Charbonnage de Marcasse

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Charbonnage de Marcasse
logo de Charbonnage de Marcasse
Charbonnage de Marcasse

Création Inconnue
Disparition (Fin d'exploitation)
Siège social Petit-Wasmes
Drapeau de Belgique Belgique
Activité Extraction et transport de houille
Produits Houille

Le Charbonnage de Marcasse est un site minier d'extraction de houille constitué du carreau de la fosse et de son terril situé à Wasmes, située en Région wallonne dans la province de Hainaut.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Dragon de Wasmes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Dragon de Wasmes.

Gilles de Chin, propriétaire des terres de Wasmes, à son retour de Palestine, ce chevalier, seigneur de Berlaimont et chambellan de Baudouin IV de Hainaut (le Bâtisseur), tua, d'après la tradition, le terrible dragon qui désolait, au commencement du XIIe siècle, le territoire du village de Wasmes[1].

La mâchoire du dragon était terrifiante et ses pattes armées de griffes redoutables. Le déploiement de ses ailes s’accompagnait de craquements inquiétants. Son repaire se situait au pied d’une colline d’où il menaçait la ville de Mons en Belgique. Dans le village de Wasmes, on montre encore de nos jours, sur le penchant d'une des deux collines, le prétendu repaire du monstre épouvantable dont la tête se trouve conservée à la bibliothèque publique de Mons et qui semble être celle d'un imposant crocodile[2].

Le ballon de Jean-Pierre Blanchard[modifier | modifier le code]

La quatorzième expérience aérostatique de M. Blanchard accompagné du Chevalier Lépinard faite à Lille en Flandre, le 26 août 1785 (Gravé par Isidore Stanislas Helman)

La cavalcade du Dragon était organisée chaque année à Wasmes. Elle passait par une fosse à charbon, dite le ballon, en souvenir de l'accident de l'aéronaute Jean-Pierre Blanchard (1753-1809) où son ballon se déchira sur un arbre. Il venait de Valenciennes[3]. Ce vol eu lieu le par un vent violent; il était suspendu à une grappe de cinq petits ballons[4].

Abbaye de Saint-Ghislain[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Abbaye de Saint-Ghislain.

Le site du charbonnage de Marcasse est situé sentier Saint-Ghislain. Gilles de Chin donne ses terres dont Marcasse à l'Abbaye de Saint-Ghislain, donation confirmée en 1183 par le pape Lucius III[5] déjà en 1095 un autel dédié à la Sainte-Vierge est donné par Gaulcher, évêque de Cambrai[6],[7]. Le 31 juillet 1747 les abbés et religieux de l'Abbaye de Saint-Ghislain donne concession confirmée par arrêté royal de maintenue en date du 10 septembre 1828[8].

Exploitation du Charbon[modifier | modifier le code]

Historique de la Houille dans le couchant de Mons[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mines de charbon de Belgique.
Article détaillé : Borinage.

L'historique de la Houille dans les environs de Mons remonte à sur prés d'un millénaire. Plusieurs auteurs le prétendent cependant aucun ne donne de preuves à l'appui, mais il est à remarquer qu'ils font allusion à sa découverte et non à son exploitation. Jean-Jacques Desandrouin disait en 1756 : « Il y a environ 750 années que la découverte et l'usage du charbon de terre sont connus dans le Hainaut impérial. »

Christophe Dieudonné en 1804, dans sa statistique du Nord, prétendait que l'extraction du charbon dans le Hainaut impérial avait commencé au XIe siècle[9]. Auguste Drapiez, en 1823 dans son ouvrage Coup d œil minéralogique sur le Hainaut « prétend que l'exploitation de la houille y remonte à des époques très reculées, puisque des chartes qui datent de plus de 800 ans en font mention ». M. C. Pajot-Descharmes dit lui en 1826, « Vers l'an 1000, dit, des mines abondantes de houille furent découvertes autour de la ville de Mons; bientôt leur exploitation suffit à la consommation des habitants du Hainaut; poussée avec vigueur, elle ne tarda pas à fournir aux provinces limitrophes. » Le premier document évoquant le charbonnage est une lettre du Chapitre de Sainte-Waudru qui accorde par lettres un bail du charbonnage de Cuesmes à Gérard Laderière et ses trois associés le . Au XIXe siècle la description du bassin houiller n'est pas aisé ainsi en 1877, Gustave Arnould dans sa description du Bassin houiller du couchant de Mons (page 67) évoque la difficulté de compréhension du système de concession, de compagnies et de charbonnage : « Rien n'est plus compliqué que ce système d'anciennes concessions qui, par suite de réunions successives par accessions et acquisitions. »

