Châamba

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Les Châamba (variante : Chaânba) (sing. : Chambi) (en arabe : شاعنباء) est une confédération de clans arabes localisée principalement en Algérie.

Population et territoire[modifier | modifier le code]

En 1961, le nombre de population a été estimé à 20 000 personnes[1]. Les Châmbas sont partagés en clan et en territoire au sud-nord deux Soufs : Tabelkosa- Guern el-Guessaâ, à l’est les Chaânbi d’El-Goléa et l’ouest le clan du Grand Erg composé de certaines tribus de Gourara et de Béni Abbès [1]. Le projet Joshua 2000 les estime à 100 000 personnes en Algérie et leur dialecte serait parlé par 220 000 personnes dans le monde[2]. Selon toujours le même institut américain, cette tribu qualifiée de Bédouine, se localise principalement en Algérie. Ils vivent en Algérie dans l'erg occidental et oriental jusqu'au sud de la frontière avec le Maroc au sud de la Tunisie et de la Libye[1]. En Algérie, ils sont dans les villes : Metlili-Chaamba, El Menia, Ouargla, El Oued, et Grand Erg Occidental, notamment Timimoun et Béni Abbès[3]. Alors que, traditionnellement, c'était des nomades spécialisés dans l'élevage de dromadaires, la plupart se sont installés dans les oasis au cours du siècle passé.

Plusieurs des Chaânba ont épousé des femmes Touareg et restent au Hoggar[1]. Les sédentaires de Metlili, la « capitale » du monde Chaambi que L. C. Briggs considère comme les plus représentatif des Chaambas primitifs pour la raison fort simple qu'ils ont plus que les autres été préservés des influences étrangères, Les populations de Chaamba se situent dans le triangle Ghardaïa-Zelfana-Metlili, et leurs terrains de parcours ne dépassent pas Ouargla à l'Est et El Goléa au Sud. (Algérie)

Origine et légende[modifier | modifier le code]

Les Châamba seraient une confédération de clans arabes, descendants de Shuyab ibn Khozaima al-Sulami des Banu Sulaym[4],[5] du nord du Sahara algérien. Ils sont en tout cas considérés comme arabes[6],[7],[8],[9],[10],[11],[12],[13],[14],[15],[16],[17],[18]. Ils sont berbères selon Ludovic Drapeyron et Charles Vélain[19] ou selon l'anthropologue Ahmed Ben Naoum, qui a déclaré que c’est une tribu berbère des Zénètes[20].

Génétique[modifier | modifier le code]

Les Chaamba sont placés génétiquement au milieu entre des populations méditerranéennes d'origine italienne et des Arabes d'Asie (Moyen-Orient), selon André Chaventré dans l'étude Évolution anthropo-biologique d'une population touarègue, numéros 103 à 104 , tandis que les arabes reguibat de Mauritanie et ceux de la Saoura sont classés avec les Haratins, et les Berbères de Siwah, les Berbères de Msirdah et les Kabyles[21].

Culture et traditions[modifier | modifier le code]

Les Chaâmba parlent un dialecte arabe qualifié de hilalien[1].

Au printemps, la fête du dromadaire est célébrée[22]. Des Chaâmba du Mali ainsi que d'autres tribus châambis de diverses régions d'Algérie viennent participer à la fête du dromadaire[22].

Les Chaâmba sont le parfait exemple des bédouins arabes : Plus que tout autre peuple du Sahara, les Chaâmba ont parcouru et « possédé » d’immenses étendues de désert. Ils ont avancé très loin vers le Sud et représentent, sans nul doute, l’une des branches les plus hardies et les plus entreprenantes du monde arabe[1].

Musique[modifier | modifier le code]

On ne retrouve pas de trace de la tradition poétique hilalienne chez les Chaâmba[1].

Économie[modifier | modifier le code]

Les Châambas étaient nomades et pratiquaient l'élevage [22].

Les régions de Metlili-Chaâmba possèdent des dattiers du type deglet nour[22].

Histoire[modifier | modifier le code]

Les Chaambas, arrivés en Afrique du Nord lors des invasions hilaliennes, vinrent s'installer sur la place du Ksar de Metlili vers le début du xive siècle, repoussant devant eux les berbères zénètes.

