Famille de Châtillon du Chablais

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Famille de Châtillon du Chablais
Armes de la famille.
Armes de la famille : Famille de Châtillon du Chablais

Blasonnement Fascé d'azur et d'argent, à la cotice de gueules, brochante sur-le-tout.[1].
Branches Chatillon de Lugrin, Chatillon de Larringes, Chatillon de Collombey
Pays ou province d’origine Bresse
Allégeance Drapeau de la Savoie Duché de Savoie
Demeures Chatillon, Larringes
Charges Châtelains savoyards, Baillis du Chablais et du Genevois, Procureurs
Fonctions ecclésiastiques Chanoine de la Congrégation du Grand-Saint-Bernard

La famille de Châtillon, dit du Chablais, est mentionnée pour la première fois à Lugrin en 1286[2] et à Larringes en 1333[3]. Certains membres de cette famille ont exercé des fonctions dans l'administration savoyarde.

La famille est à distinguer des Châtillon d'Aoste, des Châtillon-Michaille (Ain) et des Châtillon d'Estavayer.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

L'origine de cette famille demeure mystérieuse. Le comte de Foras suppose un lien de parenté avec les Chatillon de la Tour en Valais au vu de leur proximité géographique, tandis que Pierre Blanc avance plutôt une origine genevoise et un lien de parenté avec la famille de Chatillon en Michaille.

Branche de Lugrin et Larringes[modifier | modifier le code]

La maison forte de Lugrin aujourd'hui.

La première mention de la famille de Chatillon à Lugrin date de 1286 et mentionne Pierre dit de Chatillon de Lugrin, son frère Jean, ses fils Guillaume, Aymé et Raymond.

Le parcours de Guillaume de Chatillon, fils de Guillaume, est bien connu : il commence sa carrière comme châtelain de Versoix entre 1295 et 1306, avant de devenir châtelain de Montmélian entre 1306 et 1313 et châtelain d'Evian-Féternes de 1313 à 1315. Il est par la suite nommé bailli du Chablais, et receveur des comptes entre 1318 et 1323, avant de retourner à Evian-Féternes jusqu'en 1324. Il termine sa carrière en tant que receveur général à Chambéry pour les juifs et les lombards de Thonon et meurt en 1341[4]. Amédée de Chatillon (peut-être son oncle d'après le document de 1286) est quant à lui châtelain d'Evian-Féternes entre 1301 et 1304, puis de Chillon entre 1305 et 1309[5]. Un Pierre ou Perronet de Chatillon est châtelain de Châtel-Saint-Denis en 1335, châtelain de Rolle en 1338[6], le même ou un homonyme est dit châtelain pour le comte de Genève, à Chaumont (1361- 1370), Cusy (1335- 1341), Duingt (1331- 1333), La Roche (1342- 1345), La Rochette (1336-1341), Rumilly (1346-1347, 1355- 1361), Soyrier (1332- 1333), Yvoire (1315- 1322)[5],[7]. Humbert de Châtillon est co-châtelain de 1326 à 1336 d'Arlod et la Tour du Châtel[5],[8].

Vue du château de Larringes.

Guillaume augmente progressivement ses possessions : en 1333 il reçoit du comte de Savoie la seigneurie de Larringes qui appartenait autrefois à la famille d'Evian[2] et achète en 1340 des biens à Champanges, Larringes, Marninge, Vougron, etc[9]. Il achète également des biens à Corsinges à Jacquette de Compey. Dans son testament rédigé en 1341 il divise ses biens entre ses deux fils : Guillaume dit "Mermet" obtient le fief de Larringes et le château de Larringes et Pierre dit "Perrod" obtient le fief de Lugrin et la maison forte de Chatillon ainsi que le fief de Corsinges[10].

