Nicolas de Harlay de Sancy

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Nicolas de Harlay
Nicolas de Harlay
Nicolas de Harlay

Titre Baron de Maule
Autre titre Seigneur de Sancy
Grade militaire Capitaine-colonel des Cent-Suisses de la Maison militaire du roi
Autres fonctions Surintendant des finances
Biographie
Naissance
Décès
Paris
Père Robert de Harlay
Mère Jacqueline de Morainvilliers
Conjoint Marie Moreau, dame de Grosbois
Enfants Jacqueline de harlay
Achille de Harlay
Nicolas de Harlay, baron de Maule et de Sancy
Catherine de Harlay
Charlotte de Harlay
Marthe de Harlay

Blason famille fr Harlay de Sancy01.svg

Nicolas de Harlay, sieur de Sancy, né en 1546 et mort le à Maule, est un homme politique et diplomate français du règne d'Henri IV.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et famille[modifier | modifier le code]

Fils de Robert de Harlay, conseiller au parlement, et de Jacqueline II de Morainvillier, dame de Maule, Nicolas Harlay de Sancy est issu d'une famille protestante et dut se convertir au catholicisme en 1572, après le massacre des Huguenots lors de la Saint-Barthélémy. Certains le critiqueront en pensant qu'il se convertissait pour amadouer Henri IV ou par lâcheté. Ce fut le cas d'Agrippa d'Aubigné qui écrivit de nombreux pamphlets à son encontre[1]. Il est l'arrière-arrière-petit-fils de Jacques Cœur et l'arrière-arrière-arrière-arrière-petit-fils d'Étienne Marcel.[réf. nécessaire]

La famille de Harlay est une très ancienne lignée française qui disparut en 1717. Plusieurs branches lui reviennent telles que les Sancy, les Beaumont, les Cési, les Champvallon, les Montglat. Elle fournit de nombreux hommes d'Église importants durant l'ancien régime. François de Harlay, (1625-1695) seigneur de Champvallon, fut notamment archevêque de Rouen.

Carrière militaire et diplomatique[modifier | modifier le code]

Au service du roi Henri III en 1589, il lève une armée de mercenaires suisses, faisant preuve d'exploits de diplomatie quand on sait qu'il mena grâce à cela, une campagne en Savoie sans débourser le moindre sou. Il conquit ainsi en 1589, le pays de Gex, rattaché à la France en 1601. Il est surintendant des bâtiments de 1594 à 1599, puis ambassadeur à Londres[2]. Il devient, en 1596, Colonel général des Cent-Suisses et de Grisons jusqu'en 1605. Il se fait connaître à la cour du roi, et c'est sous le règne des premiers Bourbons que commencera réellement sa carrière politique. Héritier de la baronnie de Maule, Montainville et de multiples seigneuries franciliennes, il devient membre du Conseil des finances de Henri IV à partir de 1594 à la mort de François d'O, marquis de Maillebois, et acquiert cette seigneurie du Thymerais avant qu'elle passe aux Le Camus de Jambville.

Grand diplomate de la cour, il part en 1596 pour un voyage en Angleterre avec Guillaume du Vair et le maréchal de Bouillon pour créer une alliance contre l'Espagne qui assiège Calais. Il rencontrera d'ailleurs la reine Élisabeth Ire.

Famille[modifier | modifier le code]

En 1597, il obtient, par son mariage le avec Marie Moreau[3], fille de Raoul Moreau, grand seigneur francilien, trésorier du roi Henri II, seigneur d'Auteuil, de Thoiry, et de Grosbois, le domaine et la seigneurie de Boissy. Il aura plusieurs enfants de ce mariage :

Formation[modifier | modifier le code]

Il devint successivement conseiller au parlement, maître des requêtes, ambassadeur en Angleterre et en Allemagne, Colonel général des Cent-Suisses, premier maître d'hôtel du roi et surintendant des finances[4]. Réunissant ainsi le ministère, la magistrature et le commandement de armées. Bien qu'il n'ait géré les finances du royaume que dans l'ombre historique de Sully, il sut néanmoins apporter une certaine stabilité monétaire après les guerres de religion qui faciliteront la tâche à ses successeurs. Il fut néanmoins disgracié par Jacques-Auguste de Thou et remplacé en 1598 par Maximilien de Béthune, baron de Rosny, duc et pair de Sully, qui s'attirait de plus en plus l'amitié du roi. Pourtant fait chevalier de l'ordre par le roi en 1604, humilié et frustré par ce remplacement qui lui semble injuste, il se retire de la vie publique en 1605.

La France équinoxiale (Brésil)[modifier | modifier le code]

En 1612, à soixante-six ans (?), il part pour une expédition au Brésil dans le but d'y fonder une colonie française et une ville, Saint-Louis de Maragan (São Luís de Maranhão), sous les ordres de Charles Des Vaux et Daniel de la Touche, seigneur de la Ravardière, avec l'appui financier de la famille Razilly. Ce sera la France équinoxiale. L'entreprise pourtant ne réussira pas, puisque dès 1615, ils sont délogés par les Portugais.

Il meurt le [5] ou , à Maule, à l'âge de 83 ans. Il est enterré avec son épouse à Saint-Nicolas-des-Champs à Paris[5].

Postérité mobilière et immobilière[modifier | modifier le code]

Il laissera dans l'histoire, entre autres, la construction d'un château à Maule, le château d'Agnou, ainsi que des améliorations au château de Dourdan, construisant des bâtiments le long des courtines sud. Il possédait aussi deux célèbres diamants, parmi les plus gros connus à l'époque : le Sancy qu'il vendit au roi Jacques Ier d'Angleterre et qui sera racheté plus tard par le cardinal Mazarin à Henriette de France, reine d'Angleterre, puis légué à son filleul Louis XIV (il fut placé sur la couronne de Louis XV, et porté par Marie-Antoinette, aujourd'hui dans les collections du musée du Louvre) ; et le Beau Sancy, de 55 carats, qu'il achète en 1570 et auquel on prête une histoire fabuleuse. Le Beau Sancy est acheté en 1600 par Henri IV, contre 70 000 écus. Ce dernier voulait l'offrir à Marie de Médicis (aujourd'hui en collection privée).

Il prendra également la plume et rédigera son Discours sur l'occurrence des affaires.

Titres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gilbert Schrenck, Nicolas de Harlay, sieur de Sancy (1546-1629), l'antagoniste d'Agrippa d'Aubigné, Honoré Champion, Paris, 2000 (ISBN 274530397X)
  2. Luc-Normand Tellier, Face Aux Colbert : Les le Tellier, Vauban, Turgot. (1987), p. 27.
  3. Jacques Tréton, Histoire de Montainville en Pincerais, 1998, p. 192
  4. Jacques Tréton, Histoire de Montainville en Pincerais, 1998, p. 195
  5. a et b Anselme de Sainte Marie, Histoire Généalogique et Chronologique de la Maison Royale de France, 1733, p. 803.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]