En 1317, afin de trouver une solution aux divergences et aux guerres entre arabes Châamba malékites et les berbères mozabites ibadites[1], les deux confédérations décident d’échanger des familles entre Metlili et Mélika[1]. L'acte a été ratifié par un contrat écrit et fut conservé par les Mozabites[1]. Ensuite, plusieurs familles de Beni Mathar et de Beni Khefiane ont occupé une partie du Ksar Delbouna à Metlili et en ont assuré la gouvernance[1]. Les Châamba ont envoyé plusieurs familles afin d’occuper le quart de la ville de Mélika[1]. Actuellement, les descendants des ibadites à Metlili ou les Beni Brahim, sont de doctrine malékites[1]. Ces familles se sont éparpillées à Tamanrasset, ainsi qu'à Timimoun ou In Salah ainsi qu’à El Goléa et au Maroc[1].

Au début du xviie siècle, les Chaambas se fractionnent en trois clans : les Chaambas Mouadhi partirent vers El Goléa, les Chaambas Bou-Rouba choisirent Ouargla, et seul le groupe des Chaambas Berezga demeure à Metlili ; enfin, quelques fractions se fixèrent dans le Nord-Ouest du désert, sur le piedmont de l'Atlas. Ces différents groupes, bien que se querellant parfois entre eux, s'uniront toujours lorsqu'il s'agira de combattre les tribus voisines : Said Otba, Laarba, Ouled Badjouda ; le raid des différentes communautés Chaambas assemblées contre les tribus nomades des Berbères du Nord-Ouest en 1876 restera dans les annales de la région[23].

Contemporain[modifier | modifier le code]

Lors de la campagne militaire française au Sahara, le général français François-Henry Laperrine opposa aux Touaregs les Chaâmbas avec un chef berbère à leur tête[24].

Guerre de libération[modifier | modifier le code]

Heurts dans le Mzab algérien[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Événements de Ghardaïa.

En 1984, des affrontements dans le Mzab algérien entre Châambas malékites et mozabites ibadites à la suite de litiges fonciers des destructions ainsi que des blessés, tout comme en 1985, en 1991 et en 2004[25]. Bien que ces communautés cohabitent depuis des siècles, la région est confrontée à une lutte pour l’appropriation d’un espace de plus en plus réduit sur fond de libéralisation économique et l’arrivée de nouveaux habitants menace l’équilibre démographique largement favorable aux mozabites, majoritaires dans la région[26].

En 2008, de nouvelles confrontations entre les deux communautés ont lieu à Berriane[27]. En 2009, à Berriane, il est fait état de plusieurs blessés[28].

En juillet 2015, dans la vallée du Mzab, des affrontements font au moins 22 morts et des centaines de blessés[29]. La cause de ces affrontements serait des conflits fonciers entre les deux communautés, conflits exacerbés par les différences religieuses entre Châambas malékites et mozabites ibadites[30],[31].

