Château de La Roche-sur-Foron

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Château de La Roche
Image illustrative de l'article Château de La Roche-sur-Foron
Une vue d'une tour du château en ruine.
Nom local Tour des comtes de Genève
Période ou style Médiéval
Type Château fort
Début construction fin XIe siècle
Propriétaire initial Comtes de Genève
Destination actuelle Ruiné
Site web www.larochesurforon.comVoir et modifier les données sur Wikidata
Coordonnées 46° 03′ 57″ nord, 6° 18′ 55″ est[1]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces du Duché de Savoie Faucigny
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Haute-Savoie
Commune La Roche-sur-Foron

Géolocalisation sur la carte : Haute-Savoie

(Voir situation sur carte : Haute-Savoie)
Château de La Roche

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de La Roche

Le château de La Roche (castrum de Rupe) est un ancien château fort, du XIIIe siècle, dont il ne reste qu'une tour dite des comtes de Genève, qui se dressait sur la commune de La Roche-sur-Foron dans le département de la Haute-Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Situation[modifier | modifier le code]

Le château de La Roche est située dans le département français de la Haute-Savoie sur la commune de La Roche-sur-Foron, au sommet d'un rocher à l'est du bourg médiéval. Elle défendait l'accès à la vallée du Foron qu'elle domine.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le château aurait été construit par les Burgondes au Xe siècle[2].

Une famille de La Roche est connue depuis 1100[3] environ. Il est au début du XIe siècle[2] entre les mains du comte Robert de Genève.

Le comte Aymon Ier de Genève, à la fin du XIe siècle[2] y aurait fait dresser une grosse tour. En 1120[4], première apparition dans les textes du site sous le terme de castra.

Les comte de Genève y résidèrent jusqu'au début du XIIe siècle[2] avant de faire d'Annecy leur résidence principale. Le château fut alors administré par un châtelain qui prit le titre de marquis de La Roche[5].

En 1178[3], les comtes de Genève font hommage à l'abbé d'Agaune pour ce qu'ils possèdent à La Roche.

En 1179[2], à la suite de la tentative malheureuse de Guillaume Ier de Genève de prendre Genève, sa femme la comtesse Béatrice de Faucigny avec deux de ses fils y tient un siège dont ils sortirent victorieux, permettant à son mari de reprendre possession de ces états.

Au XIIIe siècle le château est à nouveau assailli. Le comte Pierre II de Savoie y assiège Rodolphe de Genève, petit-fils de Guillaume Ier, qui doit capituler. Rentré en possession du château, les comtes de Genève le garderont jusqu'au décès de Pierre de Genève ; le 24 mars 1392 il le lègue à sa femme Marguerite de Joinville qui épousera en troisièmes noces Ferry Ier de Vaudémont. En 1411[2], il est la propriété du duc de Savoie Amédée VIII.

Au cours de la guerre qui opposa le duc de Savoie d'une part à Genève et au roi de France d'autre part, entre 1589 et 1593, la place forte que constituait La Roche fut assiégée et ravagée par les ennemis de la Savoie. C'est en effet pendant la nuit du 29 mars 1590, lors de l'intrusion des Genevois à La Roche, que fut détruite la forteresse.

Dans son testament du , la dernière héritière des Genève-Lullin, Marie, lègue l'ensemble de ses droits et possessions, notamment les châteaux du Crédoz, de La Roche, de Monnetier et de Mornex, à la duchesse de Savoie, Christine de France[6],[7]. Ces fiefs sont par la suite inféodés et érigés en marquisat, par le duc Victor-Amédée II, le , au président Thomas Granery (Acte du 10 mars 1682), comte de Mercenasque, ministre et surintendant général des finances de Savoie[6],[8],[9].

Description[modifier | modifier le code]

Cette tour qui fut vraisemblablement érigée dans le deuxième quart du XIIIe siècle[10], était en fait le donjon de la forteresse. Il s'agit de l'une des premières tours circulaires construites en Savoie. Cette nouvelle architecture constituait alors un progrès important car elle supprimait les angles morts. De très beaux exemples de ce type d'architecture militaire existent en Savoie, notamment au château de Thorens, à quelques kilomètres de La Roche-sur-Foron.

La tour maitresse circulaire isolée des comtes de Genève est bâtie à cheval sur la faille naturelle d'un très imposant rocher. Ce bloc erratique transporté par le glacier du Mont-Blanc fut posé il y a environ 10 000 ans, lors de la fonte des glaces. Cette faille fut murée à l'extérieur par les bâtisseur du donjon ; ceux-ci la subdivisèrent à l'intérieur formant ainsi quatre caves naturelles superposées. Au-dessus du rocher, le donjon lui-même était constitué de trois étages.

Depuis la fin du XIXe siècle, à la suite des travaux des moines capucins de La Roche, propriétaires de la tour à cette époque, on traverse le rocher de part en part : on peut donc croire qu'il y a deux rochers alors qu'il s'agit bien du même.

