Jean-Baptiste Oudry

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Oudry.
Jean-Baptiste Oudry
Jean-Baptiste Perronneau - J-B. Oudry.jpg
Portrait de Jean-Baptiste Oudry, par Jean-Baptiste Perronneau, 1753, musée du Louvre, Paris
Naissance
Décès
Nom de naissance
Jean-Baptiste Oudry
Activité
Formation
Maître
Enfant

Jean-Baptiste Oudry, né à Paris le et mort à Beauvais le , est un peintre et graveur français. Il est surtout célèbre pour ses peintures de chiens de chasse, ses natures mortes animalières et ses animaux exotiques.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean-Baptiste Oudry, estampe faite par sa femme Marie-Marguerite Froissé d'après Nicolas de Largillierre

Fils de Jacques Oudry, maître peintre et marchand de tableaux sur le pont Notre-Dame, et de sa femme Nicole Papillon, qui appartenait à la famille du graveur Jean-Baptiste-Michel Papillon, Jean-Baptiste Oudry étudia tout d'abord à l'école de la maîtrise de Saint-Luc, dont son père était directeur. Il fut placé ensuite chez Nicolas de Largillierre, dont il devint bientôt le commensal et l'ami.

En 1708, à l'âge de vingt-deux ans, il fut admis en même temps que ses deux frères à l'Académie de Saint-Luc. Il fit pour morceau de réception un Saint Jérôme en buste, tenant d'une main un livre et ayant l'autre appuyée sur une tête de mort. Oudry s'adonna d'abord au portrait. On cite ceux de ses fils, celui de M. d'Argenson, lieutenant de police, enfin le Portrait du tsar Pierre Ier.

Il fit aussi des buffets, dont deux furent exposés aux Salons de 1737 et de 1743. Pour gagner sa vie, il composa des tableaux d'histoire, entre autres une Nativité et un Saint Gilles pour l'église Saint-Leu de Paris, et une Adoration des mages pour le chapitre de Saint-Martin-des-Champs.

En 1709, il épousa Marie-Marguerite Froissé, fille d'un miroitier, à laquelle il donnait des leçons de peinture. Leur fils Jacques-Charles Oudry fut aussi peintre[1], leur fille Marie épousa le peintre Antoine Boizot. Oudry fut nommé professeur adjoint à la maîtrise en 1714 et professeur en 1717. Il fut agréé à l'Académie royale de peinture en 1717 et titulaire en 1719 sur L'Abondance avec ses attributs.

Recommandé à l'intendant des Finances, Louis Fagon (1680-1744), fils de Guy-Crescent Fagon, il réalisa la décoration en arabesques mêlées de fleurs et d'oiseaux du salon de sa propriété de Vauré et de sa maison de plaisance de Fontenay-aux-Roses. Fagon le charge de rétablir la manufacture de Beauvais, tombée en décadence. Il en est nommé directeur artistique et financier associé à Nicolas Besnier, qui ne se serait, paraît-il, occupé que de la comptabilité. Ils ont reçu en 1734 les lettres patentes leur donnant la concession du privilège de la manufacture pendant vingt ans[2]. Oudry s'adjoignit Boucher et Natoire pour exécuter la copie des tableaux.

Peintre ordinaire de la vénerie royale[3], Oudry suit les chasses royales et fait de fréquentes études dans la forêt de Compiègne. Il réalise des cartons pour la série de tapisserie Les Chasses royales, exécutées à partir de 1733 à la Manufacture des Gobelins, dont il devient directeur en 1736[4].

Il devint professeur adjoint à l'Académie en 1739 et professeur en 1743.

Grâce à son ami le miniaturiste Jean-Baptiste Massé, il fit connaissance du marquis de Beringhen, premier écuyer du roi. Outre de nombreux ouvrages qui lui furent commandés pour le roi, il obtint un atelier dans la cour des princes aux Tuileries et un logement au Louvre. Il y avait formé un cabinet renommé. « Il n'y admettait, dit son biographe l'abbé Gougenot, que ses propres tableaux. » Aussi fut-il accusé d'avoir vendu des copies, afin de conserver les originaux.

