Société du Grand Conduit

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La Société du Grand Conduit et du Charbonnage d’Houdeng, ou société du Grand Conduit de Houdeng, fondée par contrat à Mons le 14 février 1685[1] fut l'une des premières mines de charbon de Belgique, creusée sur les communes de Houdeng-Gœgnies et Houdeng-Aimeries, aujourd'hui fusionnées pour former celle de La Louvière.

La société a été constituée pour résoudre des problèmes d'exhaure liés à l'approfondissement des travaux d'extraction et leur ampleur, avec huit actionnaires et onze parts[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Trois maîtres mineurs s'associèrent à deux banquiers binchois, au secrétaire-greffier de la seigneurie de Houdeng et au bailli, pour créer une société constituée de onze parts égales, chacun en disposait d'une et le seigneur propriétaire de la terre, Joseph-François le Danois, marquis de Cernay, vice-comte de Houdeng, en possédant quatre. Son fils François Marie Le Danois, également propriétaire de terres à Raismes, sera en 1757 l'un des actionnaires de la compagnie des mines d'Anzin.

Jusque-là, l'exploitation était régie par des baux assez courts, renouvelables par adjudications publiques à la criée. Menacé de perdre son exploitation après 9 ans ou même après 15 ans, et de surcroît manquant de capitaux, le concessionnaire, mi-ouvrier, mi-paysan évitait les installations coûteuses, nécessaires à l'exhaure des eaux, et se contentait d'exploiter les couches supérieures[3].

Le problème des exploitations charbonnières du Borinage était l'humidité: dès que les puits dépassait la vingtaine de mètres, les eaux les envahissaient[4]. L’idée de cette société était de placer une canalisation, faite de troncs de chênes évidés, pour évacuer les eaux dans le ruisseau le Thiriau[4]. Les travaux débutent en 1686. Une tranchée de deux kilomètres fut creusée, jusqu'au Thiriau, la dénivellation était de soixante mètres. Des troncs d'aulnes et de chênes évidés furent placés bout à bout sur un lit de paille.

L'utilisation, pour l'aération, de conduits en bois à une trentaine de mètres de profondeur permet à la Société de multiplier les fosses (Sainte-Barbe, Estrefagne, d'En Bas, du Petit Bois...) pour répondre à la demande croissante de charbon.

En 1698, le charbon était vendu dans plus de cinquante communes et la société décida d'investir dans un deuxième conduit de bois. Les travaux débutèrent en 1727 pour se terminer en 1745. Par ailleurs, à cette époque, l'abbaye de Saint-Denis, percevait l'entrecens[4] (environ 1/6 de la production) sur la société, qui était une aliquote très importante de la production tirée du sous-sol. En France, l'entrecens (environ 1/6 de la production) était encore plus élevé qu'en Belgique, où l'état percevait un droit de marlotage.

Haut-justiciers sur la seigneurie d'Houdeng, les marquis de Cernay accordèrent les octrois pour l'exploitation du sous-sol par les comparchonniers du Grand Conduit[5]. Au début, l’extraction, comme partout sur le continent européen, s’effectuait à l’aide de bourriquets à chevaux.

La Société équipe en 1779 la fosse du Bois d'une machine à feu, mise au point par l'anglais Thomas Newcomen et actionnée par la vapeur, pour aller cherccher l'eau à 112 mètres de profondeur[2].

En 1802, la société comptait cinq puits : « Sainte-Barbe », « le Bois », « le Moulin », « l'Avancée » et « la Grispagne ». Le charbonnage du Grand Conduit deviendra en 1807, à la suite du rachat des parts des charbonniers, la Société de Bois-du-Luc. À cette époque, le seigneur perdit ses droits, à la suite de l’application des nouvelles lois françaises. Grâce à l'argent ainsi gagné la société s'étendit à d'autres concessions.

Vers 1850, le Hainaut seul produit l'équivalent de 66 % toute la production des autres bassins wallons, de Ruhr et du nord de la France. La ville-champignon de La Louvière naitra en 1869. Par la suite, la société devint une Société Civile Charbonnière et en 1936 une Société Anonyme, l’exploitation durant de 1686 à 1973.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]