Fritz Brodowski

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Fritz von Brodowski
Naissance
Köslin
Décès (à 57 ans)
près de Besançon (France)
Allégeance Flag of the German Empire.svg Empire allemand
Flag of Germany.svg République de Weimar
Flag of Germany (1935–1945).svg Troisième Reich
Arme Balkenkreuz.svg Wehrmacht, Heer
Grade Général
Années de service -1944
Conflits Première Guerre mondiale
Seconde Guerre mondiale

Fritz von Brodowski est un général allemand de la Seconde Guerre mondiale ( - ).

Biographie[modifier | modifier le code]

Avant 1938, il est commandant du Reiter-Regiment 16 (de)[1] de la Reichswehr. Du au , il est nommé inspecteur des forces armées de réserves à Stuttgart.

Le , il est nommé chef de la Feld-Ersatz-Division B[2] (division de remplacement sur le terrain B) auprès de l'Armée hongroise, avec pour mission de contrôler son engagement tactique et sa mise en état de défense sur le Don. Du au , il commande la 404e division (Landesschützen)[3] à Dresde. Chef de l'état-major d'instruction auprès du commandant de la Wehrmacht aux Pays-Bas. Oberfeldkommandant (commandant en chef) à Kiev en Ukraine à l'été 1943, Oberfeldkommandant à Lille. Le , il devient Oberfeldkommandant à Clermont-Ferrand (HVS 588).

En 1944, Fritz Brodowski est commandant du HVS 588[4] qui contrôle, par l'intermédiaire des VS[5], neuf départements : Corrèze, Haute-Vienne, Creuse, Dordogne, Haute-Loire, Puy-de-Dôme, Cantal, Allier, Indre

Fin , le général von Brodowski inquiet des concentrations de maquis dans le Cantal demande au KHS[6] installé à Lyon l'engagement de troupes pour combattre les « bandes terroristes ».

Il fait créer par le général Kurt Von Jesser, en , une division destinée à la répression et à l’anéantissement des maquisards auvergnats et limousins, et qui sévira dans ces régions de juin à .

Le , il est à la tête de la Kampfgruppe von Brodowski et combat sur le front des Vosges où il est capturé par les troupes françaises, près de Jussey, le . Emprisonné dans la citadelle de Besançon, il est tué le 28 octobre 1944 dans des circonstances troubles.

Circonstances de sa mort[modifier | modifier le code]

Officiellement, le général von Brodowski aurait été tué « par une sentinelle sénégalaise » alors qu'il tentait de s'évader de la citadelle de Besançon. C'est la version que le général de Lattre donna pour la première fois dans son Histoire de la 1ère armée française, publiée en 1949.

Cette version a été totalement remise en cause lors d'une conférence prononcée en 1991 par M. Grandhay devant la Société d'agriculture, lettres, sciences et arts de Vesoul. M. Grandhay a en effet révélé, lors de cette conférence de 1991, être en possession d'un récit écrit dans les années 70 par un prêtre de Haute-Saône qui était son ami. Ce dernier avait demandé à l'époque à M. Grandhay de ne faire connaître son récit qu'après son décès et en respectant son anonymat. Ce prêtre était encore séminariste en 1944 et avait rejoint les FFI. Le soir du 28 octobre 1944, le séminariste était chef de poste chargé de la garde des prisonniers allemands de la citadelle de Besançon. Lui et d'autres sentinelles décidèrent de tuer le général von Brodowski en simulant une tentative d'évasion de ce dernier. Le séminariste a donc demandé à un FFI, dénommé X..., de se cacher près de la chambre du général dont la porte avait été délibérément laissée ouverte par les FFI et sans surveillance apparente, dans le but d'inciter le captif à s'échapper. Au moment où le général sortit de sa chambre, le FFI l'abattit de deux balles. Le séminariste et ses camarades expliquèrent par la suite à leurs supérieurs que le général avait soi-disant essayé de désarmer la sentinelle et de s'échapper. Le récit circonstancié de l'assassinat du général von Brodowski, écrit par le prêtre, a été publié en larges extraits par Henri Amouroux, en annexe de La Grande Histoire des Français après l'Occupation, septembre 1944 - octobre 1945[7].

Une autre version de la mort du général von Brodowski a été révélée en 2017 par une historienne, Anne-Laure Charles, laquelle a rencontré un ancien FFI dénommé Jean Meyer, âgé de 17 ans en 1944. Jean Meyer a prétendu être celui qui avait abattu le général, alors que ce dernier avait tenté de « l'agresser au moment où le jeune FFI était en train d'uriner »[8]. Toutefois, l'historienne et le FFI n'expliquent pas pourquoi la porte de la chambre du général était restée ouverte.

Sigles[modifier | modifier le code]

HVS : Hauptverbindungsstab (état-major principal de liaison)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. 16e régiment de cavalerie.
  2. Feldersatz-Division B.
  3. Les Landesschützendivisionen sont des unités d'infanterie territoriales composées de personnel plus âgé utilisé pour des fonctions de garde et de la garnison. Ce sont l'équivalent des régiments d'infanterie terroriaux française.
  4. Les Hauptverbindungsstäbe (HVS) sont des états-majors principaux de liaison placés auprès des préfets de région.
  5. Les Verbindungsstäbe (VS) sont des états-majors de liaison auprès des préfets.
  6. Le Kommandant Heeresgebiet Südfrankreich (KHS) est le commandement militaire de la zone d'armée en France du Sud.
  7. Henri Amouroux, La Grande Histoire des Français après l'Occupation, septembre 1944 - octobre 1945, Paris, Robert Laffont, collection Bouquins, édition de 1999, p. 1199-1202 (annexes)
  8. « L'ado qui tua le général allemand », L'Est Républicain,‎ , p. 4, édition de Besançon (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Louis Le Moigne et Marcel Barbanceys, Sédentaires, réfractaires et maquisards : l'Armée secrète en Haute-Corrèze (1942-1944), Association amicale des maquis A. S. de Haute-Corrèze, 1979.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]