Château de Puivert

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Château de Puivert
Image illustrative de l’article Château de Puivert
L'entrée du château.
Période ou style Médiéval
Type Château fort
Début construction XIIe siècle
Destination initiale Résidence seigneuriale
Propriétaire actuel Privé
Destination actuelle Ruines
Protection Logo monument historique Classé MH (1907)
Site web http://www.chateau-de-puivert.com/
Coordonnées 42° 55′ 16″ nord, 2° 03′ 20″ est
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Languedoc
Région Occitanie
Département Aude
Commune Puivert
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Château de Puivert
Géolocalisation sur la carte : Occitanie
(Voir situation sur carte : Occitanie)
Château de Puivert
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(Voir situation sur carte : Aude)
Château de Puivert

Le château de Puivert (en occitan : Puègverd, au Moyen Âge Podioviridi ) est un ancien château fort dit cathare du XIIe siècle, aujourd'hui en ruine, dont les vestiges se dressent sur la commune française de Puivert, dans le département de l'Aude, en région Occitanie.

Les ruines du château font l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par arrêté du [1].

Localisation[modifier | modifier le code]

Le château de Puivert est posé sur une colline surplombant le village de Puivert et son lac, à une altitude de 605 mètres, dans le département français de l'Aude. Le site se trouve dans la région du Quercorb, à 60 km au sud de Carcassonne et à 45 km à l'est de Foix.

Historique[modifier | modifier le code]

Le castrum primitif[modifier | modifier le code]

Les fonctions de ce château sont guerrières (le guet et la défense), contrairement aux bâtiments construits à cette époque qui avaient plutôt des buts religieux[Quoi ?].

La construction daterait du XIIe siècle. Les premières mentions de l'édifice remontent à 1152 et appartient alors à la famille de Congost, au moment de la croisade des albigeois. Ces seigneurs puissants du Quercorb, accueillent régulièrement les « grands », dont Aliénor d'Aquitaine, pour de somptueuses fêtes ; ils pratiquent le catharisme et sont montrés comme des hérétiques. Ainsi, en , le château subit un siège de trois jours par l'armée de Thomas Pons de Bruyère, lieutenant de Simon de Montfort (dans la guerre des Albigeois)[note 1], et Puivert devient une possession du royaume.

En 1289, l'effondrement du barrage naturel retenant les eaux du lac, au pied du site, provoque la destruction d'une partie de la ville de Mirepoix, située à 30 km au nord, dans l'Ariège[note 2].

Le château actuel[modifier | modifier le code]

Panorama des montagnes, depuis la terrasse du donjon.

Au début du XIVe siècle, Thomas de Bruyères (-le-Châtel)[note 3], petit-fils de Pons, et Isabelle de Melun[note 4], sa femme, font reconstruire le « nouveau château », dans le prolongement du Castèl vièlh (vieux château) dont les vestiges, à l'ouest, sont toujours visibles et parmi lesquels on peut voir les armoiries d'Isabelle de Melun, fille du grand chambellan de France Adam IV. La remise en forme du bâtiment lui donne le caractère symbolique et pittoresque que l'on peut admirer.

La famille de Congost blasonnait « d'azur à la bordure d'argent, et chargé de deux billettes de même posées en 2 et 9 » ; la famille de Bruyères blasonnait « d'or au lion de sable, à la queue nouée et fourchue », mais ni armé ni lampassé, erreur commune liée aux armes des Flandres. Les armes de la famille de Melun sont restées intactes et se lisent comme suit : « d'azur à sept besants d'or, posés 3, 3, 1, et au chef de même ».

Depuis sa vente en 1995 par la famille de Puivert, le château sert à de nombreux tournages (La Neuvième Porte, Le Peuple migrateur, La Passion Béatriceetc.) grâce à son donjon très bien conservé.

Description[modifier | modifier le code]

Le château de Puivert est l'un des mieux conservé des châteaux dit philippiens[4].

L'enceinte[modifier | modifier le code]

Elle s'étend sur une longueur de 175 mètres[5], sur un plan rectangulaire, percée d'archères, et séparée du plateau par un fossé, pratiquement invisible de nos jours.

L'accès à la cour intérieure se fait par une tour-porte, carrée, située au centre de la courtine est.

Il subsiste cinq tours sur les huit initiales : une ronde, lisse, à l'angle nord-est ; une ronde à bossage au milieu du front nord ; une tour à plan carré, avec une tourelle en encorbellement, sur le côté oriental, reliant les deux derniers étages ; les restes d'une tour ronde au sud-est ; le donjon (partie la mieux conservée du château).

En plus de la porte centrale, située sur le mur oriental, il y a deux autres portails, un sur l'angle défendu par le donjon (angle nord-ouest) et un au sud du donjon, permettant d'accéder au vieux château.

La surface au sol (basse-cour) du site est très grande : 3 200 m2 à l'intérieur des murs.

Le donjon du château[modifier | modifier le code]

Partie la mieux conservée de l'édifice, de forme carrée, dressé en 1310[6], il mesure 15 m de côté et 32 m de haut. Il était initialement attenant au logis seigneurial. Sur la partie ouest de la tour, on peut observer des arrachements de pans de murs perpendiculaires, ainsi que des portes, laissant à déduire que les habitations étaient accolées à cette paroi.

Le donjon est composé de cinq niveaux. Les deux premiers (dont un partiellement souterrain) ont des plafonds en berceaux brisés. Le troisième mène par une porte couverte en arc brisé à la chapelle (XIVe siècle), décorée de colonnettes, de moulures et de blasons, au plafond voûté sur croisée d'ogives à culots sculptés[note 5], et dont au mur, se trouvent une piscine liturgique et des fenêtres trilobées. La clé de voûte est décoré d'une Vierge à l'Enfant et de saint Michel terrassant le dragon. Au quatrième, la « salle des Musiciens ». Au dernier étage, la plate-forme défensive, à l'époque bordée par un crénelage, permet de découvrir une vue de la région du Quercorb.

