Charles Jacque

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Charles Jacque
Charles-Émile Jacque, self-portrait, 1862.jpg

Charles Jacque, Autoportrait (1862),
gravure, New York Public Library.

Naissance
Décès
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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Distinction

Charles Émile Jacque, né le à Paris où il est mort le , est un peintre et graveur français de l'École de Barbizon.

Biographie[modifier | modifier le code]

Tombe de Charles Jacque à Paris au cimetière du Père-Lachaise.

Charles Jacque commence par faire un apprentissage de graveur chez un fabricant de cartes géographiques, en 1830, mais se trouve enrôlé dans l'armée la même année et participe au siège de la ville d'Anvers au cours de la Révolution belge. Il termine sa période militaire en 1835 avec le grade de caporal. Il reprend sa formation artistique en autodidacte. Il effectue de nombreux séjours à Epervans où sa famille réside depuis 1830. Il réalise un grand nombre de paysages et de scènes de la vie quotidienne de cette région.

Il part en Angleterre en 1836 et séjourne à Londres jusqu'en 1838. Il y conçoit une série de gravures sur bois pour illustrer une édition de l'œuvre de Shakespeare. Il illustre également La Grèce pittoresque et fournit des dessins pour des revues anglaises.

En compagnie de Jean-François Millet, Charles Jacque fréquente la ville de Barbizon dès 1845. Fuyant l'épidémie de choléra qui frappait Paris depuis le [1], Charles Jacque s'installe en août 1849 à Barbizon avec Jean-François Millet et Théodore Rousseau (1812-1867). Au début des années 1850, le groupe est rejoint entre autres par Jules Héreau.

Dès ses premières œuvres, les motifs qu'il affectionne sont d'inspiration rurale ou champêtre avec des représentations pastorales dans la nature ou dans des cours de ferme, des basses-cours picorant sur un tas de fumier, en compagnie de son ami Léon Dupuy qui ne fera pas carrière[2]. Il est le témoin objectif et amusé de toutes les scènes de la vie rurale. Il trouve son inspiration dans les paysages de l'Île-de-France, la Bourgogne, le Béarn, la Bretagne, etc.

Charles Jacque est aussi réputé comme aquafortiste. Il participe au renouveau de cette technique au XIXe siècle. Il commence sa carrière de graveur en 1836. Après avoir réalisé des gravures de reproduction d'après les maîtres hollandais, Jacque s'adonne à la gravure originale. Aidé par son ami Auguste Delâtre (1822-1907), il imprime ses premières séries d'eaux-fortes. Charles Baudelaire écrit dans son Salon de 1845 : « M. Jacque est une réputation nouvelle qui ira toujours grandissant, espérons-le. Son eau-forte est très hardie et son sujet très bien conçu. Tout ce que fait M. Jacque sur le cuivre est plein d'une liberté et d'une franchise qui rappelle les vieux maîtres »[3].

Henri Beraldi distingue deux périodes dans son œuvre gravé. La première est celle plus spontanée de petites vignettes d'inspiration hollandaise. La seconde, celle de la notoriété, est celle de la production de planches plus grandes d'où s'estompe « le caractère hollandais de son œuvre[4] ».

Pour subvenir aux besoins de sa famille, Jacque fournit de nombreuses illustrations[5] pour les livres. Citons, parmi ces nombreux livres, Le Vicaire de Wakefield d'Oliver Goldsmith, La Chaumière indienne, une nouvelle publiée avec Paul et Virginie, La Grèce pittoresque de Christopher Wordsworth, Versailles ancien et moderne d'Alexandre de Laborde. Il livre aussi quelques dessins pour le journal L'Illustration (en 1851). Il est aussi un excellent caricaturiste et publie de nombreuses lithographies amusantes pour Le Musée Philipon et Le Charivari.

En 1843, il réalise des gravures sur acier pour les Contes du temps passé de Charles Perrault, paru chez Curmer.

Ses représentations animalières s'adressent particulièrement aux amateurs de beaux animaux que la zootechnie naissante propose aux éleveurs avertis. Ses moutons de prédilection sont des mérinos, race en vogue à cette époque. Ses volailles correspondent aux belles races dont les amateurs s'entichent alors. Il écrit une des premières monographies sur l'élevage de la volaille, Le Poulailler, publié par la Maison rustique en 1857 et réédité une dizaine de fois. À cette époque, à Barbizon, il se lance même dans la vente par correspondance d'œufs de poules sélectionnées.

Il est un des maîtres de l'École de la Nature de 1830, appelée aussi École de Barbizon.

En 1871, il achète la maison Guillaume André au Croisic et restaure la demeure. Il y reçoit un certain nombre d'artistes connus[6].

Charles Jacque, a deux fils, tous deux peintres paysagistes et animaliers, ainsi que graveurs et illustrateurs : Émile Jacque (1848-1912)[7], et Frédéric Jacque (1859-1931)[8]. Le fils de ce dernier, Marcel Jacque (1906-1981), fut également peintre, responsable du musée Rousseau à Barbizon[9].

Il avait son atelier au no 11 boulevard de Clichy à Paris et une maison atelier au no 24 de la Grande Rue à Barbizon[10].

Charles Jacque est inhumé à Paris au cimetière du Père-Lachaise (32e division)[7].