Page 72.« La mine de Grisœuil qui elle-même forme avec les mines de l'Agrappe, de l'Escouffiaux et de Jolimet et Roinge, la propriété de la Compagnie connue sous le nom de Charbonnages-Belges. »

Gilles-Joseph de Boussu, écrivain de Mons, dans son livre Histoire admirable de Notre-Dame de Wasmes publiée vers 1735, dit de Wasmes : « Son territoire fournit abondamment une espece de Charbon de terre que l'on appelle de la Houille qui est une pierre noire tendre & sulphureuse »[10].

Le site de Marcasse a appartenu à divers sociétés par actions, à la Compagnie de Charbonnages-Belges, en 1920 Charbonnage de Frameries cette société détient 11 puits et dont le directeur-gérant est Georges Cotton.

Terril[modifier | modifier le code]

Terril du Charbonnage de Marcasse

Le terril de forme cône et plateau s'étend sur 16 hectares d'un volume de 3 465 m3 provenant du puits no 7 Saint-Antoine Escouffiaux anciennement Charbonnage de Marcasse pour terminer en 1958 dans la concession minière de Agrappe Escouffiaux et Hornu-Wasmes[11].

Exploitation sur le territoire de Wasmes[modifier | modifier le code]

  • 1925 : fermeture des puits no 5 dit "Sainte-Caroline" de La Bouverie et du "Grand Bouillon d'en haut" à Wasmes.
  • 1930 : fermeture des puits no 3 du "Grand-Buisson" et no 8 "Bonne-Esperance" à Wasmes.
  • Novembre 1948 : fermeture du puits no 6 de la S.A du charbonnage d'Hornu et Wasmes.
  •  : un coup de grisou au puits de "L'Escouffiaux" de Wasmes fait 17 victimes.
  •  : fermeture du puits no 3 d'Hornu et Wasmes, rue du Pont d'Arcole.
  • 1957 : fermeture du puits no 5 de la S.A. du charbonnage d'Hornu et Wasmes.
  •  : fermeture du puits no 5 à Wasmes.
  •  : fermeture des puits du "Grand Trait" à Frameries et des no 7 et 8 dit des "Vanneaux" de la S.A. des charbonnages d'Hornu et Wasmes.

Catastrophe du 13 janvier 1953[modifier | modifier le code]

Plaque commémorative du cinquantenaire de la catastrophe du 1953

Selon le témoignage d'Albert Campion dernier survivant en 2008 Vingt et une heures et des poussières… Le 13 janvier 1953, un terrible coup de grisou éclate au charbonnage de Marcasse à Colfontaine. Dix sept trouvent la mort. Trois autres décèdent des suites de leurs blessures et de leurs brûlures. La dernière victime s’éteint le 17 mars[12]. Trois Belges, dix Italiens, deux Ukrainiens et deux Algériens sont tués et neuf sont blessés, tous âgés entre 25 et 30 ans.

La ruine[modifier | modifier le code]

Démolition[modifier | modifier le code]

La commune assigne les propriétaires pour exiger la démolition des bâtiments du site. Les jugements des tribunaux annulent cette mise en demeure.

Le projet de réhabilitation[modifier | modifier le code]

En 1993, l'ensemble complet ruine est racheté par Nadine Gravis et Riccardo Barberio avec le projet de réhabiliter ce site historique pour l'accueil d'artistes, d'un développement touristique avec la construction d'un gite. Une association est créée l'ASBL Marcasse & Mémoire.

La Société Anonyme du Charbonnage d’Hornu et Wasmes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Compagnie de Charbonnages-Belges.

Les lettres HW de la tête de puits no 7 Saint-Antoine révèle que Marcasse a appartenu à la Société Anonyme du Charbonnage d’Hornu et Wasmes puis aussi à la Compagnie de Charbonnages-Belges.

