Epoch Times

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The Epoch Times
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Locaux d’Époch Times à Montréal en 2015.
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The Epoch Times (chinois simplifié : 大纪元时报 ; chinois traditionnel : 大紀元時報 ; pinyin : dà jì yuán shí bào) est un journal multilingue fondé en par John Tang et un groupe de Sino-Américains membres du Falun Gong. Il a son siège à New York et des ramifications dans différents pays.

Le journal et ses différentes plateformes de diffusion, publiant des théories du complot et propageant des fausses informations, est connu aussi pour le soutien qu'il apporte au président américain Donald Trump et aux politiques d'extrême droite en Europe[1],[2],[3],[4].

Le journal dispose de bureaux dans chaque pays pour ses éditions locales et un réseau de correspondants dans le monde entier. Il existe sur internet en vingt-et-une langues et sa version imprimée est vendue ou distribuée gratuitement, en quotidien ou en hebdomadaire, dans environ trente-cinq pays, avec des éditions en anglais, chinois, français et quatorze autres langues.

Fondation[modifier | modifier le code]

The Epoch Times est fondé en 2000 par John Tang, membre du Falun Gong arrivé de Chine aux États-Unis en 1993 et par des Chinois de la diaspora également membres de ce mouvement. La publication se décrit comme voulant s'opposer à la censure de l'information des médias chinois et à la répression du mouvement Falun Gong[5] interdit en Chine depuis 1999.

Le , The Epoch Times lance son premier quotidien à Washington. En , la première édition en langue anglaise est lancée à New York, ainsi que Washington, Los Angeles, San Francisco, et dans plusieurs autres villes comme San Diego, San Francisco, Boston, Dallas et à Chicago[6].

L'édition française date de 2004. Elle est diffusée à Paris (France) et Montréal (Canada).

Groupe médiatique[modifier | modifier le code]

The Epoch Times fait partie d'un groupe de médias, The Epoch Media Group, complété par la station de télévision New Tang Dynasty Television (NTDTV) et par la station de radio Son de l'espoir. Ces deux médias ont débuté en langue chinoise, mais ils sont maintenant disponibles en plusieurs langues.

Finances[modifier | modifier le code]

Selon un article de Kevin Roose paru dans le New York Times le , on sait peu de choses sur les finances et l'organigramme de The Epoch Times. Pour l'année 2017, l'association à but non lucratif qui la dirige a déclaré au fisc américain avoir eu 8,1 millions de dollars de rentrées et 7,2 millions de dollars de dépenses[7].

Diffusion[modifier | modifier le code]

Yuezhi Zhao, professeur adjoint de la communication à l'université Simon Fraser au Canada, a écrit en 2003 que le site internet et le groupe Epoch Times avaient « développé un des plus grands réseaux d'informations et groupes de presse en langue chinoise hors de Chine, au cours des deux dernières années, avec des éditions locales dans plus de trente états américains, au Canada, en Australie, en Nouvelle-Zélande, au Japon, en Indonésie, à Taïwan, à Hong Kong et dans les principaux pays d'Europe occidentale »[8]. Le journal est diffusé gratuitement[9]

Une diffusion par voie postale, en 2020, en pleine épidémie de COVID-19, dans les boîtes aux lettres au Canada choque une partie de la population, y voyant des méthodes similaires à la propagande de leur voisin des États-Unis. Cette publication accuse le Parti communiste chinois de mettre le monde en danger, le virus y est nommé le « virus du PCC » de façon similaire à ce que Donald Trump appelle le « virus chinois », ou encore le « virus communiste ». Pour Jean-Hugues Roy, professeur à l’École des médias de l’UQAM, le journal y perd toute crédibilité. Le journal accuse le PCC de « créer une pandémie mondiale », affirmation qui met en avant, selon la politologue Marie-Ève Reny, un parti-pris du journal, décalé d'« une réalité sociale et politique plus complexe ». Cette diffusion non sollicitée, réalisée par Postes Canada, a également suscité des questionnements. L’unité syndicale des employés de Postes Canada a demandé l'arrêt de cette diffusion, mais cet arrêt a été refusé par la poste et le ministère qui en est responsable[9].

Ligne éditoriale[modifier | modifier le code]

Une enquête menée par la chaîne NBC News à l'été 2019 a mis en lumière les liens du média avec des organismes affiliés au Falun Gong, notamment les spectacles de danse Shen Yun et le diffuseur vidéo NTD, ajoutant que ces organismes ont apparemment les mêmes méthodes, financements et dirigeants[10].