Du château il ne reste que quelques pans de murs. Le donjon, dressé dans la seconde moitié du XIIIe siècle, est juché sur son rocher de 17 mètres de hauteur ; la tour quant à elle ne mesure plus que 11 mètres de haut sur la vingtaine qu'elle mesurait probablement à l'origine et à des murs épais de près de 4 mètres d'épaisseur. On lui accola par la suite un logis, faisant de cet ensemble un « donjon », sans en modifier son accès qui se trouvait en hauteur[11]. Le château bénéficia des innovations qui portèrent sur les enceintes et on dota la forteresse d'un mur-bouclier formant un angle de 140°[10].

Siège d'une châtellenie[modifier | modifier le code]

Le château de La Roche est le centre d'une châtellenie, dit aussi mandement (mandamentum). Il s’agit plus particulièrement d’une châtellenie comtale, relevant directement du comte de Genève[12].

Dans le comté de Savoie, puis le duché, le châtelain est un « [officier], nommé pour une durée définie, révocable et amovible »[13],[14]. Il est chargé de la gestion de la châtellenie ou mandement, il perçoit les revenus fiscaux du domaine, et il s'occupe de l'entretien du château[15].

Les châtelains de La Roche du XIVe siècle au XVIe siècle sont[16] :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Georges Chapier, Châteaux Savoyards : Faucigny, Chablais, Tarentaise, Maurienne, Savoie propre, Genevois, Éditions La Découvrance, coll. « L'amateur Averti », , 410 p. (ISBN 978-2-8426-5326-2), p. 28-30.
  • Louis Blondel, Châteaux de l'ancien diocèse de Genève, vol. 7, Société d'histoire et d'archéologie de Genève (réimpr. 1978) (1re éd. 1956), 486 p..
  • Lucien Guy, « Les anciens châteaux du Faucigny », Mémoires & documents, vol. 47,‎ , p. 138-142 (lire en ligne).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Coordonnées trouvées sur Géoportail.
  2. a, b, c, d, e et f Georges Chapier 2005, p. 28-29.
  3. a et b Charles-Laurent Salch, Dictionnaire des châteaux et des fortifications du Moyen Âge en France, , 1304 p. (ISBN 2865350703), p. 976.
  4. Matthieu de la Corbière, L'invention et la défense des frontières dans le diocèse de Genève : Étude des principautés et de l'habitat fortifié (XIIe - XIVe siècle), Annecy, Académie salésienne, , 646 p. (ISBN 978-2-90110-218-2), p. 290.
  5. Acte du publié dans le Régeste genevois (REG 0/0/1/407).
  6. a et b Blondel 1956, p. 95.
  7. Louis-Etienne Piccard, L'Université chablaisienne, ou la Sainte-Maison de Thonon, 1915, Page 143.
  8. Jean-Louis Grillet, Dictionnaire historique, littéraire et statistique des départements du Mont-Blanc et du Léman, contenant l'histoire ancienne et moderne de la Savoie, vol. 3, t. 2, Chambéry, J.F. Puthod, , p. 209. (lire en ligne).
  9. Jean Luquet, Dictionnaire du duché de Savoie : M.DCCCXL (1840), publié dans Mémoires et documents de la Société Savoisienne d'Histoire et d'Archéologie, t. 2, La Fontaine de Siloé, coll. « L'Histoire en Savoie » (réimpr. 2005) (1re éd. 1840), 265 p. (ISSN 0046-7510), p. 151.
  10. a et b Matthieu de la Corbière, ibid., p. 297.
  11. Matthieu de la Corbière, ibid., p. 298.
  12. Pierre Duparc, Le comté de Genève, IXe-XVe siècle, t. XXXIX, Genève, Société d'histoire et d'archéologie de Genève, coll. « Mémoires et Documents » (réimpr. 1978) (1re éd. 1955), 616 p. (lire en ligne), p. 416.
  13. Christian Sorrel, Histoire de la Savoie : images, récits, La Fontaine de Siloé, , 461 p. (ISBN 978-2-8420-6347-4, lire en ligne), p. 146-147.
  14. Nicolas Carrier, « Une justice pour rétablir la « concorde » : la justice de composition dans la Savoie de la fin du Moyen Âge (fin XIIIe -début XVIe siècle) », dans Dominique Barthélemy, Nicolas Offenstadt, Le règlement des conflits au Moyen Âge. Actes du XXXIe Congrès de la SHMESP (Angers, 2000), Paris, Publications de la Sorbonne, , 391 p. (ISBN 978-2-85944-438-9), p. 237-257.
  15. Alessandro Barbero, « Les châtelains des comtes, puis ducs de Savoie en vallée d'Aoste (XIIIe-XVIe siècle) », dans Guido Castelnuovo, Olivier Mattéoni, « De part et d'autre des Alpes » : les châtelains des princes à la fin du moyen âge : actes de la table ronde de Chambéry, 11 et 12 octobre 2001, , 266 p. (lire en ligne).
  16. Payraud 2009, p. 671-682, Annexe 11 : liste des châtelains recensés dans le cadre de cette étude.