Diphénylchlorarsine

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Diphénylchlorarsine
Diphénylchlorarsine
Identification
Synonymes

diphénylchloroarsenic, chlorodiphénylarsane, diphénylchlorarsine

No CAS 712-48-1
No EINECS 211-921-4
PubChem 12836
SMILES
InChI
Apparence cristal incolore[1]
Propriétés chimiques
Formule brute C12H10AsCl
Masse molaire[2] 264,582 ± 0,012 g/mol
C 54,47 %, H 3,81 %, As 28,32 %, Cl 13,4 %,
Propriétés physiques
fusion 44 °C[1]
ébullition 333 °C (décomposition)[1]
Solubilité 2 g·L-1 (eau)[1]
Masse volumique 1,42 g·cm-3 (20 °C)[1]
d'auto-inflammation 350 °C[1]
Propriétés optiques
Indice de réfraction  1,6332[3]
Précautions
SGH
SGH06 : ToxiqueSGH09 : Danger pour le milieu aquatique
H301, H331, H410,
Transport[1]
66
   1699   
Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

La diphénylchloroarsine (DA) est un composé organo-arsénié de formule (C6H5)2AsCl. C'est un composé hautement toxique qui fut un temps utilisé comme arme chimique. C'est également un intermédiaire dans la synthèse d'autres composés organo-arséniés.

Structure[modifier | modifier le code]

La diphénylchloroarsine cristallise dans un réseau monoclinique, groupe d'espace P21/a, no 14 avec a = 1,109 ± 0,004 nm, b = 0,855 ± 0,003 nm, c = 1,193 ± 0,004 nm, β = 95,0 ± 0,5° et Z, nombre d'unités par maille, = 4[4].

La diphénylchloroarsine est constituée d'un atome d'arsenic(III) pyramidal auquel est attaché deux cycles phényliques et un atome de chlore. La liaison As-Cl mesure 226 ± 2 pm, As-C vaut 197 ± 4 pm et les angles Cl-As-C et C-As-C mesurent respectivement 96 ± 1 et 105 ± 2°[4]. Les structures cristalline et moléculaire de la diphénylchloroarsine sont très similaires à celles de la diphénylbromoarsine[4].

Synthèse[modifier | modifier le code]

La diphénylchloroarsine est produite pour la première fois par Michaelis and La Coste en 1878, par réduction de l'acide diphénylarsinique par le dioxyde de soufre[5] :

Ph2AsO2H + SO2 + HCl → Ph2AsCl + H2O + SO3

Utilisations[modifier | modifier le code]

C'est un réactif utile pour synthétiser d'autres composés organo-arséniés, par exemple par réaction avec les organomagnésiens mixtes :

RMgBr + (C6H5)2AsCl → (C6H5)2AsR + MgBrCl

où R peut être un groupe alkyle ou aryle.

Arme chimique[modifier | modifier le code]

La diphénylchloroarsine a été utilisée comme arme chimique pendant la guerre de tranchées sur le front Ouest durant la Première Guerre mondiale[6]. Elle appartient à la famille des agents vomitifs qui contient également la diphénylcyanoarsine (DC) et la diphénylaminechlorarsine (DM, adamsite)[7]. La diphénylchloroarsine avait la réputation de pénétrer les masques anti-gaz de l'époque afin de causer de violents éternuements, forçant ainsi le porteur à retirer le masque. En réalité, ce gaz ne pénétrait pas mieux les masques que les autres gaz[8]. Le Japon s'est également servi d'armes chimiques durant l'invasion de la Chine entre 1937 et 1945, principalement des dérivés de gaz moutarde, mais aussi des composés organo-arséniés, incluant la diphénylchloroarsine. Un certain nombre de zones au nord-est de la Chine, principalement près de Dunhua dans la province de Jilin mais aussi dans les provinces de Shanxi, Hebei, Anhui, Zhejiang, Jiangxi et Jiangsu, ont été utilisées comme décharge pour de telles armes ; les deux pays ont négocié la reconnaissance de l'utilisation et de l'abandon de ces armes, ainsi que l'assainissement de ces zones durant les années 1990 et 2000[9].

Sécurité[modifier | modifier le code]

La diphénylchloroarsine provoque des éternuements, de la toux, des maux de tête, de la salivation et des vomissements.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g Entrée de « Chlorodiphenylarsine » dans la base de données de produits chimiques GESTIS de la IFA (organisme allemand responsable de la sécurité et de la santé au travail) (allemand, anglais), accès le 21 février 2017 (JavaScript nécessaire)
  2. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  3. CRC Handbook, vol. 3, 90e éd., « Physical Constants of Organic Compounds », p. 216
  4. a, b et c (en) Trotter, J., « Stereochemistry of Arsenic. IV. Chlorodiphenylarsine », Canadian Journal of Chemistry, vol. 40, no 8,‎ , p. 1590–1593 (DOI 10.1139/v62-241)
  5. (en) Blicke, F. F. et Smith, F. D., « Action of Aromatic Grignard Reagents on Arsenic Trioxide », Journal of the American Chemical Society, vol. 51, no 5,‎ , p. 1558–1565 (DOI 10.1021/ja01380a038)
  6. (en) M. Gilbert, The First World War—A Complete History, HarperCollins, (ISBN 0805047344)
  7. (en) Holstege, C. P. et Boyle, J. S., « CBRNE - Vomiting Agents - Dm, Da, Dc », Medscape,
  8. Gas and Flame in Modern Warfare, 1918, Chapter IX.
  9. (en) « Abandoned Chemical Weapons (ACW) in China »,