Une analyse du champ lexical du journal, lors d'une étude de Jean-Hugues Roy, professeur à l’École des médias de l’UQAM, met en avant que sur 900 000 mots analysés sur un ensemble de 5 400 articles de l'édition en anglais, les termes « Falun Gong », « Chinese Regime », « Communist Party » et « Chinese Communist » sont les plus fréquents[9].

Liens avec Falun Gong[modifier | modifier le code]

Initialement, The Epoch Times visait les lecteurs chinois vivant à l'étranger pour leur rapporter les différents abus et le fonctionnement interne du parti communiste chinois (PCC). Les articles sur la Chine sont alors souvent critiques vis-à-vis du régime chinois, particulièrement envers le parti communiste. Le journal est le seul à couvrir la persécution du Falun Gong, et relate la poursuite en justice de l'ancien président chinois Jiang Zemin en vertu de la législation en matière de génocide[11],[12], que beaucoup de journaux grand public n'ont pas couverte.

En 2005, le San Francisco Chronicle a rapporté que « les trois nouveaux médias américains en langue chinoise qui fournissaient des articles sur l'oppression du gouvernement et les troubles sociaux en Chine [à savoir The Epoch Times, Sound of Hope, et New Tang Dynasty TV (NTDTV)] avaient des liens avec le mouvement spirituel Falun Gong ». Lors de l'entretien, les dirigeants de chaque média ont dit qu'ils ne représentaient pas le mouvement du Falun Gong bien qu’ils n'aient pas hésité à en parler, le sujet étant très censuré et galvaudé en Chine[13]. Les employés du journal sont néanmoins dans leur majorité des pratiquants du Falun Gong sans être journalistes professionnels et The Epoch Times couvre favorablement le mouvement et reprend les vues de ce dernier sur le gouvernement chinois[14].

Un rapport du Congrès des États-Unis donne The Epoch Times comme étant affilié au mouvement Falun Gong[15]. De même, pour le sinologue Antoine Paoli[16] et pour Benjamin Penny et David Ownby[17], le journal est lié de près à ce mouvement. Cependant, de manière similaire à la New Tang Dynasty Television, le journal dément tout lien direct avec ce groupe[17],[18], son porte-parole déclarant : « The Epoch Times n'est pas financé par Falun Gong, ne parle pas au nom de Falun Gong et ne représente pas Falun Gong »[19].

Thèmes couverts[modifier | modifier le code]

Le journal porte sur les questions d'intérêt général en mettant l'accent sur l’actualité en Chine et les droits de l'homme[20]. Le journal couvre les causes et les groupes persécutés par la république populaire de Chine (RPC), comprenant les dissidents, les chrétiens, les Ouïghours, le Falun Gong, les militants et sympathisants du gouvernement tibétain en exil, les avocats, les journalistes, les artistes, les professeurs, les villageois expropriés, les avortements forcés, les intoxications sanitaires, etc. Le site The Epoch Times accueille également un service de « démissions du PCC », un mouvement de désobéissance civile encourageant les Chinois à quitter le PCC et ses organisations connexes. Le gouvernement chinois de la RPC bloque l’accès au site The Epoch Times en Chine[21].

Prise de position pro-Trump depuis 2016[modifier | modifier le code]

Au moment de l’élection présidentielle de 2016, The Epoch Times commence à publier davantage d'articles soutenant Trump et critiquant ses adversaires[1]. En 2019 et 2020, plusieurs médias notent la ligne éditoriale pro-Trump très nette du journal[1],[2]. Les décrypteurs de Radio Canada ont également reçu de nombreux courriers leur signalant des similitudes entre la posture éditoriale du journal et la rhétorique de Donald Trump en [9].

Controverses[modifier | modifier le code]

Le , Facebook interdit les publicités des deux pages principales de The Epoch Times « Coverage of the Trump Presidency » et « Trending World », sans donner de raison[22]. The Epoch Times diffuse alors ses publicités via d’autres comptes : « Honest Paper », « Patriots of America », « Pure American Journalism » et « Best News »[23]. Le , NBC News publie un article dénonçant la campagne de publicité d'ET sur Facebook[3]. Facebook interdit à The Epoch Times toute publicité sur la plateforme Facebook pour non-respect des règles de transparence concernant la publicité à des fins politiques[24],[25],[26], suite à l’article de NBC News[27] et en vertu de cette règle[28] : « Les publicités ne doivent pas recourir à des tactiques visant à contourner notre processus d’examen des publicités ni d’autres systèmes d’application de règlements. Cela comprend les techniques visant à obscurcir le contenu ou la page de destination de la publicité. Exemple : Tenter de créer d’autres comptes publicitaires après que les comptes existants ont été sanctionnés pour violation de nos règlements. ».

