Fort-Louis

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Fort-Louis
Fort-Louis
L'entrée sud du fort Carré.
Blason de Fort-Louis
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Collectivité territoriale Collectivité européenne d'Alsace
Circonscription départementale Bas-Rhin
Arrondissement Haguenau-Wissembourg
Intercommunalité Communauté de communes du Pays Rhénan
Maire
Mandat
Daniel Cousandier
2020-2026
Code postal 67480
Code commune 67142
Démographie
Gentilé Fort-Ludoviciens, Fort-Ludoviciennes [1]
Population
municipale
287 hab. (2021 en diminution de 4,33 % par rapport à 2015)
Densité 23 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 48′ 07″ nord, 8° 03′ 26″ est
Altitude Min. 113 m
Max. 122 m
Superficie 12,31 km2
Type Commune rurale
Aire d'attraction Commune hors attraction des villes
Élections
Départementales Canton de Bischwiller
Législatives Huitième circonscription
Localisation
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Fort-Louis
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Fort-Louis
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Fort-Louis

Fort-Louis est une commune française située dans la circonscription administrative du Bas-Rhin et, depuis le , dans le territoire de la Collectivité européenne d'Alsace, en région Grand Est. Cette ancienne place forte et ville nouvelle a été construite ex nihilo par Vauban au XVIIe siècle. La commune se trouve dans la région historique et culturelle d'Alsace.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

La commune est baignée par la Moder.

Les communes limitrophes sont Auenheim, Dalhunden, Rœschwoog, Roppenheim, Stattmatten, Rheinmünster, Neuhaeusel, Rountzenheim-Auenheim et Hügelsheim.

Climat[modifier | modifier le code]

En 2010, le climat de la commune est de type climat des marges montargnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000[2]. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental et est dans la région climatique Alsace, caractérisée par une pluviométrie faible, particulièrement en automne et en hiver, un été chaud et bien ensoleillé, une humidité de l’air basse au printemps et en été, des vents faibles et des brouillards fréquents en automne (25 à 30 jours)[3].

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 10,7 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 17,9 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 904 mm, avec 10,6 jours de précipitations en janvier et 10 jours en juillet[2]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Scheibenhard », sur la commune de Scheibenhard à 21 km à vol d'oiseau[4], est de 11,8 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 739,0 mm. La température maximale relevée sur cette station est de 38,8 °C, atteinte le ; la température minimale est de −15,2 °C, atteinte le [Note 1],[5],[6].

Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020[7]. Ils sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en novembre 2022[8].

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Topographie[modifier | modifier le code]

Lors de la création des communes, en 1793, et jusqu'en 1818, Fort-Louis s'est appelé Fort-Vauban[9],[10] avant de retrouver son nom originel.

Typologie[modifier | modifier le code]

Fort-Louis est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 2],[11],[12],[13]. La commune est en outre hors attraction des villes[14],[15].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (37,6 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (30,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : eaux continentales[Note 3] (31,5 %), forêts (26,9 %), terres arables (20,3 %), zones agricoles hétérogènes (13,6 %), prairies (3,7 %), zones urbanisées (2,2 %), mines, décharges et chantiers (1,8 %)[16]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Histoire[modifier | modifier le code]

Création de la ville[modifier | modifier le code]

Plan du Fort Louis de 1735.

En 1686, Louis XIV confie à Vauban la construction d’une ville nouvelle fortifiée sur une île située entre deux bras du Rhin, qui sera baptisée Fort-Louis-du-Rhin. Vauban se servit vraisemblablement des pierres du château impérial (le Burg) de Haguenau, détruit en 1687, pour ériger les murailles. Le fort principal, appelé fort Carré, sera renforcé par deux têtes de pont, l'une sur la rive alsacienne (fort d'Alsace) et l'autre sur la rive badoise (fort du Marquisat).

Au sud, Vauban fait construire une ville à trame orthogonale (pour des raisons stratégiques) ; une enceinte bastionnée d'environ 4 km entoure la ville et le fort Carré. En 1688, Louis XIV accorde des privilèges conséquents et des avantages fiscaux à ceux qui décident de peupler Fort-Louis. Les habitants auront pour charge le ravitaillement de la garnison[17]. Un couvent de capucins s'installe en ville à partir de 1719[18].

Sièges[modifier | modifier le code]

La place est assiégée à plusieurs reprises au cours du XVIIIe siècle, notamment en 1793 par le général autrichien Lauer : Lors de la guerre de la Première Coalition, les troupes autrichiennes investissent Fort-Vauban (alias Fort-Louis), avec l'aide de troupes émigrées. La garnison française, forte de 4 500 hommes[19] et disposant 111 pèces d'artillerie, était commandée par le général Michel Durand[20] secondé par le chef de bataillon du génie Dominique-André de Chambarlhac[21]. Les tirs des assiégeants mirent le feu à la ville, dont la plupart des maisons étaient en bois, ainsi qu'aux forts Vauban et d'Alsace. Les civils s'étaient réfugiés dans les souterrains du fort pour tenter d'échapper aux bombardements[22],[23]. Le [24], après 1 mois de siège, manquant de munitions et de nourriture, la place tombe en présence du corps d'armée du prince de Condé. Les prisonniers républicains sont envoyés en captivité dans le Banat de Temeswar en Roumanie. Les Français reprennent possession de la place l'année suivante, sans reconstruire[17].