Salon du Château de Condé décoré par Oudry à la demande de Jean-François Leriget de La Faye.

Quoique très travailleur, il était d'un caractère jovial. Il improvisait chez Fagon des pièces de théâtre dans les bosquets et jouait volontiers le rôle de Pierrot en s'accompagnant de la guitare. Le successeur de Fagon supprima quelques-uns des privilèges d'Oudry, ne lui laissant que la direction de la manufacture de Beauvais. Cette mesure le chagrina.

Il mourut d'une attaque d'apoplexie le et fut enterré dans l'église Saint-Étienne de Beauvais. On y trouve l'épitaphe suivante : « Ici repose Me Jean-Baptiste Oudry, peintre ordinaire du roy, professeur en son académie royale de peinture et sculpture, pensionnaire du roy, directeur général de la manufacture royale des tapisseries de Beauvais, marguillier et bienfaiteur de cette paroisse, décédé le premier mai 1755 [sic], âgé de 69 ans. Priez pour son âme ».

Œuvre[modifier | modifier le code]

Lorsqu'on s'étonnait de la grande quantité de ses productions, il répondait « Je ne vais pas plus vite qu'un autre, mais je travaille davantage, et souvent, ma palette chargée, j'ai attendu qu'il fît jour ». Pour gagner du temps, Oudry se servait d'une chambre obscure pour les esquisses qu'il allait faire à Saint-Germain-en-Laye, à Chantilly, au bois de Boulogne et dans les jardins d'Arcueil, mais il fut obligé d'y renoncer, s'étant aperçu que la perspective n'était pas juste et que les effets de lumière et d'ombre n'étaient pas ceux de la nature.

Oudry a peint le portrait, l'histoire, les chasses, le paysage, les animaux, les fruits, les fleurs ; il a imité les bas-reliefs ; il a fait du pastel, de la décoration ; il aussi gravé à l'eau-forte. On lui doit deux conférences qui furent lues à l'Académie, « Sur la manière d'étudier la couleur en comparant les objets les uns avec les autres » et « Sur les soins que l'on doit apporter en peignant ».

  • Nature morte aux deux oiseaux, à la souris et aux insectes, 1712, huile sur toile, 33 × 24 cm, Musée des Beaux-Arts d'Agen[5]
  • Nature morte avec trois oiseaux morts, des groseilles, des cerises et des insectes, 1712, huile sur toile, 31 × 23 cm, Musée des Beaux-Arts d'Agen[5]
  • Nature morte à la mésange, aux souris, aux noix, aux insectes et au vase de jasmin, 1712-1713, Musée des Beaux-Arts d'Agen[6]
  • Le Loup Mort, 1721, huile sur toile, 193 × 260 cm, Londres, Wallace Collection[7]
  • Le Chevreuil mort, 1721, huile sur toile, 193 x 260 cm, Londres, Wallace Collection[8]
  • Retour de chasse, 1730, huile sur toile, 256 × 196 cm, Collection privée, Vente Christie's 1993[9]
  • La Rentrée du troupeau, 1740, huile sur toile, 113 × 148 cm, Musée des beaux-arts de Nantes[10]
  • Le Renard dans le poulailler, 1745, huile sur toile, 118 × 153 cm, Londres, Wallace Collection[11]
  • Faucon attaquant des perdrix et un lapin, 1747, huile sur toile, 118 × 153 cm, Londres, Wallace Collection[12]
  • Chien en arrêt devant un faisan, 1748, huile sur toile, 118 × 153 cm, Londres, Wallace Collection[13]
  • Epagneul poursuivant des canards, 1748, huile sur toile, 118 × 153 cm, Londres, Wallace Collection[14]
  • Chien à la jatte, 1751, huile sur toile, 88 x 131 cm, Dépot du Louvre au Musée de la Vénerie de Senlis (60)[15]
  • Le Canard blanc, 1753, ,95,3 x 63,5 cm, Londres, Collection Cholmondeley, volé en 1992 et jamais retrouvé depuis. Le tableau est considéré comme disparu.
  • Faisan, lièvre et perdrix rouge, pendant du tableau Le Canard blanc, 1753, 97 × 64 cm, Musée du Louvre, Paris[16]