Dans ces publicités politiques, The Epoch Times met en avant notamment le Spygate, une théorie conspirationniste affirmant que l'administration de Barack Obama avait des espions au sein de la campagne de Donald Trump[29]. Avant son bannissement, The Epoch Times était un des plus importants diffuseurs de publicité sur Facebook[30]. À la suite de cette sanction, le journal a lancé une vaste opération publicitaire sur YouTube[1].

En , Facebook annonce la découverte de 600 faux-comptes liés à The Epoch Times, gérés par des utilisateurs vietnamiens et américains et des bots utilisant de l'intelligence artificielle pour leur photographie de profil, pour porter des messages pro-Trump[30],[31]. L'ensemble du réseau était suivi par 55 millions de personnes, principalement en dehors des États-Unis, pour un montant dépensé en publicité politique de près de 10 millions de dollars[32].

Toujours en 2019, plusieurs médias font valoir qu'en France et en Allemagne, depuis 2016, The Epoch Times a une ligne éditoriale diffusant des informations conspirationnistes et mettant en avant les idées de l'extrême droite[33].

En 2019 et 2020, plusieurs médias notent la ligne éditoriale pro-Trump très nette du journal, l'utilisation de désinformations et de théories du complot et le financement de publicités politiques en faveur de Trump et d'idées conservatrices[1],[2].