Personnalités[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Auguste Cauneille, Les Chaanba, leur nomadisme : évolution de la tribu durant l'administration française, Ed. du CNRS, Paris, 1968, 317 p.
  • Dorra Mameri-Chaambi, La tribu des chaamba : mythes et réalités. Étude historique aux 19e et 20e siècles, Université Panthéon-Sorbonne, Paris, 2003, 154 p. (mémoire de maîtrise d'Histoire)
  • Yves Régnier, Les Chaamba sous le régime français, leur transformation, Loviton, Paris, 1938, 184 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m et n : Ruffié Jacques, Ducos J., Larrouy Georges. 9, « Étude hémotypologique des populations de la région du M’Zab (département des Oasis). In: Bulletins et Mémoires de la Société d’anthropologie de Paris, XI », Série. Tome 3, no fascicule 4, 1962. pp. 354-371.: 10.3406/bmsap.1962.1199,‎ , p. 354 (lire en ligne)
  2. « Joshua Project 2000 - Chaamba Bedouin Profile », sur www.ad2000.org (consulté le 21 juillet 2015)
  3. Jacques Grand'henry, Les parlers arabes de la région du Mzāb, Sahara algérien, Leiden: Brill 1976, p. 3.
  4. « Chaamba.Net », sur www.chaamba.net (consulté le 20 juillet 2015)
  5. « Le blog officiel de Bernard Lugan: Le Mali n’existant plus, le moment n’est-il pas venu de redessiner la carte de la région sahélo-saharienne ? », sur bernardlugan.blogspot.fr (consulté le 20 juillet 2015)
  6. Emmanuel Grégoire et Jean Schmitz, Afrique noire et monde arabe: continuités et ruptures, IRD Éditions, (ISBN 9782876785960, lire en ligne)
  7. Jean Dubief, L'Ajjer, Sahara central, Karthala Éditions, (ISBN 9782865378968, lire en ligne)
  8. Jean Pommerol, « Conférence de M. Jean Pommerol », Bulletin de la Société normande de géographie, Rouen, vol. 24-25,‎ , p. 298 (lire en ligne)
  9. Ernest Carette, Exploration scientifique de l'Algérie. 3, Recherches sur l'origine et les migrations des principales tribus de l'Afrique septentrionale et particulièrement de l'Algérie / par E. Carette,..., Imprimerie Impériale (Paris), (lire en ligne)
  10. Evžen Strouhal, Afrika ein, Partie 1 ;Partie 3 (lire en ligne)
  11. Jean Dubief, L'Ajjer, Sahara central (lire en ligne)
  12. Société normande de géographie, Rouen, Bulletin, Volumes 24 à 25, (lire en ligne)
  13. Roger Frison-Roche, Djebel Amour (lire en ligne)
  14. Eugène Guernier, Georges Froment-Guieysse, L'Encyclopédie coloniale et maritime: Algérie et Sahara. 2 v, (lire en ligne)
  15. V. Deporter, Extrême-sud de l'Algerie: le Gourara, le Touat, in-Salah, le Tidikelt, le pays des Tourareg-Hoggar, l'Adrar, Tin Bouctou, Agadis, P. Fontana, (lire en ligne)
  16. Les Cahiers d'outre-mer, Institut de la France d'Outre-mer, (lire en ligne)
  17. Revue d'École d'Anthropologie de Paris, (lire en ligne)
  18. J. Delheure, Faits et dires du Mzab, Peeters Publishers, (ISBN 9782852971776, lire en ligne)
  19. Revue de géographie, vol. 7, C. Delagrave, (lire en ligne), p. 61
  20. Hebba Selim, « L'anthropologue Ahmed Ben Naoum dénonce un mensonge construit: le conflit à Ghardaïa n'est pas ethnique », Huffington Post,‎ (lire en ligne)
  21. Évolution anthropo-biologique d'une population touarègue..., Numéros 103 à 104. Par André Chaventré, à la page 183 et 186 [1]
  22. a, b, c et d Chems Eddine Chitour, « Éloge du vivre-ensemble », L'Expression (Algérie),‎ (lire en ligne)
  23. Larrouy (G.) , Ducos (J.) , Ruffié (J.), « Étude hémotypologique des populations de la région du M'Zab (département des Oasis) », volume 3,‎ , p. 358 (lire en ligne)
  24. Histoire du Sahara, Par René Pottier,p. 75 livre en ligne
  25. Algérie dz, Abder Bettache, Le Soir d’Algérie, Mozabites et Chaâmba : Les dessous d’une rivalité, 15 mai 2004
  26. Des violences intercommunautaires font 22 morts en Algérie : Le Monde.fr avec AFP du 09/07/2015]
  27. Algérie : « Ce que j'ai vu à Berriane », Par Hafnaoui Ghoul, Le Matin, 18 mai 2008
  28. Sécurité renforcée et grève des commerçants : Berriane ville morte, B. Mkhtaria, Le Quotidien d'Oran, 16 avril 2009
  29. Le sud de l'Algérie de nouveau en proie à une flambée de violences, lefigaro.fr, 9 juillet 2015
  30. Algérie : 22 morts dans la région de Ghardaïa, liberation.fr, 8 juillet 2015
  31. Algérie : plus de 20 morts lors d’affrontements communautaires dans la région de Ghardaïa, jeuneafrique.com, 8 juillet 2015

Liens externes[modifier | modifier le code]