Œuvres dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

La Vieille forêt (entre 1860 et 1870), New York, Brooklyn Museum.
Aux États-Unis
En France
  • Bourg-en-Bresse, musée de Brou : Deux poussins, dessin[13].
  • Dijon :
    • musée des beaux-arts :
      • Marine, huile sur toile, 37 × 55 cm[14] ;
      • Paysage avec un berger et son troupeau, après 1849, dessin à la plume, encre de Chine sur papier, 25,5 × 20 cm[15].
    • musée Magnin : Moutons à l'approche de l'orage, huile sur toile[16].
  • L'Isle-Adam, musée Louis-Senlecq :
    • Repas de paysans dans une grange, eau-forte[17] ;
    • Repos des paysans, eau-forte[18] ;
    • Lavandières dans une cour de ferme, 1849, eau-forte[19].
  • Paris :
    • musée du Louvre :
      • Bergère debout appuyée sur un tronc, gardant un troupeau de moutons, dessin[20] ;
      • Chien de berger surveillant un troupeau de moutons, dessin[21] ;
      • Hommes et chevaux à l'abreuvoir dans une cour de ferme, dessin[22] ;
      • Paysage avec un troupeau de porcs, 1852, sanguine[23].
    • musée d'Orsay :
      • Moutons au pâturage, 1871, huile sur toile[24] ;
      • La Grande bergerie, 1881, huile sur toile[25] ;
      • Troupeau de moutons dans un paysage ou Berger conduisant un troupeau de moutons en plaine, huile sur toile[26].
  • Rouen, musée des beaux-arts : Nature morte, huile sur toile marouflée sur bois[27].
En Russie

Publications[modifier | modifier le code]

Récit[modifier | modifier le code]

  • Histoire de la Ramé histoire d'un ex-fusilier, raconté par Charles-Émile Jacque, ex-caporal, 1835.

Ouvrages illustrés[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

Salons[modifier | modifier le code]

Élèves[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

La ville d'Epervans a donné son nom à une école élémentaire.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gallica BnF, Rapport sur le choléra morbus de Paris, épidémie de 1849, Lyon, Imp. de Rodanet, 1849 (de mars à septembre 1849 : 16 000 morts).
  2. Le peintre Galien-Laloue fit connaissance en 1874 de cet artiste de cinquante quatre ans son aîné, et a repris son nom comme pseudonyme peut-être pour le faire connaître du monde de l'art, lui donner une deuxième vie (Noé Willer, Eugène galien-laloue (1854-1941), catalogue raisonné ; le triomphe de paris, Paris : Noé Willer, New York : Alexander Kahan Fine Arts, 1999 (ISBN 9782951405608)).
  3. Pierre-Olivier Fanica, Charles Jacque, 1813-1894 : École de Barbizon. Graveur original et peintre animalier, Montigny-sur-Loing, Art Bizon, 1995, 288 pages, p. 25.
  4. Pierre-Olivier Fanica, op. cit., p. 141.
  5. Gravées sur bois.
  6. Le croisic, ville historique, panneau de présentation de la maison Guillaume André, consulté sur site en octobre 2015[réf. incomplète].
  7. a et b Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents, (ISBN 978-2914611480), p. 431
  8. Ce dernier étant né à Montrouge et mort à Barbizon.
  9. Né au domicile de son père, no 65 rue Lepic à Montmartre, il repose au cimetière de Barbizon.(Roger Karampournis, Barbizon d'hier et d'aujourdh'hui, Héricy, Éditions du puits fleuri, 2002, p.150 (ISBN 2-86739-151-2) ; André Roussard, Dictionnaire des peintres à Montmartre, Paris, Éditions André Roussard, 1999, p.320 (ISBN 9782951360105))).
  10. Plaque commémorative sur la façade.
  11. Bergère et moutons, notice sur le site du Cleveland Museum of art
  12. Roger Karampournis, Barbizon d'hier et d'aujourd'hui, Éditions du Puits Fleuri, 2002, p.151.
  13. « Deux poussins », notice no 09630003757, base Joconde, ministère français de la Culture
  14. « collections du musée des beaux-arts de dijon - Affichage d'une notice », sur mba-collections.dijon.fr (consulté le 8 novembre 2016)
  15. « collections du musée des beaux-arts de dijon - Affichage d'une notice », sur mba-collections.dijon.fr (consulté le 8 novembre 2016)
  16. « Moutons à l'approche de l'orage », notice no 50110000540, base Joconde, ministère français de la Culture
  17. « Repas de paysans dans une grange », notice no M0435001276, base Joconde, ministère français de la Culture
  18. « Repos des paysans », notice no M0435001270, base Joconde, ministère français de la Culture
  19. « Lavandières dans une cour de ferme », notice no M0435001230, base Joconde, ministère français de la Culture
  20. « Bergère debout appuyée sur un tronc, gardant un troupeau de moutons », notice no 50350039147, base Joconde, ministère français de la Culture
  21. « Chien de berger surveillant un troupeau de moutons », notice no 50350016779, base Joconde, ministère français de la Culture
  22. « Hommes et chevaux à l'abreuvoir dans une cour de ferme », notice no 50350043173, base Joconde, ministère français de la Culture
  23. « Paysage avec un troupeau de porcs », notice no 50350112415, base Joconde, ministère français de la Culture
  24. « Moutons au pâturage », notice no 000PE001582, base Joconde, ministère français de la Culture
  25. « La grande bergerie », notice no 000PE001581, base Joconde, ministère français de la Culture
  26. « Troupeau de moutons dans un paysage ou Berger conduisant un troupeau de moutons en plaine », notice no 000PE001583, base Joconde, ministère français de la Culture
  27. .« Nature morte », notice no 000PE029814, base Joconde, ministère français de la Culture
  28. Troupeau dans un paysage, notice sur le site du musée de l'Ermitage.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Iconographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Lafond, Portrait de Charles Jacque, gravure parue dans l'Artiste en 1894.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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