Réserves Naturelles[modifier | modifier le code]

Les arts et Marcasse[modifier | modifier le code]

Peinture[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Kirk Douglas dans le rôle de Vincent van Gogh

En 1955, Kirk Douglas achète les droits du roman d'Irving Stone Lust for life (1934) à la Metro-Goldwyn-Mayer et confie la réalisation à Vincente Minnelli. La Vie passionnée de Vincent Van Gogh entraîne Kirk Douglas aux limites de la schizophrénie, l'acteur ayant du mal à entrer sans conséquences dans l'âme tourmentée du peintre. Kirk Douglas dans le rôle de Vincent van Gogh et Anthony Quinn dans celui de Paul Gauguin en 1955 dans le film Van Gogh : Darkness Into Light (titre original) diffusé sous Lust for Life participèrent à quelques séquences de tournage sur le terril.

À cette époque, le cinéma américain tournait ses films en studios. Mais la réalisation Vincente Minnelli et George Cukor décide de tourner sur place avec les extérieurs puits de mine, terrils. Kirk Douglas vient donc dans le Borinage avec sa deuxième épouse (mariage en 1954) Anne Buydens (née en 1930). Enceinte, elle accouche lors du tournage le 23 novembre 1955, tellement pris par son rôle Kirk Douglas ; donne un deuxième prénom à son fils celui de Vincent qui deviendra le producteur Peter Vincent Douglas[15]. Pour ce film, il est nommé pour l'Oscar du Meilleur Acteur sans toutefois l'obtenir. Kirk Douglas est une figure majeure du cinéma américain, Kirk Douglas fut un des acteurs les plus populaires dans le monde entier dans les années 1950 et 1960.

Musique[modifier | modifier le code]

  • Le groupe AHERO a tourné le clip vidéo pour son morceau "L'homme éternel" en août 2016 au Charbonnage de Marcasse

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Annales de la province et comté d'Haynau, où l'on voit la suitte des comtes depuis leur commencement, les antiquitez de la religion et de l'Estat depuis l'entrée de Jules César dans le pays, ensemble les évesques de Cambray... les fondations pieuses... et, J. Havart, , 468 p. (10/02/2011, lire en ligne)
  2. La Belgique monumentale, historique et pittoresque, vol. 2, A. Jamar, (lire en ligne)
  3. Archives historiques et littéraires du nord de la France, et du midi de la Belgique, Bureau des Archives, (lire en ligne)
  4. Jean-Pierre Blanchard, Bureau des Archives, (lire en ligne)
  5. ANNALES DU CERCLE ARCHEOLOGIQUE DE MONS, (21/11/2006, lire en ligne)
  6. Auguste-Joseph De Reume, Les Vierges miraculeuses de la Belgique: histoire des sanctuaires ou Elles sont vénérées : légendes, pèlerinages, confréries, bibliographie, Parent, , 444 p. (7/8/2007, lire en ligne)
  7. A. Lacroix, Archives du Clergé, de la Noblesse et du Tiers état du Hainaut, Emm. Hoyois, , 563 p. (7/8/2007, lire en ligne)
  8. Les sociétés anonymes de Belgique en 1857[-1873]:, (lire en ligne)
  9. Christophe Dieudonné, Statistique du Département du Nord, Marlier, (14/10/2011, lire en ligne)
  10. [[Gilles-Joseph de Boussu|Gilles-Joseph de Boussu]], Histoire admirable De Notre-Dame De Wasmes. Ecrit en faveur de la Confrérie érigée canoniquement sous ce tître en l'église Paroissiale dudit Wasmes, avec la Bulle des Indulgences accordées a ladite Confrérie & quelques Prières très-dévotes, Michel Varet, (lire en ligne), page 3
  11. (wa) « Inventaires des terrils » (consulté le 28 avril 2013)
  12. (wa) « Charbonnage de Marcasse - Charbonnage N°7 Saint Antoine, Société Anonyme des Charbonnages d'Hornu-Wasmes »,
  13. (wa) « Réserve naturelle de Marcasse et alentours [[Colfontaine]] » (consulté le 28 avril 2013)
  14. Forces murales: un art manifeste : Louis Deltour, Edmond Dubrunfaut, Roger Somville, Éditions Mardaga, , 258 p. (ISBN 2804700194 et 9782804700195, lire en ligne)
  15. Kirk Douglas, Le fils du chiffonnier - Mémoires, Paris, Presses de la renaissance,,
  16. « reportage RTBF, Mons 2015 » [archive du ] (consulté le 29 janvier 2018)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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