Theodora (Haendel)

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Theodora est un oratorio en trois actes composé en 1749 par Georg Friedrich Haendel, sur un livret de Thomas Morell, et créé le , au Théâtre royal de Covent Garden à Londres[1]. Il raconte en musique l'histoire de la martyre chrétienne Théodora.

Genèse et création[modifier | modifier le code]

Haendel écrivit Theodora durant la dernière partie de sa carrière. Il était âgé de soixante-quatre ans lorsqu'il débuta la composition en juin 1749. Il avait écrit les oratorios Salomon et Susanna l'année qui précédait. Theodora sera son pénultième oratorio[2].

Theodora se distingue des deux oratorios précédents en raison de son caractère tragique, et de sa fin mettant en scène la mort de l'héroïne et de l'amoureux converti. C'est également le seul oratorio de Haendel en langue anglaise qui traite d'un sujet chrétien[3].

Thomas Morell (1703-1784) avait déjà travaillé avec Haendel sur plusieurs oratorios auparavant. Haendel et lui étaient alors amis. Morell s'inspira pour le livret de l'ouvrage The Martyrdom of Theodora and of Didymus (Le Martyre de Theodora et Didymus) de 1687, écrit par Robert Boyle, un éminent scientifique et théologien. Il emprunta également au Théodore, Vierge et Martyre de Pierre Corneille[3].

Haendel termina la pièce le 31 juillet 1749 et la première fut donnée le 16 mars 1750. Theodora fut un échec et ne fut joué que trois fois. Deux raisons au moins peuvent expliquer en partie cet échec: le thème de l'oratorio était assez éloigné des fresques narratives de l'Ancien Testament auxquels Haendel avait habitué son public[3], et un tremblement de terre survenu la semaine avant la première avait causé la fuite de certains des soutiens de Haendel[2]. Ce fut le moins donné des oratorios du compositeur, il ne fut repris qu'une fois en 1755.

Certains des patrons d'Haendel apprécièrent toutefois l'œuvre. Lord Shaftesbury écrivit dans une lettre à un ami:

« Je ne puis conclure cette lettre et ne pas mentionner Theodora. J'ai écouté la pièce trois fois et m'aventurerais à la citer comme la plus aboutie et la plus belle composition qu'Haendel ait écrite. (...) Le public n'aime pas du tout, mais plusieurs très bons musiciens pensent comme moi[4]. »

Argument[modifier | modifier le code]

Acte I

Au IVe siècle apr. J.-C., Valens, le gouverneur romain d'Antioche, émet un décret en l'honneur de l'anniversaire de Dioclétien qui force tous les citoyens à offrir un sacrifice à Vénus, la déesse romaine de l'amour, et à Flora, une déesse de la fertilité du printemps, sous peine de mort, et charge Septime de l'exécution du décret.

Didyme, un soldat secrètement converti au christianisme, demande à ce que les citoyens dont la croyance les empêchent de faire des sacrifices aux idoles soient épargnés de cette peine, ce que rejette Valens. Septime soupçonne Didyme d’être un chrétien et affirme sa fidélité à la loi bien qu'il a de la compassion pour ceux qui serait condamné à mourir et souhaite qu'il puisse être autorisé à étendre la miséricorde pour eux.

Théodora, une chrétienne de naissance noble et son amie Irène vénèrent leur dieu avec leurs coreligionnaires en privé plutôt que de se joindre à la fête pour l'anniversaire de l'empereur quand un messager apporte des nouvelles du décret de Valens. Septime vient les arrêter. Theodora s’attend à être mise à mort, mais est informée qu’elle a été condamné à servir comme prostituée dans le temple de Vénus. Théodora aurait grandement préféré mourir, mais est emmenée au temple. Irène en informe Didyme qui part dans l'espoir de la sauver ou de mourir avec elle. Le premier acte se termine avec un chœur de chrétiens priant pour le succès de la mission.

Acte II

Au début du second acte, la fête, l’orgie, en l'honneur de l'empereur et les déesses est apprécié par les païens. Valens envoie Septime dire à Théodora que si elle ne rejoint pas les festivités d'ici la fin de la journée, il enverra ses gardes la violer. La foule exprime sa satisfaction quant à cette sentence. Dans le temple de Vénus, qui sert de bordel, Théodora est effrayé, mais son humeur change comme elle contemple l'au-delà. Didyme avoue à son ami et supérieur Septime qu'il est chrétien et fait appel au sens de la dignité de l'autre homme. Septime permet Didyme de visiter Théodora. Au début Théodora demande à Didyme de la tuer et de mettre fin à sa souffrance, mais Didyme la persuade de s’échapper avec son uniforme, le laissant à sa place.

Acte III

Le troisième acte s’ouvre sur les chrétiens célébrant le retour en toute sécurité de Théodora. Cependant, elle se sent coupable d’avoir mis en danger la vie de Didyme afin de sauver la sienne. Un messager les informe que Didyme a été capturé et que Valens a changé la punition de Théodora en peine de mort. Théodora veut se sacrifier à la place de Didyme, malgré les protestations de sa fidèle amie Irène. Au moment où le Gouverneur Valens prononce la sentence à mort de Didyme, Théodora arrive et exige de mourir à la place du soldat. Didyme et Théodora argumentent tous deux pour mourir à la place de l’autre. Septime est ému, et plaide pour la clémence. Valens, cependant, condamne à la fois Didyme et Théodora à mort. Ils chantent alors un duo à leur immortalité.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « "Theodora" de Georg-Friedrich Haendel », France Musique, 24 octobre 2015.
  2. a et b (en) Paul Henry Lang, George Frideric Handel, Dover Books on Music, (ISBN 978-0-486-29227-4)
  3. a, b et c (en) Howard E. Smither, A History of the Oratorio: Vol. 2: the Oratorio in the Baroque Era: Protestant Germany and England, The University of North Carolina Press, (ISBN 978-0-8078-1294-5)
  4. (en) Jonathan Keates, Handel: The Man & His Music, Random House UK, (ISBN 978-1-84595-115-3)