La salle des musiciens[modifier | modifier le code]

La salle d'apparat voûtée d'ogives sur culots, sculptés de huit très fines figurines profanes jouant d'instruments de musique : cornemuse, flûte, tambourin, rebec, luth, guiterne, orgue portatif, psaltérion et vièle à archet[8]. Le musée du Quercorb expose les reconstitutions de l'instrumentarium.

Un deuxième exemplaire de la cornemuse (chevrette nommée ainsi par Viollet-le-Duc) du château de Puivert est reconstitué en 2010, lors de l'anniversaire de la prise du château et présenté par Nicolas Dedieu, musicien du groupe OC et de la « Rosa Trobadoresca », et joué au château lors du concert « OC-Cathares épisode 1 ». Ce modèle est le seul au monde joué et exposé au grand public ; des copies de cette cornemuse existent, mais la rareté du travail et sa complexité font que le luthier qui conçut celle du musée et celle de Nicolas Dedieu, est le seul au monde à avoir pu réaliser cette prouesse.[réf. nécessaire]

La pièce est éclairée par trois fenêtres semblables à celles de la chapelle.

Une histoire indiquerait que la ville de Puivert a accueilli au XIIe siècle une célèbre rencontre de troubadours[réf. nécessaire]. Selon Cassaigne, c'est la jeune Aliénor d'Aquitaine qui en 1131 passa au château avec un cortège de troubadours[2].

Carte des châteaux du Pays cathare

Le château dans les arts et la culture[modifier | modifier le code]

Au cinéma[modifier | modifier le code]

On retrouve ce château dans divers films :

À la télé[modifier | modifier le code]

On retrouve ce château dans des émissions télévisées :

Dans la littérature[modifier | modifier le code]

  • Kate Mosse (trad.  de l'anglais par Caroline Nicolas), La Cité de Feu [« The Burning Chambers »], Paris, Éditions Sonatine, 2020, 608 p. (ISBN 978-2-35584-763-9). Pocket (2021)
  • Kate Mosse (trad. de l'anglais par Caroline Nicolas), La Cité de larmes [« The City of Tears »], Paris, Éditions Sonatine, 2021, 574 p. (ISBN 978-2-35584-764-6)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Avant l'assaut, les soldats et civils se seraient éclipsés par un souterrain[2].
  2. Selon une légende, c'est le seigneur du lieu, qui pour satisfaire une mystérieuse dame Blanche, provoqua la catastrophe en voulant abaisser le niveau du lac[2].
  3. Fils de Jean Ier de Bruyères et d'Eustachie de Levis.
  4. Isabelle, ou Isabeau, de Melun est la fille du grand chambellan de France, Adam IV, seigneur de Montreuil-Bellay[3].
  5. Ils sont ornés de personnages tenant des phylactères sur lesquels devaient être peint un texte[7].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Ruines du château », sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. a b et c Cassaigne, 2012, p. 38.
  3. « Les Thomas de Bruyères », sur vieux-marcoussis.pagesperso-orange.fr (consulté le ).
  4. Josyane et Alain Cassaigne, 500 châteaux de France : Un patrimoine d'exception, Éditions de La Martinière, , 395 p. (ISBN 978-2-7324-4549-6), p. 38.
  5. « Note sur l’architecture », sur chateau-de-puivert.com (consulté le ).
  6. André Châtelain, Châteaux forts : Images de pierre des guerres médiévales, Paris, Rempart, (ISBN 2-904-365-001), p. 44.
  7. Mengus 2021, p. 247.
  8. Nicolas Mengus, Châteaux forts au Moyen Âge, Rennes, Éditions Ouest-France, , 283 p. (ISBN 978-2-7373-8461-5), p. 218.
  9. « Lady Godiva filming locations », sur imdb.com (consulté le ).

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dominique Baudreu et al., « Châteaux médiévaux de l'Aude : Guide du visiteur, 25 sites du pays cathare », Archéologie du Midi Médiéval (revue annuelle du Centre d'archéologie médiévale du Languedoc), no Supplément au tome 4,‎
  • Bruno Dusan (dir.), Églises et châteaux du midi de la France… : Notice sur les deux baronnies de Kercorbez, Puivert et Chalabre et sur les deux châteaux de ce nom, Toulouse, (lire en ligne)
  • Henri-Paul Eydoux, « Châteaux des pays de l'Aude », Société française d'archéologie, Paris, pays de l'Aude, vol. Congrès archéologique de France, no 131e session,‎ , p. 202 à 208
  • Sous la direction de Jean-Marie Pérouse de Montclos, Le guide du patrimoine Languedoc Roussillon, Hachette, Paris, 1996, p. 470-471, (ISBN 978-2-01-242333-6)
  • Karelle Mention, Maîtrise d’histoire de l'art sur le château de Puivert, Bordeaux,
  • Karelle Mention, « Le château de Puivert (Aude). », Archéologie du Midi Médiéval, vol. 23, no 1,‎ , p. 357–393 (DOI 10.3406/amime.2005.1838, lire en ligne, consulté le )
  • Jean Tisseyre, Le Château de Puivert,
  • Lucien Bayrou, Languedoc-Roussillon gothique : L’architecture militaire de Carcassonne à Perpignan, Paris, Picard, , 288 p. (ISBN 978-2708409576, présentation en ligne), p. 179-187

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]