La collection de tableaux du Staatliches Museum à Schwerin (Allemagne) comporte une dizaine de tableaux d'Oudry, dont le portrait grandeur nature de "Clara", rhinocéros d'Inde femelle (reproduit supra) qui fit le tour des cours d'Europe en 1749, et lui fut commandé par son propriétaire le duc de Mecklembourg.

  • Le Léopard en colère, huile sur toile, 118 × 153 cm[3]
  • La Grue morte, 1745, huile sur toile, 16 × 13 cm[17]


Chiens de chasse[modifier | modifier le code]

Les Quatre Saisons[modifier | modifier le code]

Dessins[modifier | modifier le code]

Oudry a laissé un grand nombre de dessins; les plus connus sont les 275 dessins qui servirent à l'édition dite des Fermiers généraux des Fables de La Fontaine, gravées par Charles-Nicolas Cochin[18]. Il est également l'auteur d'un Almanach de rébus paru en 1716.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La similitude des prénoms a inspiré des faussaires qui parfois ont modifié les initiales J.C. en J.B.
  2. Gerspach, La manufacture nationale de Beauvais, p. 517, Revue des Arts décoratifs, 1880 (lire en ligne)
  3. a et b Sylvie Blin, « Deux châteaux pour Oudry », Connaissances des arts, no 610,‎ , p. 30
  4. Vincent Pomarède, 1001 peintures au Louvre : De l’Antiquité au XIXème siècle, Musée du Louvre Editions, , 356 p. (ISBN 2-35031-032-9), p. 170
  5. a et b Yannick Lintz, Le Musée des Beaux-Arts, Agen, Réunion des Musées nationaux, , 128 p. (ISBN 2-7118-4018-2), p. 70
  6. Magazine Beaux-Arts
  7. Loup, Wallace online
  8. Chevreuil, Wallace online
  9. Christie’s, « Encart », Connaissances des arts, no 496,‎ , p. 32
  10. Troupeau, Nantes, Joconde
  11. Renard, Wallace online
  12. Faucon, Wallace online
  13. Faisan, Wallace online
  14. Epagneul, Wallace online
  15. Administrator, « Jean-Baptiste OUDRY | Oeuvres commentées (musée de la Vénerie) », sur www.musees-senlis.fr (consulté le 16 août 2017)
  16. Faisan, Louvre
  17. Calendrier, « Fontainebleau », Connaissances des arts, no 611,‎ , p. 165
  18. « Fables choisies, mises en vers » / Jean de La Fontaine. Paris : Desaint & Saillant, et Durand, 1755-1759. 4 vol. in-folio.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Locquin, Catalogue de l'œuvre de Jean-Baptiste Oudry, peintre du roi, (1688-1755), Jean Schemit, Paris, 1912
  • Hal Opperman, Jean-Baptiste Oudry, Garland, New York, 1977. Vol. 1 : Catalogue raisonné des peintures. Vol. 2 : Catalogue raisonné des dessins et des estampes
  • Hal Opperman, Catalogue de l'exposition Jean-Baptiste Oudry, Paris, Galeries nationales du Grand Palais, Commissaires de l'exposition : Hal Opperman et Pierre Rosenberg, 1982-1983 (ISBN 2711802078)
  • Hal Opperman, Catalogue de l'exposition J.-B. Oudry, 1686-1755, Fort Worth, Kimbell Art Museum, 1983, (ISBN 0912804114 et 0912804122)
  • (en) Mary Morton, éd. Oudry’s Painted Menagerie: Portraits of Exotic Animals in Eighteenth-Century France, Getty Publications, 2007, [lire en ligne]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :