François-Xavier-Antoine Labelle

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Antoine Labelle
Image illustrative de l'article François-Xavier-Antoine Labelle
Biographie
Nom de naissance François-Xavier-Antoine Labelle
Naissance
Sainte-Rose, Bas-Canada
Ordination sacerdotale
Décès
Québec, Québec
Autres fonctions
Fonction religieuse
Curé et protonotaire apostolique
Fonction laïque
Sous-commissaire de l'agriculture et de la colonisation du Québec (1888 à 1891)

Signature de Antoine Labelle

Blason
« Pater Meus Agricola »

Antoine Labelle, né le à Sainte-Rose et décédé le à Québec, est un ecclésiastique québécois ayant pris part à la colonisation des Laurentides. Il est parfois surnommé le « roi du Nord » ou bien, plus simplement, le « curé Labelle »[1].

Le fonds d'archives d'Antoine Labelle est conservé au centre d'archives de Montréal de Bibliothèque et Archives nationales du Québec[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Né en 1833, il est le seul fils[3] d'Angélique Maher et d'Antoine Labelle, cordonnier[4]. Il étudie au séminaire de Sainte-Thérèse. Les premières années de sa vie sont mal connues, mais on sait qu'il aimait lire Auguste Nicolas et Joseph de Maistre. Il ajoute François-Xavier à son prénom, saint François-Xavier étant un modèle pour lui. Il est ordonné prêtre le après une brève formation théologique de 1852 à 1855. Il est doté d'un physique imposant : il mesure 1,80 m et pèse 140 kg[5].

Curé bâtisseur[modifier | modifier le code]

Antoine Labelle en 1864 (photographie de William Notman)

D'abord nommé vicaire à Sault-au-Récollet par l'évêque Ignace Bourget, il devient curé à la paroisse de Saint-Antoine-Abbé, près de la frontière avec les États-Unis, où il exerce son ministère jusqu'en 1863. Ensuite, il est prêtre à Saint-Bernard-de-Lacolle. Il se présente aussi comme volontaire pour lutter contre l'invasion des Féniens. Vers 1867, il exprime un épuisement, demandant d'être transféré dans un diocèse américain ou dans un monastère. L'évêque Bourget le somme de rester, lui accordant la populeuse paroisse de Saint-Jérôme.

Labelle trouve de grands besoins à combler dans sa nouvelle communauté, et il cherche immédiatement à faire développer le chemin de fer dans la région pour encourager le développement économique. Un de ses objectifs est de faire cesser l'émigration des Canadiens français vers les États-Unis.

Son action sociale est reconnue, et il est comparé à Auguste-Norbert Morin, qui a fondé Sainte-Adèle. Au total, il fait venir cinq mille habitants dans le sol colonial. Le gouvernement élu à la suite de la Confédération canadienne accorde de larges subventions à son grand projet. Hugh Allan et John Joseph Caldwell Abbott lui rendent hommage en 1873, et lorsque le premier tronçon du chemin Montréal-Saint-Jérôme est inauguré le , une des locomotives porte son nom.

En 1879, Arthur Buies se joint à sa cause. Le coureur des bois Isidore Martin lui prête également main-forte. Labelle fonde la société de colonisation du diocèse de Montréal, ainsi qu'une loterie pour la colonisation. Cette même année, il souhaite que le diocèse d'Ottawa puisse devenir un archidiocèse.

Implication politique[modifier | modifier le code]

Statue du curé Antoine Labelle, à Saint-Jérôme

En 1887, il demande l'érection canonique du diocèse de Saint-Jérôme. Le , il est appelé par Honoré Mercier pour occuper le poste de sous-commissaire au département de l'agriculture et de la colonisation. Il tente de faire venir des immigrants français dans les diocèses canadiens.

La fin de sa vie est marquée par des difficultés avec le parti conservateur, qui fait pression auprès de Mgr Édouard-Charles Fabre, car Labelle est devenu trop libéral à son goût. Labelle avait en effet combattu les ultramontains, quelques années après avoir soutenu la campagne de Joseph-Adolphe Chapleau.

Nommé protonotaire apostolique, ses projets de reconquête spirituelle et économique du Canada gênent son évêque et la curie romaine, et il doit ultimement abandonner son projet. Mercier refuse sa démission en tant que sous-ministre. Avant de mourir, il voulait se rendre à Rome, mais il meurt avant d'avoir pu le faire, le à l'âge de 57 ans.

Hommages[modifier | modifier le code]

Depuis le , il est désigné « personnage historique du Québec » en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel[6] à l'occasion du 125e anniversaire des 125 ans de décès du Roi du Nord. La Ville de Saint-Jérôme l'a d'ailleurs désigné ainsi quelques années plus tôt.

Un grand monument, œuvre du sculpteur Alfred Laliberté, est érigé en son honneur en 1924 au parc Labelle, devant la cathédrale de Saint-Jérôme[7]. Il est un des personnages principaux des séries télévisées Les Belles Histoires des pays d'en haut (1956-1970) et Les Pays d'en haut (2016-). En 2016, la Ville de Saint-Jérôme organisera des activités afin de commémorer le décès d'Antoine Labelle.

Plusieurs éléments géographiques ont été nommés en l'honneur d'Antoine Labelle, dont :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. dianejoly.ca
  2. Fonds Antoine Labelle (P774) - Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).
  3. Ses parents auront aussi une fille en 1841, mais elle meurt à l'âge de quatre ans. Robert Lévesque, Labelle et Camillien : deux figures du populisme canadien-français, VLB éditeur, Montréal, 2009, 332 pages, (ISBN 978-2-89649-074-5), page 24
  4. Lévesque, op. cit., page 23
  5. Gabriel Dussault, « Labelle, François-Xavier-Antoine », sur L'Encyclopédie canadienne, Historica-Dominion,‎ (consulté le 29 mars 2010)
  6. La ministre Hélène David annonce la désignation du curé Antoine Labelle comme personnage historique
  7. Monument de François-Xavier-Antoine-Labelle de Saint-Jérôme
  8. Sepaq – Réserve faunique de Papineau-Labelle

Liens externes[modifier | modifier le code]