algérien en France », Migrance, n°3, 1994, texte intégral[41].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1]
  2. [2]
  3. [3]
  4. (en) « About Twentieth Century Communism », sur Lawrence & Wishart, (consulté le 23 mars 2019)
  5. Fondation pour l'innovation politique, Sylvain Boulouque, contributions.
  6. Fondation pour l'innovation politique
  7. [4]
  8. « Lafon Boulouque Tréand L'OURS 401 », sur www.lours.org (consulté le 22 mars 2019)
  9. http://est-et-ouest.fr/revue/HL043_articles/043_125.pdf
  10. Tempsreel.nouvelobs.com, [5].
  11. « Sylvain BOULOUQUE - Fiche personnelle - Nonfiction », sur www.nonfiction.fr (consulté le 22 mars 2019)
  12. Nonfiction : contributions.
  13. Entretien de Frédéric Martel à Livres Hebdo, 31 août 2007
  14. « Annuaire des auteurs - Maitron », sur maitron-en-ligne.univ-paris1.fr (consulté le 22 mars 2019)
  15. « Expert », sur Fondation Jean-Jaurès (consulté le 22 mars 2019)
  16. TV5MONDE, « Gilets Jaunes : Sylvain Boulouque, historien spécialiste des mouvements sociaux », (consulté le 22 mars 2019)
  17. a et b « Compte rendu de Sylvain Boulouque, Franck Liaigre, Les listes noires du PCF, 2008 », Jean-Pierre Besse, Le Mouvement Social, mis en ligne le 24 octobre 2009
  18. Les listes noires du PCF, Paris, Calmann-Lévy, 2008, 260 pages
  19. a b et c Jean-Marc Berlière et Sylvain Boulouque, « Guy Môquet : le mythe et l'histoire », Le Monde, 23 juin 2007.
  20. Jean-Marc Berlière et Sylvain Boulouque, « Guy Môquet : « récupérations politiques », Le Monde.fr, 22 octobre 2007.
  21. Henri Maler, Petit expert deviendra grand : la « gauche radicale » sous surveillance d’un « observateur », 10 février 2012, texte intégral.
  22. BFMTV, « Drapeau de la Picardie: la mise au point de BFMTV », sur BFMTV (consulté le 5 décembre 2018)
  23. « Un expert sur BFMTV a-t-il confondu le drapeau picard avec un drapeau d'extrême-droite? », sur Libération.fr, (consulté le 5 décembre 2018)
  24. « Un expert de BFM prend le drapeau de la Picardie pour un symbole monarchiste », sur Le Courrier Picard (consulté le 5 décembre 2018)
  25. « Après son erreur sur le drapeau de la Picardie, l’historien de BFM «très attaqué par la fachosphère» », sur Le Courrier Picard (consulté le 22 mars 2019)
  26. « "Comment la fachosphère est partie à l'assaut après mon passage sur BFM" », sur L'Obs (consulté le 22 mars 2019)
  27. « Un expert de BFM prend le drapeau de la Picardie pour un symbole monarchiste », sur Le Courrier Picard (consulté le 4 décembre 2018)
  28. « Un expert sur BFMTV a-t-il confondu le drapeau picard avec un drapeau d'extrême-droite? », sur Libération.fr, (consulté le 4 décembre 2018)
  29. « Un proche de Dieudonné a-t-il insulté Alain Finkielkraut, comme l'a dit un historien sur TF1? », sur Libération.fr, (consulté le 20 février 2019)
  30. « "L'armée du crime" de Robert Guédiguian, ou la légende au mépris de l'histoire », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant,‎ (lire en ligne, consulté le 22 mars 2019)
  31. « "L'Affiche rouge", cinéma, histoire et légende, par Robert Guédiguian », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant,‎ (lire en ligne, consulté le 22 mars 2019)
  32. https://www.liberation.fr/tribune/1998/01/27/pour-defendre-la-these-d-une-discontinuite-entre-lenine-trotski-et-staline-daniel-bensaid-n-hesite-p_226052
  33. « Staline n'est pas le communisme »
  34. « Ida Gilman », sur cairn.info (consulté le 22 mars 2019)
  35. « Document Intervention », Vingtième Siècle,‎ (lire en ligne)
  36. « Les paradoxes des anarchistes », sur cairn.info
  37. « Anarchaisme et judaisme dans le mouvement libertaire », sur cairn.info
  38. « Etendre le communisme », sur cairn.info
  39. « Communisme en France, de la révolution documentaire au renouveau historiographique »
  40. Les cadres communistes et la violence: expériences de formation et pratique politique (1920-1939) (ttps://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb42651360r)
  41. « Saïl Mohamed, un anarchiste algérien en France »

Liens externes[modifier | modifier le code]