Le (dans le cadre de la Campagne de France), un corps d'armée russe sous Wittgenstein et un corps badois sous le comte de Hochberg passent le Rhin et rétablissent en partie les fortifications, mais après la paix, ils les rasent de nouveau. Le fort Carré est démantelé en 1818. Il est racheté par la commune en 1890[25].

État actuel[modifier | modifier le code]

Il subsiste peu de vestiges de la place forte de Fort-Louis-du-Rhin à la suite de sa prise par les Autrichiens en 1793, prise qui a entrainé des destructions importantes, ainsi que le démantèlement du fort d'Alsace[26]. L’enceinte et les ruines du fort ont été en grande partie rasés au XIXe siècle. il ne subsiste que des talus, les fossés et quelques pans de murailles du fort Carré, tous les bâtiments intérieurs ayant disparu. Les deux bras du Rhin qui entouraient l’île ont été asséchés, le fleuve passe à un kilomètre à l’est de l’agglomération dont ne subsiste que la trame orthogonale[17].

Héraldique[modifier | modifier le code]


Blason de Fort-Louis

Les armes de Fort-Louis se blasonnent ainsi :
« D'azur semé de fleurs de lys d'or, à la fasce ondée d'argent chargée d'un fortin de gueules vu en plan. »[27].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

La mairie.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
avant 1988 ? Henri Michel    
2001 mai 2020 Gérard Janus[28] FN-RN  
mai 2020 En cours Daniel Coussandier [29]   Artisan

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[30]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[31].

En 2021, la commune comptait 287 habitants[Note 4], en diminution de 4,33 % par rapport à 2015 (Bas-Rhin : +3,22 %, France hors Mayotte : +1,84 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 496356434539532452409358373
1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
305305324235244275292241256
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
268277288269227232232206187
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
179158169167223239279288328
2014 2019 2021 - - - - - -
303290287------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[32] puis Insee à partir de 2006[33].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les records sont établis sur la période du au .
  2. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  3. Les eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres.
  4. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2024, millésimée 2021, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2023, date de référence statistique : 1er janvier 2021.

Cartes[modifier | modifier le code]

  1. IGN, « Évolution comparée de l'occupation des sols de la commune sur cartes anciennes », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ).

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Bas-Rhin », sur habitants.fr (consulté le ).
  2. a et b Daniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, « Les types de climats en France, une construction spatiale », Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography, no 501,‎ (DOI 10.4000/cybergeo.23155, lire en ligne, consulté le )
  3. « Zonages climatiques en France métropolitaine. », sur pluiesextremes.meteo.fr (consulté le ).
  4. « Orthodromie entre Fort-Louis et Scheibenhard », sur fr.distance.to (consulté le ).
  5. « Station Météo-France « Scheibenhard », sur la commune de Scheibenhard - fiche climatologique - période 1991-2020. », sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le )
  6. « Station Météo-France « Scheibenhard », sur la commune de Scheibenhard - fiche de métadonnées. », sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le )
  7. « Les nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020. », sur drias-climat.fr (consulté le )
  8. « Climadiag Commune : diagnostiquez les enjeux climatiques de votre collectivité. », sur meteofrance.com, (consulté le )
  9. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui, « Notice communale : Fort-Louis », sur ehess.fr, École des hautes études en sciences sociales (consulté le ).
  10. « Fort-Louis », sur cc-paysrhenan.fr (consulté le ).
  11. « Typologie urbain / rural », sur observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  12. « Commune rurale - définition », sur le site de l’Insee (consulté le ).
  13. « Comprendre la grille de densité », sur observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  14. « Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur insee.fr, (consulté le ).
  15. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le ).
  16. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le ).
  17. a b et c « Fort-Louis | Réseau des sites majeurs Vauban », sur sites-vauban.org (consulté le ).
  18. « Cordeliers (Franciscains) — DHIALSACE », sur dhialsace.bnu.fr (consulté le ).
  19. 2 500 hommes selon cette autre source [1] .
  20. Relations des principaux sièges faits ou soutenus en Europe Volume 2 par Victor Donatien de Musset-Pathay
  21. Dont un bataillon de volontaires corréziens appelé « Bataillon de la Guillotine », et dont le drapeau représentait l’exécution du roi Louis XVI
  22. « Fort Louis », sur lieux-insolites.fr (consulté le ).
  23. Pierre Blanchard, « Histoire des batailles combats et sièges des Français », (consulté le ).
  24. Hugues Marquis, « Le général François Jarry au service de l'Angleterre (1793-1806) », Annales historiques de la Révolution française 2/2009 (n° 356), p. 93-118
  25. Nouvelle description historique et topographique des deux départements du Rhin, par Jean-Frédéric Aufschlager
  26. Le fort Marquisat, non terminé, avait été rasé à la suite du traité de Ryswick en 1697 [2].
  27. Jean-Paul de Gassowski, « Blasonnement des communes du Bas-Rhin », sur labanquedublason2.com (consulté le ).
  28. Commune de Fort-Louis sur le site de l'AMF, Association des Maires de France, consulté le 26 janvier 2012.
  29. « Répertoire national des élus (RNE) - version du 24 juillet 2020 », sur le portail des données publiques de l'État (consulté le ).
  30. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  31. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  32. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  33. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018, 2019, 2020 et 2021.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gaston Zeller, « La fondation de Fort-Louis. Documents inédits », Revue d'Alsace, t. 84,‎ , p. 377-390 (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]