En 1327, Mermet épouse Jordane de Neuvecelle dont il a une fille Catherine. Il se remarie en 1347 avec Jacquette de Collombey dont il a deux fils Jean et Guillaume. Jean obtient en 1387 le fief de Larringes et Guillaume le fief de Collombey (de lui sera issue la branche des Chatillon de Collombey)[11]. Pierre, qualifié de chevalier à diverses reprises, aura de Catherine de Saint-Jeoire un fils nommé Pierre, qui lui-même aura un fils appelé Pierre.

Le fief de Larringes est légué par Jean à Jeannette de Neuvecelle en 1438. Elle le revendra l'année suivante à Rodolphe d'Allinges[12]. Le fief de Lugrin sera légué par Pierre de Chatillon à ses neveux en 1441[13]. Cette branche contracte des alliances avec les Allinges, les Blonay, les Greysier, les Neuvecelle, les Collombey.

Branche secondaire de Lugrin[14][modifier | modifier le code]

Il existe une branche secondaire des Chatillon à Lugrin, dont les membres ont régulièrement exercé les professions de notaires. Leurs membres portent les mêmes prénoms que les membres de la branche principale ce qui rend leur identification malaisée.

Branche de Collombey[13][modifier | modifier le code]

Les membres de cette famille sont peu connus. Toutefois, le testament de Guillaume en 1514 établit la liste de ses enfants et héritiers.

Branche des coseigneurs de Thollon[15][modifier | modifier le code]

Le premier Chatillon coseigneur de Thollon est Jean-François de Chatillon (? - avant 1566). Il lègue sa part à ses fils André et Mathieu. Le fils de Mathieu, Jacques, obtient une part de la coseigneurie, qu'il lègue lui-même à son fils François (1625-1701). Sans postérité, ce dernier lègue la coseigneurie à son épouse Anne de Varax. Cette branche de la famille contracte des alliances avec la famille de Blonay du Chablais, les du Nant d'Evian, les du Four de Thollon, les Neuvecelle, les Melchiton de Maxilly. Ils possédaient un tombeau familial dans l'église d'Evian.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Foras, p. V1 - 383-391.
  2. a et b Blanc 2005, p. 353.
  3. Blanc 2005, p. 361.
  4. Blanc 2005, p. 357.
  5. a, b et c « SA - Comptes des châtellenies, des subsides, des revenus et des judicatures », sur le site des Archives départementales de la Savoie - enligne.savoie-archives.fr (consulté en février 2018), p. 3
  6. Blanc 2005, p. 364.
  7. [PDF] Nicolas Payraud, « Châteaux, espace et société en Dauphiné et en Savoie du milieu du XIIIe siècle à la fin du XVe siècle », HAL - Archives ouvertes, no tel-00998263,‎ , p. 678 (lire en ligne).
  8. « SA - Comptes des châtellenies, des subsides, des revenus et des judicatures > Niveaux de description inférieurs > Arlod et la Tour du Châtel », sur le site des Archives départementales de la Savoie - enligne.savoie-archives.fr, p. 5
  9. Blanc 2005, p. 360.
  10. Foras, p. 136.
  11. Blanc 2005, p. 365.
  12. Blanc 2005, p. 363.
  13. a et b Foras, p. 387.
  14. Foras, p. 388.
  15. Foras, p. 384.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Comte [Foras] Amédée de Foras, Armorial et nobiliaire de l'ancien duché de Savoie, vol. 5, Grenoble, Allier Frères, 1863-1966 (lire en ligne), p. 383-391
  • Bernard Andenmatten, La Maison de Savoie et la noblesse vaudoise (XIII-XIVe s.). : Supériorité féodale et autorité princière, Lausanne, Société d'histoire de la Suisse romande,
  • Laurent d'Agostino, Les sites castraux de la Haute-Savoie : Arrondissement de Saint-Julien-en-Genevois et de Thonon-les-Bains, vol. 3, Annecy,
  • Pierre Blanc, Les Châtillon du Chablais, Thonon, Académie chablaisienne, , p. 353.
  • Germain Hausmann, « Châtillon-Larringes, de » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du .

Articles connexes[modifier | modifier le code]