En 2020, Radio Canada mentionne, entre autres exemples « des demi-vérités et des inexactitudes » véhiculées par Epoch Times, un article d'opinion prétendant que les pays les plus touchés par le coronavirus sont ceux avec lesquels la Chine a des « intérêts importants » (à savoir l’Iran, la Corée du Sud, La France et le Japon). Or, selon Radio Canada, « seuls deux de ces pays figurent parmi les dix plus grands partenaires commerciaux de la Chine et à l'inverse sept des dix plus grands partenaires ne sont pas parmi les dix pays les plus touchés »[9]. Selon Snopes, le journal Epoch Times fait également une relation hâtive entre la fermeture de 21 millions de comptes de téléphones cellulaires et de 840 000 lignes fixes à un nombre de décès supposé équivalent. Selon d'autres analystes, ce chiffre paraît peu probable, car il équivaudrait à cacher 7 000 fois plus de décès que le nombre officiellement déclaré. D'après China Mobile, les lignes ont été fermées en raison des changements d'habitude de vie. De nombreux chinois ayant l'habitude d'avoir deux cartes SIM dans leurs téléphones dont l'une est consacrée aux relations sociales, cette activité est réduite pendant le confinement, les clients ont fermé leur compte supplémentaire. Les travailleurs migrants ayant également deux cartes SIM, une pour leur lieu d'habitation et une pour leur lieu de travail. La réduction de l'activité liée au virus, et le retour au foyer les a conduit à supprimer la deuxième ligne, devenue inutile le temps du confinement[9],[34],[35].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e (en-US) Kevin Roose, « Epoch Times, Punished by Facebook, Gets a New Megaphone on YouTube », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le )
  2. a b et c Widoobiz, « Epoch times et populisme : les liaisons dangereuses », sur Widoobiz, (consulté le )
  3. a et b (en) « Trump, QAnon and an impending judgment day: Behind the Facebook-fueled rise of The Epoch Times », sur NBC News (consulté le )
  4. « NewsGuard, la start-up anti « fake news », se lance en France », sur Les Echos, (consulté le )
  5. (en) Thomas Lun, « China and Falun Gong », Congressional Research Service,‎ , p. 8 (lire en ligne[archive])
  6. Michael Miner (14 octobre 2005). "Down With the Chinese Tyrants! Chicago's latest free weekly has a simple editorial message". Chicago Reader.
  7. (en) Kevin Roose, « Epoch Times, Punished by Facebook, Gets a New Megaphone on YouTube », sur The New York Times,  : « The nonprofit Epoch Times Association, which operates it, reported $8.1 million in revenue and $7.2 million in expenses on its 2017 public tax filings.” »
  8. Zhao, Yuezhi, "Falun Gong, Identity, and the Struggle over Meaning Inside and Outside China", p. 209–223 in Contesting Media Power: Alternative Media in a Networked World, edited by Nick Couldry and James Curran (Rowman & Littlefield, 2003).
  9. a b c d e et f « Malaise autour de la distribution gratuite de l'Epoch Times », sur ici.radio-canada.ca, .
  10. (en) Kevin Roose, « Epoch Times, Punished by Facebook, Gets a New Megaphone on YouTube », sur The New York Times,  : « An investigation by NBC News last summer found ties between the outlet and other Falun Gong-affiliated organizations, such as the Shen Yun dance performance series and the video broadcaster NTD, and said the organizations “appear to share missions, money and executives.” »
  11. Présentation de grandtrial.org.
  12. Global Coalition to Bring Jiang to Justice, sur sourcewatch.org.
  13. Vanessa Hua, Dissident media linked to Falun Gong / Chinese-language print, broadcast outlets in U.S. are making waves", San Francisco Chronicle, 18 décembre 2005.
  14. (en) « White House reviews incident involving Epoch Times photographer handing a folder to Trump », sur Washington Post, (consulté le ).
  15. (en) Thomas Lun, China and Falun Gong, Congressional Research Report for Congress #RL33437, Congressional Research Service, (lire en ligne), p. CRS-8 : « The Epoch Times, a U.S.-based newspaper affiliated with Falun Gong ».
  16. Antoine Paoli, sinologue, Falungong : la secte qui fait peur à Pékin, Politique internationale, n° 94, hiver 2002.
  17. a et b (en) Wendy Smith, Globalizing Asian religions : management and marketing, Amsterdam, Pays-Bas, Amsterdam University Press, , 380 p. (ISBN 978-94-6298-144-7 et 94-6298-144-2, OCLC 1040529642, lire en ligne), p. 123-124.
  18. (en) Susan V. Lawrence, « Falun Gong Fields Media Weapons », sur WSJ, (consulté le ).
  19. (en) Eugenia Chien, Falun Gong-Linked Media Venture Makes Waves, Raises Questions, New America Media, News Analysis, 16 mai 2006.
  20. Peter Schworm (December 3, 2007). "Chinese-American activists decry China's communism". The Boston Globe.
  21. "Reporters sans frontières – China", Rsf.org.
  22. (en-US) Brittany De Lea, « Facebook accused by lawmaker of aiding Chinese Communist Party », sur Fox Business Network, (consulté le )
  23. « Rep Jim Banks Letter to FB 11.14.2019 », sur Scribd (consulté le )
  24. Brandy Zadrozny et Ben Collins, « Facebook interdit les publicités de The Epoch Times après un énorme achat pro-Trump », sur NBC News,
  25. Davey Alba, « Facebook Bans Ads From The Epoch Times », sur The New York Times,
  26. Samuel Braslow, « Inside the Shadowy World of Shen Yun and Its Secret Pro-Trump Ties », sur Los Angeles Magazine,
  27. (en) Rachel Siegel, « Facebook bans ads from the Epoch Times for violating transparency policies with pro-Trump ads », sur The Washington Post, (consulté le )
  28. « Facebook », sur m.facebook.com (consulté le )
  29. Steven Melendez, « What’s the deal with the ‘Epoch Times’? Here’s why you’re seeing so much pro-Trump content », sur Fast Company,
  30. a et b Ben Collins, « Facebook says a pro-Trump media outlet used artificial intelligence to create fake people and push conspiracies », sur NBC News,
  31. Paris Martineau, « Facebook Removes Accounts With AI-Generated Profile Photos », sur Wired,
  32. Hannah Murphy, « Facebook bans pro-Trump media outlet over fake accounts », sur Financial Times, .
  33. Seth Hettena, « The Obscure Newspaper Fueling the Far-Right in Europe », sur The New Republic, .
  34. (en) David Mikkelson, « Did Millions of Canceled Cellphones Reveal Unreported Coronavirus Deaths in China? »,
  35. (en) Shirley Zhao, « China’s Mobile Carriers Lose 21 Million Users as Virus Bites », sur Bloomberg,

Liens externes[modifier | modifier le code]